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le monde

  • Droits de l'homme: "mauvais" bilan chinois, dégradation au Xinjiang

    Le bilan des droits de l'homme en Chine reste mauvais et se dégrade même par endroits, notamment au Xinjiang, la région musulmane du nord-ouest du pays en proie l'an dernier à des affrontements ethniques, a estimé jeudi le département d'Etat américain.

    "Le bilan des autorités en matière de droits de l'homme est resté mauvais et s'est détérioré dans certaines zones", a estimé le ministère dans son rapport annuel sur les droits de l'homme dans le monde.

    Pékin a "intensifié sa répression sévère au plan culturel et religieux" des minorités ethniques au Xinjiang, théâtre à l'été 2009 de violences entre les Ouïghours, une ethnie musulmane et turcophone, et les Hans, l'ethnie majoritaire en Chine.

    Dans l'ensemble du pays, "la détention et le harcèlement des militants des droits de l'homme se sont accrus", a relevé le département d'Etat. "Les avocats et les cabinets juridiques qui ont défendu des affaires qualifiées de sensibles par les autorités ont fait l'objet de harcèlement, de radiations ou de fermetures", selon le rapport.

    Tiré de Le Monde:

    http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41915693@7-60,0.html

  • En Chine, les défenseurs des droits de l'homme saluent la libération surprise d'un avocat de l'ONG Gongmeng

    La libération conditionnelle, dimanche 23 août à Pékin, de l'avocat Xu Zhiyong, arrêté le 29 juillet et mis en examen pour évasion fiscale en tant que représentant légal de l'ONG Gongmeng, a été accueillie comme une victoire par les militants des droits de l'homme.

    Une assistante de Gongmeng, Zhuang Lu, arrêtée en même temps que Me Xu, a également été libérée, ainsi que l'universitaire ouïgour Ilham Tohti, basé à Pékin, arrêté juste après les émeutes d'Urumqi (nord-ouest) en juillet.

    L'ONG Gongmeng (ou Open Constitution Initiative), qui s'était illustrée par son engagement au côté de victimes en quête de justice, avait été frappée à la mi-juillet d'une très lourde amende (1,4 million de yuans, soit l'équivalent de 150 000 euros) sur des donations faites par la Yale Law School, une université de droit américaine, puis fermée au motif qu'elle agissait comme une ONG sans en avoir le statut. Ces arguments qui, selon les avocats de Gongmeng, reposaient sur des bases légales très fragiles, avaient servi de prétexte à l'arrestation - d'abord tenue secrète - de Me Xu le jour où il devait se présenter à l'administration fiscale pour s'expliquer.

    Intervenant après la suspension de facto d'une vingtaine d'avocats et un harcèlement policier de plus en plus violent, l'arrestation de Me Xu, 36 ans, avait fait du bruit dans les milieux intellectuels, mais aussi dans les franges de plus en plus politisées de la jeunesse.

    Si son nom est désormais banni de l'Internet chinois, Me Xu, qui est représentant au congrès du peuple de l'arrondissement de Haidian à Pékin, avait acquis une certaine notoriété dans la presse chinoise pour son combat en faveur des laissés-pour-compte. Il faisait même partie des 60 personnalités sélectionnées en août par le magazine de mode Esquire China et appelées à s'exprimer sur leur "rêve chinois". Il y évoquait "un pays libre et heureux où chaque citoyen n'a pas besoin d'oeuvrer contre sa propre conscience et peut trouver la place qui lui revient selon ses talents et ses qualités".

    CAMPAGNE SUR INTERNET

    Son arrestation avait donné lieu à une importante campagne de soutien à l'étranger, mais aussi en Chine. Sur le site Weziyong.org qui lui était consacré, on pouvait lire : "Nous sommes tous des Xu Zhiyong. Des milliers de Zhiyong encore libres sont sur le chemin de la prison."

    C'est grâce aux donations de centaines de citoyens, a expliqué au Monde l'avocat Li Fangping, que Gongmeng a pu payer la majeure partie de l'amende demandée par le fisc et obtenir, comme le prévoit la loi, la libération de Me Xu. "Xu Zhiyong avait aidé beaucoup de gens et ils l'ont soutenu en retour. Toutes sortes de citoyens se sont mobilisés au nom de l'idéal défendu par M. Xu : la non-violence, l'obéissance aux lois, la participation citoyenne, et la stabilité sociale", a dit l'avocat qui défendait Xu Zhiyong.

