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incendie de la cctv

  • La propagande chinoise ridiculisée par les chinois

    Les internautes chinois ridiculisent la télévision nationale. Les blagues fusent sur le Web chinois pour se moquer de la censure qui a voulu occulter l'incendie d'une tour à Pékin.

     

    Les autorités chinoises n'ont pas réussi à empêcher 20 millions de Pékinois de filmer l'incendie du Mandarin Oriental Hotel.
    Les autorités chinoises n'ont pas réussi à empêcher 20 millions de Pékinois de filmer l'incendie du Mandarin Oriental Hotel. Crédits photo : AP

    Il est rare que la propagande d'État en Chine se mette dans la position d'être ridiculisée par les 1,3 milliard de téléspectateurs de l'empire du Milieu. Mais l'incendie du chantier d'un immeuble de 29 étages, provoqué lundi soir par une fusée de feux d'artifice tirée depuis le siège de la télévision chinoise (la CCTV), et dont cette télé n'a ensuite soufflé mot, ridiculise le gouvernement chinois et sa censure.

    Car 20 millions de Pékinois ont pu filmer en direct ce brasier, en plein cœur de la capitale, qui a coûté la vie à un pompier et en a blessé six autres, sans compter les centaines de millions de yuans partis en fumée.

    Les causes de cet accident ? Des employés de la CCTV avaient fêté le dernier jour de l'année lunaire en tirant des feux d'artifice, en toute illégalité. L'une des fusées était tombée sur le toit de l'immeuble voisin en construction, qui de­vait héberger un grand hôtel de luxe, un studio de télévision et un centre technique, signé par l'architecte néerlandais Rem Koolhaas. L'un de ces totems de la modernité chinoise dont le gouvernement de Pékin a parsemé la capitale. Cela donc à deux pas de la magnifique tour CCTV, haute de 234 mètres, conçue par le même architecte…

    Les Chinois ont eu mercredi l'illustration du processus systématique de désinformation dont ils sont quotidiennement l'objet : mardi matin, CCTV s'excusait pour cet accident, regrettant «les dommages importants que l'incendie a infligés aux propriétés du pays». Mais on ne trouvait pas d'images du sinistre à la une des quotidiens (tous soumis à la censure du Parti communiste chinois), sur les sites d'Internet (filtrés par la même censure) ou sur les petits écrans. Dès mardi soir, l'affaire avait été gommée par l'agence Chine nouvelle. Et bien sûr par CCTV, chargée de lancer prochainement une chaîne d'information continue internationale, une CNN à la chinoise…

     

    «Médias du peuple»

    Comme les Chinois ont un grand sens de l'humour et adorent se moquer de leurs dirigeants, les internautes ont fait circuler des images de l'incendie - et de la fusée CCTV qui l'avait provoqué - sur leurs ordinateurs et leurs téléphones mobiles. Wang Xiaofeng, un blogueur, commentait : «Les em­ployés de la CCTV ont accidentellement créé l'un des événements majeurs de l'année, mais ils n'ont pas su en parler. Ils n'ont pas senti l'urgence de rapporter ces événements, alors qu'ils se déroulaient sous leurs yeux… Les médias officiels ont été battus par les médias du peuple.»

    C'est ainsi que les malheureux censeurs d'Internet en Chine (ils sont 40 000) ont beaucoup de travail pour effacer de la Toile tous ces commentaires désobligeants. Car, de toute évidence, la censure en Chine n'apprécie pas l'information de proximité. Elle reste en retard d'un quart de siècle sur une population beaucoup plus mature qu'elle. Et sur des milliards de SMS rigolards, impossibles à sanctionner…

    Le Figaro

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