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gestapo chinoise

  • Lettre ouverte de Gao Zhisheng à Hu Jintao et Wen Jiabao

    Voici en intégralité la 3ième lettre ouverte écrite par l'avocat Gao Zhisheng à Hu Jintao et Wen Jiabao en 2005. A la suite de cette lettre, il a été kidnappé par la police du régime et a subi les tortures qu'il décrit dans cette lettre. Nous sommes toujours sans nouvelle de lui. Un texte indispensable pour comprendre en profondeur la situation des droits de l'homme en Chine. Une véritable catastrophe humanitaire. - Attention pour public averti -

     

     

    Nous devons immédiatement faire cesser la brutalité qui suffoque la conscience et la moralité de notre nation

    A Hu Jintao, Wen Jiabao, et à tous mes concitoyens chinois dotés de conscience

     

    Je vous envoie mes salutations depuis la ville de Changchun.

    Laissez-moi avant tout exprimer mon profond chagrin pour les citoyens chinois innocents qui ont été tués par le gouvernement de Guangdong, et mes condoléances et mon soutien aux familles des victimes. J’aimerais aussi exprimer mes plus vives protestations contre ces brutalités meurtrières envers nos bons compatriotes. J’invite instamment les plus hautes autorités à suivre les principes reconnus par les sociétés civiles, à punir les meurtriers et ceux qui sont responsables, et à réconforter et offrir compensation aux familles des victimes [1].

    L’hiver à Changchun est extrêmement froid. Bien que "caché" dans une chambre où la plupart du temps il n’y a pas d’eau, mon sang bouillonne. Non du fait d’avoir à écrire une lettre ouverte à Hu et Wen, mais plutôt que pouvoir travailler pour le futur d’un des plus grands peuples du monde suffirait à faire bouillonner le sang de n’importe quel citoyen ordinaire.

    Le 18 octobre, avec un enthousiasme tout aussi bouillonnant, j’ai écrit une lettre ouverte à Hu Jintao et à Wen Jiabao, deux de mes compatriotes, invitant instamment leur gouvernement à "cesser de persécuter ceux qui croient en la liberté et à renouer avec le peuple chinois". Le jour suivant, j’ai reçu chez moi des menaces téléphoniques non voilées. Trois jours plus tard, au moins dix voitures de police et 20 policiers en civil ont commencé à encercler, surveiller, et suivre toute ma famille 24 heures sur 24. Quinze jours après avoir écrit la lettre, le Bureau judiciaire de Pékin a illégalement fermé mon cabinet d’avocats. La manière dont notre pays traite un citoyen qui fait ouvertement des suggestions est tout à fait regrettable.

    Une autre réaction suscitée par la lettre ouverte est que des pratiquants de Falun Gong de différentes provinces de Chine qui ont été persécutés, m’ont écrit et invité dans leur région pour m’en apprendre plus sur leur situation réelle. Ces lettres venaient en grande partie des villes de Changchun et de Dalian. Depuis le 29 novembre, j’ai passé presque 24 heures quotidiennes à voyager continuellement entre les villes de Jinan, dans la province du Shandong, de Dalian et de Fuxin, dans la province du Liaoning, et la ville de Changchun, dans la province de Jilin, pour y mener une nouvelle série d’enquêtes. A la différence de mon habitude de voyager seul, j’avais l’honneur d’être accompagné par le Professeur Jiao Guobiao [2].

    Pendant ce temps des flopées de policier en civil continuaient à roder autour de ma maison nuit et jour créant une atmosphère de terreur et réprimant sérieusement toute ma famille. Le 29 novembre, j’ai échappé à la filature de plus de 20 policiers en civil et ai passé 15 jours à enquêter à ma façon sur les faits. J’en profite pour dire tout spécialement ici que nous faisons de notre mieux pour dire la vérité sur la façon dont cette nation est continuellement et brutalement persécutée, en particulier actuellement. Nous entendons aussi rappeler à tous la gravité et l’urgence des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il est temps pour notre nation et pour chacun d’entre nous de faire sérieusement face à nos problèmes. Toute excuse ou retard revient à commettre un crime envers la nation toute entière !

