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culturelle

  • Échec des tentatives de suppression des publicités de Shen Yun à Bruxelles

    Chine, Belgique, UE, Shen Yun, censure, liberté, culturelle, théâtre nationale, Xi Jinping

    Les autorités chinoises ont exercé des pressions sur la Belgique afin de couvrir ou d’enlever les affiches promouvant un spectacle de danse classique chinoise, lors de la visite, cette semaine, de Xi Jinping à Bruxelles.

    Shen Yun Performing Arts se produit au Théâtre National du 2 au 6 avril. Shen Yun, qui joue chaque année dans plus de 100 villes à travers le monde, a entrepris de faire revivre la culture traditionnelle chinoise, inspirée du divin. Il ne peut cependant pas se produire en Chine continentale.

    M. Xi Jinping réside à l’hôtel Sheraton à Bruxelles, qui est proche du Théâtre National. A moins de 5m de l’entrée de l’hôtel, un panneau d’affichage Shen Yun est bien visible. Du 2 au 6 avril, six représentations de Shen Yun Performing Arts sont prévues au théâtre. Ces représentations se dérouleront alors que les dirigeants mondiaux, dont le Président Barack Obama se retrouvent à Bruxelles pour un sommet sur l’Afrique. La Belgique étant le siège de l’Union Européenne, du Parlement Européen et de l’OTAN.

    La campagne d’affichage pour Shen Yun gérée par l’agence BHS Promotion n’a pas répondu directement aux questions envoyées par courriel. Un représentant de BHS Promotion a expliqué à l’EU Observer avoir été contacté par le département central de la police à Bruxelles qui leur a demandé d’enlever les affiches promouvant Shen Yun, affirmant qu’elles posaient des « problèmes diplomatiques.» Plus tard, la police a annulé sa demande.

    Dans le même temps, le département central de la police a aussi envoyé une lettre à l’Association Belge du Falun Gong, organisateur de la représentation en Belgique. Elle lui demandait de couvrir ou d’enlever toutes les affiches de Shen Yun.

    Selon l’EU Observer, Nicholas Schols, porte-parole de l’Association Falun Gong, a expliqué aux journalistes en Belgique que la police lui avait affirmé qu’une « cellule interne de crise subissait des pressions de la part du Consulat Chinois ».

    M. Schols a ajouté que, plus tard, la police avait annulé sa demande, tout comme ils avaient annulé la demande auprès de l’agence de publicité. Cependant, en dépit de la pression du Consulat chinois, la représentation à venir de Shen Yun a obtenu le soutien des dirigeants Européens.

    Edward McMillian-Scott, vice-président du Parlement Européen, a envoyé une lettre au maire de Bruxelles, déclarant que le parti communiste chinois (PCC) diffuse chaque année des menaces similaires. Il a déclaré que c’est une bonne nouvelle que le problème ait été résolu. Régulièrement, le PCC tente en effet d’exercer des pressions sur les pays et les théâtres afin d’annuler les représentations de Shen Yun.

    Ces pressions pour la représentation d’avril constituent la troisième tentative des autorités chinoises de causer des problèmes à Shen Yun, lors de son passage à Bruxelles. En mars 2013, le Théâtre National avait temporairement cessé de vendre des tickets de Shen Yun après la révélation de pressions qu’il avait subi de la part des autorités chinoises. Selon le site Internet Minghui, par la suite le Théâtre National avait repris ses activités normales et publié une déclaration affirmant: « Nous avons un contrat. La Belgique est une société libre. Le théâtre respecte le droit à la liberté d’expression. »

    Deux ans plus tôt, le PCC avait aussi tenté sans succès d’annuler une représentation de Shen Yun à Bruxelles, dans le même théâtre. Selon Minghui, il a été découvert qu’une équipe de l’ambassade chinoise avait contacté le dirigeant du théâtre et lui avait demandé d’annuler la représentation. Le directeur avait rejeté la demande.

    Dans ce qui était presque certainement une conséquence inattendue de l’ingérence du PCC, l’Association Belge de Falun Dafa qui présente Shen Yun, a organisé une conférence de presse le 28 mars, appelant le gouvernement et les médias belges à enquêter sur les efforts visant à supprimer la publicité pour Shen Yun et à maintenir la liberté culturelle dans le pays. 

