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persécution falun gong

  • Comment Falun Gong a changé la Chine depuis le 25 avril 1999

    25 avril 1999, Chine, appel pacifique, persécution Falun Gong, répression, totalitarisme, ZhongnanhaiLe 25 Avril 1999, lorsque des dizaines de milliers de pratiquants du Falun Gong se sont rassemblés pacifiquement à Pékin pour demander au parti communiste chinois de mettre fin au harcèlement qu'il faisait subir au mouvement, ils ont sans le savoir commencé le plus grand et le plus durable des mouvements de désobéissance civil de la Chine actuelle.

    Le 20 juillet 1999, le régime chinois a commencé une persécution brutale et systématique du mouvement bouddhiste Falun Gong; celui-ci, en répondant de manière uniquement pacifique comme il l'avait fait le 25 avril 1999, est devenu une source d'inspiration pour les activistes démocratiques et intellectuels chinois.

    M. Zhong Weiguang, un spécialiste du totalitarisme qui vit actuellement en Allemagne dit avoir «commencé à réfléchir sur la nature effrayante de la société chinoise.» après le rassemblement du 25 avril. «A l'image de tous les partis communistes» indique-t-il, «le Parti communiste chinois (PCC), gouverne le pays par le mensonge et la terreur.»

    M. Zhong qui précise ne pas pratiquer Falun Gong, est venu à «admirer» l'impact des membres du mouvement sur la Chine. Il dit trouver, onze ans après l'événement, que l'appel du 25 avril avait «une portée tellement plus profonde» que ce qu'il pensait initialement. «Il n'y a jamais eu parmi les mouvements de dissidence chinois un mouvement comparable au Falun Gong» analyse-t-il.

    M. Guo Guoting, avocat chinois des droits de l'homme en exil au Canada, trouve comme M. Zhong que le Falun Gong est unique dans la  société chinoise. «Sous le joug d'un PCC violent et totalitaire, il y a eu des vagues et des vagues de persécution terrible et des attaques, mais il n'y a jamais eu d'autre organisation ou de groupe qui se soit dressé ouvertement et qui ait protégé ses droits» explique M. Guo, qui comme Zhong Weiguang précise n'être pas lui-même membre du mouvement. Selon lui, l'appel du 25 avril incarne «tout simplement l'esprit de la résistance pacifique.»

    25 avril 1999, Chine, appel pacifique, persécution Falun Gong, répression, totalitarisme, ZhongnanhaiL'avocat rappelle que depuis sa prise de pouvoir en 1949 (et même avant cette date), le PCC a régulièrement lancé des campagnes politiques sur base de propagande, de lavage de cerveau, de slogans, de pression sociale, de violence, voire de pure terreur; pour se maintenir stable, l'existence d'un ennemi intérieur lui est indispensable, car il permet au parti de stigmatiser une partie minoritaire de la population et d'appeler au nom du patriotisme le reste de la population à entrer «en lutte» contre cette partie. C'est cette même méthode, dit Guo Guoting, qui a été utilisée pour stigmatiser, attaquer et essayer de briser le Falun Gong. 

    Jusqu'à présent, aucun groupe, ni aucune profession incriminée de cette façon n'avait osé, ni même su comment défendre ses droits, rappelle M. Guo.  «Aussi lorsque le Falun Gong a commencé à faire cela, tous les chinois ont été pris au dépourvu» poursuit-il. Pour lui, la volonté du Falun Gong de ne pas se laisser intimider par le PCC est l'un des aspects qui a rendu ses efforts si extraordinaires.

    «L'autre aspect d'importance est qu'il ne s'agit pas d'une résistance agitée qui s'éteint peu de temps après» déclare M. Guo. «Cela a été un long processus, un processus extraordinairement solide pour protéger leurs droits à leurs croyances, une démonstration de persévérance et d'audace.»


    «Un modèle»

    D'après Zhong Weiguang, les méthodes pacifiques utilisées le 25 avril ont donné aux activistes chinois un grand précédent à suivre, une référence et une source d'inspiration. En outre, croit-il, l'exemple du Falun Gong peut aider les militants démocrates à mieux cerner leur propre mouvement: Selon M. Zhong, «A cause du désordre au sein de nos propres troupes, des conflits internes et de notre incapacité à travailler durement sur le long terme vers un même but, le mouvement démocrate à l'étranger est petit à petit devenu inefficace.»

