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david kilgour

  • Mettre fin aux prélèvements d'organes en Chine

    Chine, actualités, prélèvements, organes, prisonniers, conscience, exécution, génocide, camps, travaux, forcés, David KilgourCette présentation concerne un exemple des violences systématiques commises depuis 1949 par l’Etat-parti en Chine sur ses présumés ennemis: le pillage à grande échelle d'organes vitaux de pratiquants de Falun Gong à des fins de transplantations commerciales. Personne ne survit à ces opérations, car tous les organes sont retirés et le corps des «donneurs» est ensuite incinéré.

    David Matas et moi-même avons trouvé plusieurs preuves sur ce commerce en cours depuis 2001. Selon les recherches énoncées dans notre livre, Prélèvements meurtriers, des milliers de pratiquants de Falun Gong ont été tués depuis 2001. Par exemple, entre 2000 et 2005,  nous avons calculés 41.500 greffes en les déduisant des 60.000 greffes déclarées par le gouvernement pour cette période, ce qui nous semble raisonnable, notre meilleure estimation du nombre de criminels exécutés est de 18.550.

    Les organes de l’Etat

    Dans le livre Organes de l’Etat publié en 2012, Ethan Gutmann, écrivain et chercheur, estime que 65.000 pratiquants de Falun Gong ont été tués pour leurs organes entre l’an 2000 et 2008, sélectionnés parmi environ 1.2 millions d’entre eux, emprisonnés dans le système de camps de travaux forcés de la Chine.  Des camps en Chine, semblables à ceux créés par l’Allemagne d’Hitler et la Russie de Staline, ont été adaptés par Mao dans les années 1950 ou la signature d’un policier suffit pour envoyer n’importe qui dans un camp pour une période allant jusqu’à trois ans. Mark Mackinnon du Globe and Mail au Canada l’a très bien décrit, «Pas de mandat d’accusation, pas d’avocats et pas d’appel». En 2007, un rapport du gouvernement américain a estimé que plus de la moitié des détenus dans 340 de ces camps étaient des pratiquants de Falun Gong. La gouvernance léniniste et les aspects économiques du «tout est permis» favorisent le développent du trafic d’organes à travers la Chine.

    Le Falun Gong (ou Falun Dafa) est un ensemble d’exercices et une discipline spirituelle qui visent à améliorer le corps et la moralité. Cette discipline inclue les caractéristiques des systèmes traditionnels tels que le qigong chinois, le bouddhisme et le taoïsme ainsi que des exercices paisibles. Comme le nombre de personnes pratiquants le Falun Gong en Chine avait augmenté très rapidement depuis sa création en 1992 et que les valeurs telles que l’authenticité, la bienveillance et la tolérance étaient en opposition avec les valeurs du Parti communiste, le Parti l’a vu comme une menace, l’a qualifié de culte et a commencé la persécution de ces pratiquants en 1999 jusqu’à ce jour.

    Après 1980, le Parti post Mao a commencé à retirer des fonds du système de santé, l’obligeant à compenser les frais des patients non assurés. Vendre les organes des condamnés exécutés est devenu une source de revenu pour les chirurgiens, les militaires et d’autres participants. Après 1999, les prisonniers de conscience du Falun Gong sont devenus une autre banque d’organes vivants pour le tourisme d’organes de l’étranger et pour les riches patients chinois qui préféraient souvent que les «donneurs» soient des pratiquants de Falun Gong, qui sont habituellement des personnes en bonne santé, plutôt que des prisonniers condamnés à mort.

    Matas et moi avons visité une douzaine de pays pour interviewer des pratiquants de Falun Gong qui ont réussi à quitter les camps et le pays. Ils nous ont raconté qu’ils avaient travaillé dans des conditions épouvantables jusqu’à seize heures par jour sans salaire et peu de nourriture, dormant tous entassés et subissant la torture. Les détenus manufacturaient une gamme de produits destinés à l’exportation pour des sous traitants d’entreprises multinationales. Ceci constitue l’irresponsabilité des entreprises et la violation des règles de l’OMC;  ceci exige une solution efficace de tous les partenaires commerciaux de la Chine. Nos gouvernements devraient interdire les exportations résultant du travail forcé en adoptant une législation qui impose une obligation aux importateurs dans chaque pays de prouver que leurs produits manufacturés ne sont pas fabriqués par des personnes asservies.

    Un engagement constructif

    Une communauté internationale responsable devrait certainement s’engager de manière aussi constructive que possible avec le nouveau gouvernement de Pékin, tout en le pressant de mettre fin au pillage d’organes. La démocratie avec des caractéristiques très chinoises est probablement plus proche que la plupart des sino cyniques se l’imaginent. Les valeurs que nous représentons à ce propos et d’autres questions connexes sont universelles, y compris l’égalité de tous les citoyens, la primauté du droit et des juges indépendants, la démocratie multipartite, la responsabilité sociale des entreprises et le besoin de travail manufacturier partout dans le monde. Les Chinois devraient savoir que les démocrates à travers le monde entier se tiennent à leurs côtés, pas leur gouvernement. Tout comme nous l’avons fait avec les Européens de l’Europe centrale et de l’Europe de l’Est, pendant la guerre froide, et avec l’Afrique du sud pendant la période précédant la libération de Nelson Mandela et de son élection comme président d’une nation démocratique.

    Les initiatives internationales au sujet du pillage d’organes

    Les Nations Unies

    Depuis 2006, plusieurs rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont demandé au gouvernement de la Chine une explication concernant le pillage d’organes sur les pratiquants de Falun Gong de leur vivant. Ils ont fait remarquer au gouvernement qu’une explication complète réfuterait les allégations, mais le gouvernement n’a fourni aucune réponse significative, il a seulement nier les accusations.