    Dans cette lettre, je n’éviterai aucun des problèmes réels que j’ai constatés, même si je devais être immédiatement arrêté lorsqu'elle sera publiée. Les 15 jours d’enquête m’ont encore une fois montré la douloureuse réalité. Le Bureau "6-10" est – du moins il peut être appelé – un gang existant au sein du pouvoir politique de la nation, et pourtant au-dessus du pouvoir politique. C’est un gang qui peut contrôler et réguler toutes les ressources politiques. Bien que ce soit une organisation existant en dehors de la constitution et des règles qui structurent le pouvoir du pays, le Bureau "6-10" utilise de nombreux pouvoirs supposés être utilisés par les agences gouvernementales nationales, et même de nombreux pouvoirs qui dépassent ceux des agences gouvernementales nationales. Il utilise des pouvoirs qui n’appartiennent et n’ont jamais appartenu à la nation depuis le début de la civilisation politique de l’espèce humaine sur cette terre.

    Nous pouvons voir que le pouvoir symbolisé par le nombre 610 continue à “interagir” avec le public à travers des moyens tels que le meurtre du corps physique et de l’esprit d’une personne, les fers, les chaînes, les tortures à l’électricité, et les "bancs du tigre" [3]. La nature de ce pouvoir est devenue celle d’un gang criminel. Il continue à torturer nos mères, nos sœurs, nos enfants, et notre nation toute entière. M. Hu et M. Wen en tant que membres de notre nation occupant des positions particulières en ce moment et que la majorité du public perçoit comme étant dotés de conscience, devraient faire face à toutes ces choses avec nous tous.

    C’est avec un cœur qui tremble et un stylo qui tremble que j’écris les tragiques expériences de ceux qui ont été persécutés ces six dernières années. Parmi les récits véridiques de l’incroyable brutalité, parmi les dossiers de torture inhumaine infligée par le gouvernement à sa propre population, les actes immoraux qui m’ont le plus abasourdi ont été les pratiques obscènes et pourtant routinières du personnel du Bureau 610 et de la police, consistant à s'en prendre aux organes génitaux des femmes. Dans la persécution, les organes génitaux et les seins de presque chaque femme et l’appareil génital de chaque homme ont subi des sévices sexuels de la manière la plus vulgaire qui soit. Presque chaque personne ayant été persécutée, que ce soit un homme ou une femme, a été d’abord complètement déshabillée avant n’importe quelle torture. Il n’y a pas de langage ni de mots pour décrire ou re-créer la vulgarité et l’immoralité de notre gouvernement à cet égard. Qui, ayant un corps tiède, pourrait se permettre de demeurer silencieux face à de telles vérités ?

    A 4h20 le 28 octobre 2005, Mme Wang Shouhui (mère) et M. Liu Boyang (fils) de la ville de Changchun ont été suivis par le personnel du 610 et ont été illégalement arrêtés. Tous les deux ont été brutalement torturés par la police. A environ 20h, Liu Boyang, 28 ans est mort de la torture. A peu près dix jours plus tard, sa mère a elle aussi été torturée à mort. Les corps des malheureux sont encore aux mains des fonctionnaires du 610. Après la mort de Liu, les fonctionnaires du 610 ont mis trois jours pour informer son père, tandis que l’heure de la mort de Mme Wang demeure encore incertaine. Le père de Liu a cherché un avocat dans sa ville, mais personne n’a osé accepter son cas. Le vieil homme a dit : "Dans une société comme celle-ci, il est plus dur de vivre que de mourir. Vivre cause davantage de douleur. Lorsque j’aurais pris soin de leurs enterrements, je les suivrai et partirai aussi."

