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espace de liberté

  • L’expérience d’une journaliste française en Chine

    experience journaliste fr en chine.jpg« Il est rare de pouvoir prendre son temps quand on est journaliste. J’ai décidé de le prendre, pour ensuite raconter, simplement ce que j’ai vu », dit Anne Soёtemondt, dans son ouvrage J’ai travaillé pour la propagande chinoise. Aller en Chine pour travailler comme journaliste dans un média d’État n’est pas donné à tout le monde. Anne Soёtemondt l’a fait. Son témoignage est sorti dans les librairies le 27 janvier 2011. Paru aux Éditions du Moment, son livre J’ai travaillé pour la propagande chinoise est la « prolongation » de son blog, qui a été, pendant toute la période qu’elle a vécu en Chine « mon espace de liberté, mon coin de journalisme à moi ». Le blog et le livre nous offrent une intéressante incursion dans un pays qui reste toujours peu connu en Occident, dans un système politique éloigné de la référence des systèmes démocratiques et dans les coulisses d’un des plus grands médias chinois.

    Après des études de journalisme à l’École des hautes études en sciences de l’information et de la communication à Paris, plus connue sous le nom de CELSA, Anne Soёtemondt fait ses débuts comme reporter pour France 3, au bureau régional de Lyon. Très vite, en septembre 2008, elle travaille chez Médi 1 TV, une télévision franco-marocaine et s’installe à Tanger pendant un an durant lequel elle présente des journaux télévisés du midi et du soir. En décembre 2008, elle propose sa candidature à plusieurs médias et en avril 2009, les premiers à répondre sont ceux du service français de Radio Chine Internationale.

    Un contrôle permanent de l’information

    La jeune journaliste sait très bien qu’en Chine la démocratie n’existe pas et que le pays est classé au 171e rang sur 178 du classement de Reporters sans frontière sur la liberté de la presse. Mais elle décide d’y aller en acceptant, provisoirement, de « tirer un trait sur la déontologie » journalistique. Elle est mise en garde au début par son chef direct, le responsable du service français : « ...ici on ne fait pas du journalisme. Au mieux du secrétariat de rédaction  ». Dans la radio chinoise, « tout est rédigé à l’avance pour les journaux comme les émissions, et le direct est proscrit, y compris pour les journaux d’actualité ». L’enregistrement permet un contrôle du contenu et donc de l’information. Les émissions et journaux sont réécoutés avant diffusion. Anne Soёtemondt observe que « la langue de bois favorise la parole officielle et empêche l’expression de pensées critiques » et que le « vocabulaire policé, répétitif » est aussi destiné à empêcher à l’auditeur de mettre en doute le discours véhiculé. La seule solution pour décrypter la véritable actualité chinoise – qu’il s’agisse des séismes et autres catastrophes où le nombre des victimes est minimalisé, des émeutes qui éclatent souvent dans les provinces, des succès dans tous les domaines économiques, de la pollution, de l’exposition universelle de Shanghaï ou des Jeux olympiques – c’est de lire « a contrario les nouvelles qui font la une ».

    Une journaliste au statut « d’expert »

    Au sein de la rédaction de Radio Chine Internationale, ses attributions sont grosso modo celles de corriger l’orthographe et la grammaire, et de soigner la syntaxe sur les textes des émissions de radio avant enregistrement. Son statut spécial porte officiellement l’intitulé d’ « expert numéro 003112, étranger auprès du service français de RCI ». Le discours officiel de bienvenue lui remémore la « novlangue », la langue inventée du célèbre roman d’Orwell, 1984. C’est inévitable, elle perçoit immédiatement l’atmosphère de la prison – « je me sens prisonnière d’un système auquel je ne souscris pas  » – et elle vit constamment avec le sentiment qu’elle est surveillée, soit par des militaires-robots qui ne disent jamais bonjour, ou, le plus terrifiant novlangue, par des bénévoles : des gens portant un brassard rouge dont le boulot consiste « à faire des rapports sur qui fait quoi ». Elle cherche à deviner les lieux où ils ont caché les microphones et les caméras dans sa chambre d’hôtel. Le plus dur au début est d’accepter le manque de professionnalisme et d’exigence de ses collègues chinois, l’atmosphère qui règne dans la rédaction de la radio, le contrôle des informations, la censure pratiquée par les autorités communistes, la langue de bois utilisée par la propagande dans tous les médias, les mécanismes de la terreur entretenue par le régime mais aussi la corruption répandue à tous les niveaux.

    « Se faire harmoniser »

    Radio Chine Internationale est, selon Liu Xiaobo, lauréat du prix Nobel envoyé en prison parce qu’il ...

     

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