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politique d'appauvrissement des campagnes

  • Chine: Sauver les orphelins du Gansu

    Une ONG française veille sur des enfants abandonnés, au Gansu, l'une des régions les plus pauvres de la Chine.

    Hao Tianhui a 8 ans. Ses deux parents sont morts asphyxiés dans le dortoir de leur usine. Li Wentao a 13 ans. Son père est mort empoisonné. Sa mère a quitté la maison et n'est plus revenue. Zhang Zhijun a 14 ans. Son père s'est suicidé. Sa mère a disparu... Chacun des orphelins dont s'occupe l'association française « Les enfants de Madaifu » a un visage, une histoire, une blessure profonde. Sans aide, ils seraient devenus des enfants errants, comme un million d'autres en Chine, seraient restés analphabètes ou, tout simplement, n'auraient pas survécu. Créée par le docteur Marcel Roux, ancien vice-président de MSF, en 1999, l'association « Les enfants de Madaifu », ce qui signifie « les enfants du docteur Ma », opère dans une « zone grise ». Ni interdite, ni autorisée. Tolérée, elle a déposé ses statuts en France (il n'y a pas d'ONG réellement indépendantes en Chine) et vit des dons de particuliers, dont beaucoup d'expatriés français. Depuis le décès du docteur Roux, elle est présidée par Charlotte Cailliez, journaliste et productrice, qui vit à Pékin. Celle-ci connaît bien les conditions de vie des paysans du Gansu ou du Hubei, ces provinces misérables de la Chine profonde. « Le revenu des paysans déshérités de l'ouest chinois dépasse rarement les 150 dollars par an (moins de 100 €). Plus on s'enfonce dans les zones rurales, plus la pauvreté est grande et moins il y a d'argent public. En l'espace d'une génération, les Chinois sont passés d'un système de santé rudimentaire à l'absence quasi-totale de couverture sociale. Les Chinois ne meurent plus de faim. Ils meurent de maladies mal soignées et de désespoir... »

    Orphelinat sans mur

    La réalité qu'évoque Charlotte Caillez et son équipe de bénévoles fait froid dans le dos. « Les enfants sont les premières victimes de la dégradation des conditions de vie dans les campagnes », explique-t-elle. Selon l'UNICEF, la Chine compte un million d'orphelins de père et mère, soit, peut-être, plus de cinq millions d'orphelins d'un parent. Le nombre d'enfants abandonnés est encore plus important mais aucune statistique n'existe. Les familles rurales, très fragiles, peuvent éclater pour de multiples raisons. La plus fréquente est la mort du père. Dans ce cas, la mère perd tous ses droits. Elle n'est plus rien, devient l'esclave de la belle famille. Souvent, elle se suicide ou disparaît. Si elle a plus de 30 ans, elle avale des pesticides pour se tuer, si elle a moins de 30 ans, elle part pour tenter de refaire sa vie...
    Dans de telles conditions, les grands-parents ou les oncles doivent assurer la subsistance des orphelins. Ils n'y parviennent pas forcément.
    L'association « Les enfants de Madaifu » a créé, pour sauver une partie de ces enfants, un « orphelinat sans mur ». Elle aide les familles et vérifie, sur le terrain, que l'argent est bien utilisé. Chaque trimestre, elle fait parvenir 200 ou 300 yuans (20 à 30 €) aux familles et elle prend en charge les frais de scolarité. C'est ainsi que des orphelins de « Madaifu » sont aujourd'hui au lycée, et même, pour quelques rares cas, à l'université ou à l'école normale.
    Une réussite impensable pour des gamins qui étaient condamnés d'avance.
    •Pour tout savoir sur «Madaifu » et participer : www.madaifu.org

    Tiré de http://www.estrepublicain.fr/dossiers/chine/art_833314.php

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