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  • Une brèche dans le «Great Firewall» chinois

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    C’est vers 2011, que Li Huanjun, ancienne institutrice d’école primaire à Pékin, s’est mise à contourner les restrictions de l’Internet en Chine. Peu de temps après, elle se retrouvait sur le toit de sa maison, aspergée d’essence, son couteau de cuisine à la main, prête à en découdre avec les intrus envoyés par le régime.

    À l’image d’un grand nombre de Chinois, jusque-là, Li n’avait que faire de l’immense appareil de censure de son pays, ne s’occupant que de la bonne marche de ses propres affaires – avant de connaître, elle-même, l’expropriation et les démolitions forcées. Elle a dû s’informer et apprendre à combattre.

    Lorsqu’elle parle du logiciel, probablement le plus utilisé pour contourner le pare-feu du régime chinois, elle ne tarit pas d’éloges: «Freegate est tout simplement inestimable – nous en avons besoin pour apprendre ce qui se passe réellement en Chine». Un couple de «militants des droits de l’homme» (en réalité de simples citoyens chinois qui s’intéressent aux droits que leur propre constitution leur accorde) a aidé Li à télécharger l’outil anti-censure et à l’utiliser pour communiquer avec autrui.

    Dans un récent entretien téléphonique, elle confiait: «La première fois que j’ai découvert ce logiciel, je me suis dit: Wow! c’est magique! Je me suis rendu compte que tout ce qui passait sur la télévision centrale chinoise et sur les sites Web nationaux était faux. Et j’ai découvert beaucoup d’autres personnes qui avaient subi un traitement plus cruel que le mien».

    Les autorités chinoises détestent les personnes comme Li Huanjun.

    Internet, un jardin à l’accès fermé

    Dans son effort de faire de l’Internet chinois un jardin clos, le régime a refusé l’anonymat et imposé aux citoyens l’utilisation de leurs vrais noms lorsqu’ils se connectent à Internet. Le régime a en outre lancé une répression ciblant les réseaux privés virtuels, et poursuit avec acharnement quiconque dans le pays, ose résister aux politiques de Pékin.

    Le hic est qu’il y’a une fissure dans le mur, une faille que les autorités chinoises d’Internet n’arrivent pas à boucher: les technologies anti-blocage élaborées par un petit groupe d’entrepreneurs sino-américains des technologies, telles que Freegate et Ultrasurf.

    «Pour moi, ces entreprises illustrent parfaitement la grande histoire de David et Goliath», expliquait Michael Horowitz, ancien chercheur à l’institut Hudson qui s’est intéressé de très près au sort des deux entités anti-censure.

    «Jusqu’ici, avec peu d’argent, elles ont vaincu des milliards de dollars et des milliers de gens très habiles en Chine. C’est une question de survie pour la Chine – et ils s’y jettent à corps perdu».

    Freegate et Ultrasurf utilisent leurs propres protocoles d’anonymisation qui permettent aux utilisateurs en Chine d’accéder à l’Internet sans entrave – vous téléchargez un petit programme et l’Internet libre est à vous.

    L’anonymisation des données est un processus de destruction des traces, ou piste électronique, des données qui conduiraient un espion à la source. La piste électronique est l’information qu’on laisse derrière soit lorsqu’on envoie des données sur un réseau.

    Ces programmes informatiques sont un problème pour les autorités, car plus elles s’acharnent à les bloquer, et plus elles risquent de bloquer tout Internet, ce qu’elles veulent absolument éviter.

    La liberté en ligne est devenue une denrée très précieuse, pour preuve les récentes tentatives du régime chinois de créer son propre intranet.

    Une kyrielle de restrictions

    Depuis toujours, le Parti communiste chinois a cherché à contrôler l’accès à Internet et à bloquer les applications comme Tor (avec laquelle il y est arrivé) et Freegate. Pour nombre d’experts, les efforts du régime ces derniers mois sont renforcés avec un sentiment d’urgence.

    Début 2014, le Parti a relancé publiquement sa «cellule d’élite consacrée à la sécurité et à l’informatisation sur Internet», qui gère les hautes attentes de sa politique du net. L’objectif global de ce groupe est de stimuler l’industrie technologique locale en Chine et d’apporter une coopération plus étroite entre les différents départements de gestion et de contrôle de l’Internet chinois.

    Lire la suite de l'article sur: http://www.epochtimes.fr/front/15/2/18/n3510874/une-breche-dans-le-great-firewall-of-china.htm

  • Facebook flirte-t-il avec la Chine?