    Plus que tout autre aspect, c'est la persévérance des membres du Falun Gong qui doit être pris en exemple par le mouvement démocratique chinois, pense M. Zhong, qui considère que l'exemple du Falun Gong a "ouvert la voie" pour ce qui a suivi au cours des dix dernières années. «On peut dire que sous différents points de vue, s'il n'y avait pas eu la résistance du Falun Gong, il n'y aurait pas aujourd'hui de si nombreux Chinois défendant leurs droits, ni le mouvement actuel de défense des droits».  A l'image d'un Martin Luther King ou d'un Gandhi qui ont appliqué la résistance non-violente, d'après M. Guo, «C'est le Falun Gong qui représente aujourd'hui ce mouvement de désobéissance civile non-violente en Chine. Et cette désobéissance a commencé le 25 avril 1999. Je crois que cela a donné à tous les secteurs de la société chinoise une voie efficace et pleine de sens: l'appel et la manifestation pacifique, la non coopération pacifique».

    25 avril 1999, Chine, appel pacifique, persécution Falun Gong, répression, totalitarisme, Zhongnanhai, police Là serait donc l'espoir? «Ce mouvement… je crois, ce genre de chose est ce qui peut finalement mettre un terme au pouvoir violent du PCC. Et ça peut empêcher toute la société de sombrer dans le chaos, de tomber dans la barbarie, ou de sombrer dans la violence, ou le massacre, ou de faire 'couler des rivières de sang'.» Et pour M. Zhong, «avant que ne commence la résistance pacifique du Falun Gong, en tant qu'intellectuel chinois, je trouvais que nous étions très seuls» «En termes de culture communiste, tout ce truc du PCC, le mode de vie qu'il nous a imposé, je ne pouvais pas l'accepter. Et si vous n'acceptez pas ça dans la société chinoise, et bien vous êtes très seul.»

    Puis de poursuivre, «Mais avec l'apparition des pratiquants du Falun Gong, par leur croyance même, ils étaient à l'opposé du PCC, ils ont avec eux une sorte de nouvelle culture et en raison de son caractère inclusif et de sa signification intérieure, cela a donné à l'ensemble du mouvement dissident un énorme soutien». «Chaque chinois, tout le monde sait que dans la vie quotidienne au sein de la société chinoise, dans les rapports interpersonnels, l'éthique et la morale des gens ainsi que les valeurs morales de la société et l'éthique de ceux qui voyagent à l'étranger - tout est déjà pourri» d'après M. Zhong.

    «Le pouvoir du PCC n'est pas qu'une simple question de gouvernance par le PCC, mais cela à fait que chaque chinois s'est habitué aux mensonges et est devenu menteur. Or nous pouvons constater aujourd'hui, qu'il y'a de l'honnêteté et de la droiture dans la vie des pratiquants du Falun Gong dans la société chinoise, et qu'il y a des personnes avec des valeurs morales traditionnelles qui ont adopté ce mode de vie.».  

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/10/4/29/n3502918.htm

  • Les leçons de l'histoire: Les pas des pratiquants de Falun Dafa à Nuremberg, en Allemagne

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    Lire la première partie à http://fr.clearharmony.net/articles/201011/53943.html

    L’appel à la conférence internationale des droits de l’homme à Nuremberg

    À la veille de la Journée internationale des droits de l’homme le 9 décembre 2002, la rencontre internationale annuelle des droits de l’homme s’est réunie à Nuremberg. A la conférence de presse, un pratiquante de Falun Gong, Chen Gang a appelé à secourir sa mère, Pan Huiqin. Parce qu'elle pratiquait le Falun Gong Mme Pang a été persécutée par le PCC jusqu’à être sans ressources et sans domicile.

    Photo: Le procès de Nuremberg entre novembre 1945 et octobre 1946 a jugé 24 des principaux responsables nazis accusés de crimes contre la paix, de complots et de crimes contre l'humanité.

    Un autre pratiquant Zhang Zhentong a raconté en détail comment 14 pratiquants innocents qu’il connaissait personnellement avaient été persécutés, condamnés à d’énormes amendes, ou soumis à une brutale dévastation mentale dans le camp de travaux forcés de Masanjia. Se basant sur leurs propres expériences ils ont appelé les gens de tous milieux en Allemagne à maintenir la justice et aider à mettre fin à cette persécution.

