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révolution culturelle en chine

  • L’utilisation de mensonges pour justifier la violence

    Propagande des gardes rouges.jpgOn peut mesurer le niveau de civilisation par le degré de violence qu’un régime utilise. En recourant à la violence, les régimes communistes représentent clairement un immense pas en arrière dans la civilisation humaine. Malheureusement, le Parti communiste a été considéré comme progressiste par ceux qui croyaient que la violence est un moyen nécessaire pour faire avancer la société. L’acceptation de la violence doit être observée à la lumière du deuxième trait héréditaire du Parti communiste : l’usage habile et inégalé de la tromperie et des mensonges.

    «Depuis notre plus jeune âge, nous avons considéré les Etats-Unis comme un pays sympathique. Cette idée est due en partie au fait que les Etats-Unis n’ont jamais occupé un autre pays, ni lancé d’attaques contre la Chine. Plus fondamentalement, la bonne impression qu’ont les Chinois des Etats-Unis repose sur leur caractère ouvert et démocratique.»

    (Légende de l'image: Une affiche de propagande des Gardes Rouges battant, détruisant et pillant. Les gardes rouges constituent un mouvement de masse chinois comprenant en grande partie des étudiants et des lycéens, dont Mao Zedong s'est servi pour poursuivre le processus de la Révolution Culturelle )

    C’est ce qu’on pouvait lire dans un éditorial publié le 4 juillet 1947 dans le Xinhua Daily, journal officiel du PCC. A peine trois ans plus tard, le PCC envoyait des soldats combattre les troupes américaines en Corée du Nord et dépeignait les Américains comme les impérialistes les plus pervers du monde. Chaque Chinois vivant en Chine continentale serait surpris de lire ce point de vue écrit il y a plus de 50 ans. Le PCC a interdit toute publication citant des passages similaires et en a publié des versions réécrites.

    Depuis son arrivée au pouvoir, le PCC a employé le mensonge dans l’élimination des contre-révolutionnaires (1950-1953), à l’occasion de la « coopération » entre les entreprises publiques et privées (1954-1957), lors du mouvement anti-droitier (1957), de la Révolution culturelle (1966-1976) et du massacre de Tiananmen (1989), ainsi que plus récemment au cours de la persécution du Falun Gong (1999). L’exemple le plus tristement célèbre a été la persécution des intellectuels en 1957. Le PCC avait demandé aux intellectuels d’exprimer leurs opinions mais il les a après coup persécutés en tant que « droitiers » utilisant leurs discours comme preuves de leurs « crimes ». Lorsque certains ont dénoncé cette persécution comme une conspiration ou un « complot fomenté dans l’ombre », Mao a affirmé publiquement : «Ce n’est pas un complot fomenté dans l’ombre, mais un stratagème visible de tous».

    La tromperie et les mensonges ont joué un rôle très important dans la prise de pouvoir du PCC et son maintien. La Chine a l’histoire la plus longue et la plus complète du monde et les intellectuels chinois croient depuis toujours en l’histoire. Le peuple chinois a utilisé l’histoire pour évaluer la réalité actuelle et même pour parvenir à une évolution spirituelle sur le plan personnel. Pour que l’histoire serve l’actuel régime, le PCC a fait un usage courant de l’altération et de la dissimulation de la vérité historique. Dans sa propagande et ses publications, le PCC a réécrit l’histoire de périodes aussi lointaines que celle des Printemps et Automnes (770-476 av. J.-C.) et des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.), jusqu’à celle de la récente Révolution culturelle. Depuis 1949, de telles altérations ont perduré pendant plus d’un demi-siècle, et tous les efforts pour restaurer la vérité historique se sont heurtés à l’obstruction du PCC.

    Lorsque la violence n’est plus suffisante pour maintenir le contrôle, le PCC recourt à la tromperie et aux mensonges qui servent à justifier et à masquer le règne de la violence.

    Bien sûr, il nous faut admettre que la tromperie et les mensonges ne sont pas des inventions du Parti communiste, mais ce sont de très anciennes infamies que le Parti communiste a utilisées en toute impunité. Le PCC a promis des terres aux paysans, des usines aux travailleurs, la liberté et la démocratie aux intellectuels et la paix pour tous. Aucune de ces promesses ne s’est réalisée. Une génération de Chinois est morte trompée, et une autre génération continue d’être escroquée. À la plus grande tristesse des Chinois, c’est l’aspect le plus malheureux de la nation chinoise.