    Chine, Facebook, réseau sociaux, Mark Zuckerberg, mandarin, université chinoise, internet, censure

    Nous aurions probablement déjà du voir certains signes lorsqu’en octobre 2012, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, et sa nouvelle épouse sont apparus par accident dans un reportage de la télévision chinoise sur la police. Ou lorsqu’en octobre 2014, M. Zuckerberg s’est exprimé en mandarin au cours d’une séance de questions-réponses dans une université chinoise.

    Les signes étaient peut-être devenus encore plus clairs quand il a invité le responsable de la censure d’Internet en Chine et a commencé à distribuer la biographie du dirigeant chinois Xi Jinping dans les bureaux de Facebook en décembre 2014, ce qui  a été sévèrement condamné, y compris par les internautes en Chine. Ou lorsque Facebook a supprimé  le message d’un Tibétain au sujet des auto-immolations protestataires au Tibet, ce qui selon la presse spécialisée dans les nouvelles technologies, indique que Facebook utilise deux poids deux mesures pour déterminer le genre de messages à censurer. Facebook a également entièrement bloqué le compte d’un écrivain chinois vivant en Allemagne.

    Le désir du leader des réseaux sociaux de s’implanter en Chine n’est pas nouveau. Dès 2010 et 2011, Mark Zuckerberg a visité des entreprises de technologie Internet en Chine et s’est même entretenu avec le PDG de Sina. Des rumeurs ont circulé selon lesquelles Facebook cherchait à offrir ses services en Chine par le biais de Sina.

    Cela ne s’est jamais réalisé et probablement  pour une bonne raison: personne ne peut librement gérer un réseau social ouvert en Chine sans l’intervention des autorités. En Chine, Twitter est bloqué, LinkedIn a eu beaucoup de mauvaise presse pour avoir censuré du contenu à l’étranger afin d’entrer  sur le marché chinois, tandis que Google a quitté la Chine en 2010 suite au piratage de ses réseaux sécurisés par des hackers chinois.

    Facebook a donc de bonnes raisons de se lancer avec prudence. Cependant, il semble clair que son fondateur Mark Zuckerberg observe le marché chinois avec grand intérêt.

    La Chine offre en effet plus d’un milliard d’utilisateurs potentiels et plus de 600 millions sont déjà connectés à Internet. Mais la dernière chose dont ils ont besoin est un Internet encore plus censuré que celui dont ils ont souffert pendant plus d’une décennie.

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/15/2/5/n3510831/facebook-flirte-t-il-avec-la-chine-.htm

  • Alibaba perd 48 milliards de dollars au moment où les alliances politiques s’effritent

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    Alibaba, le conglomérat chinois œuvrant dans le commerce électronique qui a obtenu en septembre dernier le plus grand premier appel public à l’épargne (PAPE) de l’histoire des États-Unis, a subi pendant deux jours une suppression qui s’est soldée le 29 janvier en un retrait total de plus de 38 milliards de dollars US de ses capitaux sur le marché. Cette situation, survenue à la suite d’un rare désaccord public avec un régulateur chinois, est un signe que sa bonne fortune sur le plan politique pourrait avoir pris un nouveau tournant sous l’administration de Xi Jinping.

    Le coup touchant le cours des actions d’Alibaba correspond à des gains pires que ceux qui avaient été anticipés; en effet, une dispute entre une des plus grandes sociétés chinoises et le régime lui-même est sans contredit rare en Chine et a été suffisant pour effrayer les investisseurs.

    «Il est déconcertant pour les investisseurs d’entendre le gouvernement chinois dire à Alibaba que sa marchandise ne serait pas authentique sur son site Internet», explique Gil Luria, un analyste financier chez Wedbush Securities, dans une entrevue donnée à CNBC. «Je crois que c’est ce qui a ébranlé les investisseurs hier.»

    Il faisait référence au livre blanc publié le 28 janvier par l’Administration d’État de l’industrie et du commerce (AEIC), un des régulateurs principaux pour les sociétés chinoises cotées en bourse. Le bureau a fustigé Alibaba, l’accusant de commercialiser des biens issus de la contrefaçon ainsi que d’une série d’autres violations. Alibaba a répliqué de façon indéfectible et a menacé d’engager une poursuite pour diffamation contre Lui Hongliang, le chef du département de surveillance du AEIC qui a émis l’accusation.

    Liens politiques

    Les connexions entre le monde des affaires et le monde politique sont omniprésentes en Chine – plus spécialement entre les sociétés d’envergure et les PAPES importants. Alibaba, dont les revenus totaux culminent à 52,5 milliards de yuans (8,46 milliards de dollars US) pour l’année se terminant en mars 2014, est la firme de commerce électronique la plus importante en Chine – on la compare souvent à un hypothétique conglomérat qui serait formé de Ebay, Amazon et PayPal combinées en une seule énorme entité.

