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fille aux cheveux blancs

  • Le ballet de Shanghai: La fille aux cheveux blancs en représentation à Paris

    Nous avons déjà abordé le contenu du ballet "La Fille aux cheveux blancs" du Ballet de Shanghai, qui passera à Paris en mars dans un article précédent.

    Voici quelques précisions sur cette œuvre que nous avons trouvé dans l'excellent ouvrage "Les commentaires sur le parti communiste" édité par Epoch Times.

    "Pour inciter à la haine des classes, le PCC a réduit le théâtre chinois à un outil de propagande. Le personnage d’une célèbre histoire de l’oppression des classes, la Fille aux cheveux blancs , était à l’origine une immortelle et n’avait rien à voir avec les conflits de classe. Cependant sous la plume des écrivains militaires, l’histoire fut transformée en un drame «moderne», opéra et ballet, utilisés pour inciter à la haine des classes. Quand le Japon a envahi la Chine au cours de la seconde guerre mondiale, le PCC n’a pas lutté contre les troupes japonaises."

    et plus loin:

    " La légende populaire chinoise, La fille aux cheveux blancs, raconte l’histoire d’une immortelle qui habite dans une grotte et possède des pouvoirs surnaturels pour récompenser la vertu et punir le vice, encourager la droiture et restreindre la perversité. Toutefois, dans la version «moderne» du ballet et de l’opéra, elle a été décrite comme une fille forcée à fuir et à se cacher dans une grotte après que son père ait été frappé à mort pour avoir refusé de la marier à un propriétaire terrien âgé. Ses cheveux devinrent blancs à cause de la sous-alimentation. Cette pièce a incité à la haine des classes envers les propriétaires terriens et devint l’une des pièces «modernes» les plus connues en Chine."

    Tiré du 2ième commentaire: http://www.epochtimes.fr/front/5/7/25/n3497571/une-serie-editoriale-de-iepoch-timesi-ineuf-commentaires-sur-le-parti-communistei-e-partie.htm

  • La Fille aux cheveux blancs du Ballet de Shanghai

    Il est difficile pour les spectateurs de savoir à l’avance à quel spectacle ils vont assister. D’autant plus s’agissant des nombreux spectacles chinois prévus en 2014. Cependant une distinction importante est possible à savoir si le spectacle est produit en Chine ou hors de Chine, en d’autres termes si le contenu sera de la propagande envers le régime ou si au contraire il s’agira de découvrir un spectacle sur la culture chinoise. D’un côté ou de l’autre la différence peut être énorme.


    L’histoire de la Fille aux cheveux blancs, œuvre phare de la propagande chinoise maoïste
    Beaucoup de Parisiens ont pu voir dans le métro ou sur les bus, une publicité rouge sur noir du Ballet de Shanghai. L’œuvre maîtresse de la compagnie est l’histoire de la Fille aux cheveux blancs, une des 8 œuvres majeures de la propagande pendant la révolution culturelle de Mao. Chaque Chinois né avant les années 1980 a connu cette histoire imposée dans les cours des écoles comme seule référence culturelle.


    La Fille aux cheveux blancs est un opéra créé en 1944. Il raconte l’histoire d’enfants de pauvres fermiers exploités par un riche propriétaire. Ce dernier, alors que le père ne peut pas payer ses dettes, lui impose de lui vendre sa fille Xi’er. Le père humilié se suicide dans la nuit. La jeune fille subit alors toutes les tortures imaginables, elle est humiliée, maltraitée, elle est violée puis vendue à un marchand d’esclaves. Elle tombe enceinte et s'enfuit dans la montagne pour se réfugier dans une grotte où manquant de sel ses cheveux deviennent blancs. Elle survit alors en volant de la nourriture dans un temple, où elle erre la nuit, si bien que les gens pensent qu’elle est un fantôme. Un jour, un contingent de l’armée rouge arrive près de la montagne de Xi’er. Le parti communiste vient la délivrer de sa souffrance et la sauver de l’ancienne société esclavagiste. C’est pour elle le signe d’une vie heureuse, elle devient alors une héroïne de la Chine et ses cheveux redeviennent alors noirs. Voilà pour la fiction.


