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patriotisme chinois

  • Les écoles de langue de Pékin font un lavage de cerveau aux élèves à l’étranger

    Chine, Pékin : une école de Confucius dans une banlieue de Pékin. (Peter PARKS/AFP)
    Chine, Pékin : une école de Confucius dans une banlieue de Pékin. (Peter PARKS/AFP)

    De nombreux «Instituts Confucius» chinois ont été établis dans le monde par le biais d’une coopération avec des instituts de recherche sur l’Asie ou avec des centres de langue chinoise dans les universités étrangères. Créés afin de «promouvoir la langue et la culture chinoises», ces Instituts «proposent des cours de langues, des séminaires sur la Chine ancienne ou actuelle ainsi que des activités culturelles» indique le site de l’Institut Confucius hébergé par l’Université René Diderot à Paris. Au nombre d’environ 60 à ce jour, ils devraient se multiplier pour atteindre les 500, et comptent parmi leurs étudiants aussi bien des responsables gouvernementaux que des consultants influents. Les programmes  d’enseignement, pourtant, tendent à substituer Marx à Confucius et Mao Zedong à  Sun Tseu.

    Le patriotisme à la chinoise

    Les supports d’enseignement de l’Institut Confucius sont largement adoptés par les écoles chinoises à l’étranger. Tous émanent du siège social des Instituts, à Pékin.  Pour  M. Yao Zhe, professeur de chinois aux Etats-Unis, les choses sont clairs : «A travers les supports d’enseignement, Pékin propage son idéologie de patriotisme pour le Parti communiste et pour la Chine, sa culture autocratique, et son nationalisme. Presque toutes les écoles de chinois aux Etats-Unis qui enseignent les caractères chinois simplifiés adoptent les outils de l’Institut.» Il s’agit, pour Mme Yao, d’une «douce guerre froide» ou d’un «champ de bataille sans armes».

    Espions derrière un masque d’enseignant

    Mme Yao explique avoir commencé comme journaliste pour des médias chinois aux Etats-Unis, avant de devenir enseignante de chinois parce qu’elle avait vu comment Pékin contrôlait les médias à l’étranger.

    «Colonies idéologiques», les écoles d’enseignement de langues doivent ainsi agir de façon discrète sur les diasporas chinoises qui envoient leurs enfants apprendre la langue de leur pays d’origine, afin d’en faire graduellement des relais idéologiques. Un membre du comité linguistique de Chine indique que des conseillers du président Hu Jintao lui ont directement suggéré d’établir des Instituts Confucius et, sous l’enseigne de l’apprentissage de la langue chinoise, de véhiculer l’idéologie communiste.

    «Je suis chinois, pas américain»

    Le journaliste chinois Li Gong a noté lors d’une interview en 2007 avoir vu un professeur de chinois d’une école publique aux Etats-Unis enseigner à ses élèves à dire : «Je suis chinois, pas américain». Il s’agit pour lui purement et simplement d’infiltration culturelle, exploitant le dispositif Startalk.

    Startalk est un programme visant à stimuler l’enseignement de langues d’importance stratégique qui ne sont pas suffisamment enseignées aux Etats-Unis, par exemple l’arabe et le chinois.

    Li Gong dit avoir appris par un responsable de la Section des Langues du département de la sécurité Intérieure que l’arabe est une langue stratégique pour prévenir le terrorisme, et le chinois pour prévenir l’espionnage. La CIA a ainsi demandé au public de dénoncer tout professeur de chinois soupçonné d’espionnage.

    Propagande en doses mesurées

    Le site de propagande du Parti communiste déclare avec une admirable franchise que les écoles de langue sont l’un des «trois piliers» des efforts de propagande du Parti au niveau international.

    Un professeur de chinois d’un Institut Confucius, qui souhaite rester anonyme, dit que les clients des Instituts ne sont pas conscients des méthodes proches du lavage de cerveau présentes dans les manuels d’enseignement. Les enfants reçoivent des devoirs consistant à faire des recherches sur la vie des leaders communistes, sur les mérites du communisme, etc.

    Témoignage de cet «esprit», le contenu de la page 93 du volume 3 du Contemporary Chinese par Dangdai Zhongwen, utilisé en 2008 aux Etats-Unis.

    «Aller voir le Dieu Marx»

    Dans cette page,  aller voir dieu est associé au  fait d’aller voir «Ma Kesi», sans que le sens de «Ma Kesi» soit explicité. Il s’agit en fait de la phonétique chinoise pour Karl Marx.

    Le Hanban, le professeur de chinois qui révèle ces passages d’enseignement, explique que le déclencheur  a pour lui été sa rencontre inattendue avec un étudiant il y a quelques années. Quand il lui a demandé quelle université cet étudiant voulait intégrer, ce dernier a répondu : « Je ne veux aller dans aucune université en Amérique, ni même à Tokyo. Je veux aller à l’université à Pékin, parce qu’ils enseignent le communisme là-bas. Je ne comprends pas pourquoi on n’enseigne pas le communisme en Amérique.»

    Ce professeur conclut : «Ils sont très loin de savoir la vérité, ils ne connaissent par la vraie histoire du Parti !»

    Les Instituts Confucius et autres écoles de langues créées par Pékin comme troisième pilier de la machine de propagande du Parti communiste chinois, ont de beaux jours devant eux avec une présentation de l’histoire contemporaine de Chine qui ignore la Grande famine, la Révolution culturelle et les pire cas de répression.

    L’image d’une Chine nouvelle est offerte, prétendument devenue paradis sur terre grâce à l’action du parti communiste. Les diasporas, devant ce cocktail de patriotisme et de propagande communiste, se satisfont du patriotisme …et ferment les yeux sur la propagande.

    Tiré de La Grande Epoque:

    http://lagrandeepoque.com/LGE-PDF/LGE_Paris_160.pdf

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