    Ceci a beaucoup attiré l’attention des médias dans de nombreux points presse belges.

    La RTBF, plus grand diffuseur en langue française de Belgique, a couvert l’incident lors de son bulletin diffusé à une heure de grande écoute.

    M. Schols, porte-parole de Falun Gong, a aussi présenté la destruction de la culture chinoise par le parti communiste chinois et la persécution de la pratique de Falun Gong. « Le gouvernement Belge a été mis sous pression, et il y a résisté » a-t-il déclaré.

    L’Avenir, un journal local et la Libre Belgique, ont tous les deux couvert l’événement. « Pourquoi l’image d’une élégante danseuse chinoise rend-t-elle le Président Xi soucieux ? » demande un article de la Libre Belgique. « Cette représentation dépeint, non seulement les traditions de la Chine, vieilles de 5000 ans, mais aussi la persécution des pratiquants de Falun Gong par le Parti communiste » affirme l’article. Le Parti Vert flamand a aussi appelé la police de Bruxelles à « empêcher la Chine d’exporter sa censure culturelle. »

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/14/4/2/n3509601/echec-des-tentatives-de-suppression-des-publicites-de-shen-yun-a-bruxelles.htm

  • Faire le Ramadan en Chine: un droit mais pas pour tous

    Pendant longtemps interdit comme toutes les pratiques religieuses, le jeûne pratiqué par les Musulmans de Chine est désormais toléré. A condition toutefois de ne pas être un étudiant ouïghour au Xinjiang.

     

     

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    Un homme installe les tables pour la rupture du jeûne dans la cour de la mosquée de la "rue du boeuf"

    De l'extérieur, cela ressemble à s'y méprendre à un temple chinois. Pourtant, l'enfilade de toits traditionnels qui domine la "rue du boeuf" n'en est pas un. "Notre mosquée est particulière, elle est le reflet d'une influence chinoise, mais la forme du bâtiment n'a pas d'importance. Le principal est d'avoir Allah dans son coeur" explique aux curieux Wei Chunjie, imam de la mosquée de Niu Jie, la plus ancienne de Pékin.


    En cette fin d'après-midi, les préparatifs vont bon train pour la rupture du jeûne, qui aura lieu dès la tombée de la nuit: d'abord une première collation, puis une prière, puis le dîner. Durant le mois saint du Ramadan, la coutume veut que les fidèles se retrouvent pour partager le dîner. "Chaque soir, près de 400 personnes se rassemblent ici", explique Bai Jia Li, qui tient un petit commerce dans la mosquée. "Durant 15 heures chaque jour, on ne peut ni boire ni manger, ce n'est pas facile. Alors à la tombée de la nuit nous aimons nous retrouver, le Ramadan est un temps de partage" dit cette femme originaire de la province du Hebei, qui jouxte la capitale.

    Mme Bai respecte strictement le jeûne. "Le plus éprouvant est de ne pas boire de la journée" confie-t-elle. Son fils, lui, ne s'impose pas cette rigueur "parce qu'il étudie, il est en médecine, et ses études doivent passer avant toute autre chose". Dans la capitale chinoise, nombreux sont les Musulmans à faire comme lui. "Si vous allez à Xi'An, où vit une importante communauté musulmane, les gens sont très pratiquants, mais ici à Pékin beaucoup moins" dit Bai Jia Li.


    Un constat que partage l'imam de la mosquée de Niu Jie. "Certaines personnes commencent symboliquement puis arrêtent après quelques jours. Sur cent personnes, je dirais qu'une vingtaine fait complètement le Ramadan" dit-il. Si ce chiffre prend en compte les enfants et les personnes âgées, dispensés de jeûne, le nombre de fidèles ne faisant pas le Ramadan reste toutefois élevé dans la communauté de Niu Jie, qui compte une dizaine de milliers de Musulmans.


