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nicolas sarkozy et la chine

  • Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es

    783107.jpgPendant la visite de Xavier Bertrand en Chine et la signature du protocole entre l'UMP et le parti communiste chinois, quatre Tibétains d’une vingtaine d’années, accusés d’avoir participé aux manifestations au Tibet en mars 2008 ont été exécutés à Lhassa par l’armée chinoise le 20 octobre 2009.

    Voir l'article ci dessous:

     

     

    Réponse aux motivations politiques de la Chine dans ses exécutions au Tibet

    Quatre Tibétains d’une vingtaine d’années, accusés d’avoir participé aux manifestations au Tibet en mars 2008 ont été exécutés à Lhassa par l’armée chinoise le 20 octobre 2009. L’information a été donnée par le Gu-Chu-Sum, une association d’anciens prisonniers politiques tibétains basée à Dharamsala, dans le nord de l’Inde. Il s’agit de Lobsang Gyaltsen, Loyak, Penkyi et d’un quatrième supplicié non identifié.

    On espérait pourtant que les voix nombreuses qui se sont élevées au niveau international pour le Tibet pourraient convaincre le Parti communiste chinois de ne pas exécuter ces condamnés. Tous les éléments dont nous disposons indiquent une motivation politique des autorités chinoises dans le déroulement des condamnations et des exécutions.

    L226xH165_L226xH165_flash2104091003_1_-7ff48-3bf34.jpgRappelons les faits. Le 14 mars 2008, des troubles ont éclaté au Tibet après 4 jours de manifestations pacifiques menées par des moines tibétains. Sans que l’on sache exactement ce qui s’est produit, des commerces ont été saccagés et pillés, et selon les officiels chinois, 22 personnes auraient trouvées la mort. Selon le gouvernement tibétain en exil, les autorités chinoises répondirent par une répression qui fit au moins 220 morts et environ 7.000 personnes ont été arrêtées. Les autorités chinoises ont condamné 21 Tibétains, dont 9 à mort. Les condamnations à la peine capitale furent annoncées début avril 2009, concernant de jeunes hommes tibétains accusés d’incendies lors des manifestations. Quelques semaines plus tard, ce furent des jeunes femmes tibétaines dont les autorités chinoises annoncèrent la condamnation à mort.

    Malgré la mobilisation des associations, près de 6 mois après les condamnations, 4 des 9 condamnés à mort viennent donc d’être exécutés. Autour de la procédure judiciaire, c’est l’opacité. Les procès furent réalisés à huit clos, laissant penser que les condamnés n’ont pas eu droit à un procès équitable. Les accusés ont-ils réellement incendiés des bâtiments, où ont-ils avoué sous la torture systématique dans les prisons chinoises ? Quand bien même ces personnes seraient impliquées dans des incendies, un État de droit peut-il les condamner à la plus lourde peine, alors que selon toute vraisemblance, leur intention n’était pas d’entraîner la mort, sans tant est qu’ils ont incendiés des bâtiments ? Autant de questions qui suggèrent que le verdict et les exécutions sont politiques.

    Le Réseau International de Soutien au Tibet (International Tibet Support Network, ITSN), rassemblant 166 associations de soutien au Tibet, affirme que ces exécutions violent les normes judiciaires internationales, et ont une motivation politique. Dès le 2 avril 2008, le vice-gouverneur de la Région autonome du Tibet appelait à frapper la "clique du Dalaï Lama" et à une justice en accord avec la politique du Parti communiste chinois. L’agence Chine-Nouvelle, organe de Propagande du Parti, déclara le 8 avril 2008 qu’ils "devaient être exécutés pour apaiser la colère du peuple". Le 19 mars 2008, avant toute décision d’un tribunal, le parquet de Lhassa a annoncé que les violences à Lhassa "ont été organisées, planifiées et préméditées par la clique du Dalaï Lama", et que dans le cas des 24 suspects formellement arrêtés ce jour-là "les crimes étaient clairs et les éléments de preuve suffisants" pour déterminer qu’ils avaient commis "des crimes de sécurité contre l’Etat." En d’autre terme, il fallait des coupables, des exemples pour terroriser ceux qui, courageusement au Tibet, demandent la justice et la liberté, au prix de leur vie.

