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livre des mutations yi king

  • Les sishus, écoles privées chinoises

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    L’éducation s’appuyait sur un principe fondamental énoncé dans le Classique des trois Caractères

    Les sishus sont des écoles privées où les parents inscrivent leurs enfants pour qu’ils y apprennent la culture traditionnelle chinoise. Dans chaque classe, un portrait de Confucius est accroché au mur. Le professeur a, à portée de main, du papier de riz et des pinceaux pour la calligraphie. Les enfants écoutent les professeurs leur enseigner les textes classiques chinois tels que les Quatre Livres et les Cinq Classiques. Ils apprennent également la poésie, la calligraphie et d’autres textes classiques.

    Dans les sishus, Confucius est un modèle

    Les Quatre livres et les Cinq Classiques font partie des fondements philosophiques de la culture chinoise. Celui qui souhaitait devenir fonctionnaire se devait d’étudier ces ouvrages.
    Les Quatre Livres sont un recueil de textes comprenant :
    - Les Entretiens de Confucius, appelés aussi Analectes ou encore Lunyu. Il s’agit des paroles attribuées à Confucius, l’un des plus importants philosophes chinois (551-479 av. J.-C).
    - Le Mencius : les entretiens entre Mencius – un disciple de Confucius – et les princes de son époque de 380 à 289 av. J.-C.
    - La Grande Étude, attribuée à Confucius qu’on pourrait résumer à se conformer au Tao et acquérir la puissance morale.
    - L’Invariable Milieu ou suivre la voie médiane.
    Les Cinq Classiques proviendraient quant à eux de Confucius en personne :
    - Le Livre des Mutations, aussi appelé Yi King, est un manuel de divination.
    - Le Classique des Vers sont des poèmes et des chants.
    - Le Classique des Documents est un recueil de textes des officiels de la dynastie Zhou, la plus grande dynastie chinoise, qui a régné de 1046 à 256 av. J.-C.
    - Le Livre des Rites présentent les rites anciens et les cérémonies de la Cour.
    - Les Annales des Printemps et des Automnes sont une description historique de l'État de Lu, où Confucius est né.

    Les sishus, des écoles de la Chine ancienne

    Sishu est le nom donné à ces écoles traditionnelles privées où un précepteur enseigne à ses élèves dans des bâtiments privés. Ces sishus étaient très populaires dans la Chine ancienne et sont à l’origine du système éducatif chinois. On dit même que c’est Confucius qui aurait ouvert la première école privée. Ce système a été aboli en 1905, au profit d’une éducation plus à l’occidentale.

    Selon la revue Chine d’Aujourd’hui, c’est en 1995 que l’idée du retour des sishus germe dans la tête de neuf éminents professeurs qui proposent de créer des cours pour les enfants, afin d’enrichir leurs connaissances de la culture et de la littérature traditionnelles chinoises. Cette proposition est applaudie par tous ceux qui regrettent que la culture traditionnelle chinoise ait été détruite durant la révolution culturelle et veulent pour leurs enfants un enseignement solide basé sur la morale et l’éthique. Pour beaucoup, les pensées des anciens sages comme Confucius ou Mencius sont toujours d’actualité dans la société contemporaine.

    Les sishus se basent sur la culture traditionnelle

    Au cours de l’été 2005, deux jeunes gens donnent leurs premières leçons de culture traditionnelle chinoise dans une villa appelée «la maison aux chrysanthèmes» dans la province de Jiangsu, pour six enfants âgés de 6 à 11 ans.

    Peu de temps après, un groupe de parents ouvre un institut à plein temps appelé Meng Mu Tang, du nom de la mère du philosophe chinois Mencius, dans la banlieue de Shanghai. Douze enfants âgés de 4 à 12 ans y étudient les classiques comme le Livre des Mutations et Les Analectes. Ils apprennent aussi l’anglais et étudient des textes de Shakespeare.