    La campagne en cours contre les avocats et les militants des droits de l'homme déroute de plus en plus d'observateurs : "De tous les avocats, Xu Zhiyong était le plus modéré. Il se tenait à l'écart des discussions politiques ", souligne Eva Pils, chercheuse à la faculté de droit de l'université chinoise de Hongkong. "Le parti lui-même, dans sa quête de légitimité, a propagé le mouvement de défense des droits, ajoute-t-elle. Mais je crois qu'ils ne s'attendaient pas à une telle prise de conscience de leurs droits par les Chinois. Ils réalisent qu'ils ne peuvent pas le contrôler."

    Brice Pedroletti
    Tiré de: http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/08/25/en-chine-les-defenseurs-des-droits-de-l-homme-saluent-la-liberation-surprise-d-un-avocat-de-l-ong-gongmeng_1231665_3222.html

  • Des flics et des ombrelles

     

    "Refoulé le 4 juin dans le tunnel qui mène à l’esplanade centrale de la Place Tiananmen - contrôle des passeports, affaires passées aux rayons X, les journalistes doivent avoir “une autorisation du Bureau de la propagande” de la place, me dit-on - je suis allé voir ce qui se passait devant la Cité interdite.  Il y a des flics partout, l’air butés et soupçonneux, qui ne font rien pour passer inaperçus. De très jeunes gens en pantalon et T-shirt, le crâne rasé, que j’avais aperçus la veille recevoir les instructions de soldats, sont postés tous les 15 mètres ou se mêlent à la foule.

     

     

    Je m’installe au milieu d’autres badauds, contre la barrière qui sépare la zone piéton de la piste vélo, face au portrait de Mao : pas moyen d’être tranquille, un policier en civil demande à une très jeune policière en uniforme - préposée à parler aux étrangers, elle bredouille l’anglais - de s’enquérir de ce que je fais ici. «Votre passeport», puis « Il faut partir !» dit’elle. Je l’envoie voir du côté de chez Mao si j’y suis. Je m’attarde pour prendre des photos, et un malabar avec des lunettes noir et une improbable ombrelle rose, muni de l’inévitable oreillette, s’évertue à me boucher la vue - pour que j’évite probablement de photographier trop de flics. « J’aime pas les journalistes étrangers !» qu’il lâche, bourru.

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    Visiblement, je n’étais pas le seul ce jour-là à être emmerdé par des ombrelles. Black and White Cat reproduit dans une vidéo le ballet des flics-parapluies avec les correspondants des télé étrangères anglo-saxonnes."

    (Vidéo apparement censurée par le You Tube chinois...)

    Brice Pedroletti - Correspondant Le Monde à Shangaï

    Tiré de : http://chinedesblogs.blog.lemonde.fr/2009/06/08/des-flics-et-des-ombrelles/

     

  • Les Chinois victimes d'une mémoire très sélective, par Brice Pedroletti

    Commémorer, c'est inciter à perpétuer la mémoire par un rite collectif. Pour celui de l'anniversaire du séisme du Sichuan, le 12 mai 2008, le ton a été donné : le président Hu Jintao, qui s'est rendu sur place, a sanctifié les opérations de sauvetage et de reconstruction comme "une victoire obtenue de haute lutte", et rappelé que "l'unité fait la force". Sur la place Tiananmen, à Pékin, des jeunes, vêtus de tee-shirts blancs, se sont rassemblés en criant : "Courage, la Chine !"

    Mais les médias n'ont pas soufflé mot de ceux que le train de l'histoire officielle a laissés sur le quai : les parents des enfants morts dans des écoles à la construction bâclée. Cette histoire d'homicide par négligence et corruption se répétera si toute la lumière n'est pas faite sur les causes de l'écroulement des écoles. Surveillés par la police, parias de l'histoire officielle, certains se retrouvent avec un casier judiciaire où figurent les accusations de perturbation à l'ordre public.

    Un premier militant des droits de l'homme, qui voulait ériger sur Internet un mémorial aux enfants morts, a été arrêté fin mars pour subversion. Une célébrité pékinoise de l'art contemporain, Ai Weiwei, poursuit le combat sur son blog, où un journal d'enquête citoyen répertorie et nomme les victimes et donne la parole aux parents, parties civiles d'un procès interdit. Les billets sont effacés et les bénévoles qui rencontrent les parents sont embarqués et soumis à des interrogatoires. Ils ont d'"autres motifs" en tête, s'entendent-ils dire. Le glissement se fait déjà du statut de victime à celui d'ennemi.

