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  • Charlie Hebdo : en Chine, l’épineuse question de la liberté de la presse

    En Chine comme ailleurs, impossible de passer sous silence l'attentat chez Charlie Hebdo. Mais comment en rendre compte sans entrer de plain-pied dans le débat sur la liberté d’expression ?

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    Journalistes du bureau de l'AFP à Hong Kong

    Au lendemain de la tragédie qui a touché la France avec l'attentat contre Charlie Hebdo , les autorités chinoises de la propagande ont eu à gérer une opération particulièrement délicate. Impossible de passer sous silence un événement d’envergure planétaire, mais comment en rendre compte sans entrer de plain-pied dans le débat sur la liberté d’expression ? Pour de nombreux médias, l’approche s’est voulue, avant tout, factuelle. Une description du déroulé des événements, quelques encarts pour expliquer qui est «Charlie Hebdo», et souvent, également, des éléments d’analyse autour de la menace que représente le terrorisme islamiste. Une thématique chère à la Chine en raison des attaques récentes perpétrées sur le sol chinois par une frange radicalisée de la minorité ouïgoure, de confession musulmane. Mais le «Quotidien du Peuple», principal journal du Parti communiste, se garde bien de faire son éditorial, ni même son principal titre de «une», sur le sujet.

    Ce n’est pas le cas du «Global Times», quotidien qui adopte, vis-à-vis de l’Occident et de ses valeurs, une posture souvent offensive et virulente. Pour le journal nationaliste, l’occasion est trop belle de s’en prendre à la liberté d’expression, citée entre guillemets pour mieux mettre en doute le concept. Dans son éditorial, le journal juge que s’il faut blâmer le terrorisme, il faut tout autant «préconiser le respect entre les civilisations». Or, ajoute-t-il, «les musulmans sont en position de faiblesse en Occident», par conséquent il convient de ménager leur «sensibilité». Et de se moquer des dirigeants politiques occidentaux qui n’osent pas encadrer la liberté d’expression et contrôler leurs médias, par peur de voir leur popularité en pâtir. Une position que rejoint, sur le site internet «L’Observateur», un commentateur comme Song Luzheng, basé en France : «Si on regarde le résultat, on voit que la liberté de la presse n’aide pas à résoudre le conflit, mais au contraire l’attise.» Et de conclure : «Nous avons de la chance de ne pas avoir ce genre de liberté de la presse en Chine.»

    Premier sujet sur la blogosphère

    Mais sur la blogosphère, la tonalité est différente. Le sujet est devenu, de loin, le plus important. Les nombreux dessins de soutien à Charlie Hebdo sont «forwardés» sur weibo, le «Twitter chinois», comme sur Wechat, l’application sur téléphone mobile. L’idée que la provocation radicale est contre-productive est relayée par de nombreux internautes, mais le point de vue contraire s’exprime, dans des proportions légèrement supérieures semble-t-il. Cet internaute chinois francophone, après avoir analysé les différentes unes» de «Charlie Hebdo», constate que les journalistes décédés avaient tout simplement «de la sympathie pour les faibles et criaient contre l’injustice, en utilisant leurs pinceaux pour donner le sourire aux gens». Cet autre juge qu’en débattant des limites de la liberté de la presse, on se trompe de question : il s’agit plutôt «de savoir limiter la colère et l’esprit de vengeance» des assaillants, avance-t-il.

    Il y a ceux, enfin, qui osent évoquer plus clairement le fond du débat dans le contexte chinois. Cela implique des formulations tout en doigté. Wuyue Sanren, par exemple, un commentateur respecté, précise bien qu’il ne parle que de religion avant d’écrire que «pour garder sa légitimité, il faut être capable de se confronter à tous les sarcasmes possibles». Cet autre internaute se fait plus explicite : «Faut-il se taire face aux menaces de mort ou continuer à avancer ? Cette question ne peut pas être posée face à l’Empire du Ciel», une façon délibérément pompeuse d’évoquer la Chine. Enfin, ce dernier ne cite aucun pays, mais ne trompe personne : «Les terroristes rêvent d’étouffer la liberté de la presse en massacrant les journalistes, mais le terrorisme d’Etat consiste à arrêter les journalistes et à bloquer les médias pour atteindre cet objectif. Dans les deux cas on étouffe la liberté.»