    Il est généralement reconnu que pour qu’une simple compagnie se retrouve dans cette position avantageuse en Chine, il lui faut être dans les bonnes grâces des bonnes personnes dans l’appareil du Parti.

    La controverse entourant ceci bien sûr est que les associations avec les mauvaises personnes peuvent occasionner de graves problèmes.

    Alors, quelles alliances avait faites Alibaba à l’intérieur du Parti communiste?

    Le petit-fils de l’ancien dirigeant du Parti communiste Jiang Zemin, Alvin Jiang (Jiang Zhicheng, en mandarin) et son entreprise d’investissements privés, Boyu Capital, était à la tête d’une ronde de financement en faveur d’Alibaba en 2012, pour rapatrier la moitié des actions de Yahoo dans la compagnie, actions qui à l’époque étaient à 40 % de leur valeur.

    Boyu et le consortium d’investissements duquel il faisait partie (y compris d’autres entités financières comme China Investment Corp) ont réuni plus de 7 milliards de dollars US dans cet accord pour finalement n’acquérir que 5,6 % des parts d’Alibaba, selon un reportage de Reuters sur le sujet, produit en 2014. 

    À cette époque, Alibaba valait autour de 40 milliards de dollars US, tandis que son PAPE par jour culminait à 230 milliards de dollars US – un gain de près de 600 % pour ses actionnaires.

    Jack Ma, le président d’Alibaba, a toujours été confiant de la solidité de ses relations avec les autorités chinoises, même s’il en minimise publiquement l’importance.

    Dans un discours donné à l’Université de Columbia en 2011, il recommandait aux dirigeants de Google de «respecter le gouvernement» s’ils veulent bien se développer en Chine. Plus tard, il faisait les louanges de la détermination du Parti communiste chinois lors des mises à pied en ajoutant «j’ai étudié longtemps le fonctionnement du Parti communiste. Alors, nous apprenons et nous nous améliorons constamment».

    Lors d’une entrevue donnée en 2013 au South China Morning Post, Jack Ma annonce que la décision de massacrer des étudiants autour de la place Tiananmen les 3 et 4 juin 1989 était «la décision la plus appropriée».

    Mauvaise faction

    Les observateurs de la politique chinoise verront des corrélations avec les problèmes expérimentés récemment par Alibaba malgré ses rapprochements de Jiang Zemin, un parrain du Parti qui, à l’aide d’un réseau d’alliés et d’hommes de main, a porté ombrage à la politique du pays pendant près d’une décennie après s’être officiellement retiré de la direction du Parti en 2002.

    Depuis qu’il est à la tête du Parti communiste chinois, Xi Jinping prend pour cible les alliés de Jiang dans sa campagne anticorruption qui dure depuis deux ans.

    Zhou Yongkang, ancien chef de la sécurité ayant été purgé récemment, par exemple, a longtemps été un allié de Jiang; tout comme Bo Xilai, ancien membre du Politburo et son coconspirateur dans l’acte de remplacer le statu quo procroissance par une espèce de violence néo-maoïste, qui croupit en ce moment en prison.

    Xu Caihou, l’ancien vice-président de la Commission militaire centrale – un poste qui a fait de lui le deuxième responsable militaire le plus puissant du pays – était lui aussi nommé par Jiang Zemin, et sa purge a envoyé une onde de choc à travers les milieux politiques de la Chine. Pour faire un parallèle avec le système américain, c’est un peu comme si le président Obama annonçait sans plus d’explications que Robert O. Work, le secrétaire adjoint à la Défense, avait été reconnu coupable de corruption et avait été retiré de ses fonctions le même jour et qu’on n’en avait plus jamais entendu parler.

    L’ampleur des liens qu’entretenaient Jack Ma et Alibaba avec le groupe politique de Jiang Zemin demeure imprécise – mais en même temps que Boyu fournissait une aide majeure pour ce qui est du financement, une filiale de Boyu, Athena China Limited, a laissé des traces sur le prospectus PAPE de la compagnie. Le document affirme que Athena China Limited, qui a été incorporée dans les îles Vierges britanniques, est contrôlée par Prosperous Wintersweet Limited, qui a également été incorporée dans les îles Vierges britanniques, et est également une filiale de Boyu Capital Fund I, L.P. – enregistrée dans les îles Cayman.     

    L’enchevêtrement abstrus de sociétés-écrans imbriquées les unes dans les autres rend les choses difficiles lorsqu’on veut comprendre qui possède quoi dans Alibaba.

