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du bin

  • Chine: lettre venue de l’enfer

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    Dans son nouveau livre Roar of Masanjia, Du Bin expose les atrocités commises au camp de travail de Masanjia.

    En 2012, juste avant Noël, une lettre clandestine découverte dans un accessoire d’Halloween vendu par l’enseigne K-Mart a fait irruption dans les nouvelles internationales.

    Ecrite dans un anglais approximatif, mélangé avec des caractères chinois, la lettre racontait les mauvais traitements subis par les prisonniers du camp de travail de Masanjia en Chine et appelait à l’aide. Julie Keith de Portland, Oregon, qui a trouvé la lettre, l’a publiée sur sa page Facebook, déclenchant par la même occasion des débats dans les médias et au sein des organisations de défense des droits humains, sur le système de camp de travaux forcés en Chine.

    Pour les experts, l’émouvante lettre était très certainement authentique – le camp de Masanjia étant connu pour les tortures qui y sont pratiquées – mais l’identité de son auteur restait un mystère.

    Aujourd’hui, l’écrivain chinois Du Bin raconte dans son dernier livre, Roar of Masanjia, l’histoire de l’auteur de la lettre.

    Trois jours après que Keith a découvert la lettre dans l’Oregon, son auteur contactait Du Bin. À la surprise de Du Bin, c’était un de ses amis.

    En 2008, l’auteur de la lettre avait été emprisonné à Masanjia et détenu 29 mois durant, dont dix au cours desquels il a été sévèrement torturé.

    Au cours des 23 mois de préparation de son livre Roar of Masanjia, Du Bin a lui aussi été illégalement détenu pendant 37 jours et placé en résidence surveillée pendant un an. Il a publié son livre en chinois au mois de décembre à Hong Kong.

    Roar of Masanjia est le onzième livre de Du Bin, et le troisième consacré au camp de travail de Masanjia. En juillet 2014, il publiait Vagina Coma à Hong Kong, qui abordait la torture sexuelle des femmes détenues dans le camp. En avril 2013, sortait son film documentaire  Above the Ghosts’ Heads, à Hong Kong et à Taiwan traitant des abus commis sur les femmes à Masanjia.

    Dans Roar of Masanjia, Du Bin donne la parole à l’auteur de la lettre qui parle du camp: «Tous les gouvernements sur cette planète devraient s’opposer à l’existence et au maintien d’une telle perversité dans ce monde. Si vous ne vous sentez aucunement concernés par cela, c’est que vous êtes du côté du pervers Parti communiste chinois».

    Puisque le sujet du livre est un pratiquant de Falun Gong vivant à Beijing, Du Bin a choisi de l’appeler «lui/il» tout au long du livre. Chaque pratiquant de Falun Gong en Chine, risque d’être arbitrairement arrêté, et ce pratiquant en particulier, s’il est identifié, subirait très probablement de vicieuses représailles pour avoir écrit ses quelques phrases.

    Après la publication de Roar of Masanjia, le journal Epoch Times a pu interviewer Du Bin. Tout comme dans le livre de Du Bin, l’auteur de la lettre est ici aussi appelé «lui/il».

    Pourquoi teniez-vous à écrire le livre Roar of Masanjia?

    L’histoire devait être racontée. J’ai toujours défendu la thèse suivante, que les êtres humains ne sont pas des animaux, et par conséquent je voulais montrer comment un être humain pouvait survivre dans une situation hostile, ce qui est ici le thème de mon livre.

    Je lui ai dit que j’avais déjà écrit de nombreux livres exposant les abus du gouvernement. Cela lui a peut-être donné confiance en moi, et il m’a raconté son histoire. L’ensemble du processus est une parfaite surprise.

    Comment vous a-t-il contacté?

    Avant qu’il ne prenne contacte avec moi, j’étais déjà à la recherche de l’auteur de la lettre. J’étais très intrigué par l’arrivée de la lettre aux États-Unis.

    En fait, il s’est avéré que l’auteur de la lettre était un ami. Trois jours après la parution de la lettre dans le journal The Oregonian, «il» est venu me voir et m’a demandé si j’avais vu les informations au sujet de la lettre.

    Puis il a posé la question suivante: «Sais-tu qui a écrit cette lettre?». J’ai répondu: «j’aimerais bien le savoir, et je le cherche en ce moment». Et là il m’a dit: «C’est moi. J’en suis l’auteur».

    C’était un tel choc, j’étais abasourdi. Même si je le connaissais depuis un ou deux ans, nous n’avions vraiment discuté que quelques fois. Je savais qu’il avait été détenu dans un camp de travail, mais nous n’en avions jamais parlé dans le détail.

    Au début, j’étais sous le choc, ensuite très surpris. Nous sommes tous les deux journalistes. C’était une bénédiction. Je lui ai donc demandé: «Peux-tu me prouver que c’est bien toi qui a écrit cette lettre?» Il m’a demandé un stylo et une feuille pour écrire. «Ça ressemble à mon écriture ou pas?» C’était vraiment son écriture. J’ai connu certaines personnes à Masanjia, qui le connaissaient également. Et pour tout le monde, c’était bien lui l’auteur de la lettre.

    En avril 2013, en Chine, le Lens Magazine a fait un reportage sur le camp de travail pour femmes de Masanjia et des millions de personnes l’ont lu. Elles auraient dû être révoltées, sauf que très peu savent qu’un groupe spécifique est la cible de ces abus, et que ces personnes sont des pratiquantes de Falun Gong.

    Lire la suite sur: http://www.epochtimes.fr/front/15/1/19/n3510770/lettre-venue-de-lenfer.htm

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