    En savoir plus sur: http://www.lesechos.fr/monde/chine/0204063648414-charlie-hebdo-en-chine-lepineuse-question-de-la-liberte-de-la-presse-1081342.php?U0yOY7rj2z81QSPU.99
  • La Chine interdit aux médias de citer les reportages des pigistes étrangers

    Le régime communiste chinois impose davantage de restrictions sur les médias nationaux. La semaine dernière, le régulateur des médias d’état a émis une nouvelle directive interdisant les agences d’informations d’utiliser des informations fournies par les médias ou les sites Internet étrangers sans permission. Il leur a aussi été demandé de ne pas diffuser les informations fournies par les pigistes, les ONG et les organisations commerciales sans vérification préalable.

    La mesure consiste à, je cite, "renforcer la gestion " et cesser la "diffusion d’informations nuisibles."

    [Guang Yuan, Ancien journaliste du Quotidien du Peuple] :
    « Il y a deux raisons à cela. D’abord, le Parti communiste n’a pas de contrôle sur les médias étrangers et le public peut accéder à beaucoup d’information en ligne. Ensuite, il veut contrôler sa propre presse écrite et ses sites Internet, exigeant qu’ils suivent les ordres et les directives centrales. A la base, il affirme, ne croyez pas les médias étrangers, croyez simplement dans le gouvernement. »

    L’interdiction pourrait lourdement impacter les medias chinois, puisque de nombreux journaux tirent leurs nouvelles à l’étranger à partir d’agence d’informations comme Reuters.

    [Jia Yuanlian, Directeur du site Internet Défense des vétérans de guerre] :
    « C’est l’époque d’Internet. Le public a le droit de savoir. Les médias ont le droit de rapporter. C’est une rue à double sens. Même en Chine continentale, personne ne peut bloquer l’information ou le droit du public à l’information, à moins que le régime coupe Internet. Je pense que cela amènera une grande secousse. »

    Reporters Sans Frontière, a condamné les nouvelles règles, les considérant comme, je cite, une « directive draconienne ». Dans une déclaration, Reporters Sans Frontière affirme que les autorités chinoises ont ciblé les médias étrangers, en particulier après avoir révélé les reportages sur les fortunes des dirigeants du Parti Communiste.

    Le site Internet de l’agence d’informations Bloomberg a été bloqué en juin 2012, après qu’il a publié une histoire sur la fortune détenue par la famille du dirigeant chinois, Xi Jinping. Plus récemment, des comptes e-mail des journalistes basés aux États-Unis, comme ceux de New York Times ont été piratés. Les signaux de Voice of America et les diffusions sur ondes courtes anglaises de la BBC ont aussi subi des brouillages en Chine.

    Tiré de: http://www.youtube.com/watch?v=6x03OQcrNQY&list=UUIWw8PPP5OPNkDCLBrG9zVA&index=7

  • L'avocate chinoise des Droits de l'homme Ni Yulan risque de nouveau la prison

    chine,ni yulan,avocate paralysée,avocate des droits de l'homme,gao zhisheng,liu xiaobo,journalistes,emprisonnementIl y a dix ans, Ni Yulan  avait été brutalement battue par des policiers et est restée handicapée à vie. Récemment, un tribunal l’a accusée, elle et son mari, d'avoir frappé les employés d’un hôtel, en réalité une prison secrète où la police les avait enfermés. Le couple a plaidé non coupable.

    Les médias étrangers n’ont pas été autorisés à assister au procès jeudi 29 décembre 2011. Un porte-parole a lu une déclaration préalablement préparée. Le Porte-parole, du tribunal du district de Xicheng, a lu: «Les défendants Ni Yulan et Dong Jiqin sont accusés d’avoir provoqué des troubles, d’avoir volontairement endommagé et volé les biens d'une société et d’avoir abusé à plusieurs reprises d’autres personnes».