    Ce qui est clair cependant c’est que les descendants de l’ancienne direction du Parti communiste étaient impliqués dans le jeu d’Alibaba.

    Lire la suite de l'article sur: http://www.epochtimes.fr/front/15/2/2/n3510811/alibaba-perd-milliards-de-dollars-au-moment-ou-les-alliances-politiques-seffritent.htm

  • La dernière apparition de Jiang Zemin censurée sur le web chinois

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    Jiang Zemin, ancien dirigeant suprême de la Chine, est connu pour savoir attirer l’attention des médias, lorsqu'il était au pouvoir aussi bien qu'après avoir quitté toutes ses fonctions. Récemment, il a été vu se promenant dans les montagnes accompagné de son fils et son petit-fils – une image de choix pour les médias politique chinois, mêlée, comme le sont souvent ces apparitions, d’une signification politique: «Bonjour – je suis toujours là», semblait vouloir dire cette apparition.

    Mais cette apparition n'a pas du tout été perçue dans ce sens et toutes les références à cet événement ont été rapidement effacées d’Internet. Une recherche sur Baidu, le plus grand moteur de recherche en Chine, des termes «La famille de Jiang gravit la crête de Dongshan à Hainan» rapporte des articles des principaux portails web chinois: Sina, Phoenix, Hexun, Sohu et autres. Mais les tentatives de visiter ces sites aboutissent à des pages supprimées.

    En Chine, où les apparitions d’anciens dirigeants dans la presse servent de négociations politiques, le fait que les reportages aient disparu en dit long : Jiang Zemin, qui a maintenu une énorme influence sur la politique chinoise pendant des années après sa retraite officielle en 2004, est de plus en plus politiquement marginalisé par Xi Jinping, l'actuel dirigeant de l’État.

    «L’apparition de Jiang Zemin […] est une tentative d'exhiber son statut et de démontrer qu’il possède encore une influence politique», a expliqué Xia Xiaoqiang, commentateur politique, lors d’un entretien: «C’est une mise au défi envers Xi Jinping.»

    Xia Xiaoqiang a souligné que les nombreux puissants responsables chinois écartés du pouvoir par le dirigeant du Parti Xi Jinping étaient associés à la faction politique de Jiang Zemin, comme Zhou Yongkang, l’ancien patron de la sécurité intérieure, ou encore Xu Caihou, haut gradé de l'armée chinoise.

    «Son apparition indique que la lutte s’est intensifiée et se poursuit en plein jour – cela pourrait obliger Xi Jinping à entreprendre des actions plus manifestes contre Jiang Zemin et sa faction», a précisé Xia Xiaoqiang. Mais l’incapacité de Jiang Zemin à apparaître dans les médias démontre aussi une perte d’influence, a conclu le commentateur politique.  

    Le moment de la promenade de Jiang Zemin dans les montagnes devrait aussi attirer l'attention. Cet événement survient à peine quelques jours après une bousculade meurtrière qui a fait une trentaine de morts à Shanghai, la ville bastion de l’ancien dirigeant. Jiang Zemin y a exercé pendant de nombreuses années comme haut responsable et son réseau officieux, célèbre pour son népotisme, est connu du public comme la faction de Shanghai. 

    Le maire de Shanghai et le secrétaire du Parti de la ville, tous deux fidèles à Jiang Zemin, ont été placés en examen après l'incident mortel. Le public a été frustré par le manque d’explications claires et complètes sur la façon dont autant de personnes ont trouvé la mort dans la bousculade. L'opinion publique a fustigé les autorités locales pour leur incompétence. Certains ont même demandé le départ du secrétaire du Parti Han Zheng et du maire Yang Xiong. Même Xinhua, l'agence de presse officielle du Parti, a publié un article accusant les autorités de Shanghai d'avoir échoué à empêcher le désastre. Les familles des victimes sont restées agenouillées durant des heures devant les hôpitaux, pleurant et suppliant de les laisser voir les corps de leurs proches décédés.

    Jiang Zemin, balayant des yeux le paysage depuis la crête du Dongshan, semblait insensible à toutes ces inquiétudes. Alors qu’il admirait la vue, il aurait dit à Luo Baiming, secrétaire du Parti de Hainan: «Un paysage si magnifique à Hainan doit être rendu public avec enthousiasme. Lorsque je rentrerai à Pékin, je parlerai en votre faveur pour vous tous.» Les articles, avant d'être effacés, montraient une photo de Jiang Zemin, âgé de 88 ans, chancelant dans une pagode, soutenus par deux hommes.