    Deux points ont été soulevés par des rapporteurs spéciaux inquiets: «Le prélèvement d’organes a été infligé à un grand nombre de pratiquants de Falun Gong non consentants, à plusieurs endroits, afin d’avoir des organes disponibles pour les transplantations. Les pratiquants ont reçu des injections induisant une insuffisance cardiaque et ont donc été tués au cours des opérations de prélèvement d’organes ou immédiatement après.»

    «On a rapporté que les employés de plusieurs centres de transplantations ont indiqué qu’ils avaient utilisé les organes de pratiquants de Falun Gong encore vivants pour des greffes. Des représentants de plusieurs centres de détention ont indiqué que les tribunaux avaient été impliqués dans l’organisation de l’utilisation d’organes provenant de détenus du Falun Gong.»

    Le Parti a répondu par un déni. Les rapporteurs, cependant, ont déclaré plus tard: «De nouveaux rapports ont été reçus au sujet des prélèvements d’organes sur des prisonniers condamnés à mort et sur des pratiquants de Falun Gong», et «l’information a été transmise selon laquelle les pratiquants de Falun Gong ont été soumis en grand nombre à la torture et aux mauvais traitements dans les prisons, et que certains d’entre eux ont été utilisés pour les transplantations d’organes».

    En 2008, le Comité des Nations Unies contre la torture a recommandé que les autorités chinoises enquêtent et sanctionnent les responsables du pillage d’organes forcés.

    Le Parlement européen

    En septembre 2006, le Parlement européen a tenu une audience et a adopté une résolution condamnant la détention et la torture des pratiquants de Falun Gong, et a exprimé son inquiétude au sujet des prélèvements d’organes. Cette question a également été soulevée par la direction troika de l’Union européenne lors de la réunion bilatérale du ministre des Affaires Etrangères finlandais et de son homologue chinois lors du sommet Europe Chine cette année-là à Helsinki.

    Le 1er décembre 2009, le sous-comité des droits de l’hommes du Parlement européen a tenu des audiences sur les abus de la transplantation d’organes en Chine. La résolution du Parlement européen du 19 mai 2010 (Plan d’action sur la donation et la transplantation d’organes) déclare: «Le rapport note…concernant le meurtre des membres du Falun Gong pour leurs organes et invite la commission à présenter un rapport sur ces allégations et d’autres cas semblables devant le Parlement et le Conseil européen».

    Le 6 décembre 2012, le pillage d’organes en Chine faisait partie des principaux thèmes abordés lors d’une audition du Parlement européen sur les droits de l’homme en Chine.

    Taiwan

    En août 2007, Hou Sheng-mao, alors directeur de son département de la santé, a rapporté avoir demandé aux médecins taiwanais de ne pas recommander à leurs patients de se rendre en Chine pour les greffes. Cette année l’Association du barreau de Taipei a adopté une résolution condamnant «le tourisme d’organes» en Chine.

    Le Canada et la Belgique

    En 2006, deux sénateurs belges ont présenté à leur Parlement une loi pour réglementer le tourisme de greffes d’organes. En 2008, l’ancien député canadien Boris Wrzesnewskyj a présenté à notre chambre des communes une législation extraterritoriale interdisant «le tourisme de transplantation». Les deux pénaliseraient tout patient recevant un organe sans le consentement du donneur alors que le patient savait ou aurait dû avoir connaissance de l’absence de consentement.

    France

    En 2010, Valérie Boyer et d’autres membres de l’Assemblée nationale ont proposé une loi qui définit les exigences de certificats et de rapports semblables à la loi proposée au Canada. Selon cette proposition, tout résident français recevant une greffe d’organe à l’étranger devrait obtenir, 30 jours après l’opération au plus tard, un certificat attestant que l’organe a été donné sans paiement. Le receveur d’organe doit fournir le certificat à l’Agence de la biomédecine française.

    Israël

    En 2008, une loi est adoptée interdisant la vente et le courtage d’organes et la cessation du financement par l’intermédiaire du système d’assurance santé des greffes en Chine pour les citoyens Israéliens. Cette loi proposait également un nombre d’initiatives intéressantes visant à encourager les citoyens au don d'organes, y compris en donnant la priorité à l'accès aux greffes aux personnes qui signent une carte de donneur. Après que le projet de loi, parrainé par le Dr Lavee et d’autres, ait été promulgué, tout le tourisme d’organes en provenance d’Israël vers la Chine a immédiatement cessé.

    Australie

    En décembre 2006, le ministère de la Santé du Queensland a annoncé l’abolition des programmes de formation pour les médecins chinois dans les techniques de transplantation d’organes à l’hôpital Prince Charles et l’hôpital Princess Alexandra, ainsi que l’interdiction de programmes de recherche avec la Chine sur la transplantation d’organes. Dans la Nouvelle Galles du sud, le député David Shoebridge a présenté à son parlement un projet de loi qui interdirait aux résidents d’obtenir des organes trafiqués venant de n’importe où.

    Etats-Unis

    En septembre 2006, le Congrès américain a tenu une audience sur les prélèvements d’organes en provenance de pratiquants de Falun Gong. Le 3 octobre 2012, 106 membres du Congrès ont écrit à la secrétaire d’Etat, Hilary Clinton, la pressant de divulguer les renseignements sur le pillage d’organes en Chine sur les pratiquants de Falun Gong et d’autres prisonniers politiques et religieux, et de divulger toute information obtenue de Wang Lijung, l’ancien maire adjoint de la ville de Chongqing qui était directement impliqué dans les pratiques de prélèvements d’organes: information qu’il aurait fournit lorsqu’il s’était réfugié dans un consulat américain en février 2012.

    Le département d’Etat américain a reconnu dans son rapport sur les droits de l’homme de 2011 que les «médias nationaux et étrangers ainsi que des groupes de défense des droits de l’homme  continuaient à signaler des cas de prélèvements d’organes, en particulier sur les pratiquants de Falun Gong et sur les Ouïghours».