    Ni Yulan n’a plus le droit d’exercer sa profession et elle a été envoyée deux fois en prison pour avoir défendu les droits de personnes illégalement expulsées de leurs domiciles. Cette fois, le tribunal n’a pas réussi à rendre de verdict. Mais la fille de Ni Yulan s'inquiète que sa mère puisse être condamnée plus tard à une peine de prison.

    Dong Xuan, fille de Ni Yulan, a déclaré:  «Oui, cela est très possible parce qu’elle avait été condamnée deux ans la dernière fois. Cette fois-ci, ils ont ajouté d’autres accusations, il est très probable qu’elle soit condamnée pour plus de trois ans».

    Condamner les dissidents pendant que les journalistes étrangers ont pris leurs vacances de Noël est devenu une tradition en Chine. Gao Zhisheng, le célèbre avocat des droits de l'homme, avait été condamné pour subversion trois jours avant Noël 2006. Le Prix Nobel Liu Xiaobo, un autre militant des droits de l'homme, avait aussi été condamné deux jours avant Noël, en 2009. Cette année, deux autres dissidents ont été lourdement condamnés à des peines respectives de 9 et 10 ans de prison, quelques jours avant le 25 décembre 2011.

    Tiré de:

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  • Journalistes emprisonnés en Chine - Asie à la Une


    « Asie à la Une » toute l'actualité du 15... par NTDFrancais

    Au tournant du 21ème siècle, il est devenu clair que le marché des médias en langue chinoise est de plus en plus dominé par des organes médiatiques contrôlés par les gouvernements étrangers. Cette prédominance est vivement ressentie par plusieurs communautés chinoises à travers le pays, qui partagent la même expérience d’avoir été persécutées en Chine et dont les faits ont été largement passés sous silence par les médias. La plupart des communautés chinoises outre-mer ont également vu une forte demande et la nécessité d’une source d’information fiable et non censurée sur la Chine et une plate-forme où la voix de ces communautés pourrait être entendue ; les gens voulaient avoir une alternative. En 2001, quelques hommes d’affaires ont eu l’idée d’une chaîne de télévision indépendante en langue chinoise et l’ont réalisée. Aujourd’hui, NTD est diffusée dans le monde entier, par satellite, cable, internet et en France en chinois par adsl chez Freebox, Neuf Box et Bouyges Telecom.

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  • La liberté de la presse écartée en Ecosse

    Tout le monde aime les pandas. L'arrivée d'un couple de pandas chinois au Royaume-Uni a attiré l'attention des médias. Mais,à Edimbourg, notre journaliste NTD s'est vu refuser l'accès à une conférence de presse. Pour lui, ces pandas cachent les intentions politiques du régime chinois.

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  • Nervosité du régime chinois et médias corrumpus

    Au tournant du 21ème siècle, il est devenu clair que le marché des médias en langue chinoise est de plus en plus dominé par des organes médiatiques contrôlés par les gouvernements étrangers. Cette prédominance est vivement ressentie par plusieurs communautés chinoises à travers le pays, qui partagent la même expérience d’avoir été persécutées en Chine et dont les faits ont été largement passés sous silence par les médias. La plupart des communautés chinoises outre-mer ont également vu une forte demande et la nécessité d’une source d’information fiable et non censurée sur la Chine et une plate-forme où la voix de ces communautés pourrait être entendue ; les gens voulaient avoir une alternative. En 2001, quelques hommes d’affaires ont eu l’idée d’une chaîne de télévision indépendante en langue chinoise et l’ont réalisée. Aujourd’hui, NTD est diffusée dans le monde entier, par satellite, cable, internet et en France par adsl chez Freebox, Neuf Box et Bouyges Telecom.

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  • «Les journalistes sont des employés de la propagande»

    journalistes de CCTV, propagande, chine, journalistes, CCTV, Télévision centrale de Chine, Xinhua, médias chinois, information, presse, journalisme, régime chinois«Certains journalistes de CCTV ne se considèrent pas comme des employés de la propagande du parti, ils se considèrent comme des journalistes professionnels. C'est une erreur fondamentale».