    Mme Wang Shouhui, son mari et son fils (Liu Boyang) ont commencé à pratiquer le Falun Gong en 1995. Depuis que la persécution a commencé le 20 juillet 1999, ils ont constamment été harcelés par la police du poste de police de Zhengyang du district de Luoyuan et par les fonctionnaires du Bureau de l’Administration de la rue Zhengyang. Mme Wang a été illégalement détenue en octobre 1999 et envoyée au camp de travail Heizuizi en février 2000. Au camp de travail, elle a été torturée huit fois à la matraque électrique. Elle a aussi été forcée à travailler pendant la journée. Pendant cinq jours et cinq nuits, on l’a empêchée de dormir et on lui a demandé de rester debout. Elle a été torturée plusieurs fois sur le "lit du mort" [4] . La fois la plus grave, elle a été battue avec deux matraques électriques pendant plus d’une heure alors qu’elle était attachée au "lit du mort". Pas un endroit de son corps ou de son visage n’était intact. Elle n’a été relâchée qu’au moment où la torture a mis sa vie en danger.

    Le 11 avril 2002, Mme Wang discutait dans la rue lorsqu’elle a été encore une fois enlevée par la police du poste de Zhengyang, dans le district de Luyuan. Des policiers de la Première division des services de police de Changchun lui ont bandé les yeux et l’ont emmenée dans une chambre de torture secrète à Jingyueshan, Changchun. Elle a été torturée sur le "banc du tigre" pendant deux jours et une nuit, temps pendant lequel elle a également reçu des décharges de deux matraques électriques appliquées sur ses seins. Trois hommes ont utilisé leurs poings pour la frapper au visage, à la poitrine et dans le dos. En conséquence, le maxillaire gauche de Mme Wang a été fracturé et elle a vomi une grande quantité de sang. Plus tard, ses poumons se sont infectés. Alors qu’elle était à l’hôpital de la police, les quatre membres de Mme Wang ont été immobilisés quand elle était sous perfusion. On l’interdisait d’utiliser les toilettes. A la place, l’hôpital a violemment inséré un tube dans sa vessie mais sans prendre aucun soin d’elle. Elle n’a pas pu bouger pendant cinq jours et cinq nuits. A la suite de quoi sa vessie a été définitivement endommagée et elle ne pouvait plus la contrôler.

    Le 27 juin 2002, Mme Wang et sa famille ont été de nouveau emmenés au poste de police de Zhengyang par la division Sécurité et Politique du département de police du district de Luyuan. Mme Wang a été ligotée comme un ballot pendant toute une soirée. Plus tard, alors qu’elle était illégalement détenue au centre de détention n° 3 dans la ville de Changchun, les gardes ont attaché ses menottes aux fers qu’elle portait aux pieds pendant dix huit jours et l’ont brutalement alimentée de force pendant un mois. Puis elle a été envoyée à l’hôpital provincial de la police où on lui a immobilisé les membres et elle a été brutalement gavée pendant 30 jours. Elle n’a été relâchée que lorsque sa vie a été en danger. Au même moment, plusieurs policiers du poste de police de Zhengyang ont brutalement torturé, battu et roué de coups de pieds Liu Boyang. Ils l‘ont aussi giflé avec des chaussures de cuir, l’ont attaché à une corde, lui ont recouvert la tête d’un sac plastique, lui ont attaché les bras derrière le dos et l’ont suspendu par les menottes. Lorsque Liu a été suspendu en l’air, ils secouaient ses pieds ou les tiraient vers le bas. M. Yuan Dachuang, un officier de police dirigeant la torture a dit effrontément "J’ai tué pas mal de pratiquants de Falun Gong avec cette torture. Si tu meurs je n’aurais pas à en porter la responsabilité." Chaque fois qu’ils étaient torturés, la mère et le fils pouvaient entendre les cris déchirants l'un de l'autre.

