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justice chinoise

  • En Chine, un lama tibétain condamné à huit ans et demi de prison

    Dans une quasi-indifférence, un lama très populaire d'une zone tibétaine de la province du Sichuan a été condamné, à la veille de Noël, à huit années et demie de prison pour "détentions illégales d'armes", "occupation illégale d'un terrain municipal" et "détournements de fonds". Phurbu Tsering Rinpoche est ce que l'on appelle au Tibet un toulkou, un lama réincarné - littéralement "corps d'émanation du Bouddha". A 53 ans, il est notamment l'abbé et le fondateur de deux monastères. Il a créé des dispensaires médicaux et un hospice pour personnes âgées tout en ayant adopté des enfants handicapés.

    Cet homme marié, qui n'est pas moine comme cela peut-être le cas de certains "bouddhas vivants", selon la terminologie chinoise, est non seulement très respecté chez les Tibétains de sa ville de Ganzi (Kardze en tibétain), à l'ouest du Sichuan, mais aussi parmi des fidèles chinois han qui le considèrent comme un grand maître.

    Selon sa femme et certains de ses proches, les accusations ne reposent sur rien de tangible. Le terrain occupé "illégalement" lui aurait été donné afin qu'il puisse y bâtir son hospice de vieux et les "armes" se seraient révélées être des munitions et une imitation de pistolet. Selon son avocat, le lama aurait dépensé l'équivalent de 7 000 euros pour bâtir l'hospice.

    Des responsables locaux ont imprudemment confié à ses avocats, avant un procès dont le verdict semble avoir été décidé à l'avance, que les autorités avaient décidé de lui infliger une lourde peine afin de faire un exemple du lama. Le but est de dissuader d'autres grands lamas d'user de leur influence pour provoquer des "manifestations antichinoises".

    Trop de popularité

    La véritable raison d'un verdict aussi lourd est en effet liée à une manifestation de nonnes bouddhistes du monastère de Buronglang, dont Phurbu Tsering est l'abbé. Dans la foulée des violentes émeutes de Lhassa du 14 mars 2008, environ 80 nonnes avaient défilé au mois de mai suivant dans les rues de Ganzi pour protester contre les cours d'"éducation patriotique" durant lesquels les religieux tibétains doivent régulièrement abjurer leur fidélité au dalaï-lama. "Nous voulons que le dalaï-lama revienne au Tibet, c'est notre roi !", criaient-elles. Cinquante-cinq d'entre elles furent arrêtées. Si la plupart furent relâchées dans les mois qui ont suivi, deux d'entre elles ont été lourdement punies : onze ans de prison pour Senong Lantsuo, 36 ans, et dix ans pour Kangzhu Jintsuo, 34 ans.

    Le lama Phurbu avait été arrêté quelques jours après ces manifestations. Les autorités locales, a rapporté son épouse, avaient déployé un dispositif policier et paramilitaire impressionnant. Depuis son incarcération, il a été demandé à ses fidèles et amis chinois han d'arrêter de verser des dons à ses oeuvres ou de le soutenir, faute de quoi ils pourraient être accusés de complicité.

    "Ce procès est une fabrication, il n'existe aucun bien-fondé derrière les accusations", a affirmé au Monde par courriel Woeser, poétesse et dissidente tibétaine vivant à Pékin. Certes, se félicite-t-elle, c'est la première fois, depuis les émeutes au Tibet, qu'un accusé a pu choisir ses avocats. Mais elle affirme que les droits de l'accusé n'ont pas été respectés durant le procès. "C'est la première personnalité religieuse tibétaine à se voir infliger une peine aussi lourde depuis les troubles au Tibet", commente-t-elle.

    La femme de Phurbu Tsering a par ailleurs confié à des journalistes occidentaux, en 2009 à Ganzi, que son mari n'avait aucune activité politique et que faire réciter aux nonnes une prière où elles souhaitent une bonne santé au dalaï-lama ne peut constituer un délit.

    Après la condamnation à onze ans de prison, le 25 décembre, de la grande figure dissidente, l'écrivain pékinois Liu Xiaobo - qui a fait appel, lundi, de sa condamnation - le verdict contre le lama tibétain montre à quel point le régime de Pékin veut prévenir toute velléité de contestation de la suprématie du Parti communiste. La sévérité des peines, les deux hommes la doivent à leur popularité, l'un dans les cercles intellectuels, l'autre parmi les adeptes du bouddhisme.

