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  • Quand les médias français participent à la persécution en Chine

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    Capture d'écran du documentaire Chine, Le Nouvel empire, diffusé le 30 avril 2013 sur Arte

    Quelle n’a pas été pas ma surprise en regardant le très bon documentaire sur la Chine de Jean-Michel Carré hier soir sur Arte et d’entendre encore le mouvement Falun Gong qualifié de secte. Si on regarde de plus près les faits, on peut comprendre l’impact négatif de ce mot et sa participation encore aujourd’hui à la campagne de diffamation mise en place en 1999 par le régime communiste chinois pour éradiquer le Falun Gong.

    Rappel des faits

    En 1999, Jiang Zemin pour des raisons politiques, décide d’interdire le Falun Gong, une méthode de Qigong renouant avec la culture traditionnelle chinoise et consistant en des exercices de méditation débout et assise. Ses ordres auprès de l’appareil communiste à l’époque sont explicites : «Ruinez leur réputation, détruisez les financièrement et physiquement». Quelques années auparavant, le Falun Gong était encensé par le gouvernement chinois pour ses vertus pour la santé et la moralité et son enseignement promu auprès des ambassades chinoises à l’étranger. Mais Jiang Zemin voyant dans ces plus de 70 millions de pratiquants (selon les chiffres du Ministère des sports chinois en 1997) un moyen de s’enrichir demande au fondateur de la méthode Li Hongzhi que chaque pratiquant verse une cotisation au parti pour pouvoir pratiquer le Falun Gong. Ce que Li Hongzhi refuse en répondant que l’enseignement de Bouddha sera toujours libre et gratuit.

    La date du 25 avril 1999 citée dans le reportage de Jean-Michel Carré est importante à ce titre (voir à ce sujet l’article François Hollande en Chine, manifestation devant l’Ambassade de Chine à Paris), car elle marque le commencement de l’interdiction du Falun Gong en Chine, interdiction qui sera effective le 20 juillet de la même année. Il est d’ailleurs intéressant de lire le courrier de Li Hongzhi le 2 juin 1999 au gouvernement chinois alors qu’il vient de devenir réfugié politique aux États Unis.

    A partir du 20 juillet 1999 la machine d’état staliniste chinoise se met en route pour utiliser toutes ses forces pour persécuter le Falun Gong, revenant aux méthodes de la révolution culturelle sous Mao avec l’embrigadement idéologique, la propagande et l’exécution des opposants. C’est à Paris, face à un parterre de journalistes, que Jiang Zemin qualifie le Falun Gong de « secte diabolique » pour justifier la persécution, terme très peu apprécié en Occident. À noter que le PCC a désigné quelques années plus tard le Dalaï Lama de « dangereux terroriste » pour justifier la répression au Tibet.

    L’ampleur de la persécution et de la répression est alors sans précédent. Tous les médias d’état chinois reprennent la propagande du régime à l’encontre du Falun Gong, avec pendant les deux premières années 10 heures de programmes anti-Falun Gong diffusés quotidiennement. Des reportages et des articles sont fabriqués de toutes pièces accusant les pratiquants de Falun Gong de toutes les ignominies nécessaires à alimenter la peur et le rejet de la population chinoise à l’égard de la pratique. A leur tour, les médias étrangers ont repris sans sourciller la propagande du parti dans leur propres colonnes. Des pressions diplomatiques très fortes sont soumises auprès des gouvernements étrangers pour leur interdire de défendre et de parler du Falun Gong sous peine de sanctions commerciales.

    A l’intérieur de la Chine, le bureau 6.10, véritable gestapo, est créé pour traquer, emprisonné et torturé les pratiquants de Falun Gong afin de leur soutirer des informations et leur faire abandonner leur croyance. Chaque gouvernement local, chaque responsable du parti communiste dans chaque ville et village de Chine, chaque école et chaque entreprise, chaque citoyen chinois est exhorté de dénoncer des pratiquants de Falun Gong, sous peine d’amendes et contre récompense. Les pratiquants de Falun Gong sont licenciés de leurs entreprises, leurs enfants ne peuvent plus aller à l’école et quand ils sont arrêtés, ils sont emprisonnés par centaines de milliers dans les camps de travaux forcés et centre de lavage de cerveaux. Devant l’ampleur d’un tel désastre humanitaire et humain se déroulant aujourd’hui devant nos yeux, on peut essayer de comprendre la réticence des journalistes, reporters, rédacteurs en chef des médias français à vouloir traiter le sujet, mais le choix des mots dans ce contexte peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

    Notre pays pendant la seconde guerre mondiale a très bien connu l’idéologie et la répression. A cette époque, si les médias avaient été aussi importants qu’aujourd’hui et si ils avaient la liberté d’expression qu’ils ont aujourd’hui, auraient il parlé du génocide des juifs ?  Auraient-ils parlé des faits pour expliquer la persécution et les camps de concentration ? Ou auraient ils reproduit la propagande du régime?