    Lire la suite sur: http://fr.clearharmony.net/articles/200601/24098.html

    La lettre en anglais: http://www.theepochtimes.com/news/5-12-16/35876.html

  • L'obscur secret de Pékin: Une analyse du bureau 610

    Véritable gestapo à la chinoise le bureau 6.10 toujours actif en Chine, a pour mission de traquer, d'emprisonner et de torturer les pratiquants de Falun Gong en Chine. Créé par Jiang Zemin en 1999, pour éradiquer le Falun Gong, il a commis en 11 ans, plus d'atrocités que n'avions connu jusque là. Sarah Cook, universitaire de Marshall a rédigé sa thèse en droit international à l'Université de Londres et a été déléguée d'une organisation non gouvernementale sur les cas de tortures chinoises à la Commission des droits de l'homme des Nations Unies. Voici son analyse en 2007

     

    Les fonctionnaires chinois nient qu’il existe. Les médias occidentaux et les universitaires le mentionnent à peine en passant. Et les avocats chinois le comparent à la Gestapo.

    On le nomme le bureau 610 et c'est la force policière extra judiciaire en charge de la mission d'éliminer le Falun Gong.

    Il n'y a aucune législation établissant le bureau 610--appelé ainsi d'après la date de sa création le 10 juin 1999 --ni aucune loi déterminant ses pouvoirs. Au lieu de cela, ce bureau a été établi par Jiang Zemin, l'ancien chef du Parti communiste et annoncé dans son discours aux cadres élites un mois avant que le Falun Gong ne soit officiellement interdit. Les ordres de Jiang pour le nouveau bureau ? « Organisez immédiatement les forces, » « créez des stratégies de combat, » et « soyez entièrement préparés au travail de désintégration du [Falun Gong]. »

    Des copies du discours de Jiang au sujet du bureau 610 ont été immédiatement distribuées à chaque niveau de la bureaucratie en Chine, disant aux cadres qu'ils « doivent coopérer » étroitement avec les bureaux 610 et ses filiales. Comme tous les juges chinois sont membres du Parti communiste, Jiang a essentiellement placé l'agence au-dessus de la loi, en violation de l'article 5 de la Constitution chinoise.

    La détermination des pratiquants du Falun Gong à continuer à pratiquer et à demander réparation s'est intensifiée en même temps que la persécution. La réponse du régime a été d'accorder de plus en plus de pouvoir au bureau 610. Jiang a donné les ordres d’ « utiliser tous les moyens possibles, » une autorisation qui a mené le bureau 610 à être bientôt reconnu pour l'utilisation de tortures extrêmes.

    En plus des coups au visage et au corps avec de lourds objets, certaines des techniques de torture les plus communes administrées ou supervisées par le personnel du bureau 610 incluent la privation de sommeil pendant des jours et des semaines, des électrochocs sur les parties sensibles du corps en utilisant jusqu'à six matraques à haute tension simultanément, arracher les ongles et le gavage avec des excréments humains.

    « L'acte immoral qui a le plus secoué mon âme est la pratique routinière du bureau 610 et des policiers d'assaillir les parties génitales des femmes, » a écrit Gao Zhisheng, l'avocat renommé des droits de l'homme à Pékin après une enquête sur les abus contre le Falun Gong dans le nord-est de la Chine en 2005. « Parmi ceux persécutés, les parties génitales et les seins de presque toutes les femmes et les parties génitales des hommes ont été sexuellement assaillies de la façon la plus vulgaire. Presque tous ceux qui ont été persécutés, qu’ils soient hommes ou femmes, ont été déshabillés avant d'être torturés. »

    Le but de telles méthodes est d'extraire par la force des confessions et des « transformations », ainsi que la dénonciation du Falun Gong. Mais pour des milliers, le résultat a été la mort.

    En plus de la torture, les agents 610 condamnent administrativement les partisans du Falun Gong directement aux camps de travail, aux centres de détention et aux classes de lavage de cerveau-- où ils peuvent être emprisonnés pendant trois ans sans passer devant un tribunal.


    Le marionnettiste

    Avec une telle autorité, on s'attendrait à ce que le bureau 610 ait un énorme personnel, mais les preuves disponibles indiquent que sa main d'œuvre est étonnamment limitée. Selon une page Web officielle appartenant à la municipalité de Penglai, une ville de 490 000 habitants dans la province du Shandong, le bureau 610 local à cet endroit se compose de seulement sept personnes.