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/15/1/9/n3510699/la-derniere-apparition-de-jiang-zemin-censuree-sur-le-web-chinois-.htm

  • Des QR codes imprimés sur des billets de banques pour contourner le «grand pare-feu» de l’Internet en Chine

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    Alors qu’elle faisait ses courses dans un supermarché de Wuhan, Mme Wu a reçu sa monnaie sous forme de quatre billets d’un yuan, chacun d’eux portant des symboles qu’elle n’avait jamais vus auparavant.


    En-dessous d’un carré blanc et noir de points pixelisés – qui avait visiblement été estampillé sur les billets, se trouvaient les mots: «Scannez et téléchargez le logiciel pour contourner le pare-feu Internet»


    Mme Wu a porté ces billets à la rédaction du Wuhan Evening News et cette histoire s’est répandue dans tout le pays. Même le journal People’s Daily, porte-parole du Parti communiste, a posté l’histoire sur son site.


    Dans des commentaires en réaction à cette information et dans les remarques formulées sur Sina Weibo, une plate-forme populaire de microblogging en Chine, les internautes annonçaient qu’ils avaient aussi vu des billets portant des QR codes.


    Les codes

    Les QR codes peuvent être scannés par des appareils portables comme le fait un scanneur de code-barres dans un supermarché. Ils transfèrent automatiquement l’usager vers un site. Dans le cas présent, le code ouvre un lien court sur Google qui redirige vers un lien distant du site web Amazon, d’où peut être téléchargé le dossier du logiciel.


    Les QR codes n’ont rien d’inhabituel, pas plus que les efforts pour contourner le blocage de l’Internet en Chine, mais les internautes chinois étaient fascinés par la façon dont cela s’est propagée dans les médias à travers tout le pays: c’est un aveu qu’il existe un pare-feu Internet en Chine et qu’il y a des moyens établis de le contourner.


    Le plus curieux de tout peut-être est l’identité des individus qui ont imprimé les QR codes sur ces billets. Bien qu’il n’y ait aucun moyen de prouver qui sont en réalité les responsables, transmettre des messages sur des billets de banque est une tactique utilisée depuis longtemps par les pratiquants de Falun Gong, une discipline spirituelle traditionnelle qui est persécutée en Chine continentale depuis 1999.


    Répondre à un besoin

    N’importe qui, en fait, peut télécharger les QR codes à partir du site dongtaiwang.com, qui appartient à Dynamic Internet Technology, une entreprise qui produit le logiciel de contournement Freegate.


    Habituellement, un site hébergeant un logiciel anti-censure se verrait lui-même censuré. Mais Bill Xia, le président de Dynamic Internet Technology, a expliqué dans une interview téléphonique qu’il existe des façons de déguiser l’URL au moment du scannage pour que les utilisateurs puissent quand même accéder à la page et télécharger le logiciel sur leurs smartphones. Si les autorités chinoises voulaient bloquer ces liens, il leur faudrait sans doute couper tout accès aux services Internet d’Amazon, où les dossiers sont stockés. Toutefois, bloquer Amazon en Chine pourrait avoir de sérieuses répercussions dans le secteur des affaires.


    Bill Xia a précisé que pour l’instant, ce système fonctionne seulement sur les systèmes opératoires Android et PC. «Nous avons trouvé intéressante cette utilisation des QR codes,» a-t-il poursuivi. «Nous avons reçu des retours de Chine, des suggestions d’utilisateurs nous demandant de fournir des QR codes qui puissent être distribués en Chine. Il est intéressant de voir ce qui est en train de se passer et que l'information se diffuse largement.»


    Les reportages en Chine ne mentionnaient pas que des pratiquants de Falun Gong pourraient être derrière ces marques sur les billets. Ils identifiaient plutôt le code comme une «publicité» et avertissaient les lecteurs de «ne jamais tenter de les scanner».


    Mais les internautes ne s’en sont pas laissé conter. Beaucoup d’entre eux ont partagé leur opinion dans la section des commentaires de sites populaires. «Je vois souvent des messages de Falun Dafa [imprimés sur les billets],» a écrit l’internaute yubos1. Un autre a commenté: «Quiconque a vu un de ces billets d’un yuan avec des caractères imprimés dessus comprendra de quoi il s’agit.»


    Un autre utilisateur, woaixuneng520, a écrit: «J’ai essayé de le scanner. Ma foi! Je peux enfin regarder YouTube.»


    Certains étaient déçus par les photos floutées des billets à codes publiées dans les journaux. «Le journaliste ne pourrait-il pas pas prendre une photo plus claire? J’ai dû scanner mon écran pendant tellement longtemps», a confié un utilisateur.


