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liberté en chine

  • Ai Weiwei: volé par le régime chinois

    Ai Weiwei a précisé: «En tant que citoyen, mon innocence est liée à l’innocence du pays. Nous ne faisons pas cela uniquement pour nous, nous pensons que la procédure légale doit être juste, elle doit être transparente et juste. C’est la seule façon de voir de l'espoir dans ce pays». (NTD)
    Ai Weiwei a précisé: «En tant que citoyen, mon innocence est liée à l’innocence du pays. Nous ne faisons pas cela uniquement pour nous, nous pensons que la procédure légale doit être juste, elle doit être transparente et juste. C’est la seule façon de voir de l'espoir dans ce pays». (NTD)

    L’artiste chinois Ai Weiwei revient sur le devant de la scène. Mercredi 9 novembre 2011, il a accordé sa première interview filmée depuis son arrestation en juin dernier.

    Ai Weiwei a déclaré: «Il y a six mois, j'ai été plus ou moins pris en otage. Aujourd'hui, je paye la rançon, avec le sentiment d’avoir été volé. Vous me comprenez, dépouillé de façon officielle».

    La rançon dont il parle est une amende de 1,7 million d'euros que le régime chinois lui a ordonné de payer comme arriérés d’impôts. L'artiste a eu un peu plus d’une semaine pour trouver l’argent.

    Mais le régime chinois n'avait pas prévu l’incroyable affluence de soutiens reçus par Ai Weiwei. Des dizaines de milliers de personnes lui ont versé de l’argent. Certains ont même apporté leur contribution en pliant les billets de banque en forme d’avion qu'ils ont fait voler chez Ai Weiwei.

    Ai Weiwei souhaite rembourser toutes les personnes qui lui ont envoyé de l’argent.

    En payant cette amende, Ai Weiwei espère pouvoir faire appel pour cette affaire, qu’il considère comme une ruse pour masquer la raison réelle de ses 81 jours de détention en juin dernier. En réalité, le régime veut faire taire le critique le plus virulent du pays.

    Ai Weiwei a précisé: «En tant que citoyen, mon innocence est liée à l’innocence du pays. Nous ne faisons pas cela uniquement pour nous, nous pensons que la procédure légale doit être juste, elle doit être transparente et juste. C’est la seule façon de voir de l'espoir dans ce pays».

    Selon la loi chinoise, Ai Weiwei peut désormais prétendre à une révision administrative de son dossier. Il devrait encore verser un peu plus de 740.000 euros. Mais selon l'artiste, honorer cette somme reviendrait à avouer sa culpabilité. Pour l’instant, la balle est dans le camp du régime chinois.

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Ai-Weiwei-Vole-par-le-regime-chinois.html

  • Le mouvement de démission civile du parti communiste chinois en Chine


    Le mouvement Tuidang : 1ère partie : Pourquoi... par NTDFrancais

    Un mouvement populaire est en train de bousculer le règne du Parti communiste chinois. Plus de 100 millions de Chinois se sont aujourd'hui joints à ce mouvement. Peu de gens ont entendu parler de ce mouvement en-dehors de Chine, mais il pourrait bien jouer un rôle clé dans le futur de la Chine. Nous vous présentons aujourd'hui la première des trois parties d'un document sur ce mouvement appelé "Tuidang".

    Cette année, le Parti communiste chinois célèbre ses 90 ans. Et le parti est au pouvoir en Chine depuis bientôt 62 ans. Mais un mouvement populaire est en train de balayer le pays et pourrait changer la donne.

    Ce mouvement compte des millions de participants. Mais pour de nombreuses raisons, ce mouvement est passé inaperçu dans le reste du monde.