    L'entreprise de censure à l'oeuvre ici est grossière, et l'on peut s'étonner que les jeunes Chinois, au patriotisme si ombrageux quand il s'agit de l'image d'une Chine qu'ils veulent moderne et puissante, ne s'offusquent de tant de lâcheté. Mais elle est récurrente dans l'histoire présente et passée du pays, qui commémore avec d'autant plus de pompe ses anniversaires autorisés (ses 60 ans le 1er octobre) qu'elle maintient un silence assourdissant autour de ceux qu'elle prohibe.

    Pour contrer ce négationnisme d'Etat, leur mémoire est externalisée : seuls des historiens en dehors de Chine publient des travaux. Et c'est à l'étranger que des serveurs mettent en ligne les données sur ces événements. Ainsi du mouvement religieux du Falun Gong, qui égrène sur ses sites Internet hébergés à l'étranger les noms et le récit des tortures de ses membres persécutés depuis dix ans. Ainsi des organisations tibétaines en exil, qui tentent d'identifier les victimes tibétaines de la répression qui a suivi les protestations du printemps 2008. Privés de recours juridique, ces citoyens chinois sont annihilés jusque dans la mémoire de leur existence.

    Les Mères de Tiananmen ont érigé sur leur site, lui aussi bloqué en Chine, un mémorial avec les noms des morts et blessés de la nuit du 3 au 4 juin 1989. Sur des vidéos mises en ligne, les parents donnent leur témoignage. "La lutte des Mères de Tiananmen dure depuis dix-neuf ans, celle des Mères de Wenquan (épicentre du séisme) vient de commencer", pressentait l'écrivain dissident Yu Jie, en juin 2008, sur le site de Tiananmen Mothers.

    Depuis vingt ans, ceux qui n'ont pas accepté les compensations offertes contre leur silence, ou ont refusé de voir étiqueter comme accident la mort de leur proche, sont soumis à un harcèlement continu sous forme de brimades administratives, de chantage et d'intimidation. Le bilan officiel et l'interprétation sommaire des événements du 4 juin, attribués à des éléments perturbateurs, ne sauraient souffrir l'examen contradictoire qu'impliquent l'identité des victimes, les lieux et les circonstances de leur mort.

    Sans victime, il n'y a pas de coupable, constatait l'historienne Wang Youqin, de l'université de Chicago, qui a créé en 2000 un mémorial en ligne, pour les victimes de la Révolution culturelle. Le site www.chinese-memorial.org, raconte-t-elle dans un texte de la revue Perspectives chinoises (2008, n° 101), fut rendu inaccessible en Chine par la censure deux ans après son lancement, rendant vain l'appel à témoins qu'il recherchait. Il s'agissait de répertorier et de nommer des victimes ordinaires, celles des meurtres et des brimades perpétrés par les Gardes rouges.

    Depuis que la Révolution culturelle a été condamnée comme une erreur, l'histoire officielle n'a retenu que les victimes célèbres ou de haut rang, les familles concernées discrètement réhabilitées, et les coupables désignés (la "bande des quatre").

    L'historienne a fini par publier en 2004 à Hongkong un ouvrage en chinois où elle relate les histoires tragiques de 659 victimes ordinaires, avec des témoignages de première main. "Tout comme devant une cour de justice, le principe de dire "toute la vérité" et "rien que la vérité" est fondamental pour l'histoire", écrit-elle. Or "la suppression, par le gouvernement, de tout le factuel relatif aux victimes a facilité le déni d'histoire criminelle dont a pâti la Révolution culturelle".

    En l'occurrence, faire disparaître ainsi les victimes ordinaires a permis, selon l'historienne, de passer sous silence la dimension génocidaire des déchaînements de violence incités par Mao Zedong. Cette culture de l'impunité et du mensonge d'Etat qui perdure fait froid dans le dos.

    Tiré du Monde Brice Pedroletti Correspondant à Shanghaï (Chine)

    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/05/20/les-chinois-victimes-d-une-memoire-tres-selective-par-brice-pedroletti_1195730_3232.html

     

  • L'inquiétude monte à propos du sort de l'avocat chinois Gao Zhisheng

    h_4_ill_1186324_45bc_gao.jpgDeux mois et demi après son enlèvement, très probablement par la sécurité d'Etat chinoise, le sort de l'avocat Gao Zhisheng préoccupe les milieux de défense des droits de l'homme à l'étranger : ce pionnier du weiquan yundong, le mouvement de défense des droits, aurait été gravement torturé en 2007, lors d'une précédente "disparition", et menacé de mort.