    «C’est si utile,» a écrit Qingwenwoding. «C’est seulement quand on a franchi le pare-feu qu’on voit la Chine clairement».


    Les auteurs du timbre

    Peu après le début de la persécution du Falun Gong en 1999, les pratiquants de la discipline ont commencé à utiliser différents moyens non-violents pour informer les Chinois. Le régime a tenté de bloquer l’accès à toute information indépendante sur la pratique et sa persécution, en répandant en même temps sa propagande anti-Falun Gong pour justifier ses actions. Les QR codes imprimés sur les billets de banque ou affichés sur des poteaux de téléphone dans la rue sont la nouvelle étape de cette stratégie.


    Hu Ping, l’éditeur en chef du Beijing Spring, un magazine pro-démocratie, a souligné dans une interview téléphonique: «Nous savons tous que le Falun Gong a beaucoup contribué au développement de logiciels de contournement, ce qui a aidé à percer le blocage d'Internet. Les récents reportages, en particulier dans les médias officiels, vont manifestement promouvoir l’image du Falun Gong en Chine.»


    Hu Ping a ajouté que la persécution de la discipline est un sujet hautement controversé même au sein du Parti communiste. De plus, la persécution a été instiguée par les ennemis politiques de l’actuel dirigeant Xi Jinping. L’apparition de ces reportages pourrait donc servir d’avertissement adressé à la faction incluant Zhou Yongkang, l'ancien patron de la sécurité publique, et Jiang Zemin, l’ancien dirigeant du régime: «Ne pensez même pas à revenir sur la scène politique.»

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/14/1/24/n3509307.htm

  • La censure de l’Internet est une industrie lucrative en Chine

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    Photo tirée de: La censure chinoise, comment çà marche ?

    Tomber sur le message «cette page ne peut pas être affichée» est chose courante pour les internautes chinois qui naviguent sur Internet. Cela signifie souvent que le contenu a été supprimé par la censure d’Internet. Cette pratique est connue sous l’appellation «suppression de messages» et un récent compte rendu interne a révélé à quel point l’industrie de la suppression est florissante.

    Selon un rapport publié le 18 février dans le Century Weekly de Pékin, comme la plupart des choses qui se passent en Chine, la pratique équivoque de la suppression des messages touche à la fois le monde des affaires et la bureaucratie. Elle est contrôlée par des compagnies de relations publiques, des gérants de sites et des fonctionnaires du Parti en charge de la surveillance de l’Internet.

    Aussi connu sous le nom de «compagnies de la crise pour les relations publiques sur Internet» les sociétés  de «suppression de messages» servent aussi bien les entreprises privées que les fonctionnaires. Une de ces sociétés, la Beijing Qihang Internet Public Relations, explique sur son site que certains messages en ligne doivent être supprimés parce que «de nombreuses entreprises bien connues dépensent de grosses sommes pour créer leur image de marque. Si elles ne font rien pour supprimer les articles négatifs, elles pourraient faire face à une crise fatale».

    La Beijing Qihang est en mesure de supprimer tout article que l’on peut trouver en utilisant Baidu, le moteur de recherche le plus important en Chine, ainsi que des captures d’écran des pages dérangeantes mises en mémoire-cache stockées sur les serveurs de Baidu.

    Selon le Century Weekly, le coût de la suppression d’un article peut s’élever à quelques dizaines de milliers  de yuans (1.236 eurso), tandis que le blocage d’un terme de recherche peut coûter jusqu’à 1 million de yuans (123.491 euros).

    Toutefois, en tenant compte que de nombreux internautes anonymes se servent  maintenant d’Internet pour signaler les actes de corruption, les fonctionnaires chinois sont devenus les principaux clients de ces entreprises de censure.

    La société de nettoyage Internet Yage Time Advertising a avoué dans un rapport que 60% de ses revenus provenaient de fonctionnaires de petites et moyennes villes, la plupart étant des chefs de police et des gouverneurs de cantons.

    Gu Tengda, le fondateur de Yage Time aurait dit à ses vendeurs au cours d’une session de formation: «Chacune de vos transactions commerciales devraient valoir au moins 500.000 yuans (61.808 euros)». Un ancien haut responsable a révélé que la compagnie avait réalisé un profit de 50 millions de yuans (6.180 839 euros) en 2011.

    M. Zhang, un employé d’une entreprise dans le même secteur, la 306 Internet Brand Consulting, a déclaré lors d’un entretien avec le Chinese International Business Times que cette compagnie  offre à ses clients des services à long terme. Comme il l’a expliqué: «Les prix dépendent de la difficulté du travail. Ce n’est pas difficile de supprimer les informations sur la plupart des sites d’information, mais la suppression d’information ou de messages sur des sites ou des forums financiers coûte souvent plus cher. Nous offrons également le  service pour modifier le contenu des informations originales et mettre une information positive sur nos clients».