    Tiré de: http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/01/06/en-chine-un-lama-tibetain-condamne-a-huit-ans-et-demi-de-prison_1288059_3216.html

  • Condamnée à 3 ans de prison pour avoir téléchargé sur Internet

    CIDF - Le Tribunal de Shanghai condamne une pratiquante du Falun Gong à trois ans et demi de prison pour avoir effectué des téléchargements sur Internet
    Une ancienne bibliothécaire condamnée lors d'un procès d'une journée en dépit de la présence d'un des meilleurs avocat des droits de l’homme

    Paris - Le 14 novembre 2008

    Un tribunal de Shanghai a condamné le 3 novembre, la pratiquante du Falun Gong Mme Liu Jin à trois ans et demi de prison, pour avoir téléchargé sur Internet, imprimé et distribué des informations concernant la méthode.

    Liu, ancienne bibliothécaire à la 'Shanghai Normal University', a été condamnée par le Tribunal de District de Fengxian dans un procès qui a duré moins d'une journée, selon des sources en Chine et dans les medias Chinois d'Outre-mer Dajiyuan et Radio Free Asia.

    Pour avoir téléchargé sur Internet des informations concernant le Falun Gong et les avoir utilisées pour imprimer des dépliants, Liu a été accusée de 'faire usage d'une organisation hérétique pour compromettre l'application de la loi," un vague article du code pénal communément utilisé pour emprisonner les pratiquants du Falun Gong parce qu'ils pratiquent leur foi ou parce qu'ils distribuent des informations concernant la persécution menée contre le groupe.

    chine-proces-tibet.jpgLiu a été condamnée en dépit des déclarations faites au Tribunal par son avocat, l'éminent avocat Pékinois Mo Shaoping, en sa défense.

    "Elle a vu sur Internet des articles qu'elle a trouvé intéressants, donc elle les a téléchargés et les a donnés à lire à d'autres personnes. Une action qui ne peut causer aucun tort à la société" a dit Mo a dit dans une interview donnée à Dajiyuan (La Grande Époque). " Ses actions se conforment à ses droits de liberté d'expression et de liberté de croyance entérinées dans la Constitution Chinoise et dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme."

    "Donc, évidemment, nous pensons que les actions de Liu Jin ne constituent pas un crime. Elle aurait dû être disculpée et relâchée."

    Mo fait partie d'un petit groupe d'avocats qui ont choisi de défendre, ces dernières années, des affaires impliquant les citoyens les plus vulnérables et persécutés en Chine, dont les pratiquants du Falun Gong. Présenté par le Time Magazine comme l'un des héros de l'Asie, Mo a également défendu Zhao Yan, un rédacteur au New York Times, l'avocat Gao Zhisheng et Huang Qi un militant du Sichuan.

    "Cette affaire est un exemple typique de comment les tribunaux Chinois demeurent un outil politique de persécution dans les mains du Parti communiste," selon le porte-parole du Falun Gong Erping Zhang. "Nous applaudissons Mo Shaoping pour sa défense courageuse de Liu et de bien d'autres. Nous demandons instamment à la communauté internationale de manifester un courage similaire en demandant la libération immédiate et inconditionnelle de Liu. Elle est innocente et risque sérieusement d'être torturée."


    Antécédents

    Liu a été détenue depuis novembre 2007, quand la police l’a arrêtée chez elle sans mandat, lui confisquant tout un équipement informatique et 20 000 yuans (2 312 Euros). Actuellement, elle est toujours détenue dans le Poste de police du District de Fengxian avant d'être transférée dans une prison dont il reste encore à déterminer.

    Selon le mari de Liu, M. Zhang Zhanjie, durant sa détention elle a subi des violences physiques, incluant de brutaux passages à tabac et des privations de sommeil. La famille de Liu a également signalé qu'elle même avait été menacée par des agents de sécurité immédiatement après leur voyage à Pékin pour faire appel aux services juridiques de Mo.

    Liu avait précédemment purgé une peine de quatre ans de prison dans la Prison pour Femmes de Shanghai pour avoir pratiqué le Falun Gong, durant ce temps elle avait souffert d'abus, tels qu'être isolée dans une cellule de confinement, être gavée de force et suivre de force des classes de "rééducation" dans le but de la forcer à renoncer à ses croyances. Dans le même temps, son mari M. Zhang, a lui aussi été condamné à quatre ans et demi de prison, qu'il a purgé dans la Prison de Tilanqiao de Shanghai. Liu a été libéré en 2004 et Zhang au début de 2005. Le couple a une fille adolescente.

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