    Telles sont les paroles de Hu Zhanfan, le nouveau directeur de la Télévision centrale de Chine. Hu Zhanfan a pris ses fonctions il y a plus de deux semaines. Depuis, les internautes chinois ont diffusé plus de 10.000 fois les commentaires que Hu a prononcés au sujet de la chaîne officielle de l'Etat chinois.

    «Certaines personnes pensent que le fait  d’insister sur la nature du parti et le rôle de rapporteur de l'Etat joué par CCTV va influencer l’objectivité de ses reportages et la façon dont nous nous accordons aux règles du journalisme dans le traitement de nos sujets. C'est une grande erreur et un point de vue unilatéral».

    Ces commentaires ont été prononcés lors d’un évènement organisé par l’Association des Médias chinois en mai 2011 et publiés à cette époque par l'agence de presse officielle, Xinhua. Mais ce n'est qu'après que Hu Zhanfan ait pris ses fonctions de directeur de CCTV que les internautes ont compris l’importance de ses remarques.

    Un bloggeur a écrit: «Ceci avertit clairement le public: CCTV n'informe pas, CCTV fait de la propagande».

    Un autre a suggéré à l’Administration de la Presse et des Publications de «reprendre les cartes de presse des journalistes de CCTV et de leur fournir des cartes d’employés de la propagande.»

    Selon Gao Yu, une ancienne journaliste du Service des informations, Hu Zhanfan a été choisi pour sa volonté de coopérer avec le régime. Gao Yu, ancienne journaliste au Service des informations, a déclaré: «Le Département central de la Propagande indique aux directeurs des différents départements  comment agir et ils doivent agir de cette façon. Les critères de sélection des fonctionnaires sont: qui peut nous servir comme un outil obéissant? Qui pourra dire «Nos médias jouent leur rôle?» Ils choisiront ce genre de personne».

    Le régime chinois a commencé à engager son mouvement de «force persuasive» avec un budget de 5,3 milliards d'euros alloué au développement des médias officiels. CCTV prévoit d’ouvrir des studios en Amérique du Nord et en Afrique. Un immense panneau publicitaire de CCTV a récemment été placé sur Times Square à New York.

    Les commentaires de Hu Zhanfan éclairent le rôle joué par CCTV au XXIe siècle. Ils font écho au point de vue de Mao Zedong selon lequel les arts et les médias doivent être au service du parti communiste.

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Les-journalistes-sont-des-employes-de-la-propagande.html

  • Régime chinois, ils tuent pour des organes

    Conférence à l'Assemblée Nationale le 3 décembre 2009, présidée par Madame Françoise Hostalier, député et ancien ministre, en présence des chirurgiens transplanteurs Francis Navarro et Yves Chapuis de l'Académie de Médecine, d'Amnesty International et Ensemble Contre la Peine de Mort. Cette conférence était à l'initiative de la Coalition pour Enquêter sur la Persécution du Falun Gong*.
    Conférence à l'Assemblée Nationale le 3 décembre 2009, présidée par Madame Françoise Hostalier, député et ancien ministre, en présence des chirurgiens transplanteurs Francis Navarro et Yves Chapuis de l'Académie de Médecine, d'Amnesty International et Ensemble Contre la Peine de Mort. Cette conférence était à l'initiative de la Coalition pour Enquêter sur la Persécution du Falun Gong*.

    Lors d'une conférence à l’Assemblée Nationale de Paris le 3 décembre, présidée par la député et ancien ministre Françoise Hostalier, intitulée «Prélèvements meurtriers: assassinats des pratiquants de Falun Gong pour leurs organes», journalistes, défenseurs des droits de l’homme et chirurgiens transplanteurs ont partagé leurs analyses, arrivant à des conclusions sans concession.

    Avant de rentrer dans le vif du sujet de son dernier livre «Bloody Harvest» (Moisson macabre), l’ancien Secrétaire d’Etat canadien David Kilgour a pris soin de rappeler qu’il aime la Chine et est passionné des cultures asiatiques. En effet, comme toute personne qui «critique» la situation des droits de l’homme en Chine, il explique avoir été accusé par les autorités chinoises d’être «anti-Chine».