    Le premier à avoir donné une alerte internationale a été l’avocat chinois des droits de l’homme Gao Zhizheng avec ses lettres ouvertes au gouvernement chinois en 2004 et 2005. Par la suite, il a été sequestré par les autorités chinoises jusqu'à aujourd'hui. En 2007, il réussit à écrire une lettre décrivant ses 50 jours de tortures (Partie 1, Partie 2, Partie 3, Partie 4)

    En 2006, ce sont l’avocat international des droits de l’homme David Matas, et l’ancien Ministère des Affaires étrangères canadien pour l’Asie Pacifique David Kilgour, qui publiaient un rapport d’enquête révélant un système de prélèvements d’organes à vif à grande échelle, à des fins commerciales, pratiqué sur les pratiquants de Falun Gong dans les prisons chinoises. Récemment David Kilgour a demandé une nouvelle fois récemment à mettre fin aux crimes contre l’humanité en Chine.

    Depuis 1999, le Congrès Américain, le Parlement Européen, les Parlements Australiens, Suédois, Israéliens, etc.., des personnalités politiques de premier plan, des ONG de défense des droits de l’homme et des libertés dans le monde se sont prononcés pour appeler à la fin de la persécution du Falun Gong en Chine. Cela peut être vérifié dans la presse étrangère par exemple récemment avec le plus grand hebdomadaire allemand Die Zeit qui a publié une enquête de 4 pages sur les atrocités des prélèvements d’organes en Chine et parfois dans la presse française.

    Alors pour revenir au titre un peu provocateur de cet article, est ce que les médias français participent à la persécution en Chine, en ne traitant pas ce sujet ou en reprenant la propagande du régime chinois, c’est une question qui peut se poser. Il ne s’agit pas pour autant de pointer du doigt le très bon travail réalisé par Jean-Michel Carré dans le documentaire diffusé sur Arte et le travail quotidien des journalistes des différents grands médias, mais une fois qu’on connaît les faits, il est toujours temps de bien faire.

  • Le cas du Falun Gong

     

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    Le cas du Falun Gong est un exemple contemporain de ce que peut faire un appareil d'État décidé à éradiquer certaines formes de la quête spirituelle. La Chine, avec laquelle certains activistes anti-sectes Français entretiennent de bonnes relations et collaborent sur la question des sectes, n'est pas un pays démocratique. Avec la répression au Tibet, elle a déjà fait connaître ses méthodes au monde. Elle affiche donc sans grand détour ses ambitions alors que les "antisectes" en France, par calcul, tentent encore de présenter leur croisade comme une oeuvre démocratique. Mais l'inspiration des deux combats est similaire.

    Les extraits de l'historique de la répression du Falun Gong, ci-dessous, révèlent les grandes similitudes entre leurs arguments.

    Une immolation de cinq personnes présentées comme membres du Falun Gong en Janvier 2001 a été diffusée en boucle par toutes les télévisions du monde, il y a quelques temps. Ce nouveau faux "suicide collectif" est clairement présenté par le Falun Gong comme une mise en scène du gouvernement chinois pour discréditer leur mouvement.

    Tout le long de ces deux années de persécutions extrêmement cruelles, ses élèves ont maintenu la même attitude bienveillante et pacifique, et pourtant résolue et courageuse, face à l’oppression. Sans selaisser intimider par les menaces, ils ont cherché à expliquer, à leur gouvernement et au reste du monde, leur innocence. Pour cette seule raison, des dizaines de milliers de personnes ont été envoyées en camp de travail et torturées

    Pour une répression d’une telle ampleur, il fallait trouver des motifs, pour la justifier aussi bien aux yeux du peuple chinois que de l’opinion internationale. Oubliant le soutien autrefois accordé et les résultats positifs des enquêtes nationales sur le Falun gong en 1997 et 1998, les instigateurs de la répression ont articulé leur campagne sur deux mots : Xie Jiao, religion perverse, secte.