    Lhadon Tethong, présidente de l’association Étudiants pour un Tibet libre a déclaré : "Ces exécutions, les premières exécutions connues de Tibétains depuis 2003, sont une parodie de justice et le signal d’une escalade alarmante de la campagne de violence du gouvernement chinois pour punir, intimider, et réduire au silence les Tibétains qui osent s’élever contre la domination chinoise. Les Tibétains et leurs partisans dans le monde entier porteront ces faits à la connaissance du public dans les prochains jours pour condamner ces exécutions et demander une action immédiate de la part de nos gouvernements. Nous demandons également au président américain, M. Obama, de condamner ces exécutions et de prendre des mesures audacieuses et concrètes pour mettre fin à l’occupation chinoise du Tibet quand il fera sa première visite présidentielle en Chine le mois prochain". 

    Réagissant à l’exécution des Tibétains, le député Lionnel Luca, président du Groupe d’études sur le problème du Tibet à l’Assemblée nationale, dénonçait aussi la signature à Pékin par Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, d’un protocole entre son parti et le Parti communiste chinois. Il remarque : « le même jour, trois Tibétains - deux hommes et une femme - étaient exécutés par l’armée chinoise pour leur rôle dans les émeutes de l’an dernier. Et je ne suis pas loin de penser que ce n’est pas une coïncidence de faire ça, ce jour-là. De ça, Xavier Bertrand n’en dit pas un mot. Les manifestations au Tibet n’avaient qu’une seule revendication : la liberté. Je suis écoeuré que mon parti soit du côté des tyrans et non des résistants. » Lionnel Luca décida immédiatement de se mettre en congé de l’UMP pour son fonctionnement interne, et le fit savoir. Il faut préciser que Xavier Bertrand avait déclaré le 22 octobre que "Ce protocole veut dire une meilleure compréhension, une meilleure connaissance et beaucoup plus d’échanges" entre le parti communiste au pouvoir en Chine et le parti de droite au pouvoir en France, et que les deux partis ont décidé d’organiser tous les deux ans "un événement qui donnerait un relief particulier à ce protocole". Dans un passé récent, il était plus habituel de croiser les cadres du parti communiste chinois au siège de parti communiste français et à la Fête de l’Humanité, comme le 10 et 12 septembre dernier, même si la langue de bois du communiqué conjoint concluant que « les deux délégations ont décidé de tourner leur relation et leur action vers l’avenir » laissait supposer de profondes divergences comme en atteste la déclaration en août 2008 de Marie-George Buffet en faveur du « respect de la culture tibétaine et des droits du peuple tibétain ». Doit-on conclure de cette nouvelle et inhabituelle alliance que le parti communiste chinois a définitivement perdu tout ses idéaux d’antan, et que l’UMP oublie les siens dans ce protocole d’accord ?

    De son côté l’Union européenne, opposé par principe à la peine de mort, vient de condamner les exécutions et demande à la Chine de commuer les autres condamnations à mort prononcées contre des personnes présumées avoir participé aux troubles de Lhassa en mars 2008.

    Nous pensons qu’il faut aller plus loin. Car, le Tibet, quasiment fermé aux journalistes depuis mars 2008, vie sous la terreur et la loi martiale de facto, l’armée chinoise patrouillant jour et nuit. Au Tibet, arrestation signifie prison, torture, et risque d’exécution. C’est pourquoi nous demandons à toute personnalité politique, députés, sénateurs, maires, qu’elles s’adressent aussi aux dirigeants chinois pour condamner ces exécutions, et faire commuer toutes les condamnations à mort restantes. Enfin, ces élus peuvent influer pour faire nommer un représentant spécial de l’UE pour le Tibet afin de relancer des négociations entre les instances tibétaines en exil et le gouvernement chinois qui a mis fin à toute discussion depuis 2008.

    Article tiré de Agora Vox:

    http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/reponse-aux-motivations-politiques-64138

  • Les dirigeants chinois peu empressés de recevoir François Fillon

    francois_fillon.jpgFrançois Fillon avait prévu de se rendre à Pékin fin août. Ce devait être la première visite, sur le plan bilatéral, d'un haut responsable du gouvernement français, depuis la brouille spectaculaire entre Paris et Pékin à propos du Tibet, en 2008. Le déplacement a dû être repoussé à la demande des Chinois, qui ont invoqué le calendrier chargé du premier ministre, Wen Jiabao.