    L’histoire voudra que quinze ans plus tard, la pièce sera interdite, car dans la Chine révolutionnaire des années 60-70, les histoires fantastiques parlant d'un fantôme errant dans un temple ne sont pas du goût de la théorie athéiste ni de celle de la lutte des classes. Répondant ainsi aux nouveaux critères de la Révolution culturelle de 1966 à 1976, elle est réadaptée par la propagande pour devenir un ballet. A cette époque Mao Zedong autorisait seulement huit œuvres dans tout le pays, dont deux ballets: La Fille aux cheveux blancs et Le Détachement féminin rouge.


    Qu’en disent les Chinois aujourd’hui ?
    Hanna W. journaliste chinoise vivant à Paris, a plusieurs fois lors de son enfance en Chine, vu l’histoire de La Fille aux cheveux blancs. Chaque enfant de chaque école devait regarder plusieurs fois la pièce. Parce qu’il n’y avait pas d’autres choses au niveau artistique à cette époque, et même si elle n’aimait pas la pièce, la musique et l’histoire sont restées dans sa tête comme seule référence culturelle de son enfance. «C’était un véritable lavage de cerveau pour les enfants» a t’elle précisé.


    D’après elle, dans toutes les pièces et les spectacles venant de Chine, c’est toujours le parti qui sauve le peuple. Il y a toujours un ennemi du peuple, qui est soit un propriétaire de terre, soit le parti nationaliste Kuomintang (à l’époque de l’arrivée de Mao au pouvoir), soit le Japon, soit l’Occident, soit celui que le parti désigne comme ennemi du peuple. L’histoire est ensuite conçue pour le parti, celui ci ayant toujours raison, et étant là pour sauver le peuple et lui apporter le bonheur.


    La journaliste a raconté également comment le parti communiste sous l’impulsion de Mao a pris le pouvoir en Chine à partir des années 50. Quand les membres du parti arrivaient dans un village, ils commençaient à chercher les gens pauvres pour leur dire que c’était une injustice qu’ils travaillent ainsi, que le propriétaire était une mauvaise personne et qu’il leur prenait leur argent. En réalité, avant cette époque, les paysans et le propriétaire étaient en bonne entente car le propriétaire était celui qui leur donnait un travail, un toit et un repas: cela respectait le principe de rétribution karmique propre à la culture chinoise. Il ne s’agissait pas, avant l’époque moderne, d’exploitation. C’était une relation d’employés à employeurs et les gens travaillaient pour être en bons termes. Pourtant quand le parti communiste venait dans un village et encourageait les mauvais côtés des êtres humains, cela créait des conflits qu’il utilisait pour prendre le pouvoir et les terres. Il créait ainsi le désordre pour régner tout en faisant croire et en répétant aux gens que c’était lui qui sauvait le peuple.

    Shanghai, la faction rouge au bord du gouffre
    Shanghai, enfin. Le nom du ballet semble n’être qu’une coïncidence avec la «clique de Shanghai» du nom de la faction politique de Jiang Zemin en train d’être poursuivie en justice par le nouveau gouvernement de Xi Jin Ping. Après l’éviction et la condamnation du prince rouge, Bo Xilai début 2013, c’est une succession de hauts fonctionnaires de l’ancien régime de Jiang Zemin qui défilent un à un devant les tribunaux pour corruption. Récemment, deux « tigres», Zhou Yongkang l’ancien chef de la sécurité chinoise et Li Dongsheng ancien dirigeant du bureau 6.10 ont été arrêtés pour être condamnés. Ils font partie de la ligne dure du parti qui a participé au premier plan aux prélèvements d’organes forcés en Chine sur les pratiquants de Falun Gong.

    Quant au ballet de Shanghai, voilà bien le contenu que les spectateurs auront toutes les chances de voir derrière. C’est aussi là que l’on comprend mieux l’importance d’être bien informé, et, comme le dit le proverbe chinois, de démêler les perles des yeux de poisson.
     

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