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relation franco-chinoise

  • Les dessous de la rencontre Hu Jintao Nicolas Sarkozy

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    Du 4 au 6 novembre, Nicolas Sarkozy accueille le dirigeant chinois Hu Jintao pour une visite d’État de trois jours en France. Cette première visite du numéro un chinois en France fait l’office de tous les égards: accueil du président sur le tarmac de l’aéroport, honneurs militaires et réception à l’Élysée. Pendant cette rencontre le président de la République française espère obtenir le soutien de Pékin pour sa réforme du système monétaire lors de la présidence française du G20 et la signature de contrats de plusieurs milliards d’euros sur l’importation de pétrole et de centrales nucléaires.  Comme à chaque rencontre franco-chinoise, il est craint que la question des droits de l’homme soit sacrifiée au profit des intérêts économiques,. C’est la raison pour laquelle aucune conférence de presse n’est prévue entre le dirigeant chinois et les journalistes. Cependant la situation en Chine est-elle si alarmante que certains le prétendent?

    La Chine et la question des droits de l’homme
    Le gouvernement chinois a publié début octobre un rapport intitulé Progrès dans les droits de l’Homme, en Chine, en 2009. Selon NTD, le régime y affirme avoir amélioré les droits de l’Homme pour les Chinois. Ce n’est pourtant pas l’avis de James Zimmerman, expert sur la Chine d’Amnesty International, pour qui « le rapport donne la priorité à l’économie, aux droits sociaux et culturels, avec peu de mention aux droits civils et politiques ».

    Dans son dernier rapport annuel sur les droits de l’homme,  le département d’État américain dépeint effectivement un tout autre tableau. Selon Washington, Pékin a «intensifié sa répression sévère au plan culturel et religieux». Selon ce rapport, dans l'ensemble du pays «la détention et le harcèlement des militants des droits de l'homme se sont accrus». Selon le département d’État «les avocats et les cabinets juridiques qui ont défendu des affaires qualifiées de sensibles par les autorités ont fait l'objet de harcèlement, de radiations ou de fermeture.»

    À la suite du sommet UE-Chine début octobre, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a appelé la Chine à faire des progrès dans le domaine des droits de l'homme. Cette question des droits de l'homme «reste un élément important du dialogue avec la Chine», a souligné le président.

    La Chine et la liberté d’expression
    Le 8 octobre 2010, Liu Xiaobo est devenu le premier opposant chinois à obtenir le prix Nobel de la paix. Il avait été condamné à onze ans de prison pour incitation à la subversion du pouvoir de l'État, un chef d'accusation relativement vague, souvent utilisé à l'encontre des opposants politiques et défenseurs des droits de l'homme. Son crime? Avoir été l’un des membres signataires de la Charte 08, manifeste écrit par plusieurs intellectuels chinois appelant à plus de démocratie en Chine. Bien que certains dissidents chinois en exil aux États-Unis, dont Wei Jingsheng considéré comme le père du mouvement démocratique en Chine, modère l’attribution de ce prix, il n’en reste pas moins un témoignage de l’état de la liberté d’expression en Chine.

    La censure chinoise s’exporte d’ailleurs hors des frontières. Aucune conférence de presse n’est prévue lors du passage du président Hu Jintao en France. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé lors du dernier sommet UE-Chine à Bruxelles, lorsque la délégation chinoise a annulé la conférence de presse clôturant le sommet à cause de la présence de journalistes de The Epoch Times dans la salle.

    Cependant, il existe en Chine plusieurs mouvements qui commencent à se manifester en faveur de la liberté d’expression. En effet selon Courrier International vingt-trois membres du Parti communiste chinois, tous anciens hauts fonctionnaires ont publié le 11 octobre une lettre ouverte s'adressant au Comité Permanent de l'Assemblée nationale du Peuple pour demander la liberté d'expression en Chine. Dans ce texte il est mentionné que selon «l'article 35 de la Constitution chinoise de 1982, les citoyens chinois ont la liberté de parole, de publication, de création des associations, de manifestation», ce qui n’a jamais été appliqué en Chine depuis 28 ans.

    Un élan populaire a également lieu en Chine depuis 2005 suite à la publication des « 9 commentaires sur le parti communiste », qui a entraîné aujourd’hui plus de 82 millions de Chinois à démissionner des trois organes du parti.

    La Chine et la liberté de croyance
    D’après le journal The Epoch Times, le récemment nommé Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de croyance Heiner Bielefeldt, a hardiment prouvé qu'il n'ignorerait pas la Chine, membre permanent du Conseil de sécurité et violateur chronique de la liberté religieuse. Le 9 avril 2010, la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a publié son rapport annuel 2010 au Club national de la presse américain. Le rapport recommandait que 13 nations, dont la Chine, soient nommées Pays Particulièrement préoccupants (PPP) «à cause de ces violations des libertés religieuses systématiques, continues et flagrantes».