    Le vrai pouvoir du bureau 610 se trouve dans sa capacité à forcer la main des autres partis et organismes gouvernementaux. Par exemple, la succursale centrale du bureau 610 de Tianjin emploie 50 à 60 personnes qui peuvent directement commander les forces de police composées de 30 000 hommes, avec un officier 610 dirigeant souvent plus de 100 policiers, selon Hao Fengjun, ancien employé du bureau 610.

    C’est ainsi que le bureau 610 central a dirigé l'arrestation de plus de cinq mille pratiquants de Falun Gong à Changchun en mars 2002. « Chaque jour, la police 'interrogeait' tous les pratiquants sur la liste noire du bureau 610 » a dit Wang Yuhuan, qui a été arrêté à l'époque et qui a plus tard parlé avec Gao.

    De même, quand Gao et un autre avocat ont essayé de rendre visite à leur client, un pratiquant de Falun Gong détenu dans un camp de travail, Gao se rappelle qu’on lui a dit que les administrateurs pouvaient approuver la demande de voir n'importe quel détenu. Mais pour voir un pratiquant de Falun Gong, « nous avons besoin de l'approbation spéciale du bureau 610, » avaient dit les fonctionnaires du camp.

    Guo Guoting, un autre avocat chinois des droits de l’homme, a raconté une expérience semblable quand il a demandé la permission de voir un pratiquant du Falun Gong emprisonné à Shanghai. Quand ça concerne les prisonniers de Falun Gong, le bureau 610 est en charge, a-t-il dit lors d'un entretien à Vancouver au Canada, où il vit maintenant en exil. « Quant aux prisons elles-mêmes, elles n'ont aucun pouvoir. »

    Ceci s’applique aussi aux tribunaux a dit Guo. « Je sais que les cas de Falun Gong ne sont pas décidés par le juge, mais selon les instructions du bureau 610. Ils manipulent ces cas. »

    Comment le bureau 610 s’y prend-t-il alors? Comment est-il parvenu à rassembler un tel pouvoir? La réponse se trouve dans sa structure et dans sa façon de s'accrocher à la machine existante du Parti communiste chinois.

    Après qu’une équipe de direction et un bureau 610 aient été établis sous le Comité central du PCC, des organismes correspondants ont été créés à chaque niveau administratif ainsi que dans toutes les organisations sociales importantes, les grandes compagnies, les unités de travail et dans les universités. Chaque branche est étroitement liée aux comités locaux du Parti, aux comités de politique et de droit ou aux bureaux de la sécurité publique.

    Par exemple, le bureau 610 de Penglai mentionné ci-dessus, est enregistré sous le comité de la politique et du droit, qui fait partie d'un réseau national des organismes du PCC qui s’occupent des arrestations, des interrogatoires et des poursuites en justice. De tels liens permettent au bureau 610 de manipuler le système de justice pénale.

    Le site Web du bureau de la sécurité publique assigné à l'université d'océanographie de Qingdao en Chine indique que l'école a mis en place un bureau afin de « se débarrasser du problème du Falun Gong, à savoir le bureau 610, dans l’enceinte [du bureau] de la sécurité publique de l’école . » La fédération des femmes à Jinan a affiché sur son site Web qu'une étude que la fédération avait menée après avoir surveillé les résidents locaux qui pratiquent le Falun Gong, avait été publiée dans les bulletins du bureau 610.

    Mais c'est par une structure encore plus répandue que le bureau 610 peut pénétrer au cœur de la société chinoise. Une note interne datée du 21 avril 2001 a été adressée à tous les « comités de travail, comités municipaux et bureaux de comités de voisinages, » du district ouest de Mentougou à Pékin. La note transmet les ordres d’augmenter la surveillance locale du Falun Gong et que « chaque unité de travail » intègre « inspection et contrôle… au travail actuel de rééducation ».