    De nombreux pratiquants d2010-11-30-nurnberg4.jpge Falun Gong ont pratiqué les exercices devant l’endroit où la Conférence des droits de l'homme avait lieu, et de nombreux représentants à la conférence ont été touchés par la sérénité qu’ils dégageaient. Plusieurs pratiquants recueillaient déjà des signatures et s'adressaient face à face aux gens assistant à la conférence trois heures avant la réunion. Beaucoup ont dit sans hésitation, qu’ils voulaient absolument signer.

    (A gauche: La colonne des droits de l'homme en Chinois à Nuremberg)

    Dans la salle de la réunion, les pratiquants de Falun Gong se sont vus offrir une opportunité de prendre la parole, Zhao Ming, d’Irlande, a raconté la brutalité avec laquelle il avait été traité, privé de ses droits fondamentaux, et persécuté en prison. Beaucoup de médias l’ont interviewé. Un vieil homme a dit en sortant : " C’est effrayant la façon dont cette personne chinoise a été emprisonnée pendant deux ans. Je n’avais encore jamais entendu parler d'une persécution pareille. " Beaucoup de gens ont réalisé, après avoir entendu les pratiquants de Falun Gong la gravité de la situation en Chine et que cette atteinte au principes moraux fondamentaux du Vrai, du Bon et de la Tolérance, affectait chaque personne dans le monde.

    La télévision nationale allemande et un journaliste de la télévision RTL ont filmé la banderole... Lire la suite: http://www.fr.clearharmony.net/articles/201012/53956.html

  • L'avocat courage de la Chine

    As du barreau converti au christianisme, Gao Zhisheng était devenu la providence des sans-droits victimes des pouvoirs locaux ou de persécutions religieuses. Aujourd'hui enfermé, torturé, celui dont l'existence avait commencé comme une «success story» à la chinoise est maintenu au secret par les autorités.

    La dernière fois qu'il a été vu en public, en avril dernier, Gao Zhisheng n'était plus que l'ombre de lui-même. Il venait de refaire surface après quatorze mois d'une disparition totale entre les mains de la police secrète. Les amis qui l'ont rencontré lors de cette brève parenthèse décrivent un homme méconnaissable, physiquement cassé et moralement brisé. Celui qui fut « la conscience de la Chine », la plus fameuse « grande gueule » du barreau, la terreur des fonctionnaires corrompus avouait qu'il n'avait plus la force de continuer le combat. Il déposait les armes, dans l'espoir d'échapper aux centres de détention où des tortionnaires d'Etat pratiquent des supplices abominables censés « réformer l'esprit » des récalcitrants. Plus tard, quand il aurait donné par sa conduite suffisamment de gages, peut-être obtiendrait-il l'autorisation de rejoindre sa femme et ses deux enfants réfugiés aux Etats-Unis depuis janvier 2009. Mais les autorités en ont décidé autrement. Le 21 avril, deux ou trois semaines après sa réapparition, Gao Zhisheng était de nouveau enlevé par ses geôliers. L'absence totale d'information sur son sort, ou même sur le lieu de sa détention, laisse présager le pire.


    Terrible punition pour celui qui fut, pendant quinze ans, la figure emblématique d'un groupe engagé appelé «weiquan» (défenseurs des droits civiques). Ce mouvement « légaliste » composé d'avocats, de militants et de journalistes se bat non pas pour un changement de régime, mais pour contraindre le gouvernement à respecter les lois qu'il a lui-même promulguées. Au nom des droits reconnus par la Constitution, les avocats weiquan défendent les victimes d'abus, dont le nombre ne cesse d'augmenter. En 2009, de l'aveu même des autorités, ces exactions ont déclenché 100 000 protestations collectives et 12 millions de « pétitions » individuelles adressées au gouvernement central par des citoyens réclamant justice contre l'iniquité des pouvoirs locaux. Au tournant des années 2000, Gao Zhisheng était devenu la providence de ces pauvres gens, qui parcouraient des milliers de kilomètres pour le supplier à genoux de les défendre : victimes d'expropriations illégales, de catastrophes écologiques dues à la négligence des industriels, de bavures médicales, de persécutions religieuses, d'emprisonnements abusifs, ils savaient que cet as du barreau avait remporté des procès fameux contre les administrations - comme cette indemnité de 100 000 dollars arrachée à un hôpital au profit d'un enfant qui avait perdu l'ouïe suite à une erreur de traitement.