    Pendant près de 6 mois, la propagande chinoise contre le Falun Gong a occupé près de 4 heures de programme par jour , dans un rabâchage proche du lavage de cerveau national : le Falungong a ainsi été accusé d’être responsable de la mort de 1400 personnes qui auraient refusé des soins médicaux, d’accumuler de l’argent, de conduire à des maladies mentales et à des comportements suicidaires… En Europe aussi, tous les médias, tous les ministères et tous les députés ont reçu des documents de propagande haineuse.

    Les médias occidentaux, s'ils ont tous clairement su que la propagande chinoise fabriquait des accusations, n’ont cependant pas suffisamment remis en cause ces affirmations, acceptant même parfois l’idée de certaines comme raisonnable. Ken Roth, directeur de l’association Human Rights Watch a commenté cette tendance en ces termes :

    « Le gouvernement chinois s’est déterminé à utiliser le terme secte. Pour classifier le Falungong au rang des pires organisations qu’on puisse imaginer ? Mais la classification ne marche pas vraiment. Parce que si vous regardez de près ce qu’est le Falun Gong, ce ne sont que des gens ordinaires. Ce n’est pas une secte … ce sont des gens qui veulent aller dehors pratiquer leurs exercices en groupe […], c’est un groupe de personnes ordinaires qui méritent de pouvoir se rassembler comme ils l’ont choisi – mais ceci en lui-même est si menaçant pour le gouvernement chinois qu’il recourt à cette insulte.
    Je pense qu’une partie du problème c’est que la presse […] ne sait pas vraiment comment appeler le Falungong. Ce n’est pas une religion. Ce n’est pas vraiment seulement un exercice de groupe. On ne peut pas facilement le classer dans une catégorie. Et donc peut-être par paresse, de nombreux journalistes occidentaux ont simplement commencé à utiliser la terminologie utilisée par le gouvernement chinois. Qui est celle de secte. C’est un autre exemple – si vous répétez un mensonge suffisamment souvent, on finit pas le prendre pour la vérité. Et c’est ce qui est en train d’arriver. »

    Lire l'ensemble de l'article sur: http://www.sectes-infos.net/Falun_Gong.htm

  • Amnesty International: risque de torture pour les pratiquants de Falun Gong

    Amnesty International, Falun Gong, secte, Falun Dafa, torture, Amnesty, InternationalWang Xiaodong et sa sœur Wang Junling, pratiquants du Falun Gong, ont été placés en détention et risquent de subir des actes de torture et d'autres mauvais traitements. Ce sont des prisonniers d'opinion, incarcérés uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression et d'association.

    Wang Junling, aussi connue sous le nom de Wang Xiaomei, a été arrêtée le 26 mai à Cangzhou, dans la province du Hebei, dans le nord-est de la Chine, en raison des efforts qu'elle a déployés pour faire libérer son frère, Wang Xiaodong, incarcéré depuis le 25 février parce qu'il appartient au mouvement spirituel du Falun Gong.

    Après le placement en détention de Wang Xiaodong, Wang Junling a activement cherché à faire libérer son frère, notamment en faisant signer une pétition aux membres de 300 familles de leur village natal, Zhouguantun, dans la province du Hebei, ce qui représente la quasi-totalité des familles du village. Ces villageois ont ensuite subi des pressions pour retirer leur soutien. Wang Junling a également publié une lettre ouverte sur Internet, ce qui lui a valu de recevoir des menaces. Elle s'est alors réfugiée dans la clandestinité. Fait inhabituel, cette pétition a été estampillée comme authentique par les membres du comité du village de Zhouguantun. La pétition comme la lettre auraient circulé en haut lieu au sein du gouvernement. Wang Junling a été arrêtée devant un bâtiment, à Cangzhou, où il semble qu'elle se cachait. Deux autres personnes, Kang Lanying et Tan Jianying, qui l'ont peut-être hébergée, ont été interpellées au même moment.

    Wang Xiaodong, enseignant, se trouve au centre de détention de la ville de Botou depuis qu'il a été arrêté le 25 février par 40 policiers qui sont entrés chez lui sans mandat et ont saisi, entre autres, de l'argent liquide. Il a été inculpé d'être en possession d'un CD contenant des informations sur la pratique spirituelle du Falun Gong. Au bout de plusieurs tentatives, il semble que sa famille soit enfin parvenue à engager un avocat.

    Lire la suite sur: http://www.amnesty.org/fr/library/asset/ASA17/013/2012/en/4c52af7f-fa83-4c4d-b9e3-24586aaf0518/asa170132012fr.html

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