    Le bulletin dit aussi aux comités des bourgs et des voisinages de « coopérer étroitement avec le travail lancé par les organismes de la sécurité publique » quand ils cherchent les partisans du Falun Gong de porte-à-porte.

    Ni la surveillance étroite, ni la croyance du Parti dans son caractère péremptoire semblent s’être atténuées avec le temps. Une note différente datée d'avril 2006 donne les mêmes instructions, presque mot à mot, aux comités du Parti des municipalités et des districts.


    Quotas et argent comptant

    Tandis que quelques fonctionnaires locaux ont suivi de telles instructions avec enthousiasme, d'autres hésitent à agir contre leurs voisins. En effet, quand le Falun Gong a tout d’abord été interdit, il y avait des rapports au sujet de l'indifférence publique ou même de l'opposition silencieuse à la campagne. Dans de telles circonstances, le bureau 610 a développé divers mécanismes pour faire pression sur les petits fonctionnaires et sur les citoyens ordinaires pour qu'ils coopèrent.

    En l’an 2000, Ian Johnson, du Wall Street Journal, qui a gagné un prix Pulitzer pour son reportage sur le Falun Gong, a décrit un « système de responsabilité »; que le bureau 610 a instauré. Dans le cadre de cet arrangement, les fonctionnaires locaux devaient payer des sommes potentiellement ruineuses pour chaque pratiquant de leur juridiction qui se rendait à Pékin afin de pétitionner auprès du gouvernement central.

    Une telle évaluation s’est davantage formalisée avec le temps. Un diagramme de Guangzhou en 2002 montre un système complexe pour attribuer et déduire des points basés sur la collaboration avec le bureau 610. Le tableau doit être complété par chaque bourg et voisinage du district de Tianhe dans son évaluation de fin d'année. Parmi les articles énumérés sont : « Déduisez 8 points pour chaque pratiquant qui n'a pas été transformé » pour échouer à 'créer un dossier personnel pour chaque pratiquant de Falun Gong'… déduisez 3 points par personne » et « pour chaque fois qu'un groupe de plus de trois personnes se réunit pour faire les exercices ensemble en public, déduisez 5 points. »

    Une autre technique courante du bureau 610 est d’imposer des quotas à chaque niveau en dessous. Un quota typique inclut le nombre de pratiquants qui doivent être arrêtés au cours d’une certaine période.

    Les dirigeants qui n'arrivent pas à atteindre leur quota annuel risquent d’être rétrogradés ou peuvent même perdre leur emploi. Hao Fengjun, ancien officier du bureau 610 de Tianjin, a dit que son point de vue avait changé après avoir été témoin de la torture d’une femme du nom de Sun Ti, qui pratique le Falun Gong; elle a été torturée au cours du processus de « transformation ». A mesure que sa déception du bureau 610 grandissait, la sévérité des moyens utilisés pour le tenir en main s’accentuait.

    Hao raconte un épisode en février 2004 quand il a été placé pendant 30 jours dans une cellule solitaire, cellule créée spécifiquement pour les policiers, après avoir dit que la propagande contre le Falun Gong était « des mensonges. »

    L'ancien policier a dit que pendant sa détention, on ne lui a pas permis de contacter sa famille. La température glaciale de la cellule a fait que « ses mains ont enflé comme des petits pains cuits à la vapeur et que du pus coulait de ses oreilles. Après sa libération, il a été transféré au service des expéditions jusqu'à ce qu'il s’échappe en Australie en 2005 avec un paquet de documents 610 passé clandestinement.

    Bien qu'il assure que beaucoup de ses collègues désapprouvaient leur travail, beaucoup d'autres étaient contents d’accéder au système de récompenses du bureau 610. « Il y avait des gens qui travaillaient très dur parce que plus ils arrêtaient de pratiquants de Falun Gong, plus ils obtenaient de bonus, » a dit Hao.

