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nominé au prix nobel de la paix

  • Disparition de l'avocat Gao Zhisheng, emmené par la police le 4 février

    (La Grande Époque)

    Tôt le matin du 4 février, M. Gao Zhisheng, célèbre avocat des droits de l’homme et nominé au Prix Nobel de la paix a été emmené par un escadron de policiers qui sont entrés par effraction dans sa maison située dans la ville de Shanxi. On est depuis sans nouvelles de lui.

    En 2005, Gao Zhisheng, avocat réputé pour sa défense des paysans sans terre, a écrit 3 lettres ouvertes aux plus hauts dirigeants de Chine, leur demandant d’arrêter la persécution du mouvement spirituel Falun Gong. Suite à ces lettres largement reprises par les médias internationaux, en novembre 2005, son cabinet d’avocat a été fermé. Puis, le 15 aout 2006, Gao a été placé en détention provisoire, avant d’être officiellement arrêté sous le prétexte d'« incitation à la subversion envers le pouvoir de l’Etat ».

    Le 12 décembre 2006, Gao Zhisheng a été jugé sans être autorisé à avoir un avocat. La même année, le 22 décembre, il a été condamné à 3 ans de prison, convertis à 5 ans de « liberté sur parole ». Le jour même de sa condamnation, Gao était renvoyé dans sa maison de Pékin.

    Deux années ont passé depuis, deux années durant lesquelles l'avocat a été coupé de tout contact avec le monde. En mai 2007, le “Board of Trial Advocates” a décerné à Gao Zhisheng le prix du courage pour ses plaidoiries. En septembre 2007, l'avocat a encore été arrêté. Pendant 13 jours il est resté nu, attaché et allongé sur le sol. Celui qui a été appelé "la conscience de la Chine" a été battu par des matraques électriques sur tout le corps y compris sur les parties génitales. Des cure-dents lui ont même été enfoncés dans les parties génitales. Quand Gao Zhisheng est revenu à lui après les tortures, il a constaté qu'on avait uriné sur lui.

    Le 21 janvier, avant le Nouvel an chinois, Gao a été forcé par la police à quitter Pékin et à rejoindre sa ville natale dans la province de Shanxi et y passer les fêtes du Nouvel An chinois. Le matin du 4 février plus de 10 policiers ont fait irruption et l’ont emmené.

    Des proches de Gao, inquiets, ont pu parler à un journaliste de Radio Free Asia (RFA). Voici la retranscription de l'entretien :

    Proches de Gao : il est revenu [dans la province de Shanxi] à peu près cinq jours avant le Nouvel an.

    Le journaliste : Est-ce qu’il était en sécurité à ce moment là ?
    Proches de Gao : oui, oui

    Le journaliste : Lorsqu’il était là, combien de policiers le suivaient ?
    Proches de Gao : au moins sept. Ils le suivaient de près. Ils ne lui permettaient pas de s’éloigner du chef-lieu du comté.

    Le journaliste : Lorsqu’il allait chez d’autres personnes est-ce que la police le suivait aussi?
    Proches de Gao : oui.

    Le journaliste : Vous avez déclaré qu’il avait été arrêté par plus de dix policiers. Cela inclut-il les sept déjà présents?
    Proches de Gao : Oui, il y en a eu quelques autres qui les ont rejoint.

    Le journaliste : Tous les sept [policiers] étaient-ils de Pékin? Ou étaient-ils locaux?
    Proches de Gao : Nous avons pensé qu’ils venaient tous de Pékin parce qu’on ne les avait pas vus avant.

    Le journaliste : Ont-ils dit où ils l'emmenaient ?
    Proches de Gao : Non.

    Proches de Gao : Vers 3 ou 4 heures du matin, une dizaine de personnes accompagnées par des policiers locaux se sont ruées dans la maison. Ils l’ont emmené sans dire un mot. Nous sommes allés lui rendre visite mais avons été empêchés de le voir. Nous avons été suivis. Le jour suivant nous nous sommes rendus à la préfecture de la région d'origine de maître Gao.

    Le journaliste : Lorsque vous mentionnez le jour suivant, il s’agit bien du 5 février? Etait-il toujours dans la capitale régionale ce jour-là? »
    Proches de Gao : Il y était. Il a été emmené de sa  ville natale. Il devait être 7 ou 8h du matin. Nous avons été là-bas pour lui apporter des vêtements, mais nous n’avons pas été autorisés à le voir.

    Le journaliste : Donc les policiers ont accepté les vêtements ?
    Proches de Gao : Oui, nous avons envoyé les vêtements. Mais nous ne l’avons pas vu.

    Le journaliste : Avez-vous depuis reçu un appel de sa part ?
    Proches de Gao : Non, nous ne pouvons pas le contacter

    Le journaliste : Selon vous, si Gao retournait sain et sauf à Pékin, vous contacterait-il pour vous le faire savoir ?
    Proches de Gao : Nous pensons qu’il le ferait. Mais nous ne pouvons pas le contacter. Nous sommes très inquiets. Son téléphone portable n’est pas allumé. Aucune nouvelle de lui.

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