    Depuis juin 2011, la demande de visa en ligne de non-immigrant aux Etats-Unis, le formulaire DS-160, requiert les informations suivantes du demandeur: «Avez-vous déjà été directement impliqué dans la transplantation d’organes humains ou de tissus corporels obtenus sous la contrainte?»

    Lire la suite de l'article sur: http://www.epochtimes.fr/front/13/7/29/n3508630.htm

  • « World War Z » le nouveau film de zombies, inspiré par des faits réels

    Le livre original retrace l'apparition soudaine de zombies venant du commerce d'organes chinois

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    Lorsque les cadres dirigeants de Paramount Picture décidèrent de modifier « World War Z », le film apocalyptique de zombies, prochainement au cinéma, afin d'effacer la référence à la Chine comme lieu d'origine du virus qui fait apparaître les zombies, ils s'attendaient à ce que la censure chinoise approuve le film pour une sortie en salle théâtrale dans le pays – le deuxième plus grand marché pour le cinéma du monde.

    Cependant, le film, qui est sorti le 21 juin aux Etats-Unis et sort le 3 juillet en France, a été rejeté par les autorités chinoises en charge de la censure, selon  TheWrap.com, citant une source « qui est familière des prochaines sorties de films en Chine ». Un cadre dirigeant de Paramount a démenti les nouvelles et expliqué au blog que le studio n'avait pas encore reçu de réponse de Chine.

    Selon TheWrap.com, la scène en question montrait des personnages discutant du lieu d'où provenait le virus transformant les gens en zombies, qui, dans le livre, se situait en Chine. Les dirigeants de Paramount avaient préventivement effacé la scène, afin de s'assurer que le film gagne son droit d'être joué dans les salles chinoises. En ce moment, le régime chinois possède un quota de 34 films étrangers qu'il autorise à être diffusés sur grand écran dans le pays.   

    Alors que la scène relevait, apparemment, d'une intrigue mineure dans le film, la Chine et son trafic d'organes au marché noir jouent un rôle primordial dans le livre duquel le film a été adapté.

    Ecrit par Max Brooks et publié en 2006 sous le même titre, l'histoire du roman débute en Chine, où le premier patient à être infectés par le virus qui transforme en zombie est décrit comme étant un jeune homme provenant d'un village reculé en Chine. Le virus se propage ensuite dans d'autres parties du monde grâce trafic illégal d'organes. Les organes infectés, extraits de prisonniers politiques, sont vendus à des patients en attente de transplantations. Les gens ayant reçu des organes transplantés meurent et ressuscitent en zombies.

    « Des années avant l'irruption du virus, ils avaient prélevé des millions d'organes à partir de prisonniers politiques. Tu penses que quelque chose comme un petit virus va les empêcher de continuer à utiliser cette poule aux œufs d’or? » dit l'un des personnages de Max Brook dans le livre.

    Le roman se continue en décrivant la manière dont fonctionnait le trafic illégal : « Tu prends le cœur juste après que la victime soit morte... peut-être même alors qu'elle est encore en vie. Ils ont l'habitude de faire ça, tu sais, extraire les organes vivants pour s'assurer qu'ils soient frais. Tu les parques dans de la glace, tu les mets dans un avion pour Rio. La Chine est le plus grand exportateur d'organes humains sur le marché mondial »

    Il demeure difficile de savoir si l'histoire à propos des prélèvements d’organes existait dans les premiers brouillons du script, ou si elle a été coupée du film pour plaire aux censeurs chinois, mais il est certain que cette scène ne sera pas dans le montage final. Comme les droits pour le film ont été vendus à Paramount Picture en 2006, il est attesté que le script a connu des révisions importantes, et parmi elles le changement de scénariste. Paramount n'a pas voulu répondre à des demandes de précisions.

    Le roman d'origine consiste en une histoire racontée selon le point de vue de plusieurs personnes ayant survécu à la guerre des zombies. Le film suit le parcours d’un ancien employé de l'ONU, joué par Brad Pitt, alors qu'il essaye de trouver un moyen de stopper l'épidémie du virus.

    L'apparition de zombies, et la description des organes parqués dans la glace et exportés dans d'autres pays, le livre de Max Brook donne une description assez précise des pratiques actuelles du régime chinois concernant les prélèvements d'organes à partir de prisonniers de conscience.

    Depuis 2006, lorsque les juristes canadiens David Kilgour et David Matas ont publié un rapport révélant la récolte systématique d'organes de pratiquants de Falun Gong détenus dans les prisons chinoises. Il existe de fortes allégations que les prisonniers en Chine sont tués pour leurs organes (ensuite vendus pour les transplantations) et que la majorité des organes proviennent de pratiquants de Falun Gong, une pratique spirituelle interdite et persécutée par le régime chinois depuis 1999. La croissance exponentielle du nombre de transplantations d'organes en Chine depuis l'an 2000 a amené les experts à estimer que des centaines de milliers d'organes provenant de pratiquants du Falun Gong avaient été prélevés jusqu’à maintenant.

    Max Brook lui-même a expliqué dans une interview qu'il avait effectué une recherche approfondie afin de s'assurer que tout dans le livre, à l'exception des zombies, soit « soit inspiré de la réalité, soit 100% vrai ».

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/13/6/28/n3508545.htm

  • Émission de la BBC le 30 avril 2013 sur les prélèvements d'organes en Chine

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    A écouter en cliquant sur l'image.

    Reportage en anglais de la BBC Worldwide diffusée le 30 avril 2013 sur les prélèvements d'organes en Chine. Témoignage de David Kilgour et d'un médécin occidental ayant fait malgré lui une opération à vif en Chine sur un prisonnier.

