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pékin au sommet de la propagande

  • Pékin au sommet de la propagande

    Aux yeux de sa population, Pékin se place en grand régulateur émergeant de l’économie mondiale, tout en liant ses problèmes intérieurs aux erreurs des pays développés. Sur tous les médias, la contribution de la Chine au G20 est encensée. «La confiance économique chinoise s’est imposée aux grands pays développés», titrait vendredi le Quotidien du Sichuan, province de 70 millions d’habitants. CCTV, la télévision nationale, diffuse en boucle des débats d’experts sur le rôle du pays dans l’économie mondiale et les discours du président, Hu Jintao, selon qui «la Chine a déjà pris toutes les mesures nécessaires au maintien de sa stabilité».

    A Londres, Pékin s’est engagé à élargir de 40 milliards de dollars (29,7 milliards d’euros) sa contribution au Fonds monétaire international, tout en réclamant plus que les 3,7 % de votes qui lui sont alloués au sein de l’institution, alors que son pays représente 15 à 20 % du commerce mondial et au moins 6 % de la production. La crise frappe de plein fouet le pays devenu depuis un an la troisième économie mondiale en volume, mais dont la croissance dépend beaucoup des exportations vers les marchés occidentaux.

    Au G20, les officiels chinois ont - sans surprise mais avec force propagande - exhorté Européens et Américains à relancer leur croissance, mais surtout à développer leurs liens avec Pékin et à ne pas sombrer dans «l’isolationnisme protectionniste», hantise d’un régime dont la consommation intérieure halète, et à qui la crise a coûté une vingtaine de millions d’emplois. La croissance (9 %) a déjà été revue à la baisse pour 2009, d’un point selon les autorités, et de deux à trois points selon les institutions internationales. Le pays est aussi le premier bailleur de fonds de la dette américaine, dont il détient plus d’un tiers en bons du Trésor, raison de son implication actuelle. Les maîtres mots de Pékin en regard de la crise sont «coordination et stabilité» pour éviter les mouvements de capitaux incontrôlés.

    Autre point martelé au G20, la demande d’une participation accrue des pays en développement dans l’économie mondiale, pour permettre une «harmonisation» des solutions. La Chine assoit ainsi son rôle croissant de «grand frère» de nombreux pays du Sud qu’elle soutient financièrement en échange de matières premières et de votes à l’ONU.

    Tiré de Libération le 04/04/09

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