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musique chinoise traditionnel

  • A Ecouter: Printemps au Erhu

    Erhu - 二胡

    Morceau à écouter à la fin de l'article

    Photo historique de Qi Xiaochun, enfant, enseignée par son père à jouer de l’erhu dans un parc.
    Les débuts de l’entraînement de Qi Xiaochun ont été rigoureux. Enfant, son père lui a enseignée à jouer de l’erhu dans un parc. Il insistait pour qu’elle pratique tous les jours à l’extérieur, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau. (La Grande époque)

    L’un des instruments traditionnels chinois les plus populaires, l’erhu, est capable de véhiculer une grande sensensibilité. Que le rythme de la musique soit lent ou rapide, l’erhu produit un son mélancolique d’une beauté envoûtante.

    La musique en Chine, aussi vieille que les 5.000 ans de la civilisation chinoise elle-même, n’avait pas pour but de divertir mais de purifier les pensées d’une personne. La croyance populaire soutient que le son peut influencer et harmoniser l’univers. Les fils de la noblesse devaient étudier la musique comme l’une des quatre matières obligatoires. Ainsi, quiconque jouait de la musique seulement pour se divertir était tenu en piètre estime. Dans cette culture est apparu l’erhu.
    D’entre les instruments traditionnels de la culture chinoise, l’erhu est relativement jeune, il est apparu il y a 1.000 ans. Il a été introduit en Chine par des tribus non Han (les Han sont l’ethnie majoritaire), de la frontière Nord de la Chine. Erhu signifie littéralement « instrument barbare à deux cordes », en référence à son origine ethnique minoritaire. Les paysans l’utilisaient pour accompagner des chansons populaires décrivant les travaux de leur vie quotidienne comme la pêche et les  activités pastorales.

    Le temps passant, on l’intégra à des ensembles ou à l’orchestre de l’opéra de Pékin, mais il n’était pas suffisamment estimé pour être joué en instrument solo.

    L’erhu est devenu l’un des instruments les plus populaires et les plus reconnus des instruments chinois, et de nombreux Occidentaux ont découvert son charme lors de la première tournée du Spectacle International du Nouvel An chinois (Aujourd'hui Spectacle des Arts Divins) de la chaîne de télévision New Tang Dynasty (NTDTV) en 2004.

    Lors de ses somptueuses représentations, le spectacle a été la vitrine de l’authentique culture chinoise traditionnelle par la musique et la danse. Le spectacle s’est joué dans 32 grandes métropoles dans le monde l’année dernière, et en 2008 il aura lieu dans 50 villes. Le nombre de spectateurs attendus devrait atteindre le demi-million.

    Au fil des représentations, l’erhu n’a cessé de jouir d’une popularité grandissante, enchantant les spectateurs avec ses sons mélodieux et expressifs. Madame Qi Xiaochun, une musicienne d’erhu hautement appréciée, qui joue en solo lors des représentations, a appris dès sa plus tendre enfance à jouer de cet instrument avec son père, dans le sud de la Chine.

    Elle raconte : « Quand j’avais six ans, mon père a commencé à m’apprendre à jouer du erhu, et il en jouait avec moi tous les jours. Notre espace vital étant extrêmement petit et pour éviter de déranger les voisins, il m’emmenait dans un parc voisin pour répéter ».

    Les débuts de la formation de Qi Xiaochun ont été très rigoureux. Son père l’instruisait à l’extérieur tout au long de l’année, par tous les temps. Elle dit qu’elle pensait qu’il était « le père le plus cruel du monde » jusqu’à ce qu’elle commence à comprendre son amour profond pour la musique et la «passion maîtrisée» derrière cela.

    « Tout en nous entraînant, nous étions souvent entourés par une foule de gens, qui nous regardaient et nous écoutaient attentivement pendant 2006-11-21-2006-11-11-erhu.jpgdes heures, balançant la tête et tapant des pieds en suivant le rythme. Je comprends maintenant pourquoi mon père faisait tant d’efforts pour m’ apprendre à devenir une artiste jouant du erhu — il voulait que j’hérite du coeur et de l’âme des arts chinois et que j’utilise la musique pour créer l’espoir, la joie et la force intérieure pour ceux qui aspirent à la lumière et à la beauté en dépit de l’adversité. C’était un père remarquable ». 
    Bien que l’erhu soit de temps en temps appelé le violon à deux cordes, il est tenu verticalement, et non horizontalement, sur la cuisse du musicien assis. Il est fait d’un bois dense, tel que le bois de rose ou l’ébène, et il est composé d’une petite caisse de résonance recouverte de peau de serpent — traditionnellement du python — et d’un long cou, légèrement recourbé à son extrémité. Les deux cordes en métal ont remplacé les cordes traditionnellement en soie. L’archet, de bambou et de crin blanc de cheval, est en permanence placé entre les deux cordes.

    Cette petite caisse de résonance recèle de qualités exceptionnelles qui rendent difficile la maîtrise de l’instrument. Il n’y a pas de touche pour repérer la bonne clef, et les cordes sont pressées mais ne doivent pas toucher le cou. Le son est produit lorsque l’archet, enduit de résine pour augmenter la friction, est passé entre les cordes faisant vibrer la peau de serpent ; les deux extrémités de l’archet sont utilisées pour produire le son. Les cordes sont si proches qu’on en joue comme s’il n’y en avait qu’une.

    À l’origine utilisé seulement dans des ensembles en concert ou dans un orchestre traditionnel chinois, l’erhu a été élevé au rang d’instrument solo par Liu Tianhua (1895-1932). Liu a inventé une nouvelle tenue d’archet et de nouveaux doigtés, car il était également maître des techniques de jeu du violon occidental. Ceci, au temps où l’erhu était encore considéré comme un instrument de folklore que des musiciens « sérieux » ne jouaient pas. Son morceau le plus célèbre, devenu maintenant un classique, s’intitule The Second Spring Reflects the Moon (le second printemps reflète la lune).
    Qi Xiaochun dit que l’antique culture chinoise prônait l’harmonie entre le ciel et la terre et le respect pour la vie et la nature — des valeurs qui, dit-elle, se reflètent dans le Spectacle du Nouvel An chinois. Elle dit que son travail est un hommage aux Chinois qui partagent les mêmes passions que son père, et que jouer dans le Spectacle l’aide à accomplir les rêves de son père. « Je suis sur scène aujourd’hui parce que mon père s’était voué à ce qu’il considérait comme la mission de sa vie : préserver l’essence et la beauté de la culture traditionnelle chinoise pour les générations à venir ».

    Le Spectacle des Arts Divins sera en tournée en Europe en début d’année 2009. 4 représentations auront lieu au Palais des Congrès de Paris les 27, 28 février et 1er mars 2009.

     

    A écouter: Spring au Erhu:


    podcast

     

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