    Tiré de: http://www.bbc.co.uk/programmes/p017k033

  • Mettre fin à un crime contre l’Humanité en Chine

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    La civilisation multimillénaire de la Chine mérite le respect du monde entier. Cette présentation va s’occuper de la manière dont elle est gouvernée et de la violence commise par son actuel Parti-État depuis 1949, sur ceux considérés comme ses opposants, ce qui, récemment a résulté en un pillage à grande échelle d’organes à partir de pratiquants de Falun Gong, dans un but de transplantation commerciale. Aucun «donneur» de Falun Gong ne survit aux opérations de transplantation, où que ce soit en Chine, parce que les deux reins et tous les autres organes vitaux sont invariablement prélevés et les corps sont ensuite incinérés.

    David Matas et moi avons depuis 2001 repéré 52 sortes de preuves, directes et circonstancielles, que ce commerce a cours. Pour la seule période 2000-2005, nous avons conclu que pour 41.500 transplantations, la seule explication plausible sur l’origine des prélèvements était les pratiquants de Falun Gong. Nous sommes arrivés à ce chiffre en déduisant du chiffre gouvernemental de 60.000 greffes sur cette période de six ans – lequel semble correct – a meilleure estimation disponible concernant les détenus exécutés (18.550) au cours de ces mêmes années.

    Organes d’État

    Dans son livre de 2012, Organes d’État, l’approximation la plus basse du chercheur/auteur Ethan Gutmann est qu’environ 65.000 pratiquants de Falun Gong ont été tués pour leurs organes durant les années 2000-2008, sélectionnés sur quelque 1.2 millions de pratiquants qu’il estime avoir été internés dans le système de travaux forcés de la Chine (Laogai). Une signature de police est suffisante pour envoyer n’importe qui dans les camps pour jusqu'à trois ans. Ainsi que Mark Mackinnon du Globe and Mail canadien l’exprimait récemment: «Pas d’accusation, pas d’avocat, pas d’appel». En 2007, un rapport gouvernemental des U.S. estimait qu’au moins la moitié des internés dans 340 camps était des pratiquants de Falun Gong. Une gouvernance léniniste et une économie «permissive» a créé les conditions pour qu’un trafic d’organes existe et persiste à ce jour.

    Falun Gong (ou Falun Dafa) est une discipline spirituelle qui recherche l’amélioration de la santé et de l’éthique. Elle contient des éléments de systèmes traditionnels, tels que le qigong chinois, le bouddhisme et le taoïsme, combinés à un ensemble d’exercices doux. Du fait que cette discipline a grandi en popularité incroyablement rapidement dès ses débuts en 1992, l’ancienne tête du Parti Jiang Zemin y vit une menace, la décréta culte et commença une persécution contre ses pratiquants à partir du milieu de l’année1999.

    Après 1980, le Parti post-Mao se mit à retirer les fonds du système de santé à travers toute la Chine, exigeant de ce dernier qu’il compense le manque à gagner sur les frais de service facturés, à des patients pour l’essentiel non-assurés. La vente des organes de condamnés exécutés devint une source de revenus pour les chirurgiens, l’armée et d’autres participants. Après 1999, les prisonniers de conscience Falun Gong devinrent une vaste banque vivante d’organes pour les patients chinois fortunés et les «touristes d’organes»  de l’étranger, ces derniers préférant souvent que leurs «donneurs» soient du Falun Gong, ceux-ci étant normalement des personnes en bonne santé.

    Matas et moi avons visité une douzaine de pays pour interviewer des pratiquants de Falun Gong envoyés dans les camps de travaux forcés de Chine, qui réussirent plus tard à quitter les camps et le pays. Ces pratiquants nous ont parlé du travail, dans des conditions épouvantables, dans les camps jusqu'à seize heures par jour, sans salaire, et avec très peu de nourriture, de conditions difficiles pour dormir dans des lieux bondés et de torture. Ils fabriquaient une gamme de produits pour l’exportation, en tant que sous-traitants pour des compagnies multinationales. C’est à la fois une irresponsabilité majeure de la part des grandes sociétés et une violation des règles de l’OMC (1); cela lance un appel criant à une réponse effective des partenaires commerciaux de la Chine. Tous les gouvernements devraient bannir les exportations provenant du travail forcé en promulguant une législation qui place sur les importateurs dans chaque pays l’obligation de prouver que leurs biens ne sont pas fabriqués par des esclaves.

    Un engagement constructif

    Une communauté internationale responsable devrait cependant s’engager de façon aussi constructive que possible auprès du nouveau gouvernement de Pékin, tout en le poussant à mettre fin au pillage d’organes.

    Une démocratie aux caractéristiques très chinoises est probablement plus proche que bien des sino-cyniques le pensent. Les valeurs des sociétés démocratiques sont universelles et comprennent l’égalité de tous les citoyens, la force suprême de la Loi et des juges indépendants, une démocratie multipartite, une responsabilité sociale des grandes entreprises et le besoin d’emplois industriels partout. Il faut que le peuple chinois sache que tous les démocrates du monde sont à leurs côtés, non avec leur gouvernement, exactement comme cela fut le cas avec les Européens centraux de l’est pendant la Guerre Froide et avec les Africains du Sud durant la période menant à la sortie de prison de Nelson Mandela et à son élection comme président d’une nation démocratique.

    Lire la suite de cet article sur: http://www.epochtimes.fr/front/13/4/24/n3508264.htm

  • La Chine face à ses responsabilités

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    Pendant des années, mon respect pour les Chinois a eu pour effet de minimiser les critiques de leur gouvernement, rationalisant ma position en me disant qu’au moins l’actuel gouvernement n’était pas celui de Mao Tsé-Tong sous lequel, environ 35 à 45 millions de citoyens sont morts de faim, pendant le «grand bond en avant» (1958-1962).

