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censure des médias

  • Manifestation publique autour de la censure chinoise dans les médias

    La contestation autour de la censure d'un article dans un journal du sud de la Chine a déclenché le premier grand mouvement de colère de 2013. Les rédacteurs du magazine Southern Weekly du Guangdong sont habitués à la censure des responsables de la propagande. Mais cette fois, le directeur de la propagande semble avoir été trop loin et le public s'est rassemblé pour défendre la liberté de la presse.

    Ce lundi, des dizaines de sympathisants du Southern Weekly se sont rassemblés à proximité des bureaux du groupe Southern Media responsable de la publication. C'étaient pour la plupart de jeunes étudiants voulant protéger la liberté des médias.

    [Une sympathisante du Southern Weekly]:
    « Si aujourd'hui, nous ne défendons pas le Southern Weekly, personne ne nous défendra si quelque chose se passe pour l'un d'entre nous. Nous partageons le même destin. Nous devrions être fiers de chaque personne et chaque média qui brave le danger. »

    Le débat sur la liberté d'expression a commencé autour d'un éditorial pour le Nouvel An. Les rédacteurs exprimaient l'idée que le régime chinois doit respecter la constitution. Mais la version finale présentée à l'impression était un véritable hommage au Parti communiste. Tuo Zhen, le directeur de la propagande du Guangdong, a modifié l'article sans en avertir les rédacteurs du magazine.

    [Un sympathisant du Southern Weekly]:
    « Peut-être que de nombreux journalistes n'ont pas trouvé le sommeil depuis que leur article a été édité. Maintenant, nous devons les soutenir. »

    Cette manifestation est un test pour les nouveaux dirigeants chinois. La police locale a autorisé la manifestation. Un signe que les autorités prennent leurs précautions avant de contenir la colère publique au sujet de la censure. Le débat s'est également propagé sur l'Internet chinois. Plusieurs lettres ouvertes circulent en ligne appelant la démission de Tuo Zhen.

    Il semblerait aussi que les responsables essaient d'étouffer cette affaire. Dimanche dernier, un message posté sur le compte officiel Weibo niait que l'article avait été censuré. Mais cela n'a fait qu'attiser les critiques. Plusieurs journalistes du Southern Weekly ont pris leurs distances par rapport à l'article contesté et ont annoncé leur intention de faire grève.

    Tiré de: http://fr.ntdtv.com/ntdtv_fra/actualite/2013-01-08/495587251620.html

  • Pékin lance l'édition tibétaine du Quotidien du peuple

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    Des soldats de l'Armée populaire de libération dansent avec des drapeaux communistes chinois sur la page couverture de la première parution de l'édition tibétaine du Quotidien du peuple, un des médias officiels du régime. Le gros titre dit : «L'armée stationnée dans la neige protège la paix.»
    Les cadres du Parti communiste sont transparents à propos de ce nouveau «front» de propagande
    Le lancement au mois d'août de l'édition tibétaine du Quotidien du peuple a été présenté autant comme une force unificatrice pour les Tibétains qu’une fenêtre authentique sur la riche culture tibétaine. Cependant, les spécialistes des médias chinois affirment que le régime de Pékin cherche plutôt à trouver de nouveaux moyens pour «laver le cerveau» des Tibétains avec la propagande communiste.

    L'édition tibétaine du Quotidien du peuple, à ne pas confondre avec le Tibetan Daily – l'organe du gouvernement local – reçoit ses directives du gouvernement central et a débuté sa publication le 1er août 2009. C'est la première entreprise de propagande du Comité central dans la langue d'une minorité ethnique, et ce développement a été accueilli avec enthousiasme par les dirigeants du Parti communiste chinois (PCC).

    Une publication de quatre pages traduite du chinois au tibétain, le journal est imprimé à 50 000 exemplaires, dont 20 000 sont distribués au Tibet et le reste dans les provinces avoisinantes où habitent des populations tibétaines, rapporte le China Daily, un autre organe gouvernemental.

    «Toutes les éditions tibétaines du Quotidien du peuple seront distribuées gratuitement dans les villages, les écoles et les temples», indique Meng Xiaolin, rédacteur en chef du journal.

    Meng Xiaolin, qui supervise la traduction, l'impression et la distribution de la publication, affirme que chaque village recevra trois exemplaires gratuits, alors que les temples et les écoles primaires et secondaires en recevront deux.

    Le journal affirme que sa couverture médiatique va «contribuer au développement économique, au progrès social ainsi qu’à l'harmonie et à la stabilité ethniques au Tibet».

    Cependant, certaines des explications officielles concernant l'objectif de l'édition tibétaine semblent se contredire.