    Son épouse, Geng He, qui a gagné les Etats-Unis le 11 mars après avoir quitté clandestinement la Chine en janvier avec ses deux enfants, a adressé le 23 avril une lettre ouverte au Congrès américain, où elle rappelle le combat de son mari pour faire respecter les lois chinoises et exposer les dénis de justice dont sont victimes les citoyens ordinaires.

    "Je n'ai aucun doute sur le fait que cet enlèvement constitue la réponse du gouvernement chinois à notre fuite. Je suis extrêmement inquiète pour mon mari au vu des expériences horribles qu'il a subies par le passé", écrit-elle, justifiant sa décision de se réfugier en Amérique par l'état préoccupant de ses enfants, empêchés d'aller à l'école et témoins des brimades et des tortures infligées à leurs parents. Aidée par des réseaux clandestins et des passeurs, Geng He avait rejoint le Yunnan puis la Thaïlande.

    Des avocats américains, réunis dans le Comité de soutien aux avocats chinois, ainsi que les organisations des droits de l'homme à l'étranger exigent que Pékin révèle la situation de maître Gao ainsi que les charges qui pèsent sur lui. L'ONG Human Rights in China (HRIC), basée à New York, appelle à sa libération immédiate.

    Gao Zhisheng, qui a exercé à Pékin avant que sa licence ne soit révoquée en 2005, est l'un des premiers "avocats aux pieds nus" à se distinguer au cours des années 2000 en portant devant les tribunaux des affaires de citoyens ordinaires victimes d'injustice, des résidents expulsés aux patients floués par les hôpitaux. De religion chrétienne, il défend des chrétiens des églises à domicile harcelés par les autorités, puis des membres du mouvement religieux Falun Gong, interdit en 1999 suite à une spectaculaire manifestation, le 25 avril de la même année.

    Indigné par la paralysie totale de la justice chinoise sur ce dossier, il met au jour une entreprise systématique de persécution, dont il entreprend de dénoncer l'illégalité par des lettres ouvertes au Congrès national du peuple puis aux dirigeants chinois en 2005. Il démissionne alors du Parti communiste et part recueillir dans le Shandong des témoignages de membres du Falun Gong torturés.

    Interdit dans la presse chinoise et constamment harcelé, il s'efforce dès lors de sensibiliser la presse et les ONG étrangères aux dénis de droit en Chine avant d'être, fin 2006, arrêté pour subversion. Il bénéficie d'un sursis mais doit quitter Pékin. C'est à cette époque que le militant Hu Jia prendra sa relève, avant d'être lui même porté "disparu" pendant plusieurs semaines, puis placé en résidence surveillée et enfin emprisonné fin 2007. Les militants de ce mouvement informel et leurs proches sont constamment harcelés : il y a quelques semaines, le journaliste d'investigation chinois Wang Keqin révélait sur son blog comment il avait été empêché par des hommes de main de rencontrer l'épouse de Cheng Guangcheng, le juriste aveugle emprisonné au Shandong.

    C'est dans son village natal du Shanxi, où il était assigné à résidence, que Gao Zhisheng a été enlevé le 4 février. Cinq jours après, HRIC mettait en ligne une lettre ouverte dont l'avocat avait manifestement demandé la sortie au cas où il disparaîtrait de nouveau. Celle-ci, écrite en novembre 2007, juste après sa libération, détaille les tortures que lui a fait subir pendant plusieurs jours un groupe de policiers, après l'avoir embarqué de force dans une voiture, le 21 septembre 2007. Matraques électriques, cure-dents dans les parties génitales et tabassage en règle, ses tortionnaires lui font goûter un à un, se vantent-ils, "les douze plats" du menu complet réservé aux membres du Falun Gong.

    L'avocat écrit avoir reconnu au moins deux agents, l'un du Shandong, et un gradé de Pékin, qui fit mine de réprimander ses tortionnaires pour leur brutalité, puis le fit transporter en prison, où on l'encouragea à dénoncer ouvertement le Falun Gong et louer le gouvernement, "pour autant d'argent qu'il voulait". Il acceptera, dit-il, de déclarer sur l'honneur qu'il avait été bien traité.

    Depuis 2008, et notamment au moment des Jeux olympiques, très peu d'informations filtrent sur la situation de l'avocat, qui fait partie des Chinois pressentis pour le prix Nobel de la paix. Interrogés à son sujet, ses confrères proches, à Pékin, répondaient alors que la situation était "délicate"...

    Brice Pedroletti Le Monde Le 29 04 09

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