    Encore plus lucratif que d’arrêter les pratiquants en Chine le fait de rassembler de l'information sur les partisans à l'étranger ; des informations de base sur la vie personnelle des pratiquants, si considérées valables, peuvent rapporter pas moins de 50 000 yuans (plus de $6.000). A l’aide d’un système d’informateurs menant parallèlement des vies ordinaires à l'étranger, le bureau 610 collecte des profils entiers des communautés de l'étranger. Hao a dit qu’il avait « reçu personnellement des informations sur des pratiquants de Falun Gong vivant en Australie, aux États-Unis et au Canada »; des informations détaillées au point d'indiquer où les gens travaillaient ainsi que les activités auxquelles ils participaient.


    Est-ce que ça marche ?

    Comme la protestation du Falun Gong sur la Place Tiananmen a pris fin aux alentours de 2002, de nombreux journalistes occidentaux et d'universitaires ont l’impression que le Parti communiste a réussi, peut-être brutalement, à écraser le groupe.

    Pourtant les documents du Parti et ceux à l’intérieur racontent une histoire différente. En 2006, les bureaux 610 s’inquiétaient encore que les banderoles du Falun Gong étaient trop évidentes. En 2005, les autorités chinoises ont confisqué 4 62 millions d'articles du Falun Gong. Le Parti place toujours le Falun Gong comme étant parmi les « cinq poisons qu’il craint le plus (les défenseurs de la démocratie, les partisans de l'indépendance de Taiwan, les Tibétains et les activistes de l’est du Turkistan entre autres).

    Hao a dit « Nous étions tous clairs sur le fait que notre communication interne concernait comment la persécution échouait. »


    Tiré de: http://www.faluninfo.net/article/486/?cid=141

  • Une pratiquante de Falun Gong meurt suite à des tortures psychiatriques dans le Sud-est de la Chine

    séance de gavage forcé, en Chine, torture, parfois avec des médicaments psychotropes

    Une pratiquante de Falun Gong de 40 ans originaire de la province de Hunan est morte en détention, visiblement de tortures psychiatriques, selon des informations recueillies par le Centre d’information du Falun Dafa. Cette femme était détenue depuis mai 2008 suite à une rafle préolympique dans sa province.

     

    torture psychiatrique, par injection forcée de drogues psychotropes
    Torture psychiatrique dans une prison chinoise. Injection forcée de drogues psychotropes par des policiers

    Mme Chen Chunjun, ancienne comptable dans la société ferroviaire locale, a été arrêtée le 10 mai 2008 à Huaihua par des agents du bureau 610, force spéciale au dessus du système judiciaire (de type Gestapo) mise en place en 1999 pour « éradiquer » le Falun Gong. Elle se dirigeait vers un arrêt de bus pour rentrer chez elle quand elle a été arrêtée. Chen fait partie des dizaines de pratiquants de Falun Gong détenus arbitrairement ce mois-là dans le Hunan, dans le cadre d’une campagne de répression par des fonctionnaires locaux avant le passage de la flamme olympique à travers la province qui devait avoir lieu du 1er au 3 juin 2008.

    Des sources en  Chine ont récemment découvert que Chen est décédée en mars 2009 à l’hôpital psychiatrique de Huaihua (aussi connu en tant que Hôpital du Peuple No. 4 de Huaihua).
    Depuis 1999, la torture en hôpitaux psychiatriques a été largement documentée comme un moyen utilisé dans la persécution par le Parti communiste chinois pour forcer les gens du Falun Gong à renoncer à leurs convictions. C’est une pratique utilisée depuis des décennies contre ceux dont l’opinion ne se conforme pas à celle du Parti.

    Ces dernières années, de nombreux reportages ont été publiés sur du personnel de l’hôpital psychiatrique de Huaihua, qui sous la pression du bureau 610 local, collabore à la persécution des pratiquants de Falun Gong, notamment par l’injection de médicaments endommageant leur système nerveux. Chen a elle-même reçu des injections de médicaments psychotropes injustifiées lors d’une précédente détention dans la ville.