    Le jour de la publication du premier numéro, l'agence du Parti communiste, Chine nouvelle (Xinhua), a cité une déclaration officielle du Quotidien du peuple indiquant : «Nous allons faire de notre mieux pour fournir des nouvelles justes et opportunes qui concernent les gens locaux.» Le même article poursuivait plus loin en disant que la publication diffuserait la ligne du Parti et les politiques du gouvernement central. D'autres déclarations officielles mentionnent clairement que tout le contenu sera traduit de l'édition pékinoise, éliminant donc l'aspect local du journal.

    La Grande Époque a demandé à Cheng Xiaonong, conseiller de l'ex-dirigeant chinois Zhao Ziyang et maintenant rédacteur en chef de la revue académique Modern China Studies, de commenter ces déclarations, en apparence, contradictoires.

    «Ils ne sont pas vraiment sérieux avec ces mots qu'ils prononcent chaque jour. Aujourd'hui, ils le disent de cette façon, demain d'une autre. En tout cas, c'est de la propagande... c'est un véhicule pour un nouveau lavage de cerveau», a-t-il commenté lors d’une entrevue téléphonique.

    Néanmoins, le journal fait des pieds et des mains pour insister sur les bénéfices culturels et éducatifs qu'il apporte, dont exposer les Tibétains à la langue et aux traditions tibétaines. L'édition anglaise du site Internet semble contenir une grande quantité d'histoires culturelles tibétaines.

    Toutefois, cette approche est également critiquée. Un employé du Bureau du Tibet à New York – ayant requis l'anonymat pour éviter des représailles contre sa famille au Tibet – estime qu'il s'agit d'une façade, affirmant que «la culture devrait être dans les gens, non pas dans un musée».

    Thubden Sangha, président de la Wisconsin Tibetan Association, abonde dans le même sens : «Le journal n'est pas bénéfique aux Tibétains, tant sur le plan culturel qu'éducatif. C'est ce qu'on appelle siniser la question tibétaine avec un programme communiste. C'est comme lire The Onion [un journal satirique américain publiant de fausses nouvelles].»

    Tâter le pouls des gens au Tibet est une tâche plus ardue. Des représentants du Bureau du Tibet affirment qu'ils mettraient leur vie en danger s'ils parlaient à des étrangers de telles affaires. Cheng Xiaonong estime aussi que les appels téléphoniques seraient très probablement mis sur écoute.

    Les spécialistes considèrent la publication comme faisant partie d'une stratégie plus large du Parti visant à faire passer son message aux minorités ethniques. Diriger l'opinion publique au Tibet n'est pas une tâche facile pour les dirigeants communistes, en partie parce que ce ne sont pas tous les Tibétains qui ont grandi en apprenant le chinois.

    David Bandurski, un observateur des médias chinois et rédacteur du China Media Project, estime que la publication est une autre manifestation de ce qui a été qualifié de «Contrôle 2.0», l'expression pour décrire la politique médiatique du dirigeant chinois, Hu Jintao, depuis la mi-2008. Cette politique utilise les méthodes typiques de contrôle, comme la censure des médias, en plus de moyens plus astucieux pour diffuser le message du Parti.

    «Le lancement d'une édition tibétaine du Quotidien du peuple fait essentiellement partie de cet effort plus soutenu du président Hu Jintao d'amplifier les messages du PCC et d’établir proactivement la ligne du Parti, particulièrement sur des sujets sensibles comme les troubles au Xinjiang cet été et au Tibet en 2008», écrit M. Bandurski dans un courriel.

    L'intention de rapprocher la publication à la population locale démontre clairement une facette de la stratégie médiatique de Hu Jintao, poursuit-il.

    «On pourrait croire que cette politique est en faveur d'une plus grande liberté de presse, mais ce n'est pas vraiment le cas», écrit Bandurski. «C'est plutôt du contenu plus futé et vendable», et ce, en langues étrangères.

    Les cadres du Parti sont néanmoins résolus et discutent ouvertement de leurs efforts.

    Lors d'une rencontre entre les employés du journal et des cadres du Parti au Tibet, dont un compte rendu est disponible en chinois sur Internet, il a été mentionné que l'édition tibétaine doit «continuellement renforcer la fondation idéologique commune entre les cadres et la population afin de les unir en un seul tout» et que le «Quotidien est d'une grande importance pour renforcer davantage le front de propagande au Tibet, s'appropriant la position autoritaire en matière de propagande et d'opinion publique, et pour adopter une position préventive dans les débats publics et d'opinions concernant les questions tibétaines». Le journal doit aussi supposément manifester pleinement «l'amour spécial et le souci pour le Tibet» du Comité central du PCC, selon Cui Yuying, ministre de la Propagande au Tibet.


