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l'administration obama

  • Tensions croissantes entre les Etats-Unis et la Chine

    char taiwan.jpgL'annonce par le Pentagone, le 29 janvier, qu'il approuvait la vente à Taïwan pour 6,4 milliards de dollars (4,6 milliards d'euros) d'armements américains et la riposte chinoise qui a suivi, sous la forme d'une suspension des contacts militaires à haut niveau et d'éventuelles sanctions commerciales à l'encontre des sociétés américaines impliquées, sont le signe d'une montée des tensions entre Pékin et Washington.

    Le soutien apporté par la diplomatie américaine au géant informatique Google, en situation parfois délicate en Chine, l'avait déjà montré.

    Après une période très conciliante vis-à-vis de la Chine qui, aux yeux des Américains, n'a pas porté ses fruits à la conférence sur le climat de Copenhague, l'administration Obama se veut plus agressive vis-à-vis d'une puissance perçue comme trop sûre d'elle. Alors même que la coopération de Pékin est sollicitée sur les dossiers de l'Iran, de la Corée du Nord et de l'Afghanistan.

    La réaction bruyante de la Chine sur le sujet sensible de Taïwan, l'île de facto indépendante dont Pékin a interdit par un acte de loi en 2005 la sécession, était attendue. Les relations bilatérales sino-américaines devrait aussi pâtir de la prochaine rencontre entre Barack Obama et le dalaï-lama. Deux sujets qui suscitent l'indignation officielle de Pékin, qui dénonce une "interférence grossière dans ses affaires internes".

    La question des ventes d'armes à Taïwan est un point de friction récurrent entre Pékin et Washington. Aux Etats-Unis, ces ventes sont autorisées par le Taiwan Relations Act, qui encadre la politique américaine vis-à-vis de l'île depuis 1979. La Chine, qui ne l'a jamais reconnu mais a dû le tolérer, se prévaut aujourd'hui du fait que les Etats-Unis se sont engagés en 1982 à ne pas poursuivre "sur le long terme"leur politique de ventes d'armes à destination de Taïwan et que celles-ci seraient "progressivement réduites".

    Or le lot de matériel pour lequel le Pentagone a donné son accord, qui comporte des batteries antimissile Patriot, des navires chasseurs de mines sous-marines et des hélicoptères Black Hawk, intervient moins de deux ans après un lot similaire, et d'un même montant, autorisé par l'administration Bush en octobre2008. Les livraisons d'armes avaient porté sur des sommes bien inférieures les années précédentes. La Chine avait alors interrompu, pendant huit mois, les contacts militaires à haut niveau, que les Américains jugent essentiels pour leur politique d'engagement de la Chine.

    L'accord du Pentagone pour le nouveau lot d'armes à destination de Taïwan aurait certes pu intervenir plus tard dans le mandat du président Obama. En réalité, font remarquer les analystes, il est loin de répondre à toutes les demandes de l'armée taïwanaise, préoccupée, comme Washington, par la montée en puissance des forces chinoises de l'autre côté du détroit de Formose (de 1000 à 1 500 missiles chinois seraient en permanence pointés vers Taïwan): n'y figurent ni la version plus sophistiquée des chasseurs F-16 (les F-16 C/D), ni les sous-marins diesel électriques déjà réclamés par Taïwan à GeorgeBush. Ceux-ci, selon le ministère de la défense taïwanais, seraient toujours en cours de négociation. Pour des questions de budget mais aussi de stratégie: en s'abstenant de livrer à Taïpeh des équipements militaires sur lesquels la Chine a indirectement mis son veto, les Etats-Unis sont ainsi en position de force pour "négocier" avec Pékin.

    Un autre facteur favorise Washington: la situation politique interne de Taïwan. La presse chinoise, qui critiquait vertement les Etats-Unis ces derniers jours, a ménagé le président taïwanais Ma Ying-jeou qui a vu sa popularité s'éroder à Taïwan en raison de ses politiques pro-Pékin. Or M. Ma, qui ne peut pas se permettre politiquement d'apparaître imprévoyant ou naïf face aux capacités militaires de la Chine (l'opposition taïwanaise milite pour l'indépendance de l'île), est l'artisan d'un projet d'accord de libre-échange avec la Chine, dont l'aboutissement dans les prochains mois est vu par son camp, ainsi que par Pékin, comme un succès. Autant dire que la Chine n'a aucun intérêt à voir s'envenimer à cette date ses relations avec Taïwan.