    Quand il a été prouvé que la pauvreté de centaines de millions de familles, dans les années 50, 60 et 70, avait disparu grâce à l’ouverture du marché économique des exportations dirigé par Deng Xiaoping en 1978, je suis devenu un inconditionnel de la Chine, aveugle face à sa mauvaise gouvernance, aux désastres environnementaux, à la violence du parti-État, aveugle face aux inégalités sociales croissantes, à l’augmentation de l’injustice et de la corruption, qui ont sévi depuis la période de Deng jusqu’au début des années 90.

    La mort de la petite Wang Yueyue
    Dans ce contexte, permettez-moi de parler de la mort récente d’une enfant de deux ans, Wang Yueyue, après une série effroyable d’incidents sur le marché de Foshan dans le Guangdong. Comme tout un chacun le sait maintenant, Yueyue est morte à l’hôpital après avoir été écrasée par deux chauffards en délit de fuite. Dix-huit personnes ont été filmées alors qu’elles passaient devant elle sans venir la secourir.

    Mark Mackinnon, le chef du bureau de Pékin du Globe and Mail, a écrit un long article au sujet de cette tragédie: «Plusieurs de ces passants ont été traqués par les médias chinois et ils ont été interrogés sur leur comportement. […] Pourquoi ne sont-ils pas intervenus ? Le mot ‘‘peur’’ court sur toutes les lèvres. ‘‘J’étais effrayée’’, explique une femme nommée Lin tristement célèbre pour être passée devant Yueyue avec sa fille de cinq ans, en ajoutant si quelqu’un d’autre avait porté secours, j’aurais fait la même chose’’».

    L’indifférence n’est pas la réponse. Les Chinois que j’ai rencontrés sont tout sauf indifférents. […] Le système légal ici est imprévisible et injuste pour ceux qui n’ont pas d’argent et pas de relations politiques. Prendre part amène souvent des problèmes.

    Le cas le plus cité est celui de Peng Yu, un homme de Nanjing qui s’est arrêté pour aider une femme qui était tombée et s’était cassé la hanche […]. Devant les coûts médicaux élevés, la femme de 65 ans s’est retournée contre son «bon samaritain» et l’a accusé d’être responsable de sa chute […]. Le tribunal a retenu ses accusations, trouvant «ne pas être d’accord avec les raisons» selon lesquelles Peng n’aurait écouté que son cœur. Il a été obligé de payer la facture médicale de 6.000 dollars. Le cas de M. Peng est bien connu, et il y en a eu plusieurs comme celui-ci.

    Lorsque j’ai été invité dans une émission de la radio BBC World pour discuter du cas de Yueyue, un interlocuteur de la République Tchèque a rappelé aux auditeurs qu’il n’y a pas que les Chinois qui auraient pu avoir la même réaction que les 18 passants. Quiconque vit dans un État autoritaire peut comprendre ce qui leur a traversé l’esprit.

    Les procès en Chine: de simples mises en scène
    Il est difficile pour les étrangers de comprendre que les procès en Chine sont de simples mises en scène. Clive Ansley, un avocat canadien, a pratiqué à Shanghai pendant 13 ans, réglant plus de 300 dossiers dans son tribunal, avant de rentrer en Colombie-Britannique. Dans son article paru en mars 2007 dans la revue Le Verdict destinée aux avocats, il explique la réalité de la situation: «Il y a un dicton courant chez les avocats et les juges chinois qui croient vraiment en l'État de droit, et ce dicton, familier à tous les milieux juridiques en Chine illustre bien la futilité des tentatives canadiennes à ‘‘aider la Chine à améliorer son système juridique’’ par la formation des juges. Il est: ‘‘Ceux qui traitent le dossier ne font pas le jugement et ceux qui font le jugement n’ont pas traité le dossier’’. Rien de ce qui se passe dans la ‘‘salle du tribunal’’ n’a d’impact sur le jugement.»

    Jérôme Cohen, expert en droit chinois à l’université de Droit de New York, souligne que tant que le gouvernement chinois n’aura pas signé ni ratifié l’accord international des Droits Civils et Politiques, son peuple n'aura pas de libertés fondamentales. D’autres abus du système légal sont illustrés par les exemples d’avocats accusés «d’incitation à faux témoignage» pour avoir convoqué un témoin à décharge et par l’utilisation régulière de la torture pour obtenir des aveux.

    La goutte d’eau pour Clive Ansley a été lorsqu’un décret voté par les juges de la Cour Suprême de Chine a demandé de «s’assurer que le jugement protège l’intérêt national lors d’un différend entre le parti chinois et un parti étranger». Ansley est retourné au Canada car il savait que cela signifiait que les verdicts en faveur des étrangers devenaient impossibles, dans pratiquement tous les cas.

    Mme Li, une ancienne juge de la Cour fédérale chinoise, s’est expliquée récemment à l’université de San Diego. Malgré son poste élevé, elle a été envoyée dans un camp de travaux forcés pendant trois ans et quatre mois sans aucune forme d’audition, parce qu’elle pratiquait le Falun Gong.

    Mme Li explique: «En Chine, la corruption est habituelle dans le système judiciaire, d’autant plus si vous pratiquez le Falun Dafa. J’étais sans doute le seul juge qui ait refusé des dessous de table et j’étais reconnue comme un juge loyal et juste. En avril 2002, j’étais sur la place Tiananmen et je plaidais auprès du gouvernement pour stopper les persécutions contre les pratiquants du Falun Gong. J’ai été emmenée au commissariat et tabassée, mon nez était en sang et pour me forcer à faire des aveux, ils m’ont empêchée de dormir pendant trois jours et trois nuits».

    Mme Li a été radiée de la Cour fédérale parce qu’elle ne voulait pas signer une déclaration dénonçant le Falun Gong. Les autorités l’ont obligée à divorcer et elle vit maintenant en Californie, avec le statut de réfugiée.