    Les déshérités savaient aussi que Gao consacrait un tiers de son temps à des dossiers « pro bono », qu'il plaidait gratuitement et avec feu. « Tous les avocats weiquan défendent des cas difficiles, explique Teng Biao, ami et collègue de Gao, qui a, lui aussi, ferraillé pour des causes célèbres. Mais, en général, nous prenons la précaution de ne pas «dépasser les bornes». Gao, lui, en faisait une brûlante obligation. Il acceptait un nombre très élevé d'affaires, sans se soucier de déplaire aux autorités. » Sa générosité et son dévouement au bien public étaient tels que le ministère de la Justice l'avait nommé, à 34 ans, parmi les dix meilleurs avocats de Chine.


    C'était en 2001. Gao Zhisheng était alors la preuve vivante que la « réussite pour tous », serinée par le pouvoir communiste, n'était pas un vain slogan. Dans un livre publié en 2007 (1), l'avocat raconte une vraie « success story » aux couleurs de la Chine. Né en 1966 dans une famille très pauvre du Shaanxi, il passe son enfance dans une maison troglodyte sans électricité ni chauffage et, souvent, sans manger à sa faim. Son père, mineur, meurt à 40 ans, laissant six orphelins. L'intelligence et la soif de savoir du petit Gao lui valent d'être engagé par l'Armée populaire de Libération, qui paie à ses recrues des études jusqu'au bac et leur octroie la carte de membre du Parti communiste - sésame indispensable à tous les ambitieux. Plus tard, revenu à la vie civile, il tombe sur une coupure de journal qui annonce le recrutement de 150 000 avocats - plusieurs décennies après l'abolition de la profession par Mao. «Deng Xiaoping déclarait que la Chine allait dorénavant être soumise au règne de la loi. Je l'ai cru», écrit-il. Vendeur de quatre-saisons le jour, Gao étudie donc le droit en autodidacte la nuit. Grâce à sa mémoire prodigieuse, il apprend le Code par coeur. Après avoir débuté sa carrière, en 1995, dans un coin reculé du Xinjiang, il devient rapidement une star du barreau, à la tête d'un prestigieux cabinet privé qu'il a fondé et qui emploie une vingtaine d'avocats dans la capitale.


    Comment cette brillante trajectoire s'est-elle transformée en quelques années en une véritable descente aux enfers ? De plus en plus audag. cieux, Gao subit de nombreuses menaces de mort et plusieurs arrestations ponctuelles dont il refuse de tenir compte. Après une tentative une d'assassinat maquillée en accident de la route en 2006, la machine d'Etat entreprend de l'écraser : lors de deux longs emprisonnements, il est soumis à d'effrayantes tortures qu'il osera, malgré une interdiction formelle, décrire publiquement une fois libéré. Enlevé finalement par des agents de la sécurité d'Etat en février 2009, il est maintenu au secret - excepté la courte parenthèse d'avril 2010 -, les autorités ne daignant donner aucun indice sur son sort ni même indiquer s'il est toujours vivant. Une «disparition» aussi longue est tout à fait inhabituelle, même compte tenu de la rudesse de la répression chinoise.


    Quelle est la raison d'un tel acharnement ? La réponse tient sans doute à la radicalisation progressive d'un esprit libre qui refuse de se cantonner dans le rôle anecdotique que le système judiciaire chinois concède à ses 200 000 avocats. Gao, lui, croyait vraiment aux idéaux de droit et de légalité. « Cet homme était une force de la nature, se souvient un ami. Carrure de taureau, voix de stentor, une énergie capable de déplacer des montagnes, une combativité prodigieuse. Surtout, il a pris au mot la loi de 1989 qui permettait pour la première fois à tout citoyen de poursuivre l'Etat en justice. » Bataillant sans cesse aux quatre coins du pays, a-t-il cru que les honneurs et les relations le protégeraient contre l'ire d'un régime exaspéré par ses défis ? Il s 'était mis à collectionner les cas «sensibles» : un pasteur indépendant accusé de diffuser des Bibles qu'il avait fait imprimer, les propriétaires de puits de pétrole confisqués par le gouvernement local, un village en conflit avec ses propres dirigeants, des avocats arrêtés et torturés pour avoir contesté l'arbitraire des pouvoirs locaux... » Gao n'hésite pas à protester en pleine rue, interpellant nommément les responsables et mobilisant l'opinion publique naissante qui s'agite sur les forums citoyens du Net. Une stratégie qui se solde parfois par la victoire, mais qui lui attire l'inimitié personnelle de nombreux potentats.