    Selon M. Zhang, l’industrie de «suppression de messages» a commencé à prospérer en 2007 et a  atteint son sommet en 2010, mais connaît maintenant un ralentissement. «Cette industrie est toujours rentable. Elle est vraiment lucrative dans les grandes villes comme Pékin, Shanghai, Shenzhen et Guangzhou. Cependant, son marché est également prometteur dans les villes petites et moyennes.»

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/13/3/4/n3507990.htm

  • La Chine interdit aux médias de citer les reportages des pigistes étrangers

    Le régime communiste chinois impose davantage de restrictions sur les médias nationaux. La semaine dernière, le régulateur des médias d’état a émis une nouvelle directive interdisant les agences d’informations d’utiliser des informations fournies par les médias ou les sites Internet étrangers sans permission. Il leur a aussi été demandé de ne pas diffuser les informations fournies par les pigistes, les ONG et les organisations commerciales sans vérification préalable.

    La mesure consiste à, je cite, "renforcer la gestion " et cesser la "diffusion d’informations nuisibles."

    [Guang Yuan, Ancien journaliste du Quotidien du Peuple] :
    « Il y a deux raisons à cela. D’abord, le Parti communiste n’a pas de contrôle sur les médias étrangers et le public peut accéder à beaucoup d’information en ligne. Ensuite, il veut contrôler sa propre presse écrite et ses sites Internet, exigeant qu’ils suivent les ordres et les directives centrales. A la base, il affirme, ne croyez pas les médias étrangers, croyez simplement dans le gouvernement. »

    L’interdiction pourrait lourdement impacter les medias chinois, puisque de nombreux journaux tirent leurs nouvelles à l’étranger à partir d’agence d’informations comme Reuters.

    [Jia Yuanlian, Directeur du site Internet Défense des vétérans de guerre] :
    « C’est l’époque d’Internet. Le public a le droit de savoir. Les médias ont le droit de rapporter. C’est une rue à double sens. Même en Chine continentale, personne ne peut bloquer l’information ou le droit du public à l’information, à moins que le régime coupe Internet. Je pense que cela amènera une grande secousse. »

    Reporters Sans Frontière, a condamné les nouvelles règles, les considérant comme, je cite, une « directive draconienne ». Dans une déclaration, Reporters Sans Frontière affirme que les autorités chinoises ont ciblé les médias étrangers, en particulier après avoir révélé les reportages sur les fortunes des dirigeants du Parti Communiste.

    Le site Internet de l’agence d’informations Bloomberg a été bloqué en juin 2012, après qu’il a publié une histoire sur la fortune détenue par la famille du dirigeant chinois, Xi Jinping. Plus récemment, des comptes e-mail des journalistes basés aux États-Unis, comme ceux de New York Times ont été piratés. Les signaux de Voice of America et les diffusions sur ondes courtes anglaises de la BBC ont aussi subi des brouillages en Chine.

    Tiré de: http://www.youtube.com/watch?v=6x03OQcrNQY&list=UUIWw8PPP5OPNkDCLBrG9zVA&index=7

  • Après la purge de Bo Xilai, la recherche sur l’Internet du terme «prélèvement d’organes» a tout à coup été autorisée

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    Le Parti communiste chinois applique un régime de censure de l’Internet tellement strict que lorsqu’il y a un trou – en particulier un grand trou, évident et béant – les observateurs sont enclins à conclure qu’il doit être laissé délibérément.

    Ainsi, peu de temps après le 28 septembre 2012, où il avait été annoncé que Bo Xilai, le fonctionnaire expulsé du Politburo, avait été aussi exclu du Parti, et que la recherche de termes politiquement sensibles tels que «prélèvements à vif» et «prélèvements meurtriers» avait été autorisée sur plusieurs sites populaires, les analystes ont essayé de comprendre ce que cela signifiait.

    Ethan Gutmann, un chercheur et auteur de nombreux ouvrages sur les pratiques abusives de transplantation d’organes en Chine, avait écrit dans un courriel: «Je pense que très peu de gens savent réellement ce que cela signifie».

    Il est tentant d’imaginer que cela suggère que quelqu’un au sommet du Parti envoyait un message à la ligne dure et aux partisans cachés de Bo, quelque chose du genre «Nous aurions pu aller beaucoup, beaucoup plus loin dans les accusations contre Bo. Donc, nous lui faisons une faveur. Eloignez-vous. Oubliez tout cela. C’est Chinatown». La dernière phrase est tirée du film Chinatown de Roman Polanski en 1974, signifiant d’une certaine manière que de graves injustices restent parfois impunies.