    Falun Gong
    La persécution en cours des bouddhistes tibétains, des chrétiens, des musulmans ouighours et autres groupes spirituels par le parti-État chinois, enfreint la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Considérons le Falun Gong, d’abord devenu public en 1992, et qui en sept ans, a atteint les 70 à 100 millions de pratiquants, selon les propres estimations du gouvernement. La pratique, contenant des éléments du bouddhisme et du taoïsme, combinés à une série d’exercices doux, cherche à améliorer le corps et l’esprit. Ses principes essentiels sont «authenticité-compassion-tolérance». Bien que moi-même non pratiquant, j’ai été très impressionné par la dignité et le caractère des gens pratiquant le Falun Gong rencontrés dans plus de quarante pays, depuis 2006.

    Après la mi-1999, des dizaines de milliers de Falun Gong ont été envoyés dans des camps de travaux forcés – créés d’après ceux établis par Hitler, puis Staline – sur une seule signature de la police, sans aucune forme d’audience.

    Aujourd’hui, le Falun Gong semble composer près des deux-tiers des victimes de torture et la moitié des détenus dans les camps de travaux forcés, dans toute la Chine. Selon les recherches que David Matas et moi-même avons accomplies, compilées dans le livre Bloody Harvest, les pratiquants ont été assassinés par milliers depuis 2001 et leurs organes objets de trafic pour les patients chinois et étrangers. Pour la seule période de 2000 à 2005, avec Matas nous avons conclu que la seule explication possible aux 41.500 greffes réalisées en Chine, était que les organes avaient été prélevés de force sur des pratiquants du Falun Gong.

    Engagement responsable avec Pékin
    Les dirigeants du Canada et du secteur privé devraient examiner la raison de leur soutien des violations de tant de valeurs canadiennes dans le but d’accroître les exportations vers la Chine. De plus, pendant des années, ce phénomène a principalement entraîné la délocalisation en Chine d’emplois canadiens et un accroissement constant de notre déficit commercial bilatéral (actuellement approximativement 31 milliards de dollars). La partie de notre communauté ayant surinvesti en Chine n’a-t-elle pas le sens de la responsabilité pour les emplois nécessaires pour les Canadiens ? Le reste d’entre nous est-il tant focalisé sur l’accès à des biens de consommation peu onéreux que nous ignorons les coûts humains et environnementaux payés par les Chinois qui les produisent ?

    Lire la suite sur: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/La-Chine-face-a-ses-responsabilites.html

  • Combattre l'assassinat des pratiquants de Falun Gong pour leurs organes

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    Discours devant la Société Internationale pour les Droits de l'Homme

    Discours de David Matas devant la Société Internationale pour les Droits de l'Homme à Bern en Suisse, le 16 janvier 2010, à l'occasion de l'attribution du Prix des Droits de l'homme de la branche suisse

    Quatre messagers viennent trouver Job, l'un pour raconter la perte de son bœuf et de ses ânes avec leurs gardiens; le suivant pour raconter la mort de son mouton et de ses bergers; le troisième pour raconter la mise à mort de tous ses chameaux avec les serviteurs; et le quatrième pour raconter le décès de tous ses fils et de toutes ses filles. Chaque messager dit: "Moi seul en ai réchappé pour vous le raconter." Ce sont aussi les mots d'Ishmael, dans le roman de Moby Dick de Herman Melville, à la fin de son tragique récit du Capitaine Ahab et du navire Pequod.

    À proprement parler, je ne suis pas un survivant de l'Holocauste, car mes quatre grands-parents sont arrivés au Canada avant la Première Guerre Mondiale. Cependant, stricto sensu, chaque juif est un survivant de l'Holocauste. Six millions de juifs ont été tués. Tous les juifs étaient visés. C'est uniquement le hasard de la guerre qui a donné la victoire aux Alliés plutôt qu'à l'Axe durant la Seconde Guerre Mondiale. Si les forces de l'Axe avaient remporté la victoire, ni moi, ni aucun juif ne serait vivant aujourd'hui.

    J'en ai réchappé pour raconter. Bien que nous ne puissions donner aucune signification au massacre insensé de tant de millions d'innocents, nous devons tirer des leçons de l'Holocauste. Il est facile de dire "Jamais plus". Mais que cela soit effectif n'est pas si facile. La réalité est que depuis la Seconde Guerre Mondiale, des génocides se sont produits encore et encore, pas sur des juifs, mais sur des cambodgiens, des Hutus, des Tutsis, des bosniaques, des somaliens et maintenant des pratiquants de Falun Gong.

    Une des leçons que j'ai tenté de tirer de l'Holocauste est de ne jamais accepter en silence les brutales violations des droits humains, où qu'elles se produisent. L'Holocauste ne serait pas arrivé si partout les gens avaient protesté contre les violations brutales des droits humains, n'importe où, et aussitôt apparues.

    Je me suis engagé dans le travail des droits de l'homme pour que cette leçon perdure, afin de rejoindre la lutte en faveur des droits de l'homme sur ce front. En luttant au premier rang, j'ai dû combattre un ennemi qui rôde sur le champ de bataille des droits humains, un cavalier de notre propre apocalypse, causée par l'homme, le cavalier de l'impuissance.

    Il existe un sentiment trop répandu que les violations des droits de l'homme sont si énormes, et si lointaines et que rien ne peut être entrepris contre cela. Je suis d'avis que non seulement les individus dans des pays comme le Canada, très éloignés de violations brutales et incontestables, peuvent avoir un impact positif sur le respect des droits de l'homme, mais que c'est la voix des individus à travers le monde qui sera le plus à même de conduire au respect des droits de l'homme.