    Avec ses 340 camps de travaux forcés non soumis au système judiciaire, la Chine emprisonne 300.000 criminels présumés et des «ennemis d’Etat» sans s’embarrasser de procédures légales. Parmi ces prisonniers on trouve en masse des membres du mouvement bouddhiste Falun Gong; ils représenteraient, selon un rapport du gouvernement américain de 2007, la moitié de la population carcérale chinoise.

    Michel Wu, ancien Chef du service chine de Rfi, et David Kilgour.
    Michel Wu, ancien Chef du service chine de Rfi, et David Kilgour.

    David Kilgour explique avoir réuni 52 preuves qui convergent toutes vers la même conclusion: en Chine, l’armée et les hôpitaux militaires, parfaitement organisés sous l’autorité du Parti-Etat, exécutent des membres du Falun Gong pour profiter de leurs organes dans le cadre d’un commerce très lucratif.

    Parmi ces 52 preuves de la «moisson macabre» d’organes sur des pratiquants de Falun Gong, citées par David Kilgour:

    - dans les camps de travaux forcés (laogai), seuls les membres de Falun Gong sont soumis à des examens médicaux – dont on imagine bien qu’ils ne visent pas à leur bien-être si l’on considère les conditions sanitaires abominables qui règnent dans les camps chinois ;

    - depuis 2007 les exécutions de condamnés à mort, qui permettent les greffes d’organes depuis les années 90 en Chine, ont diminué or les greffes, elles, ont continué d'augmenter ; la seule question qui demeure : quel groupe de détenus sert de banque d’organes ? Selon les nombreux témoignages que David Kilgour a recueillis par téléphone en Chine, tout confirme que les pratiquants de Falun Gong sont une banque d’organes privilégiée par le régime chinois.

    Contrairement à ce que prétend le régime chinois, David Kilgour précise qu’il ne pratique pas lui-même le Falun Gong, tout comme Michel Wu, ancien chef du service Chine de Radio France International, qui intervenait à ses côtés à l’Assemblée Nationale. Les rapports sur les prélèvements d’organes à vif sur des pratiquants de Falun Gong que David Kilgour a produits avec son ami de longue date, David Matas, autre avocat des droits de l’homme engagé sur d’autres causes humanitaires internationales, sont donc bien des rapports indépendants.

    Professeur Francis Navarro, chef du service de chirurgie hépato-digestive et de transplantation au CHU de Montpellier.
    Professeur Francis Navarro, chef du service de chirurgie hépato-digestive et de transplantation au CHU de Montpellier.

    Michel Wu rappelle que le Parti communiste chinois rassemble à lui seul les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Cet ancien journaliste de l’agence de presse officielle chinoise Xinhua a fui la Chine au moment du massacre de Tiananmen, il a poursuivi sa carrière à la tête du Service Chine de Rfi, et explique que depuis 60 ans, «80 millions de Chinois innocents ont péri dans les campagnes politiques menées au nom de la dictature prolétarienne» et que cela continue de plus belle dans un système où pour les hauts responsables du Parti tous les moyens sont permis pour s’enrichir. «Quand les condamnés à mort ne peuvent plus satisfaire à la demande d’un marché [de greffes d’organes] florissant, tombent à point nommé les pratiquants de Falun Gong qui  sont ravalés au rang du paria, dont on peut disposer à sa guise parce qu’ils pratiquent une philosophie à l’opposé de la lutte de classes.»

    Le président de l’Association Falun Gong France, M. Alain Tong rappelle que récemment encore, des médias chinois ont révélé que deux militaires chinois avaient été promus à de hauts grades militaires pour s’être distingués dans la collecte des organes de membres du Falun Gong. Une preuve de plus selon lui que non seulement les meurtres pour prélever des organes ne sont pas punis par les autorités chinoises mais sont encouragés, et que le Falun Gong constitue bien une cible prioritaire officielle.

    Yves Chapuis de l’Académie de Médecine, ancien chirurgien et pionnier des greffes d’organes en France.
    Yves Chapuis de l’Académie de Médecine, ancien chirurgien et pionnier des greffes d’organes en France.