    Tiré de : http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Pekin-lance-ledition-tibetaine-du-Quotidien-du-peuple.html

  • La Charte 08 met le pouvoir chinois sur les dents

    Une pétition intitulée Charte 08, en référence à la Charte 77 des dissidents tchèques, circule sur le Net chinois. Pékin, qui célèbre le 30e anniversaire du lancement des réformes par Deng Xiaoping, riposte par la prison.

    Des dizaines de personnes interpellées, plusieurs arrestations et un nouveau motif de crispation avec la communauté internationale pour Pékin. C'est le premier effet visible de la Charte 08, un manifeste signé par 303 intellectuels qui circule sous forme de pétition sur Internet depuis le 9 décembre [voir la traduction en français sur ce site]. En une semaine, le document a été soutenu par des milliers de Chinois [5 000 à compter du 17 décembre], dont certains membres du gouvernement, des dissidents et des ouvriers, des soldats et des étudiants, des chômeurs ou encore des Chinois d'outre-mer.

    La Charte 08 se réfère à la Charte 77 lancée par la dissidence tchèque en 1977 pour faire pression sur le pouvoir afin qu'il respecte les droits de l'homme, et dont l'un des héros fut Václav Havel. Ce n'est pas la première fois qu'une pétition appelant à la démocratisation du régime et au respect des droits de l'homme est lancée sur Internet en Chine. Mais dans le climat actuel d'incertitude économique et de tensions sociales qui explose partout dans le pays, cette action soutenue par un large éventail de personnalités de la société civile inquiète un régime qui pensait être au faîte de sa gloire avec la célébration des Jeux olympiques il y a tout juste quatre mois.

    i92851Chine170.jpgSa première réaction a été de détenir plusieurs auteurs de la charte, dont Liu Xiaobo, l'un des très rares intellectuels chinois à revendiquer le titre de dissident. Celui-ci a déjà fait plusieurs séjours en prison, notamment après les manifestations démocratiques de 1989. Il a été arrêté le 8 décembre à 23 heures lorsqu'une dizaine d'agents de la sécurité ont fait irruption dans sa maison à Pékin. Son avocat, Mo Shaoping, également signataire de la charte, craint qu'il ne soit accusé d'"incitation à la subversion du pouvoir d'Etat", un crime passible de plusieurs années de prison. C'est sous ce chef d'accusation que l'activiste Hu Jia a été condamné début 2008 à trois ans et demi de prison. [Le 17 décembre, à Bruxelles, le président du Parlement européen a remis à un représentant de Hu Jia le prix Sakharov (qui lui avait été décerné en octobre).]

    La Charte 08 a été rédigée à l'occasion du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Mais les signataires ont également d'autres références historiques en tête. On célèbre en ce moment même le trentième anniversaire du lancement de la politique de réforme et d'ouverture par Deng Xiaoping [le 18 décembre 1978, lors du 3e plénum du XIe Congrès du Parti communiste chinois]. Les "quatre modernisations" promises à l'époque ont apporté un enrichissement spectaculaire au pays. Mais, note la charte, aujourd'hui comme en 1979, il manque la modernisation essentielle, la cinquième, celle du pouvoir politique sans laquelle les disparités, l'injustice et les privations de libertés resteront le trait de caractère de ce régime. [Le dissident Wei Jingsheng, qui avait demandé publiquement la "cinquième modernisation, la démocratie", a passé dix-huit ans de sa vie en prison.]

    La sécurité chinoise est à cran. Après une relative ouverture pour les Jeux olympiques, la police vient à nouveau de bloquer de nombreux sites Internet étrangers (dont celui de la BBC en chinois) ainsi que hongkongais et taïwanais. Elle tente également de filtrer la diffusion de la Charte 08, dont l'écho en Chine, en dehors des réseaux contestataires habituels, pourrait demeurer limité. Alors que les plus hauts dirigeants expriment publiquement leur inquiétude face aux difficultés à venir, la collusion de ces commémorations pourrait être autant de prétextes pour qu'éclate la colère des laissés-pour-compte du miracle économique chinois. "Je suis optimiste, a expliqué l'un des signataires, Wang Kejian, un professeur cité par le journal australien The Age. Le temps des réformes politiques est venu, car, après trente ans de réformes économiques, celles-ci sont dans l'impasse. Dans le même temps, le pouvoir de la société civile s'est renforcé." Ce à quoi Ai Weiwei, le célèbre artiste qui a participé au design du stade olympique, répond sur son blog : "La démocratie est un luxe et son prix est le sang."

    Courrier International

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