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ordre social

  • La Chine face à ses responsabilités

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    Pendant des années, mon respect pour les Chinois a eu pour effet de minimiser les critiques de leur gouvernement, rationalisant ma position en me disant qu’au moins l’actuel gouvernement n’était pas celui de Mao Tsé-Tong sous lequel, environ 35 à 45 millions de citoyens sont morts de faim, pendant le «grand bond en avant» (1958-1962).

    Quand il a été prouvé que la pauvreté de centaines de millions de familles, dans les années 50, 60 et 70, avait disparu grâce à l’ouverture du marché économique des exportations dirigé par Deng Xiaoping en 1978, je suis devenu un inconditionnel de la Chine, aveugle face à sa mauvaise gouvernance, aux désastres environnementaux, à la violence du parti-État, aveugle face aux inégalités sociales croissantes, à l’augmentation de l’injustice et de la corruption, qui ont sévi depuis la période de Deng jusqu’au début des années 90.

    La mort de la petite Wang Yueyue
    Dans ce contexte, permettez-moi de parler de la mort récente d’une enfant de deux ans, Wang Yueyue, après une série effroyable d’incidents sur le marché de Foshan dans le Guangdong. Comme tout un chacun le sait maintenant, Yueyue est morte à l’hôpital après avoir été écrasée par deux chauffards en délit de fuite. Dix-huit personnes ont été filmées alors qu’elles passaient devant elle sans venir la secourir.

    Mark Mackinnon, le chef du bureau de Pékin du Globe and Mail, a écrit un long article au sujet de cette tragédie: «Plusieurs de ces passants ont été traqués par les médias chinois et ils ont été interrogés sur leur comportement. […] Pourquoi ne sont-ils pas intervenus ? Le mot ‘‘peur’’ court sur toutes les lèvres. ‘‘J’étais effrayée’’, explique une femme nommée Lin tristement célèbre pour être passée devant Yueyue avec sa fille de cinq ans, en ajoutant si quelqu’un d’autre avait porté secours, j’aurais fait la même chose’’».

    L’indifférence n’est pas la réponse. Les Chinois que j’ai rencontrés sont tout sauf indifférents. […] Le système légal ici est imprévisible et injuste pour ceux qui n’ont pas d’argent et pas de relations politiques. Prendre part amène souvent des problèmes.

    Le cas le plus cité est celui de Peng Yu, un homme de Nanjing qui s’est arrêté pour aider une femme qui était tombée et s’était cassé la hanche […]. Devant les coûts médicaux élevés, la femme de 65 ans s’est retournée contre son «bon samaritain» et l’a accusé d’être responsable de sa chute […]. Le tribunal a retenu ses accusations, trouvant «ne pas être d’accord avec les raisons» selon lesquelles Peng n’aurait écouté que son cœur. Il a été obligé de payer la facture médicale de 6.000 dollars. Le cas de M. Peng est bien connu, et il y en a eu plusieurs comme celui-ci.

    Lorsque j’ai été invité dans une émission de la radio BBC World pour discuter du cas de Yueyue, un interlocuteur de la République Tchèque a rappelé aux auditeurs qu’il n’y a pas que les Chinois qui auraient pu avoir la même réaction que les 18 passants. Quiconque vit dans un État autoritaire peut comprendre ce qui leur a traversé l’esprit.

    Les procès en Chine: de simples mises en scène
    Il est difficile pour les étrangers de comprendre que les procès en Chine sont de simples mises en scène. Clive Ansley, un avocat canadien, a pratiqué à Shanghai pendant 13 ans, réglant plus de 300 dossiers dans son tribunal, avant de rentrer en Colombie-Britannique. Dans son article paru en mars 2007 dans la revue Le Verdict destinée aux avocats, il explique la réalité de la situation: «Il y a un dicton courant chez les avocats et les juges chinois qui croient vraiment en l'État de droit, et ce dicton, familier à tous les milieux juridiques en Chine illustre bien la futilité des tentatives canadiennes à ‘‘aider la Chine à améliorer son système juridique’’ par la formation des juges. Il est: ‘‘Ceux qui traitent le dossier ne font pas le jugement et ceux qui font le jugement n’ont pas traité le dossier’’. Rien de ce qui se passe dans la ‘‘salle du tribunal’’ n’a d’impact sur le jugement.»