    C'est pourtant seulement en 2003 qu'il franchit une «frontière» implicite et se retrouve dans le camp des « ennemis du régime ». Sollicité par un adepte du Falun Gong (mouvement spirituel chinois fondé au début des années 1990) condamné sans procès à trois ans de camp de travail, Gao découvre qu'aucun tribunal n'accepte le dossier au motif que le gouvernement interdit de juger ces questions. Scandalisé par ce déni de droit, il se lance alors dans la bataille - tout en la sachant perdue d'avance. Il n'ignore pas en effet que, parmi la multitude de questions « sensibles », certaines sont carrément taboues : celles qui touchent aux religions indépendantes (catholiques « souterrains» ou «Eglises domestiques» protestantes) et, plus encore, aux « séparatismes » ethniques (Tibet, Xinjiang) et aux « sectes hérétiques », au premier rang desquelles le Falun Gong.


    Depuis 1999, les adeptes de ce puissant mouvement religieux sont férocement pourchassés par Pékin, qui les soupçonne de fomenter un soulèvement contre le PC Des centaines de milliers sont enfermés pendant des mois dans des «centres de lavage de cerveau». Trois mille d'entre eux y auraient trouvé la mort. Ceux qui survivent sont envoyés dans des camps de travail où les conditions sont à peine plus humaines. Selon les chercheurs qui étudient le goulag chinois, le Falun Gong fournirait au moins la moitié de la population carcérale.


    Pourquoi Gao Zhisheng, qui n'est pas un adepte du Falun Gong, s'est-il engagé de toutes ses forces dans ce bras de fer inégal ? «Gao est de ces avocats qui s'impliquent émotionnellement avec leurs clients », répond Teng Biao. Un autre de ses amis juristes ajoute : « Il a un côté Don Quichotte qui lui vient de son enfance défavorisée, une capacité à s'émouvoir des malheurs d 'autrui héritée de sa mère, fervente bouddhiste d'une générosité folle, et qui a été encore amplifiée par sa nouvelle foi chrétienne. » En effet, comme beaucoup d'avocats weiquan, Gao Zhisheng, qui cherchait une spiritualité cohérente avec ses choix philosophiques, s'est converti au christianisme il y a cinq ans, adhérant à une « Eglise domestique » (groupe protestant informel qui se réunit au domicile d'un de ses membres). «Du coup, son empathie pour les gens persécutés à cause de leur foi n'a plus eu de bornes », explique le juriste. En 2005, Gao va jusqu'à adresser une lettre ouverte au président Hu Jintao et au Premier ministre Wen Jiabao : «Bien que vous ne soyez pas responsables du déclenchement de cette catastrophe, le fait que vous n'y mettiez pas fin vous rend complices de ces crimes. » La sanction ne se fait pas attendre : son cabinet est fermé dès le lendemain.


    Refusant de se laisser intimider, Gao sème les agents chargés de le surveiller et part à la rencontre des adeptes du Falun Gong dans les régions où la persécution est la plus sévère. « Le coeur et la plume tremblants, écrira- t- il dans son livre (1), je recueillais des récits d'une inconcevable brutalité, des sommets de cruauté inhumaine comme jamais aucun gouvernement n'en a exercé sur ses propres citoyens. » Il a l'impression de parler à des spectres « déjà morts plusieurs fois». Et pourtant, «leur courage indomptable » et « leur capacité à pardonner à leurs tortionnaires » sont à ses yeux « l'espoir d'une Chine qui a perdu tout sens moral». Profondément ébranlé, Gao publie une seconde lettre ouverte aux dirigeants, plus véhémente encore. Il y dévoile - pour la première fois en Chine - l'existence du Bureau 610 : une sorte de Gestapo occulte créée à la fin des années 1990 pour mener la répression contre le Falun Gong dans une totale impunité. Révulsé, Gao démissionne du Parti communiste, qu'il qualifie publiquement de « cruel, inhumain et malfaisant », en concluant : « Ceci est le jour de ma vie dont je suis le plus fier. »


    Impardonnable. En août 2006, il est enlevé par une bande de nervis, saucissonné de ruban adhésif, aveuglé par une capuche noire et sommé de reconnaître son crime d'« incitation à la subversion ». Torturé pendant dix jours, il finit par signer des aveux et une lettre de repentance. Mais, dès sa libération, Gao brise la loi du silence imposée par ses geôliers. Dans un témoignage clandestin filmé en 2007 (2), il raconte, la voix brisée, les tourments et les humiliations physiques endurées et les menaces incessantes faites à sa famille.