    On a habituellement tendance à se tourner vers les gouvernements ou les Nations unies pour promouvoir le respect des droits de l’homme. Pourtant, les droits de l’homme appartiennent aux individus. À moins que les individus ne promeuvent le respect des droits, ces droits sont voués à disparaître.

    Lorsqu’on m’a demandé, ainsi qu’à David Kilgour, d’investiguer les allégations que les pratiquants de Falun Gong étaient assassinés pour leurs organes. J’ai accepté sans hésitation. Je n’avais aucune idée quant à la véracité des allégations. Mais je savais que le Gouvernement de la Chine avait une politique et une pratique de persécuter les pratiquants de Falun Gong. Et je savais aussi, par ma propre expérience avec les organisations non-gouvernementales des droits de l’homme, que c’était une allégation que ces organisations auraient du mal à confirmer.

    Pour ce prétendu crime, il était peu probable qu’il y ait un quelconque témoignage de témoin oculaire. Les personnes présentes sur la scène du prélèvement d’organes de pratiquants de Falun Gong, s’il avait bien lieu, auraient été soit les auteurs soit les victimes. Il n’y aurait pas eu de témoins. Parce que les victimes, selon les allégations, étaient assassinées et incinérées, il n’y aurait pas de corps à trouver, ni d’autopsie à faire. Il n’y aurait pas de victimes ayant survécu pour dire ce qui leur était arrivé. Il était peu probable que les auteurs de tels crimes confessent ce qui serait, s'ils avaient lieu, des crimes contre l’humanité.

    La scène du crime, si le crime s’était produit, n’aurait laissé aucune trace. Une fois qu’un prélèvement d’organe est effectué, la salle d’opération dans laquelle il a lieu ressemble à n’importe quelle autre salle d’opération.

    Le Gouvernement chinois réprime les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme. Il n’y a pas de liberté d’expression. Ceux qui rendent compte des violations des droits de l’homme en Chine sont souvent emprisonnés et parfois accusés de communiquer des secrets d’état.

    Le Comité international de la Croix rouge n’est pas autorisé à visiter les prisonniers en Chine. Pas plus que n’importe quelle autre organisation concernée par les droits de l’homme des prisonniers.

    Ces obstacles probatoires me disaient clairement que les organisations non-gouvernementales avec lesquelles je travaillais ne feraient rien à propos des allégations. C’était une allégation appelant à une investigation, mais sans aucune organisation non-gouvernementale établie pour enquêter. J’ai donc accepté de m’impliquer avec David Kilgour pour combler la brèche.

    Comment nous avons été capables d’avoir prise sur les allégations, la preuve sur laquelle nous nous sommes appuyés, je vous laisse le découvrir par vous-même en lisant notre travail. Notre conclusion est qu’il y a eu et qu’il continue à y avoir aujourd’hui des saisies d’organes à grande échelle sur des pratiquants de Falun Gong non-consentants.

    Nous avons conclu en Juillet 2006 que le gouvernement de la Chine et ses agences dans de nombreuses parties du pays, depuis 1999, avaient mis à mort un grand nombre quoique inconnu de prisonniers de conscience du Falun Gong. Leurs organes vitaux, reins, foies, cornées et cœurs, avaient été prélevés sans consentement pour la vente à bons prix, quelquefois à des étrangers, qui font face normalement à de longues attentes pour des donations volontaires de tels organes dans leurs propres pays.

    Notre conclusion n’est pas venue d’un seul élément de preuve, mais plutôt de l'assemblage de tous les éléments de preuves que nous avons considérés. Chaque portion de preuve que nous avons considérée est, en soi vérifiable et, dans la plupart des cas incontestable. Prises ensemble elles dépeignent un terrible tableau. C’est leur combinaison qui nous a convaincus.

    Parce que nous sommes tous les deux des activistes des droits de l’homme, nous ne pouvions pas rester sans rien faire après avoir conclu que des innocents étaient tués pour leurs organes. Notre activisme, nos voyages pour cet activisme, nous ont amenés à découvrir une nouvelle preuve. Nous avons produit une seconde version de notre rapport en juillet 2007 et une troisième version sous la forme d’un livre en novembre 2009, sous le titre de Bloody Harvest: The Killing of Falun Gong for their Organs. (Prélèvement meurtriers – l’assassinat des Falun Gong pour leurs organes)

    Depuis l’annonce de notre investigation en mai 2006, il y a eu de nombreux changements en Chine et à l’étranger. Les changements en Chine concernant les greffes d’organes sont les suivants :

     

    * Le Gouvernement de la Chine a interdit la vente d’organes. Le 1er juillet 2006, une loi interdisant la vente d’organes a pris effet [1].
    * Les hôpitaux civils engagés dans les transplantations doivent aujourd’hui être enregistrés auprès du Ministère de la Santé. Les hôpitaux civils non enregistrés ne peuvent pas s’engager dans les transplantations.
    * Les patients chinois ont aujourd’hui priorité d’accès aux greffes d’organes par rapport aux étrangers. Le Ministre de la Santé a annoncé ce changement le 26 juin 2007. [2].
    * Le Gouvernement de la Chine s’est engagé à promulguer une loi pour légaliser le prélèvement d’organes sur des personnes en état de mort cérébrale. La proposition d’origine pour le changement de loi concernant les transplantations d’organes qui a pris effet le 1er juillet 2006, incluait une provision à cet effet.
    * Les sites internet en Chine qui faisaient la publicité des prix et des courts délais d’attente pour les transplantations ont disparu. Nous avons archivé les sites, mais ils ne sont plus visibles à partir de leurs sources.
    * Le Gouvernement de la Chine a annoncé en Août 2009 un système de donation d’organes en tant que projet pilote dans dix endroits.
    * Lorsque nous avons commencé notre travail, la position officielle du gouvernement chinois était que tous les organes avaient pour origine des donations volontaires, ceci en dépit de l’absence d’un système de donation d’organes. Aujourd’hui, le Gouvernement de la Chine reconnaît que sa source prédominante d'organes ce sont les prisonniers.    
    * De surcroît, le Gouvernement de la Chine accepte à présent que s’approvisionner en organes sur les prisonniers est erroné. Le Ministre adjoint de la Santé, Huang Jeifu, au moment de l’annonce d’un projet pilote de dons d’organes en Août 2009, a déclaré que les prisonniers exécutés ne “sont assurément pas une source appropriée pour les transplantations d’organes ". [3]