    Reste les dossiers de l'Iran, de la Corée du Nord ou de l'Afghanistan: une obstruction de la Chine aux visées américaines en raison de ce contentieux est jugée peu probable. Mais sa coopération n'est pas non plus acquise. "Le message doit être clair, et fort: si les Etats-Unis ne respectent pas les intérêts essentiels de la Chine, ils ne peuvent s'attendre à ce que celle-ci coopère sur une vaste gamme de problèmes internationaux et régionaux essentiels", assènait, lundi 1er février, un éditorial du China Daily destiné à un lectorat étranger. "Voilà donc l'attitude des Etats-Unis vis-à-vis [d'une Chine]“partenaire constructif”", raille le quotidien, en reprenant le qualificatif employé par les Etats-Unis à propos de la puissance chinoise émergente.

    Ecrit par Brice Pedroletti, Le Monde: http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/02/01/tensions-croissantes-entre-les-etats-unis-et-la-chine_1299353_3216.html

     

  • La Chine durcit le ton envers Washington dans l'affaire Google

    Les médias officiels chinois continuent d'alimenter la guerre des communiqués avec les États-Unis à propos du contrôle d'Internet.

    Le Quotidien du peuple, organe central du Parti communiste chinois, parle même d'une conspiration américaine envers Pékin et assure que la Chine populaire peut vivre sans Google.

    Voici deux semaines, Google, le plus gros moteur de recherche au monde sur le réseau Internet, a menacé de fermer son portail chinois, Google.cn, et de se retirer de Chine, en invoquant des actes de censure, et de piratage informatique émanant du territoire chinois.

    L'administration Obama a soutenu les critiques lancées par Google et jeudi dernier, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, appelait Pékin à renoncer à toute censure contre Internet et à enquêter sur le piratage informatique. Certains experts vont jusqu'à affirmer que ces actes de piratages sont organisés par les autorités chinoises elles-mêmes.

    Le Quotidien du peuple avertit dans son édition de mardi que les dissensions portant sur Internet risquent de mettre à mal plus largement les relations avec Washington, déjà tendues par des contentieux commerciaux, des ventes d'armes à Taiwan et la possibilité d'une rencontre entre le président Barack Obama et le dalaï-lama, chef spirituel en exil des Tibétains.

    "Ces déclarations et actes (de la part des Américains) se font au mépris de la réalité et portent atteinte à l'image de la Chine, mettant à mal le développement de relations sino-américaines saines et stables", écrit le Quotidien du peuple dans un éditorial sur Internet.

    "Il n'est pas difficile de voir l'ombre du gouvernement américain derrière la politisation de l'affaire Google", ajoute le journal.

    "Washington exploite les allégations de Google afin de restreindre le droit de la Chine à protéger sa sécurité nationale et ses intérêts sur Internet", lit-on par ailleurs.

    Google a réclamé la tenue de discussions avec le gouvernement chinois pour résoudre le contentieux.

    Mais le Quotidien du peuple instille une note d'incertitude quant aux espoirs du moteur de recherche. "Peut-être, Google a-t-il d'ores et déjà compris que la Chine peut vivre sans Google. Mais sans la Chine, Google n'a pas d'avenir", écrit l'organe du PC chinois.

    Lundi, un haut responsable chinois avait déclaré que Pékin s'autorisait le droit de punir quiconque utiliserait Internet pour défier le Parti communiste au pouvoir ou rompre l'unité nationale.

    Le porte-parole du bureau d'information du Conseil d'État (gouvernement) indiquait que le pays interdisait l'usage d'Internet quand il "subvertit le pouvoir d'État et sabote l'unité nationale, incite à la haine et la division ethniques, promeut les cultes et diffuse un contenu pornographique, obscène, violent ou terroriste".

    Ces commentaires, diffusés sur le site du gouvernement (www.gov.cn), laissaient entrevoir peu de place pour un compromis entre Pékin, Google et Washington sur la politique de censure.

    La Chine a poursuivi des opposants et des défenseurs de l'autonomie du Tibet qui avaient utilisé Internet pour remettre en cause la politique du Parti communiste au pouvoir.

    Elle a condamné son plus célèbre opposant, Liu Xiabo, à 11 ans de prison pour "incitation à la subversion", lui reprochant principalement plusieurs essais publiés sur des sites Internet à l'étranger.

    Le Quotidien du peuple avait accusé dimanche les États-Unis d'utiliser les réseaux sociaux, comme YouTube ou Twitter, pour fomenter des troubles en Iran.

    La Chine bloque YouTube depuis mars et Twitter depuis juin dernier. Facebook ne fonctionne plus depuis début juillet. Le pays utilise également un "grand pare-feu" pour dissuader les internautes de visionner des contenus interdits sur des sites à l'étranger.

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