    Tiré de : http://fr.ntdtv.com/

  • La Chine, machine à laver les cerveaux

    Ma_Jian_26345a.jpgN. O. - Pourtant, il y a aujourd'hui plus de liberté en Chine.
    Ma Jian. - Je pense au contraire que le lavage de cerveau s'est aggravé. Renforcé par sa performance économique, le pouvoir a réussi à légaliser le formatage inculqué par l'éducation. Et aujourd'hui les jeunes le tiennent pour tout à fait légitime. Comme s'ils n'avaient plus besoin d'un jugement personnel. Ils voient le monde à travers les critères que le Parti leur a inculqués. Je me demande parfois s'ils ont besoin d'une vie de l'esprit. Les Chinois ressemblent de plus en plus aux Singapouriens, qui ne trouvent de satisfaction, de fierté, voire de dignité humaine que dans le commerce, dans l'enrichissement.
    N. O. - Mais Singapour est minuscule...
    Ma Jian. - C'est vrai que la Chine est grande, et ses problèmes monstrueux. Aujourd'hui, le plus grave est le fossé entre riches et pauvres. Il suffit de sortir un peu de Pékin, on voit que la vie de la majorité est très difficile. Le PC cherche en fait à normaliser la situation. Mais il faut savoir que le but du développement, c'est de rendre les gens de plus en plus décérébrés. De faire disparaître la dimension politique. Comme à Singapour où la vie de l'esprit n'existe pratiquement plus.
    N. O. - Croyez-vous qu'un tel régime puisse durer longtemps ?
    Ma Jian. - Prenez cette horrible histoire du lait empoisonné, qui aurait suscité une révolution en France. En Chine, pas de colère collective. Dans une semaine, on l'aura oubliée. Puis éclatera une nouvelle affaire. Je peux déjà vous prédire le prochain scandale, qui va porter sur l'eau minérale, empoisonnée par un produit très toxique. Même la colère suscitée par ces scandales devient une routine.
    N. O. - Mais quand la colère s'accumule, elle peut entraîner des troubles, non ?
    Ma Jian. - Voilà une idée occidentale. Les Chinois peuvent être en colère toute leur vie, parce qu'ils pensent qu'il y a toujours plus mal loti qu'eux : «Mon voisin est mort d'un cancer, moi je vais bien... Son gosse a bu du lait frelaté, le mien se porte comme un charme... Ma vie n'est pas si mauvaise !» Ce qu'ils craignent le plus, c'est le changement. Ils veulent, comme le dit le slogan du PC, une «société harmonieuse». Tout ce qui s'y oppose doit être réprimé, et tout le monde collabore. Comment une société fondée sur le mensonge peut-elle se perpétuer ? Chacun sait que la part de l'argent public détournée par les puissants suffirait à renverser le régime partout ailleurs. Mais en Chine, quand un problème surgit quelque part, il est rapidement circonscrit. Ce savoir-faire est très élaboré. Voyez comment lors du tremblement de terre du Sichuan le gouvernement a bouclé l'épicentre pendant trois jours. Personne ne s'est demandé pourquoi.
    N. O. - Pourquoi ?
    Ma Jian. - Parce que le régime voulait mesurer les dégâts, dans cette région où des installations nucléaires avaient certainement souffert, avant d'admettre qui que ce soit. On a donc vu, face à une catastrophe de cette ampleur, une dizaine d'hélicos et quelques braves soldats qui cherchaient à rejoindre l'épicentre à pied... Qu'une armée aussi puissante ne puisse pas atteindre un point du territoire, c'est impensable. Mais les gens ne se posent pas ces questions. Pourquoi les immeubles des administrations ont tenu le choc, et pas les écoles ? Au pis, on exprime un peu d'humeur en famille. Mais dès qu'on est face à des étrangers, on fait silence. Les Chinois préfèrent enfouir dans leur ventre leurs turpitudes familiales. Voilà pourquoi le système peut encore durer longtemps.
    N. O. - Les Tibétains, eux, se sont soulevés...
    Ma Jian. - C'était une révolte économique. Les Tibétains sont devenus des citoyens de seconde zone dans leur propre pays. Au Tibet, les Hans occupent les terres, exploitent les ressources naturelles et monopolisent l'espoir d'un futur meilleur. Cette invasion économique, les Tibétains ne l'acceptent pas, et ils veulent chasser les Chinois. Depuis mes premiers voyages il y a plus de vingt ans, j'ai toujours ressenti le Tibet comme une prison. Une vaste prison à ciel ouvert. Il faut un permis spécial pour y entrer. Et même avec des papiers en règle, un Tibétain ne peut pas toujours en sortir. Les Chinois auront beau construire de beaux immeubles et «restaurer» la religion... C'est inutile, parce qu'il s'agit d'une prison où règnent la contrainte et le mépris.
    N. O. - Les Chinois ne vivent pas non plus dans la liberté et le respect.
    Ma Jian. - C'est vrai que la Chine vise à devenir la plus grande prison du monde, puisque c'est seulement ainsi que le PC trouve un semblant de sécurité. Mais dans la prison des Chinois, il existe des libertés secondaires. Si je suis un boutiquier dans l'âme, si je n'aime pas me prendre la tête, la Chine est pour moi le pays le plus libre du monde - jusqu'à ce que je commette une faute ou que mon fils, à mon insu, se mette à réfléchir... Le Tibet, à proprement parler, ne fait pas partie du même ensemble que la Chine. Il a un rythme extrêmement lent, une dévotion phénoménale, une vie au contact d'une nature très exigeante, où les hommes se sentent proches des esprits... Rien à voir avec notre Parti communiste et ses transformations à la hache. Quand nous forçons les Tibétains à épouser nos choix, nous les mettons au supplice. Comme les Américains, qui ont progressivement contraint les Indiens à disparaître. Je souhaite vraiment que le dalaïlama puisse rentrer au Tibet. Il est à la fois une autorité religieuse et une personne moderne qui connaît le monde. Il pourra les aider à surmonter cette épreuve et à trouver leur voie.

    (1)«Beijing coma», par Ma Jian, Flammarion, 2008, 630 p., 23 euros.

    Ma Jian

    A 30 ans, Ma Jian entreprend un voyage de trois ans à travers la Chine. Il en tire «Chemins de poussière rouge» et «la Mendiante de Shigatze», qui sera censuré par le régime de Pékin. La traduction française de «Beijing coma» vient de paraître chez Flammarion.

    Le Nouvel Observateur

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