    Le report de ce voyage, au cours duquel le premier ministre français devait poser la première pierre d'une des deux centrales nucléaires EPR vendues à la Chine par Areva, signale, selon des connaisseurs du dossier, la persistance d'une mauvaise humeur chinoise à l'égard des autorités politiques françaises. Malgré les multiples efforts de l'Elysée, depuis des mois, pour rétablir la relation avec Pékin. Le voyage de M. Fillon reste programmé. Selon des sources autorisées à Pékin, il devrait avoir lieu d'ici à la fin de l'année, avant une visite prévue en France du président Hu Jintao.

    "PRINCIPE DE NON-INGÉRENCE"

    M. Sarkozy avait provoqué la colère de Pékin à deux reprises en 2008. En conditionnant sa venue aux JO de Pékin à la reprise d'un dialogue entre les émissaires du dalaï-lama et la Chine (le chef de l'Etat fit malgré tout le déplacement pour la cérémonie d'ouverture). Puis en annonçant abruptement, en novembre, qu'il rencontrerait le chef de l'Eglise tibétaine en Pologne.

    Paris avait cherché à dissiper ces tensions, décrites par des diplomates comme la plus grave crise dans les relations bilatérales depuis des décennies. Dans un communiqué publié en avril, avant une rencontre à Londres, en marge du G20, entre M. Sarkozy et son homologue chinois Hu Jintao, la France s'engageait, "dans le respect du principe de non-ingérence", à ne jamais, "sous quelque forme que ce soit", soutenir le principe d'une indépendance du Tibet.

    Certains passages du texte avait été interprétés par des observateurs comme une façon pour Paris de promettre aux Chinois qu'aucune nouvelle rencontre entre le dalaï-lama et M. Sarkozy ne serait désormais envisageable. Côté français, on assurait toutefois n'avoir que réitéré la position traditionnelle de la France à l'égard du Tibet, ajoutant que, le dalaï-lama ne revendiquant pas lui-même l'indépendance, la formule ne pouvait donc s'appliquer à lui. Le geste français était censé en tout cas solder le contentieux avec Pékin. Les diplomates notaient des améliorations dans la relation. Mais cela a-t-il suffi ?

    Certains facteurs internes chinois pourraient aussi avoir joué. Le report de la visite de M. Fillon est annoncé au moment où Wen Jiabao, qui incarne l'aile plus modérée du régime, est curieusement absent de la scène politique publique depuis des semaines.

    Natalie Nougayrède (avec Bruno Philip à Pékin)

    Tiré de Le Monde

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/07/30/les-dirigeants-chinois-peu-empresses-de-recevoir-francois-fillon_1224157_3216.html

  • Jacques Chirac 1995 – 2007 : « Le bilan chinois »

    Lors de son dernier conseil des ministres, le 9 mai 2007, Jacques Chirac a reçu pour conclure ses douze années de gouvernance une encre du peintre franco-chinois Zao Wou-ki, représentant «un trait d’union entre l’Orient et l’Occident». Pourquoi le choix de ce symbole ?

    Pourquoi le choix de ce symbole de préférence à un cadeau inspiré des grands travaux qui ont formé les priorités du Président Jacques Chirac: la réduction de la fracture sociale, le développement durable…? Très probablement parce que, plus qu’autre chose, c’est la position de Jacques Chirac vis à vis du régime chinois qui restera comme une des grandes marques de ses deux mandats.

    huchirac.jpgDe grandes idées, de grandes erreurs

    La grande idée de Jacques Chirac en 1997 est de construire un partenariat stratégique dit de «dialogue constructif» avec la Chine, de sortir de l’embargo diplomatique qui avait fait suite aux massacres de la Place Tian An Men de Pékin en 1989, et ainsi d’ouvrir en douceur les portes de la démocratie. Des partenariats économiques ont alors été signés, et les dialogues à huis clos ont remplacé les condamnations publiques des tortures et lavages de cerveau.