    Trois agents se relaient désormais pour ne jamais perdre de vue son fils de 3 ans, une dizaine d'autres sont affectés à sa fille de 12 ans suivie jour et nuit. Malgré tout, Gao trouve encore la force de s'élever contre les JO de Pékin, au nom des expropriations et des abus qu'ils occasionnent. En septembre 2007, dans une lettre ouverte adressée cette fois au Congrès américain, il fustige la tyrannie du régime «fasciste » de Pékin et demande que les persécuteurs du Falun Gong - dont l'ex-président Jiang Zemin - soient jugés pour crimes contre l'humanité.


    Nouveau sacrilège aussitôt puni. Gao est de nouveau enlevé en septembre 2007 et emmené devant un tortionnaire en chef qui lui hurle à la figure : « Tu accuses le Parti de pratiquer des tortures horribles ? Eh bien, aujourd'hui, on va te faire la totale. Tu avais raison de dire que nous torturions les adeptes du Falun Gong. Les douze méthodes que nous allons te servir ont été peaufinées sur eux. » Après sa libération, l'avocat mettra par écrit le récit de ce calvaire de 54 jours pendant lesquels il a cru - et voulu - mourir. Les « oncles » des services occultes lui « enfument » les yeux avec des cigarettes jusqu'à ce qu'il ne puisse plus les ouvrir. Ils le battent à coups de bâtons électriques, appliquent des électrochocs sur ses parties intimes, percent ses organes génitaux avec des cure-dents, l'arrosent d'urine, le privent de sommeil et de nourriture... Au bout de dix jours, quand il retrouve la vue, il s'aperçoit que sa peau a viré au noir. « Ils ont commis d'autres actes abominables, écrit Gao, qui m'ont montré jusqu'où les chefs du PC étaient prêts à aller pour sauvegarder leur pouvoir dictatorial. Mais ces actes sont si ignobles et dégoûtants que je souhaite les taire à jamais. »


    Malgré sa nomination en 2008 pour le prix Nobel de la Paix, Gao est placé en résidence surveillée et sa famille harcelée. Sa femme et sa fille, qui résistaient à leur escorte, sont molestées. Les « services » interdisent à l'adolescente d'aller en classe ; elle fait plusieurs tentatives de suicide. Début janvier 2009, l'épouse de Gao Zhisheng et ses deux enfants se volatilisent à la barbe des dizaines de flics qui ne les lâchent pas d'une semelle. Dix jours plus tard, ils refont surface aux Etats-Unis avec un statut de réfugiés. On apprendra que leur évasion a été orchestrée par des réseaux clandestins (sans doute le Falun Gong ou d'autres Eglises souterraines) capables de tromper la formidable machine répressive. A peine un mois plus tard, les services se vengeaient en condamnant Gao à un purgatoire dont on ignore tout.
    « Gao Zhisheng a été le premier à oser défendre un pratiquant du Falun Gong, explique Teng Biao. Il l'a payé très cher, mais son courage a ouvert une brèche dans la muraille du non-droit. Nous sommes aujourd'hui de plus en plus nombreux à plaider ce type de dossiers, même si les autorités n'ont pas renoncé à nous intimider. »

    (1) «A China More Just », 2007, Broad Press.

    (2) http://video.google.com/videoplay?docid=-8044243585508814345&hl=en#

     

    Tiré de: http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/enquete/100533/l-avocat-courage-de-la-chine.html

  • Témoignage d'un pratiquant français de Falun Gong installé en Australie

    Un jeune homme français aujourd’hui installé à Sydney : "Je n'oublierai jamais mes compagnons de pratique de Changchun "

    Comment Thomas Dobson jeune homme français (aujourd’hui installé à Sydney ), avec une dizaine d'années de pratique du Falun Gong, a-t-il pu avoir cette affinité prédestinée avec les élèves de Falun Gong de Changchun en Chine.