    Une situation qui s'explique par un mode de vie dans lequel la spiritualité est reléguée au second plan. L'évolution économique du pays au cours des trois dernières décennies a favorisé le matérialisme, pas la religiosité. A cela s'ajoutent des causes historiques. Dans la capitale, comme partout en Chine populaire, les autorités ont longtemps dissuadé les gens de pratiquer leur religion, la foi ne faisant pas bon ménage avec le marxisme. Révolution culturelle oblige, les portes de la mosquée de Niu Jie sont restées closes dix ans, jusqu'au tournant de la mort de Mao.


    "Mais tout cela c'est du passé" dit l'imam, qui assure que les citoyens chinois sont désormais libres de faire le Ramadan s'ils le souhaitent. Deux agents de police passent dans la cour située devant le bureau de l'imam. "La police respecte la religion. Demain, elle viendra nous aider à organiser une fête et les agents du quartier doivent même acquérir des connaissances de base sur l'islam" insiste-t-il.


    Le Parti communiste chinois (PCC) garde toutefois un oeil sur les pratiques religieuses. Elles ne sont plus interdites mais la méfiance persiste à l'égard de toute activité susceptible de détourner les citoyens d'un patriotisme synonyme pour lui de légitimité, voire de remettre en cause son monopole politique, comme ce fût le cas du mouvement du Falun Gong en 1999. En Chine, la religion se pratique sous l'égide de l'état. Il se charge des nominations dans le clergé ou de la traduction et de l'édition des livres saints.


    Le Ramadan est récupéré par la propagande. "Pendant ce mois, le gouvernement communique beaucoup sur l'unité entre Hans et ethnies minoritaires" explique Wei Chunjie.


    Malgré l'insistance du président Hu Jintao sur l'harmonie qui règne sur l'ensemble du territoire, le droit au jeûne n'est pas accordé uniformément en République Populaire de Chine. Le Ramadan est largement toléré dans des régions où l'intégration des Musulmans au reste de la population n'est pas problématique. En revanche le gouvernement tente d'empêcher le jeûne dans les provinces où la cohabitation entre ethnies minoritaires et Hans est plus difficile, notamment au Xinjiang, province autonome à l'extrême ouest de la Chine où vit la minorité ouïghoure. Le Ramadan, l'un des cinq piliers de l'islam, y est perçu par les autorités comme un signe distinctif, non seulement religieux mais ethnique, qu'il faudrait effacer par crainte du séparatisme.


    "Au Xinjiang, les cadres du Parti, les employés du gouvernement, les étudiants et le personnel éducatif ne sont pas autorisés à pratiquer une activité religieuse. Il n'y a aucune ambiguïté là-dessus" explique Nicolas Bequelin, chercheur pour Human Rights Watch à Hong Kong.


    "Depuis plusieurs années, la campagne contre le Ramadan chez les étudiants ouïghours s'est intensifiée. Ces derniers sont vivement dissuadés de sauter le déjeuner. Ils sont explicitement prévenus par les autorités et doivent prendre leurs repas à la cantine. Quant aux professeurs musulmans, ils sont particulièrement invités à des déjeuners officiels au cours de cette période" poursuit M. Bequelin, selon qui une lettre d'avertissement a par exemple été envoyée aux parents d'un lycéen ouïghour ayant refusé de manger un midi à la cantine. Conséquence de cette politique, le Ramadan est plus respecté par les personnes âgées, sur lesquelles le gouvernement a moins de moyens de pression.



    "La Chine fait de grands efforts pour se donner l'image d'un pays qui respecte les pratiques religieuses. Si vous demandez au gouvernement, il vous répondra que la Chine respecte les activités religieuses si elles sont pratiquées dans le cadre légal. Or ce cadre est extrêmement restrictif" conclue-t-il.



    L'article 36 de la Constitution chinoise est placardé à l'entrée de certaines mosquées du Xinjiang. Il précise qu'aucun individu ne peut forcer un citoyen à avoir une religion. Une manière de dissuader les fidèles dépendant du gouvernement pour leur travail ou leurs études d'accorder trop d'importance à l'Islam. Paradoxe, le même article stipule que "les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de religion" et que "l'Etat protège les pratiques religieuses ordinaires".

     

    Tiré de Aujourd’hui la Chine : http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-le-ramadan-en-chine-un-droit-mais-pas-pour-tous-11988.asp?1=1

     

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