    En avril 2007, un nouveau sishu est ouvert à Dalian au nord-est de la Chine pour 24 enfants âgés de 5 à 8 ans qui assistent à leur premier cours vêtus du costume traditionnel des Hans. L’enseignement comporte l’écriture des caractères chinois, la littérature et les arts. En périphérie de Pékin, en 2008, 200 élèves répartis dans dix sishus étudient les classiques anciens.

    Beaucoup de parents approuvent le système éducatif privé en trouvant que non seulement celui-ci dispense une bonne éducation générale, mais en outre permet aux enfants de mieux comprendre les fondements de la culture traditionnelle. Ils grandissent en lisant les classiques chinois et en récitant les poésies, mettant en application dans leur vie quotidienne les principes qui sont développés dans ces ouvrages.

    Le Centre d’Information d’Internet chinois, dans un article de novembre 2008, relatait qu’il existait maintenant des précepteurs ayant un niveau baccalauréat et une excellente connaissance de la culture traditionnelle chinoise, qui étaient tout à fait qualifiés pour enseigner dans les sishus. Ces tuteurs écoutaient régulièrement les enseignements bouddhistes et taoïstes pour parfaire leur formation. L’article ajoutait que le système de tutorat privé était ouvert à tous ceux qui étaient intéressés par la culture traditionnelle chinoise et qui ne s'adaptaient pas trop à l'éducation dispensée dans l'école moderne.

    Sishu et éducation obligatoire

    Le renouveau du sishu a déclenché un débat dans tout le pays, pour déterminer notamment l’importance pour les jeunes générations d’apprendre les classiques chinois, en plus de leurs neuf années de scolarité obligatoire.

    Un professeur de sishu de Shanghai a expliqué que son école ne visait pas à enseigner aux enfants les dogmes confucéens mais plutôt de permettre aux enfants d’acquérir plus profondément des qualités morales telles que la modestie, la politesse, le respect, la tolérance, le dévouement, la confiance, le contrôle de soi qui sont l’essence même du confucianisme.
    La BBC relate qu’à Wuhan, province de Hubei, plus de cent enfants sont inscrits dans une petite école privée et pour leurs parents, la culture traditionnelle offre de nombreux avantages qui ne peuvent pas s’acquérir avec l’éducation moderne.

    Pour la maman d’un petit garçon âgé de trois ans, l’enseignement met l’accent sur la bonté et l’autodiscipline. Elle pense que cela profite à son fils mais a aussi un impact sur la société.

    Pour Chine d’Aujourd’hui, les partisans de l’étude des classiques chinois expliquent que les bases de la littérature et de la culture traditionnelles chinoises ont été négligées. Les traditions et la culture chinoises ont assuré la survie du pays dans des temps bien difficiles et si on ne leur accorde pas suffisamment d’importance, le riche héritage culturel chinois va se dissoudre. Les opposants y voient quant à eux une perte de temps.

    Les relations avec le ministère de l’Éducation

    Selon les Nouvelles du soir de Liaoshen, l’école Jiu Wen de Shenyang, dans la province de Liaoning, est la première école privée à être agréée par le ministère de l’Éducation. Yu Jingmin, son fondateur, explique qu’à prime abord, son intention était d’ouvrir une école privée à plein temps mais qu’il a dû changer pour se conformer aux lois du système éducatif qui veut que tout enfant en âge d’aller à l’école suive l’enseignement obligatoire. Il observe donc que certaines écoles peuvent être considérées comme illégales car elles n’ont pas l’autorisation des autorités locales.

    On a toujours dit que la culture chinoise traditionnelle était très en avance sur son temps, peut être qu’avec le retour des sishus et plus largement le retour à des valeurs traditionnelles, la Chine renoue avec ses caractéristiques du passé et montre à nouveau le chemin.

    Tiré de Sound of Hope: http://soundofhope.org/

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Les-sishus-ecoles-privees-chinoises.html

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