    Deux grandes plateformes Sina Weibo et Tencent Weibo (weibo signifie «microblog» en chinois), avaient levé l’interdiction sur les recherches associées aux prélèvements d’organes. Des articles dans l’édition chinoise d’Epoch Times relatant des témoignages récents à ce sujet au Conseil des droits de l’homme des Nations Unis avaient été diffusés par des internautes chinois en utilisant ces mots clés.

    Les termes qui ont été débloqués comme «prélèvements à vif» sont presque exclusivement utilisés en référence aux allégations de prélèvements d’organes sur des prisonniers de conscience, le plus souvent des pratiquants de Falun Gong.

    Une séquence d’événements semblable a eu lieu au mois de mars 2012, après la fuite de Wang Lijun au consulat américain de Chengdu. On pensait qu’il avait révélé aux fonctionnaires américains son implication dans les prélèvements d’organes dans le nord-est de la Chine.

    Entre 2003 et 2008, Wang était le chef de la sécurité dans la ville de Jinzhou et dirigeait un laboratoire médical rattaché au Bureau de la sécurité publique qui se focalisait sur la recherche dans le domaine de transplantation d’organes.

    Dans son discours lors d’une remise d’un prix qui a été mis en ligne, Wang a reconnu avoir participé à des «milliers» d’opérations de transplantations effectuées sur place. Compte tenu du contexte de ses remarques, les analystes sont parvenus aux conclusions provisoires que la plupart des transplantations avaient été effectuées tandis que les victimes étaient toujours en vie et que la plupart des victimes étaient probablement des pratiquants de la discipline spirituelle du Falun Gong, une pratique populaire traditionnelle qui est persécutée depuis 1999 en Chine.

    Les analystes partageaient l’avis que les hauts dirigeants du Parti étaient au courant des crimes de Wang et qu’en médiatisant l’information sur son implication dans ces crimes, ils essayaient d’une certaine façon d’épargner la participation dans son ensemble du Parti communiste.

    Les microblogs Sina et Tencent ont également levé l’interdiction sur les noms de Bo Xilai, Gu Kailai et Wang Lijun. Gu Kailai est l’épouse de Bo, elle a été récemment condamnée à la peine de mort avec sursis pour le meurtre de l’homme d’affaire britannique Neil Heywood.

    Ce changement, bien que subtil de la censure, a suscité des discussions et des réflexions parmi les internautes.

    Un utilisateur a écrit: «Ces crimes odieux sont déjà connus dans la société internationale mais peu de gens sont au courant en Chine où l’information est fortement bloquée. Les instigateurs sont les gauchistes les plus extrêmes et pervers. Ils doivent être tenus responsables et condamnés!» Le terme «gauchiste» fait référence aux purs et durs du Parti.

    Un utilisateur de Tent-cent a écrit: «Les prélèvements d’organes touchent probablement un nerf sensible du Parti pervers, alors ils n’osent pas en parler».

    Un autre utilisateur a écrit: «Le gouverneur B (Bo Xilai) a commis des crimes de prélèvements d’organes à vif et la fabrication de spécimens humains. Ses crimes contre l’humanité, quand seront-ils réglés?»

    Un autre a écrit: «Ils n’osent pas faire connaître aux gens le prélèvement d’organes à vif et la vente d’organes car ils périraient une fois que cela sera connu.»

    Lin Zixu, un analyste de la politique chinoise, a déclaré lors d’une interview à Son de l’espoir, une radio en langue chinoise installée hors de la Chine: «Tout le monde est au courant que le Parti communiste est très prudent par rapport à chaque déclaration concernant Bo Xilai, parce que c’est un sujet extrêmement sensible. Ils font attention à chaque signe de ponctuation».

    Il a dit que beaucoup de gens à l’intérieur de la Chine, y compris les dirigeants du Parti, sont déjà au courant de l’implication de Bo et Wang dans les prélèvements d’organes. «Ces gens du Parti qui n’étaient pas impliqués savent que tôt au tard cette affaire explosera et qu’ils devront dire qu’ils étaient en train d’enquêter pendant tout ce temps pour pouvoir mettre la responsabilité sur Bo Xilai et les autres.»

    Lin a poursuivi: «Mais maintenant tout le monde sait aussi que la raison fondamentale pour que cela se soit produit en premier lieu était due au système du Parti communiste».


    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/13/4/28/n3508275.htm

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