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/9-Commentaires-sur-le-Parti-communiste/Quest-ce-quest-le-Parti-communiste.html

  • Révision historique de la Révolution culturelle en Chine

     

    La Révolution culturelle chinoise lança, chez les intellectuels français, la grande mode maoïste. Deux historiens apportent des éléments décisifs sur cet épisode encore très controversé

    A quoi bon parcourir encore les dossiers noirs de la Révolution culturelle ? L'affaire semble entendue de longue date. D'André Glucksmann à Jean-Claude Milner, les prochinois parisiens les plus en vue des années 1970 en sont aujourd'hui devenus les plus zélés détracteurs, les uns ayant carrément sauté en marche dans le train sarkozyste, les autres reconvertissant leur déni passionné du réel dans la défense d'un Occident à leurs yeux menacé. Le fondateur des Editions Verdier, Gérard Bobillier, ex-mao et fidèle de Benny Lévy, ne déclarait-il pas peu de temps avant sa mort que la «seule grandeur de la Gauche prolétarienne» fut «son autodissolution» ? Il n'est pas jusqu'aux derniers intellectuels à prêter aujourd'hui encore un héritage positif à certains schèmes maoïstes, Alain Badiou  en tête, qui n'admettent «l'échec terrible» (1) par lequel se solda ce chaos révolutionnaire de dix ans.

     

    Les auteurs

     

    Sinologues de réputation internationale, Roderick MacFarquhar et Michael Schoenhals enseignent respectivement à Harvard et à l'Université de Lund.

     

     

    Sans doute, mais toute une génération nouvelle a aussi besoin de comprendre. Que les plus intenses normaliens des années 1970, le sel de la crème de l'élite, aient adhéré comme un seul homme à une hyperbole idéologique si manifestement liberticide, «archaïque et réactionnaire», écrira Simon Leys dès 1971, il y a là une énigme fascinante. Qu'un mouvement de masse censé renverser «par la gauche» la pétrification bureaucratique, si l'on prend du moins un instant au sérieux l'objectif avancé par Mao, se soit achevé en Chine par le féroce affermissement du Parti-Etat, sa mise au service des milliardaires de Shanghai, et l'oppression militaire d'une des populations ouvrières les plus pauvres au monde, il y a là un phénomène qui devrait au moins intéresser quiconque cherche à penser un peu sérieusement le passé et c02b2667f373e06a79e5f5b3776a4699.jpgl'avenir des politiques d'émancipation. Disons-le franchement, l'«antitotalitarisme» à la française n'a que très partiellement répondu à ces attentes. Les leçons de morale des repentis et les sarcasmes prudhommesques de la droite «livre-noir-du-communisme» tenant difficilement lieu d'analyse critique. Il importe donc de revenir aux faits, à leur enchaînement cruel, de tenter de démêler loyalement ce qui au sein de cette séquence historique encore brûlante sépara le calcul politique et la vendetta personnelle des rares moments d'inspiration révolutionnaire authentique. D'autant que même ce travail historiographique élémentaire est encore tâtonnant en Chine, où les revanchards de la Révolution culturelle, ceux-là qui ont pris le pouvoir dans le sillage de Deng Xiaoping, n'ont eu de cesse d'empiler les mensonges et de dissimuler des preuves. Ce livre de deux sinologues, MacFarquhar et Schoenhals, apporte des pièces décisives sur la période allant du 925289901.jpgsurgissement des Gardes rouges étudiants en 1966, jusqu'à la chute de la Bande des Quatre, derniers porte-flingues idéologiques de Mao que lui-même lâchera peu avant sa mort en 1976.

    On sait que le pouvoir chinois donnera en 1981 sa version officielle du bilan effarant de la Révolution culturelle. Le «camarade Mao Zedong» en ressortira diminué mais sauvé, dépeint en héros tragique dont l'erreur gauchiste «de très grande ampleur et de longue durée» fut malgré tout celle d'un «grand révolutionnaire prolétarien». Une vision évidemment battue en brèche ici, tant le déchaînement de violence idéologique initié par Mao fut indiscernablement lié dès l'origine à sa volonté de consolider un pouvoir personnel total. En 1956, Mao avait craint de se voir dénoncer après sa mort par un Khrouchtchev local. Lors du limogeage de ce dernier en 1964, c'est une angoisse encore plus vive qui étreint le leader chinois. Celle de se voir évincer avant sa mort. Dès lors la dévotion totale à sa personne deviendrait le seul critère au sommet de l'Etat. Mao n'allait pas hésiter pour cela à conclure de longues alliances avec des «droitistes» dociles comme Zhou Enlai, tout en allumant la mèche de la Révolution culturelle, vaste campagne de terreur rouge destinée à conjurer le spectre d'une liquidation du communisme. Dix ans plus tard, elle aboutirait rigoureusement au résultat inverse.

    Lire la suite de cet article sur le NouvelObs.com : http://bibliobs.nouvelobs.com/20091112/15830/mao-le-dernier-empereur

     

  • Le regard de deux Français sur la révolution culturelle chinoise

    Que se passe-t-il en Chine? Pendant près de deux mois, des centaines de millions d'adolescents, garçons et filles, munis d'un brassard pourpre et baptisés Gardes rouges viennent de déferler dans les villes. Encouragés par Mao Tsé-toung et son second, Lin Piao, ils prétendaient extirper les vestiges du capitalisme et du féodalisme, barrer la route au révisionnisme. Les témoins occidentaux sont rares. Martine Béranger et Claude Goure ne se connaissent pas. Ils se trouvaient en Chine à des dates différentes. Ils rapportent à "L'Express" ce qu'ils ont vu.