     

    Thomas Dobson, élève français de Falun gong, installé à Sydney, Australie

    Comme tous les pratiquants de Falun Gong dans le monde entier, Thomas a pacifiquement résisté à la persécution de Falun Gong en Chine ces 11 dernières années. Il a dit au journaliste que juste avant la persécution en 1999, il était avec ses compagnons de pratique chinois à Changchun. C’était alors un jeune homme de 22 ans, et il peut témoigner d'expérience combien cette communauté pratiquant Zhen-San-Ren (Authenticité, Compassion Tolérance) dans leur vie quotidienne était bonne. Il a souhaité saisir cette occasion pour leur dire, ' je continue à pratiquer et je ne vous oublierai jamais !'


    Dans la ville de Changchun, il y avait des pratiquants presque dans chaque foyer

    Thomas a raconté : ' Quand je suis arrivé à Changchun j’ai été surpris par le fait qu’il y avait dans cette ville des pratiquants dans quasiment chaque foyer : fût-ce la grand-mère, la maman, le grand-père ou le père.... il y avait un point de pratique à 10 minutes de marche de là où j’habitais et quelques 200 pratiquants y commençaient les exercices dès 5 H. chaque matin, ou le soir à 19 H; il y avait aussi des groupes d'études [des enseignements] dans chaque district. C'était phénoménal ! Toute la ville pratiquait Authenticité, Compassion, Tolérance, et en cas de conflit chacun cherchait à l'intérieur de lui-même. Tout ce que j’avais cherché toute ma vie se trouvait ici, et c’était une aide incroyable pour m’élever et avancer dans la cultivation.


    C'est l'Ambassade de Chine à Paris qui a fait connaître Falun Gong

    Thomas a commencé la pratique de Falun Gong à Paris, en 1996. Il avait alors 19 ans. Au début, il suivait sa mère qui allait s'exercer dans un parc public au petit matin : 'maman a commencé la pratique en 1995, lors du passage du Maître Li Hongzhi , invité par l'ambassade de Chine à donner des conférences et enseigner les exercices à Paris. Elle a été je pense une des premiers élèves européens de Falun Gong. Le Falun Gong était alors hautement recommandé par les fonctionnaires de l'ambassade de Chine, et c’est de cette façon que de nombreuses personnes ont appris le Falun Gong,.Toute ma famille pratique depuis et c'est formidable !'


    Attiré par la pratique d’Authenticité-Compassion-Tolérance

    " Avant la pratique', a poursuivi Thomas, ' j'étais étudiant : la vie d'étudiant c'étaient les soirées de fêtes, beaucoup de joie, mais peu d'argent. Une des raisons pour laquelle j’ai commencé à apprendre le Falun Gong est que c'était gratuit et sans engagement. Aucune obligation ni de pratique ni de cours, la pratique est complètement libre. Cette sorte d'approche est très appréciée en France, où les gens considèrent la liberté individuelle comme quelque chose de fondamental.

    Ce n'était pas du tout pour la santé que j'ai appris le Falun Gong, au contraire de beaucoup de pratiquants, comme je l’ai découvert plus tard. Ma santé était excellente, malgré le fait que je fumais mes 40 cigarettes par jour ; mais j’étais attiré par le principe : Authenticité-Compassion-Tolérance, puis par les exercices simples et beaux, une forme souple, une pratique libre.


    J'ai décidé d'apprendre le chinois en Chine pour pouvoir lire 'Zhuan Falun'

    "quand j'ai débuté la cultivation" a continué Thomas, " 'Zhuan Falun' n’était pas encore traduit en anglais et en français non plus. Alors, pendant plus d'un an, nous n’avons fait que pratiquer les exercices et échangé avec les pratiquants chinois. Nous allions aussi fait connaître la méthode dans différents endroits. Nous ne connaissions que la pratique des exercices et le principe Authenticité-Compassion-Tolérance. En septembre 1996, quand j'ai pu d'obtenir une traduction de 'Zhuan Falun', je l'ai 'dévorée' comme un affamé !'

    ' C’est alors que j'ai souhaité aller apprendre le chinois en Asie, parce qu'il y a tellement de conférences et de livres de Falun Gong qui ne sont pas encore traduits. J'ai décidé d'apprendre le chinois.' Âgé d’à peine 20 ans, Thomas est donc parti en Chine pour apprendre le chinois. Il se rappelle cette période inoubliable de sa vie les yeux pleins de nostalgie : "En janvier 1999, il était prévu que j'aille à la faculté de Yunnan, mais, 2 ou 3 semaines avant mon départ, j'ai rencontré en France quelqu’un de Changchun qui m’a dit que mieux valait que j’aille vivre à Changchun.