    « La mort de cette innocente est un rappel saisissant des terribles pertes humaines au sein de la population chinoise suite aux Jeux olympiques de l’an dernier, des mois après qu’ils soient terminés, » déclare la porte parole du Centre d’information du Falun Dafa Gail Rachlin. « Mais l’aspect le plus tragique du décès de Mme Chen est qu’il aurait pu être évité au regard de tous les signes avertisseurs sur l’existence de telles pratiques dans cet hôpital. Chaque jour qui passe sans que des mesures soient prises pour y mettre fin, des pratiquants de Falun Gong détenus à Huaihua risquent de subir le même sort. »

    « Nous lançons donc un appel urgent à la communauté internationale pour enquêter immédiatement sur les circonstances de la mort de Mme Chen et sur les autres cas passés et actuels de mauvais traitements dans cette institution. »

    En mai 2008, Chen a d’abord été détenue au Centre de détention de Zhijiang, où d’autres détenus — principalement des toxicomanes — l’ont battue sous les ordres de gardiens, lui causant des blessures à la tête. Elle a ensuite été transférée au Camp de travaux forcés pour femmes de Baimalong puis au Centre de lavages de cerveau municipal de Huaihua, où on l’a soumise à des séances dont le but était, pour les autorités, de les forcer à renoncer à leurs convictions. Elle a été transférée à l’hôpital psychiatrique de Huaihua. Il est de notoriété publique que les forces de sécurité chinoises recourent aux tortures psychiatriques contre les pratiquants qui refusent d’être « transformés » (« reprogrammation » psychologique visant à les forcer à renoncer au Falun Gong).

    Contexte des tortures psychiatriques

    Avant de mourir, Chen a été emprisonnée à plusieurs reprises durant les dix dernières années en raison de ses convictions spirituelles – notamment au camp de « rééducation par les travaux forcés » de Baimalong en 2001 et elle a été condamnée lors d’un procès inique à trois ans à la Prison pour femmes de la province de Hunan en 2002. D’après des sources proches d’elle, durant ces détentions, comme Mme Chen persistait dans ses convictions, elle a été torturée de manière répétée notamment au moyen de matraques électriques, pendue par les menottes pendant des périodes de temps prolongées, et gavée de force. Durant ces détentions à plusieurs reprises, au point qu’elle ne puisse plus ni marcher, ni voir.
    Durant sa précédente détention au camp de Baimalong, Mme Chen a reçu des injections du médicament psychotrope Thorazine, qui lui ont causé de graves dysfonctionnements du système cognitif, effet secondaire connu de ce médicament, surtout quand il est administré à des patients sains.

    Les médicaments psychotropes sont aussi administrés à des pratiquants de Falun Gong dans les camps de travaux forcés comme moyen de torture. De tels traitements ont déjà été infligés dans des personnes telles que Li Heping qui a souffert ensuite d’hallucinations traumatiques. Ils ont pu causer également des lésions permanentes du système nerveux, voire la mort. Parmi les 103 cas de morts qui ont pu être recensés en 2007 par le Centre d’information, 11 personnes — soit plus de 10 pourcent —  sont mortes après avoir reçu des injections de médicaments non identifiés en détention dans un hôpital, un camp de travaux forcés ou une prison.

    Amnesty International, Human Rights Watch et la World Psychiatric Association ont documenté des cas de mauvais traitements psychiatriques sur des pratiquants de Falun Gong et des dissidents politiques. Robin Munro a réalisé un gros travail de fond pour dénoncer de tels abus en faisant des recherches dans les fichiers mêmes d’hôpitaux psychiatriques. Dans son livre de 2006 intitulé, China’s Psychiatric Inquisition: Dissent, Psychiatry and the Law in Post-1949 China, Robin Munro consacre un chapitre entier à la question de la persécution psychiatrique du Falun Gong en Chine. [voir le communiqué : http://www.faluninfo.net/topic/148/ ]

    Tiré du Centre d'information du Falun Dafa: http://fr.infofalungong.net/content/view/391/1/

     

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