     

     

    Martine Béranger raconte:

    Sur la Colline de l'Ouest, les Gardes rouges sont à l'oeuvre. De grandes affiches proclament: "Détruisons l'ancien pour établir le nouveau" "Mettons fin aux superstitions". Les jeunes disciples du maréchal Lin Piao ont pris ces slogans au sérieux. Des lions de pierre gisent sur le sol, décapités; l'intérieur des temples est saccagé. Je vois un groupe de Gardes rouges enfoncer la porte d'un temple. Ils passent des cordes autour des statues, les précipitent à terre et les achèvent à la pioche et au marteau...

    On ne peut plus sortir dans les rues de Pékin sans rencontrer des hommes et des femmes, âgés pour la plupart, coiffés d'un bonnet d'âne ou portant, sur la poitrine, des pancartes avec l'inscription infamante "Je suis un propriétaire foncier". "Je suis une imbécile", proclame la pancarte d'une vieille qui déambule, imperturbable, sous les quolibets de la foule.

     

    J'assiste à une séance de coiffure en plein air. Sous l'oeil vigilant des Gardes rouges, un coiffeur improvisé cisaille les cheveux longs d'une jeune fille agenouillée. Parfois, elle lève les bras pour tenter d'arrêter les ciseaux. Les Gardes rouges la frappent. On m'invite à circuler. Je fais semblant de ne pas comprendre. On me renouvelle alors l'invitation, beaucoup moins aimablement... Un peu plus loin, des monceaux de livres jonchent le trottoir: parmi eux, je distingue un Zola.

     

    Et voici le témoignage de Claude Goure:


    Dans les rues de Nankin, des groupes se forment autour de jeunes garçons et de jeunes filles qui collent des affiches, distribuent des tracts, haranguent la foule à l'aide de porte-voix. Tous portent le même brassard rouge, marqué de caractères jaunes: "Hung-wei-ping", Gardes rouges. Ils ont entre 15 et 20 ans. Un cortège avance lentement. Au milieu, un homme encore jeune, coiffé d'un chapeau de papier. Il marche tête baissée, regard vide, insensible à la foule qui l'invective. "C'est un réactionnaire", explique Chou, mon interprète.

    Retour à Pékin. J'avais quitté la capitale il y a quinze jours. Elle présente maintenant un aspect entièrement différent. Les visages, autrefois souriants, sont fermés. Les gosses n'applaudissent plus sur le passage des étrangers. Dans le hall de l'hôtel, un immense portrait de Mao a remplacé les anciennes peintures chinoises. Les paravents de grande valeur ont disparu, comme la plupart des vestiges du passé impérialiste et féodaliste.

    Sur les rares voitures qui circulent dans les rues, tous les signes de fabrication étrangère ont été supprimés, les cyclistes ont accroché à leur guidon une plaque portant une pensée de Mao. Les Gardes rouges arrêtent ceux qui ne l'ont pas. Toute la ville est en effervescence. Je vois, exposés à l'attention de la foule, une paire de chaussures à talon, des collections de timbres venant de Hong Kong, une multitude d'objets devenus indésirables en Chine.

     

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    AFP

     

     

    Le président de la République populaire de Chine Mao Zedong, suivi de son second, Lin Piao, passent devant des Chinois brandissant le Petit livre rouge en 1970.

    Il fait 38° à l'ombre quand j'arrive dans un village situé au pied de la Colline Parfumée. Sur la place, un amas d'objets divers, peintures, meubles, statues, livres, baguettes en ivoire. A une centaine de mètres, cinq vieillards - trois hommes et deux femmes - sont accroupis. ils portent un écriteau sur la poitrine: "Réactionnaires". Ceinturon en main, des Gardes rouges leur font arracher l'herbe. Un garçon d'environ 15 ans injurie un vieillard qui ne travaille pas assez vite et le frappe à coups de ceinturon. A la vue des étrangers, les Gardes rouges ordonnent aux réactionnaires de se lever. Ils les font entrer dans une petite maison basse.

    Ce même jour, en remontant l'avenue Wan Fu-chin, je remarque une équipe de Gardes rouges descendant d'un autobus. Ils sont une dizaine, gourdin à la main. A leur épaule est attaché un petit filet contenant des effets, un casse-croûte et, bien sûr, l'inévitable livret rouge, résumé des oeuvres de Mao. Ce livret, je l'ai vu partout, même sur les nageurs chinois qui rencontraient une équipe syrienne. Ils le portaient dans leur serviette-éponge et le lisaient pendant deux minutes avant d'attaquer le 100 mètres ou d'exécuter un plongeon.

    Je me risque à suivre les Gardes rouges à travers des ruelles en retrait de la place Tien-An-Men. Ils entrent dans une maison. Mêlé à la foule, j'entre aussi. Un Garde rouge me barre le passage, mais trois autres interviennent; on s'écarte pour me faire place. Des Gardes s'affairent à l'intérieur de la maison. Ils déposent dans la cour une multitude d'objets, de meubles. La foule est silencieuse, souriante.

     

     

    Tiré de l'Express:

    http://www.lexpress.fr/informations/le-regard-de-deux-francais-sur-la-revolution-culturelle-chinoise_590922.html

     

     

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