    Jérôme Cohen, expert en droit chinois à l’université de Droit de New York, souligne que tant que le gouvernement chinois n’aura pas signé ni ratifié l’accord international des Droits Civils et Politiques, son peuple n'aura pas de libertés fondamentales. D’autres abus du système légal sont illustrés par les exemples d’avocats accusés «d’incitation à faux témoignage» pour avoir convoqué un témoin à décharge et par l’utilisation régulière de la torture pour obtenir des aveux.

    La goutte d’eau pour Clive Ansley a été lorsqu’un décret voté par les juges de la Cour Suprême de Chine a demandé de «s’assurer que le jugement protège l’intérêt national lors d’un différend entre le parti chinois et un parti étranger». Ansley est retourné au Canada car il savait que cela signifiait que les verdicts en faveur des étrangers devenaient impossibles, dans pratiquement tous les cas.

    Mme Li, une ancienne juge de la Cour fédérale chinoise, s’est expliquée récemment à l’université de San Diego. Malgré son poste élevé, elle a été envoyée dans un camp de travaux forcés pendant trois ans et quatre mois sans aucune forme d’audition, parce qu’elle pratiquait le Falun Gong.

    Mme Li explique: «En Chine, la corruption est habituelle dans le système judiciaire, d’autant plus si vous pratiquez le Falun Dafa. J’étais sans doute le seul juge qui ait refusé des dessous de table et j’étais reconnue comme un juge loyal et juste. En avril 2002, j’étais sur la place Tiananmen et je plaidais auprès du gouvernement pour stopper les persécutions contre les pratiquants du Falun Gong. J’ai été emmenée au commissariat et tabassée, mon nez était en sang et pour me forcer à faire des aveux, ils m’ont empêchée de dormir pendant trois jours et trois nuits».

    Mme Li a été radiée de la Cour fédérale parce qu’elle ne voulait pas signer une déclaration dénonçant le Falun Gong. Les autorités l’ont obligée à divorcer et elle vit maintenant en Californie, avec le statut de réfugiée.

    Falun Gong
    La persécution en cours des bouddhistes tibétains, des chrétiens, des musulmans ouighours et autres groupes spirituels par le parti-État chinois, enfreint la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Considérons le Falun Gong, d’abord devenu public en 1992, et qui en sept ans, a atteint les 70 à 100 millions de pratiquants, selon les propres estimations du gouvernement. La pratique, contenant des éléments du bouddhisme et du taoïsme, combinés à une série d’exercices doux, cherche à améliorer le corps et l’esprit. Ses principes essentiels sont «authenticité-compassion-tolérance». Bien que moi-même non pratiquant, j’ai été très impressionné par la dignité et le caractère des gens pratiquant le Falun Gong rencontrés dans plus de quarante pays, depuis 2006.

    Après la mi-1999, des dizaines de milliers de Falun Gong ont été envoyés dans des camps de travaux forcés – créés d’après ceux établis par Hitler, puis Staline – sur une seule signature de la police, sans aucune forme d’audience.

    Aujourd’hui, le Falun Gong semble composer près des deux-tiers des victimes de torture et la moitié des détenus dans les camps de travaux forcés, dans toute la Chine. Selon les recherches que David Matas et moi-même avons accomplies, compilées dans le livre Bloody Harvest, les pratiquants ont été assassinés par milliers depuis 2001 et leurs organes objets de trafic pour les patients chinois et étrangers. Pour la seule période de 2000 à 2005, avec Matas nous avons conclu que la seule explication possible aux 41.500 greffes réalisées en Chine, était que les organes avaient été prélevés de force sur des pratiquants du Falun Gong.

    Engagement responsable avec Pékin
    Les dirigeants du Canada et du secteur privé devraient examiner la raison de leur soutien des violations de tant de valeurs canadiennes dans le but d’accroître les exportations vers la Chine. De plus, pendant des années, ce phénomène a principalement entraîné la délocalisation en Chine d’emplois canadiens et un accroissement constant de notre déficit commercial bilatéral (actuellement approximativement 31 milliards de dollars). La partie de notre communauté ayant surinvesti en Chine n’a-t-elle pas le sens de la responsabilité pour les emplois nécessaires pour les Canadiens ? Le reste d’entre nous est-il tant focalisé sur l’accès à des biens de consommation peu onéreux que nous ignorons les coûts humains et environnementaux payés par les Chinois qui les produisent ?

    Lire la suite sur: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/La-Chine-face-a-ses-responsabilites.html

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