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le ministre chinois des affaires étrangères

  • Le silence de Pékin sur l'Iran pourrait cacher de l'embarras

    PEKIN - Les silences diplomatiques de la Chine en disent parfois long. Or, depuis qu'un consensus s'esquisse parmi les autres grandes puissances pour sanctionner l'intensification des activités nucléaires sensibles de l'Iran, Pékin reste muet

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    Plate-forme pétrolière iranienne dans la mer caspienne. La Chine, qui importe une bonne part de son pétrole d'Iran et entretient avec lui des liens commerciaux étroits, est restée muette depuis qu'un consensus s'esquisse parmi les autres grandes puissances pour sanctionner l'intensification des activités nucléaires sensibles de l'Iran

    Il y a peu encore, la Chine, qui importe une bonne part de son pétrole d'Iran et entretient avec lui des liens commerciaux étroits, n'hésitait pas à marteler que punir Téhéran n'était pas la bonne méthode.

    La semaine dernière, le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a une nouvelle fois prêché pour une solution diplomatique au bras de fer qui oppose la République islamique à ses six interlocuteurs internationaux - Etats-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne et Grande-Bretagne.

    Mais il n'a soufflé mot d'un éventuel quatrième train de sanctions - souhaité par les Occidentaux, et auquel la Russie semble se résigner - au Conseil de sécurité des Nations unies, où Pékin dispose d'un droit de veto, comme les quatre autres membres permanents.

    Lors de deux points de presse successifs cette semaine, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu, a évité d'évoquer la question directement. "Sur les sanctions, notre position est constante et claire", a-t-il dit jeudi.

    "Nous sommes désireux, avec le reste de la communauté internationale, de continuer à jouer un rôle constructif pour l'adoption d'une résolution sur la question nucléaire iranienne", a-t-il déclaré évasivement.

    VERS UNE ABSTENTION AU CONSEIL DE SECURITÉ ?

    "Le silence de la Chine signifie qu'elle n'est pas fermement opposée à une nouvelle résolution des Nations unies", interprète Yin Gang, expert du Proche-Orient à l'Académie des sciences sociales de Pékin, un cercle de réflexion officiel.

    "Etant donné le durcissement croissant de l'Iran sur cette question nucléaire, la Chine estime ne pas pouvoir faire obstacle à une forme de réponse internationale", ajoute cet analyste.

    Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a radicalisé son bras de fer avec la communauté internationale en annonçant le week-end dernier que son pays allait désormais enrichir de l'uranium à 20% et, ce jeudi, en avoir d'ores et déjà produit sur son site de Natanz.

    Longtemps réticente, elle aussi, à de nouvelles sanctions, la Russie a ces jours derniers multiplié les déclarations signifiant à l'Iran que sa patience avait des limites. Pour éviter l'isolement au sein des Six, la Chine pourrait donc être acculée à s'abstenir au Conseil de sécurité au lieu d'user de son droit de veto.

    Néanmoins, il est peu probable que Pékin consente à renforcer fortement les sanctions contre la République islamique, son troisième fournisseur de pétrole après l'Angola et l'Arabie saoudite, estime Jin Liangxiang, spécialiste du Moyen-Orient à l'Institut d'études internationales de Shanghai.

    DES NÉGOCIATIONS LONGUES ET DURES

    Certains diplomates occidentaux prônent des sanctions contre Téhéran dans le domaine de l'énergie mais frapper les exportations de l'Iran reviendrait aussi à sanctionner la Chine. Celle-ci "ne l'accepterait certainement pas", souligne jeudi Wang Feng, chercheur à l'Académie des sciences sociales, dans les colonnes du quotidien Global Times.

    Pékin cherchera à édulcorer au maximum les sanctions proposées par les puissances occidentales pour préserver ses relations économiques avec l'Iran, tout en maintenant un front international uni face au régime de Téhéran.

    "Je m'attends à des négociations très longues et très dures au Conseil de sécurité et une position conjointe de la communauté internationale n'est pas acquise d'avance", prédit Jin Liangxiang.

    En faisant quelques concessions aux Occidentaux, Pékin cherchera aussi à apaiser les tensions récemment apparues avec les Etats-Unis sur plusieurs sujets, dont les ventes d'armes américaines à Taiwan ou la prochaine visite à Washington du dalaï-lama.

    "La Chine sait que la question nucléaire est désormais une question mondiale, et il ne serait pas crédible de l'utiliser comme un pion dans un marchandage avec les Etats-Unis sur Taiwan. La Chine peut faire connaître sa colère mais elle ne liera pas les deux questions", estime Jin.

    Pékin doit enfin tenir compte des inquiétudes du monde arabe, et notamment de l'Arabie saoudite, son deuxième fournisseur de pétrole, face à la montée de l'influence iranienne dans le Golfe.

    Tiré de l’Express : http://www.lexpress.fr/actualites/2/le-silence-de-pekin-sur-l-iran-pourrait-cacher-de-l-embarras_848391.html

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