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l'empire intouchable

  • "Chine, l'Empire intouchable"

    Exécution d'un sujet britanniquen, lourde condamnation d'un dissident. La Chine se durcit et méprise les pressions internationales.

    Après la condamnation, la semaine dernière, à onze ans de prison du dissident Lu Xiaobo, auteur de la "Charte 08", et l’exécution, mardi, du Britannique Akmal Shaikh, arrêté en 2007 en possession de 4 kg d’héroïne, rien ni personne ne semble pouvoir raisonner le régime chinois.

    En deux ans, la Grande-Bretagne était pourtant intervenue près de trente fois sur le dossier Shaikh. Jusqu’à la dernière minute, Gordon Brown a réclamé auprès de son homologue, Wen Jiabao, la révision du procès d’un homme mentalement dérangé, selon ses proches. Rien n’y a fait. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu, a même appelé Londres à baisser d’un ton, sous peine, dixit, "de porter atteinte aux relations" entre les deux pays.
    "La Chine s’affirme sur la scène internationale et ne veut recevoir de leçons d’aucun pays", constate Jean-Pierre Cabestan, directeur du département de sciences politiques et des études internationales à l’Université baptiste de Hongkong.

    Intérêts économiques obligent, plus aucune administration en Europe et aux Etats-Unis n’ose vraiment s’opposer à son modèle de gouvernance autocratique. "La Chine ne change pas au fond, et nous ne pouvons rien y faire", redoute un diplomate européen en poste à Pékin. Une situation qui, pour Jean-Pierre Cabestan, "n’annonce pas des lendemains très agréables". Des pays limitrophes à l’Empire sont déjà prêts à tout pour échapper aux foudres de Pékin. Après la signature de 14 accords commerciaux, évalués à 850 millions de dollars, la récente expulsion du Cambodge de 20 Ouïgours, réfugiés à Phnom Penh après les émeutes interethniques de juillet dernier dans le Xinjiang, montre combien la Chine peut obtenir de ses voisins. Nul ne connaît le sort qui sera réservé à ces "fuyards" qui avaient sollicité, avant leur expulsion, l’asile politique au Cambodge.

    En jeu, la "stabilité sociale"

    Inflexible à l’extérieur, le régime chinois se durcit aussi dans ses affaires intérieures. "En condamnant Lu Xiaobo, les autorités ont voulu envoyer un signal à tous ceux qui seraient tentés par une action dissidente organisée, estime Cabestan. Mais il a été le seul à être condamné dans l’affaire de la Charte 08: il en est l’auteur principal, mais elle a été signée par plusieurs centaines de personnes." Miné par des conflits sociaux chroniques (il y a chaque année dans le pays au moins 90000 manifestations populaires), le Parti communiste veut surtout ne laisser aucune chance à tous ceux – intellectuels dissidents, moines tibétains, Ouïgours en colère – qui pourraient mettre en péril la sacro-sainte "stabilité sociale" vantée par le régime. Intouchable à l’international, le pouvoir chinois joue à l’intérieur sa légitimité et sa survie.

    Tiré de: http://www.lejdd.fr/International/Asie/Actualite/Chine-l-Empire-intouchable-161831/

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