    Si le régime chinois était indéniablement reconnaissant à la France d’avoir adopté cette position et de l’avoir imposée à la plupart des partenaires européens, la Chine elle, ne le sera certainement pas en retour et ne manquera pas de le faire savoir. En effet, dix ans plus tard, le bilan est loin d’être positif. Les partenariats économiques ont pris l’avantage sur la promotion des valeurs et du modèle français. M. Chirac s’est par exemple exercé au relativisme et a considéré lors de ses déplacements en Chine que la notion des droits humains variait d’un pays à l’autre - et que le premier d’entre eux était de toute façon celui de pouvoir se nourrir. Avec de telles affirmations, les relations avec le régime chinois sont évidemment devenues de plus en plus «confiantes et amicales» – les analystes dressent pourtant un bilan sévère de l’ère Chirac.

    Début avril par exemple. Long Xinmin, le directeur de la censure chinoise (l’Administration générale de la presse et de la publication) a reçu la Légion d’Honneur par l’Ambassadeur de France en Chine juste avant de quitter son poste. L’association Reporters Sans Frontières s’est dit «attristée d’apprendre que Long Xinmin quitte ce poste stratégique décoré d’une Légion d’honneur de la République française qu’il ne mérite en aucun cas.» et rappelle ce que les autorités françaises semblent avoir oublié : «un chef de la censure au service d’un Etat autoritaire ne devrait pas être récompensé d’un titre distinguant les valeurs de la République française».

    La stratégie de la complaisance

    Pendant sa présidence, certains médias français ont souligné que le Président Jacques Chirac avaient plusieurs fois au nom de la France «franchi la ligne rouge de la complaisance, à la limite de la compromission». Il a par exemple pris la tête d’une croisade en faveur de la levée de l’embargo européen sur les ventes d’armes à la Chine, imposé au lendemain du massacre de Tiananmen en 1989 par la France.

    Radio France Internationale était plus direct en affirmant que Jacques Chirac et son parti menaient « une politique de soutien presque inconditionnel à la Chine, en demandant la levée de l’embargo, en approuvant la politique de réunification avec Taiwan sous le giron communiste (dont les dirigeants ont pourtant été élus démocratiquement), et en évoquant très peu les sujets qui fâchent comme les droits de l’homme durant les nombreuses visites officielles qui ont marqué ses deux mandats. Le résultat est aujourd’hui un crédit diplomatique considérable accordé à la France et de nombreux liens de coopération noués, mais qui n’ont finalement pas eu beaucoup de répercussions commerciales. Le Japon ou l’Allemagne d’Angela Merkel par exemple sont beaucoup plus critiques à l’égard de la politique de la Chine, et entretiennent pourtant d’excellents rapports commerciaux avec elle.»

    Le «pouvoir de la vérité» selon Nicolas Sarkozy

    La passation de pouvoir entre le président sortant Jacques Chirac et son successeur Nicolas Sarkozy étant maintenant effectuée, la question sommet-france-chine.jpgse pose à nouveau : quelle politique chinoise pour la France ? Quelle part donner aux valeurs, quelle position entre l’amitié franco-chinoise et le devoir éthique de refuser l’oppression des dictatures ? La toute première déclaration de Nicolas Sarkozy, le 6 mai, au soir même de son élection, semble choisir une voie. Le Président avait ainsi déclaré :

    «Je veux lancer un appel à tous ceux qui, dans le monde, croient aux valeurs de la tolérance, de la liberté, de la démocratie, de l’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et les dictatures. Je veux dire à tous les enfants à travers le monde, à toutes les femmes martyrisées dans le monde, je veux leur dire que la fierté, le devoir de la France sera d’être à leurs côtés.[…] La France sera du côté des opprimés du monde. C’est le message de la France, c’est l’identité de la France, c’est l’histoire de la France.» Nicolas Sarkozy

    Seul l’avenir montre si la France peut devenir un grand partenaire économique de la Chine plutôt qu’un partenaire moyen, et si elle peut-être un pays véritablement ami plutôt qu’un pays seulement conciliant. Les amis savent se parler directement, avec sévérité quand c'est nécessaire.

    Aujourd'hui en 2009 alors que des délégations françaises se rendent en Chine menée par Jean Pierre Raffarin, quelle politique sera respectée envers la Chine? Celle de la complaisance ou celle de la tolérance, de la liberté, de la démocratie, de l’humanisme?

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