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cadavres de chinois

  • D'embarrassants cadavres chinois soumis à l'examen d'un juge parisien - Retour sur l'exposition "Our Body" en France

    PARIS (AFP) — Peut-on exposer des cadavres sous couvert de vulgarisation scientifique? C'est la question à laquelle devra répondre un magistrat parisien saisi par deux associations de lutte pour les droits humains qui veulent faire interdire l'exposition "Our Body, à corps ouvert".

    Après avoir reconnu qu'il s'agissait d'"un débat de société intéressant", le juge des référés Louis-Marie Raingeard a mis sa décision en délibéré au 9 avril.

    Les corps du litige s'exposent depuis le 12 février, au 12 boulevard de la Madeleine à Paris. Au prix de 15,50 euros l'entrée, le public peut y découvrir 17 cadavres de Chinois, hommes et femmes, entiers ou disséqués, et préservés par plastination, une technique qui consiste à remplacer les liquides organiques par du silicone.

    Présentée à Marseille puis Lyon, l'exposition y a déjà suscité une vive polémique. A Paris, la Cité des Sciences a elle refusé de l'héberger, après un avis défavorable du Comité d'éthique.

    La société Encore Events, à l'origine de cette manifestation qui doit se déplacer au Parc Floral du 22 mai au 23 août, décrit l'exposition comme "fascinante, à la fois artistique et éducative".

    Elle affirme que les corps ont été fournis par la fondation Anatomical Sciences and Technologie de Hong Kong et que les personnes concernées avaient donné leur consentement pour être exposées.

    "Le côté scientifique de cette exposition est manifeste", a martelé mercredi Me Jean-Marie Tomasi, mais surtout, a-t-il plaidé, le droit concernant les dépouilles mortelles "est encore incertain. Cela mérite donc un débat au fond".

    A l'inverse, Me Richard Sedillot, qui représente les associations Ensemble contre la peine de mort et Solidarité Chine, considère que l'exposition constitue "une trouble manifestement illicite".

    "Sensationnelle" et "mercantile", cette manifestation "n'a aucune finalité scientifique", s'est-il indigné, s'étonnant que "l'on puisse exposer en plein Paris des corps humains qui ont été dépecés, découpés et éviscérés et qu'on en fasse une source de profit".

    Pour lui, les textes de loi sont excessivement clairs. Ainsi de l'article 16-1 du Code civil qui prévoit que "le respect du corps humain ne cesse pas avec la mort. Les restes des personnes décédées (...) doivent être traités avec respect, dignité et décence".

    En outre, les requérants se demandent si les corps exposés ne sont pas ceux d'anciens prisonniers ou de condamnés à mort chinois.

    "J'ai le plus grand doute sur leur origine" et sur le fait qu'ils aient donné leur consentement de leur vivant, a-t-il confié, "sachant que plus de 8.000 personnes sont condamnées à mort tous les ans en Chine, que les corps ne sont pas rendus aux familles (...) et que les prisonniers chinois font l'objet d'un trafic, les autorités chinoises cherchant à en tirer un bénéfice".

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