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les conditions de fabrication des jouets chinois

  • Les conditions de fabrication des jouets chinois

    Dans un article paru fin 2008 dans le journal La Croix, des ONG française et hongkongaise ont enquêté dans les coulisses du jouet chinois. Selon eux, les conditions de travail des ouvriers – principalement des femmes – sont dignes du XIXe siècle. «Les enquêteurs ont observé souvent les mêmes situations difficiles: des salaires inférieurs au minimum légal (environ 67 euros par mois); des journées de travail qui peuvent aller jusqu’à seize heures en haute saison, soit le double de ce qui est autorisé par la loi (certains disent avoir travaillé trente heures d’affilée pour honorer les délais d’une commande); l’utilisation de machines non sécurisées entraînant des accidents quotidiens, ainsi que l’utilisation de produits chimiques dangereux sans protection pour les mains ou le visage. Le jour de repos hebdomadaire n’existe pas. Ceux qui voudraient démissionner en sont empêchés par le simple fait que la direction retient de manière illégale quarante-cinq jours sur le salaire de chaque ouvrier. Les conditions d’hébergement sont épouvantables, avec des dortoirs surchargés et des sanitaires insalubres, pour un coût qui atteint le quart, voire le tiers du salaire.»

    Les syndicats chinois sont quant à eux bridés par les autorités locales, à l’image de Liu Jingsheng, fondateur des syndicats libres de Chine, arrêté en 1992 et condamné à 15 ans de prison pour «activités contre-révolutionnaires».

    Mais les mauvaises conditions de fabrication des jouets chinois ne s’arrêtent pas à ces entreprises officielles. En effet, le média chinois indépendant Minghui.net a rapporté dans un article publié en 2007 une situation bien plus grise. «L’arme secrète que le Parti communiste chinois a utilisé pour dominer le commerce mondial est le travail d’esclave. Les prisons et les camps de travaux forcés des autorités chinoises abritent d’énormes usines qui fabriquent des produits pour l’export. […] Les gardiens forcent les détenus à travailler jour et nuit.» Les dissidents et les prisonniers de conscience qui sont illégalement détenus dans les prisons et les camps de travaux forcés chinois, subissent le même traitement que les criminels. «Dans certaines prisons et camps de travaux forcés, les détenus ne sont autorisés à dormir que deux à trois heures par jour. Ils dorment de 1h à 4h du matin. Ceux qui ne peuvent remplir leur quota de production ne sont pas autorisés à dormir du tout, et peuvent même être punis à coups de matraques électriques. Les détenus doivent s’aligner pour être électrocutés à coups de matraques électriques».

    Les prisons chinoises sont les piliers de la manufacture des marchandises pour l’exportation et permettent la productivité record de la Chine ainsi que sa forte croissance. Les produits bon marché étiquetés «Made in China» sont alors exportés vers de nombreux pays et régions du monde. À cause de cela, les chaînes de production dans les prisons et les camps de travaux forcés chinois sont très actives et maintenues comme telles. Les habits de poupées, les jouets en bois et autres types de jouets sont fabriqués dans ces prisons, dont la provenance est quasiment impossible à retracer par les clients tant les autorités chinoises dissimulent ces conditions de fabrication et empêchent les éventuels enquêteurs internationaux indépendants d’entrer dans ces prisons et ces camps de travaux forcés.

    Laurent Gey pour La Grande Epoque:

    http://www.lagrandeepoque.com/LGE/

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