    Dans son rapport annuel 2004 sur la liberté de religion et de croyance, Asma Jahangir, ancien rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de croyance à l'Assemblée générale des Nations Unies, écrivait à propos de la persécution du Falun Gong (1), première communauté réprimée en Chine: «La cruauté et la brutalité de ces actes allégués de torture défient toute description.»
    En mars 2006, le Rapporteur des Nations Unies sur la torture Manfred Nowak, rapportait que ces pratiquants représentaient 66% des cas de torture pour lesquels il avait demandé à la Chine de s'expliquer.

    Dans son rapport de 2010, la CIFD notait que la torture des pratiquants de Falun Gong par l'État chinois demeurait toujours largement répandue et que leur assassinat pour leurs organes a été documenté dans l'ouvrage de 2009, Bloody Harvest, écrit par deux nominés au prix Nobel de la paix David Kilgour et David Matas.

    La Chine et les relations internationales
    Concernant l’implication de la Chine dans l’économie mondiale, Le Monde écrit dans son article «En Chine, plus de croissance et toujours moins de libertés» qu’en décernant le prix Nobel de la Paix à un dissident chinois, le comité a interpellé «le monde occidental et l'incite à se démarquer d'une idée dangereuse qui a fait son chemin depuis le massacre de Tiananmen, en 1989: le développement économique conduira tout naturellement la Chine à la démocratie.»

     

    Deuxième puissance mondiale et véritable atelier du monde, le gouvernement chinois a en effet basé sa croissance sur la répression des droits humains et des droits sociaux. D’après l’article « Pour le plus grand bonheur des petits et des grands » paru dans le journal La Grande Epoque l’arme secrète que le Parti communiste chinois utilise pour dominer le commerce mondial est le travail d’esclave. Les prisons et les camps de travaux forcés des autorités chinoises abritent d’énormes usines qui fabriquent des produits pour l’export. Dans d’autres entreprises, «les ouvriers payés 67 euros par mois, peuvent travailler jusqu’à seize heures par jour ».C’est dans ce contexte de crise économique mondiale que Paris a répété ces derniers mois «sans Pékin il n’y a pas de solution». C’est par la porte étroite de la réévaluation du yuan que le président Nicolas Sarkozy et la gouvernance du G20 veulent avancer avec la Chine. En effet, les pays occidentaux, pénalisés dans leurs exportations par un yuan trop faible, veulent faire pression sur la Chine pour qu’elle apprécie sa monnaie, sans braquer un partenaire avec lequel des contrats de milliards d’euros sont en perspective. L'Europe, à l'instar des États-Unis envisagent d’ailleurs des mesures de rétorsion commerciales, soupçonnant Pékin de faire de la dévaluation compétitive en maintenant sa monnaie à un niveau artificiellement bas pour doper les exportations et la croissance chinoises.


    Pour finir le tour complet du contexte de cette rencontre France-Chine, James Zimmerman, expert de la Chine, Amnesty International signalait l’assistance du régime chinois aux dictatures mondiales telles que la Corée du Nord, la Birmanie, l’Iran ou encore le Vietnam: «Le danger est qu’ils forment ce que vous pouvez appeler le bloc des "non droits de l’Homme". Ils ont des alliances diplomatiques avec des pays comme la Birmanie, la Corée du Nord et plusieurs pays d’Afrique. S’ils jouent ce rôle diplomatique qui permet à ces pays de violer les droits de l’Homme avec impunité, ce sera très mauvais, non seulement pour les Chinois mais pour les peuples dans de nombreuses parties du monde, en particulier en Afrique et en Asie.»


    Cette rencontre diplomatique entre Nicolas Sarkozy et Hu Jintao, en France, pays des droits de l’homme, pourra peut-être sensibiliser en tout cas informer les Français sur la position très délicate de la Chine dans l’échiquier mondial et la place des pays occidentaux dans l’histoire.



    (1) Le Falun Gong, aussi appelé Falun Dafa est une méthode bouddhiste de méditation et d’exercices, dont les enseignements soulignent l’importance de vivre selon les trois principes d’authenticité, de compassion et de tolérance. Prenant son origine en Chine dans les années 90, le Falun Gong est aujourd’hui pratiqué dans une centaine de pays. Le gouvernement chinois ayant évalué que 100 millions de gens en Chine pratiquaient le Falun Gong, en juillet 1999, le Parti communiste chinois a lancé une violente campagne à l’échelle nationale pour "éradiquer" cette pratique bouddhiste.

    Le Centre d’Information du Falun Dafa peut documenter 3.413 décès sous les persécutions aux mains des autorités et plus de 44.000 cas de torture, chiffres très inférieurs à la réalité dans le contexte de contrôle de l'information qui règne sous le régime communiste. Des millions sont toujours détenus ou envoyés dans des camps de travaux forcés où ils sont utilisés comme "banque d'organes" dans le cadre d'un vaste trafic d'humains organisé par les autorités communistes (voir article de L'Express).

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/International/Nicolas-Sarkozy-rencontre-Hu-Jintao-avant-le-G20.html

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