    Depuis que nous avons débuté nos travaux, il y a eu aussi des développement significatifs hors de Chine :

    *Israël a adopté une loi interdisant la vente et le courtage des organes {4].
    *Israël a aussi mis fin à son financement par le biais du système d’assurance maladie pour les greffes pour ses ressortissants en Chine
    *Taiwan a interdit la visite de médecins chinois venant effectuer des greffes d’organes [5].
    * Les principaux hôpitaux de greffes de Queesland, Australie ont interdit la formation de chirurgiens chinois [6]
    * Un sénateur belge Patrik Vankrunkelsven et un membre du parlement canadien Borys Wrzesnewskyj ont tous deux présenté au parlement de leur pays une législation extraterritoriale interdisant le tourisme de greffes. La législation proposée devrait, une fois édictée, pénaliser tout patient de greffe ayant reçu un organe sans le consentement du donneur dans le cas où le patient connaissait ou aurait dû connaitre l’absence de consentement.
    *L’Association médicale mondiale a conclu un accord avec l’Association médicale chinoise, selon lequel les organes des prisonniers et autres personnes en garde-à-vue ne doivent pas être utilisés pour des greffes, excepté pour les membres de leur famille immédiate.
    *La société de transplantation s’est opposée aux greffes d’organes provenant de prisonniers ainsi que les présentations d’études impliquant des données du patient ou des échantillons provenant de récipiendaires d’organes ou de tissus issus de prisonniers.

    Ces changements ne sont pas suffisants pour résoudre les abus dont nous avons parlé. Au contraire, pour les pratiquants de Falun Gong, le problème ne s'est pas amélioré mais a empiré. Depuis le début de nos travaux, le nombre de prisonniers condamnés à mort, puis exécutés a décru de façon significative, mais le nombre de greffes, au début, a diminué juste un peu, puis est revenu aux niveaux traditionnels. Puisque la seule autre source substantielle d’organes pour les greffes en Chine, en plus des pratiquants de Falun Gong, sont les prisonniers condamnés à mort, une décroissance des sources issues de prisonniers condamnés à mort signifie une augmentation des sources issues des pratiquants de Falun Gong.

    Bien que les violations à l’encontre des pratiquants de Falun Gong soient devenues plus intenses depuis le début de nos travaux, le changement significatif dans la politique et la pratique à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de Chine nous encourage. La volonté de changement est présente. Nous devons continuer à exercer des pressions pour obtenir des changements jusqu’à ce que les abus cessent.

    La récompense que vous nous donnez ici aujourd’hui, va certainement aider. J’ai reçu, au cours des années, de nombreuses récompenses pour mon travail sur les droits de l’homme, et je les ai toutes appréciées. Mais cette récompense est spéciale du fait du séminaire de cette dernière journée et demi sur l’essentiel de notre travail et l’engagement de la Société internationale pour les Droits de l’homme de se joindre à nous pour combattre ces abus.

    Il semble que ces jours-ci, tout le monde veuille un raccourci. Les personnes préparées à étudier nos écrits, vérifier nos sources et tirer leur propre conclusion sont rares et éparpillées. Mais elles existent – Kirk Allison, un universitaire de l’université du Minnesota, Tom Treasure, un chirurgien en greffes britannique, Howard Wang, un étudiant en premier cycle de thèse de Yale, et je les applaudis ici pour cela.

    Mais pour les médias, pour les parlementaires, pour les bureaucrates, ce qui importe souvent, n’est pas tant la qualité de notre travail que de savoir qui est d’accord avec lui. Le seul fait que David Kilgour et moi étions pratiquement seuls était, en soi, pour beaucoup, une raison de remettre notre travail en question. Avoir une organisation non gouvernementale respectée comme la Société internationale pour les Droits de l’Homme (et Droits de l’Homme sans frontières dont la maison mère se trouve en Belgique, qui s’est aussi joint à nos efforts) ajoute à la crédibilité de notre travail, soulage le fardeau sur nos épaules, renforce notre campagne de promotion et soutient la capacité de recherche pour le travail en cours.

    Donc, je vous remercie pour cette récompense. Et je me réjouis de travailler avec vous dans les mois à venir dans la lutte pour mettre fin à l'assassinat des Falun Gong pour leurs organes.


    David Matas est un avocat international des droits de l’homme, installé à Winnipeg, Manitoba, Canada
    [1] Article 27, Application clinique des dispositions provisoires pour la gestion de la technologie de greffes d’organes humains
    [2] Jim Warren, la Chine bouge rapidement pour changer le systéme de greffes, Informations Greffes, Septembre 2007
    [3] ‘’Réforme des organes en Chine’’, Quotidien de Chine, 26 août 2009
    [4] Shahar Ilan, Avec la benediction des principaux rabbis, la Knesset approuve la donation d’organes, Haaretz 24/03/2008
    [5] Wang Changmin, Les médecins effectuant des greffes d’organes seront interdits de venir à Taiwan, Liberty Times à Taiwan, 26/10/2007
    [6] Les hôpitaux interdisent la formation de médecins chinois, le Sydney Morning Herald, 5 décembre 2006

    Tiré de ClearHarmony: http://www.fr.clearharmony.net/articles/201001/49331.html

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