    Je suis donc arrivé à Changchun. Deux mois plus tard. C'était le début du mois de janvier, et il faisait moins 25° c. Je n'avais jamais vécu dans un pays aussi froid. Mais je trouvais que j'avais de la chance : tout marchait comme je l’avais voulu alors que je n'avais absolument rien prévu . J'ai commencé à apprendre le chinois à l'école normale du Nord Ouest, et je pratiquais le Falun Gong tous les matins à la faculté de Jilin. Je donnais des cours d'anglais dans une école privée, ( à des élèves ayant entre 15 et 20 ans ), affiliée à l'école normale. Ils ont été très étonnés quand je leur ai dit que je pratiquais le Falun Gong.

    "Mais vous êtes très jeune ! Ma grand-mère pratique le Falun Gong, mais vous, pourquoi ? "

    Ils étaient très curieux à mon égard ! Comme j'étais le seul élève européen là-bas, j'ai vite appris le chinois. Lors de l'étude, je suivais les pratiquants chinois avec la version chinoise de Zhuan Falun . Après, je révisais chez moi avec la version anglaise ou en française. C'était le bon vieux temps à Changchun.


    La veille de la persécution : 20, juillet, 1999

    Un mois avant la terrifiante persécution de Falun Gong, Thomas a quitté Changchun. La veille de son départ, le 1er juin, il a participé , avec plus de 10,000 élèves, à la pratique collective sur la place du centre ville de Changchun. La scène est à jamais gravée dans sa mémoire.


    Thomas se souvient de ce début de la persécution :

    " Il y avait une menace perceptible dans l'air : des policiers en civil arrêtaient les passants..... j'étais troublé. En quittant Changchun, je pensais y retourner quelques mois plus tard Mais plus d'une dizaine d'années ont passé. Je suis allé à Hong Kong, à Taiwan, à Macau......mais n'ai pas pu retourner en Chine.

    ' J'ai perdu contact avec pas mal d’amis. Beaucoup entre eux ont été persécutés. Une amie a été contrainte à avorter à son huitième mois de grossesse. C'était sa première grossesse. Depuis, je n'ai cessais d’informer sur ce qui se passait en Chine, mais ce n'était pas facile. Le Parti communiste chinois faisait beaucoup de propagande, et nos efforts paraissaient insignifiants.

    Aujourd’hui, après plus d'une dizaine d'années, les gens commencent à comprendre. Ce n'est pas un mouvement politique, mais une question de droits de l'homme, et cette persécution a duré trop longtemps. Les choses vont changer, j'en suis sûr. Une chose que j'observe : parmi les pratiquants, il y a des gens de toutes les communautés, par exemple des étudiants tibétains, ouïgours ou mongols ......de tous les métiers, soldats, policiers, instituteurs, paysans, chauffeurs de taxi......, un phénomène qu’on ne trouve nulle part au sein du Parti communiste chinois.'


    Les encouragements d’amis – " Ce que vous faites est utile"

    ' Le message le plus positif que j'ai reçu vient d’une amie qui a vu ma photo sur Internet, et ça l'a touchée. Elle était contente et encouragée.Tous ceux que j'ai rencontré, les élèves comme les professeurs à la faculté à Changchun, tous m’ont aidé et ont essayé de me comprendre avec beaucoup de patience. Nous n'avons pas la même culture, la même façon de voir les choses.....et j'ai beaucoup appris avec eux. Quand viendra la fin de la persécution, je serai peut-être parmi des premiers à prendre l’avion pour aller les trouver.'

    ' Je sais que certains amis français ont une très bonne opinion de nous. Ils disent que nous devons continuer ce que nous faisons, parce que c'est utile. Je suis encouragé.'À la question s'il avait un message pour ses amis pratiquants chinois, Thomas a dit, avec des larmes dans les yeux :

     

    "Qu'ils sachent que je continue à pratiquer, et que je ne les oublierai jamais!"

     

    Tiré de: http://www.fr.clearharmony.net/articles/201008/52476.html

  • Vidéos sur la gestapo chinoise: le bureau 6.10


    Documentaire "Transmission 6-10", un nouveau documentaire en 15 parties, une enquête en profondeur sur les mécanismes de la persécution en Chine, publiquement visible depuis hier 20 juillet sur You Tube.
    http://www.youtube.com/user/transmission610







    VOIR TOUT LE DOCUMENTAIRE SUR : http://www.youtube.com/user/transmission610
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