    «La société [de transplantation] britannique a été la première société à crier haut et fort que des agissements de la sorte et que la commercialisation des organes se faisait en Chine, que les Falun Gong en étaient les premières victimes» confirme le Professeur Navarro, du CHU de Montpellier. «Je suis heureux que vous ameniez toutes ces preuves car nos petites voix de médecins transplanteurs ne sont pas entendues car il y a d’autres problèmes qui viennent se greffer.»

    Le Professeur Navarro explique que, invité en Chine pour former des médecins chinois aux greffes d’organes, il a pu découvrir une réalité effrayante, qui l'a conduit à mener sa propre enquête. C'est ainsi que, alors qu'il se faisait passer pour un patient en attente de greffe, il a entendu la coordinatrice des transplantations d’un hôpital militaire dire: «Dépêchons-nous, il faut procéder à toutes les exécutions avant le Nouvel an chinois».

    De manière surprenante, le plus difficile n’est pas d’évaluer l’ampleur du crime en Chine mais de faire face aux résistances des médecins et des institutions occidentales. Lorsqu’en janvier 2007 le professeur Navarro** se préparait à répondre à une interview du magazine Marianne «Le Pr Navarro ne greffera pas en Chine», il a reçu un e-mail d’un ministère français l’exhortant à «ménager ses propos» et à respecter son «devoir de réserve» et des confrères l’ont durement critiqué pour ses positions.  Si le Professeur Navarro n’était pas étonné que dans un pays instable comme le Pakistan, où le trafic d’organes est orchestré par une mafia liée au pouvoir officiel, il ait dû risquer sa vie pour rapporter des preuves du commerce criminel des organes, il semble plus démuni face aux résistances de ses confrères français et d’institutions médicales françaises telles que la Société Française de Transplantation. «Nous avons l’impression de ne pas être écoutés» s’inquiète-t'il. Il a été un des premiers à dire haut et fort que le Falun Gong était la première victime de ce trafic macabre en Chine, découverte politiquement gênante dont l'enquête de David Kilgour prouve la réalité.

    Le Professeur Yves Chapuis, un des pionniers de la transplantation en France, confirme: «Je crois que s’agissant  des condamnés du Falun Gong, et d’autres prisonniers chinois, c’est vrai que pendant un certain temps, la communauté des transplanteurs a été, et la population, ont été sceptiques; maintenant je crois que la réalité est démontrée d’une façon éclatante, ce qui accentue encore l’angoisse que nous avons.»  Le professeur Chapuis, qui préside la Commission «Ethique et Droit» de l'Académie de Médecine, rappelle la complexité de la situation et sa dimension politique puisque de nombreux médecins français et jusqu'à de grands organismes de recherche comme l'INSERM collaborent avec des centres de transplantations en Chine. Sans compter qu' «un de nos présidents de la République, le précédent, est allé inaugurer un institut [de transplantation en Chine]; vous voyez donc cette espèce d’ambigüité extraordinaire dans laquelle nous nous trouvons.»

    La blogueuse Catherine Coste*** pense que les médecins et activistes des droits de l’homme qui cherchent à informer sur le sujet ne sont pas entendus car le trafic d’organes pratiqué dans certains pays tels que la Chine, le Pakistan, l’Iran ou l’Argentine, profite à certains médecins et institutions médicales en Occident.

    C'est pour toutes ces raisons que David Kilgour pense que l'on ne pourra endiguer le trafic d’organes qu'à l’aide d’une législation internationale semblable à celle relative au tourisme sexuel – en permettant de poursuivre un coupable présumé non seulement dans le pays du délit mais aussi dans son propre pays. Ce devrait être le prochain chantier législatif pour les députés français présents à la conférence.

    * Coalition pour Enquêter sur la Persécution du Falun Gong (CIPFG)
    ** pétition du Professeur Navarro qui a recueilli 400 signatures
    *** http://ethictransplantation.blogspot.com/

     

    Tiré de:

    http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Ils-tuent-pour-des-organes-mais-chut-ca-nous-arrange.html

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