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  • La Chine entre fractures et mutations

    L’essor économique de la Chine a transformé le pays de manière radicale. Avec ces bouleversements émerge une nouvelle société civile qui tente de faire entendre sa voix, notamment pour s’élever contre les violations des droits de l'homme.

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    Les documentaristes ont rencontré les initiateurs de nombreux projets citoyens, organisés non sans risques : un jeune homme qui milite contre les expropriations forcées de milliers de paysans ; l’écrivain Chen Guanzhong, censuré par le régime, qui prend ouvertement position contre la dictature ; le fondateur d’une association d’aide aux ouvriers migrants, qui leur propose une aide juridique gratuite – seul recours dans un pays où les syndicats n’existent pas. On entend également la militante Su Changlan, qui lutte pour les droits des femmes et contre le trafic d'enfants, face à un gouvernement qui organise la répression des parents au nom de la "société harmonieuse" prônée par le parti.

    Autant d’initiatives qui, en tentant modestement de promouvoir un État de droit, mettent en évidence l’urgence d’un véritable changement politique.

    Plus d'informations sur: http://www.arte.tv/guide/fr/047872-000/entre-fractures-et-mutations-la-chine

  • Quand les médias français participent à la persécution en Chine

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    Capture d'écran du documentaire Chine, Le Nouvel empire, diffusé le 30 avril 2013 sur Arte

    Quelle n’a pas été pas ma surprise en regardant le très bon documentaire sur la Chine de Jean-Michel Carré hier soir sur Arte et d’entendre encore le mouvement Falun Gong qualifié de secte. Si on regarde de plus près les faits, on peut comprendre l’impact négatif de ce mot et sa participation encore aujourd’hui à la campagne de diffamation mise en place en 1999 par le régime communiste chinois pour éradiquer le Falun Gong.

    Rappel des faits

    En 1999, Jiang Zemin pour des raisons politiques, décide d’interdire le Falun Gong, une méthode de Qigong renouant avec la culture traditionnelle chinoise et consistant en des exercices de méditation débout et assise. Ses ordres auprès de l’appareil communiste à l’époque sont explicites : «Ruinez leur réputation, détruisez les financièrement et physiquement». Quelques années auparavant, le Falun Gong était encensé par le gouvernement chinois pour ses vertus pour la santé et la moralité et son enseignement promu auprès des ambassades chinoises à l’étranger. Mais Jiang Zemin voyant dans ces plus de 70 millions de pratiquants (selon les chiffres du Ministère des sports chinois en 1997) un moyen de s’enrichir demande au fondateur de la méthode Li Hongzhi que chaque pratiquant verse une cotisation au parti pour pouvoir pratiquer le Falun Gong. Ce que Li Hongzhi refuse en répondant que l’enseignement de Bouddha sera toujours libre et gratuit.

    La date du 25 avril 1999 citée dans le reportage de Jean-Michel Carré est importante à ce titre (voir à ce sujet l’article François Hollande en Chine, manifestation devant l’Ambassade de Chine à Paris), car elle marque le commencement de l’interdiction du Falun Gong en Chine, interdiction qui sera effective le 20 juillet de la même année. Il est d’ailleurs intéressant de lire le courrier de Li Hongzhi le 2 juin 1999 au gouvernement chinois alors qu’il vient de devenir réfugié politique aux États Unis.

    A partir du 20 juillet 1999 la machine d’état staliniste chinoise se met en route pour utiliser toutes ses forces pour persécuter le Falun Gong, revenant aux méthodes de la révolution culturelle sous Mao avec l’embrigadement idéologique, la propagande et l’exécution des opposants. C’est à Paris, face à un parterre de journalistes, que Jiang Zemin qualifie le Falun Gong de « secte diabolique » pour justifier la persécution, terme très peu apprécié en Occident. À noter que le PCC a désigné quelques années plus tard le Dalaï Lama de « dangereux terroriste » pour justifier la répression au Tibet.

    L’ampleur de la persécution et de la répression est alors sans précédent. Tous les médias d’état chinois reprennent la propagande du régime à l’encontre du Falun Gong, avec pendant les deux premières années 10 heures de programmes anti-Falun Gong diffusés quotidiennement. Des reportages et des articles sont fabriqués de toutes pièces accusant les pratiquants de Falun Gong de toutes les ignominies nécessaires à alimenter la peur et le rejet de la population chinoise à l’égard de la pratique. A leur tour, les médias étrangers ont repris sans sourciller la propagande du parti dans leur propres colonnes. Des pressions diplomatiques très fortes sont soumises auprès des gouvernements étrangers pour leur interdire de défendre et de parler du Falun Gong sous peine de sanctions commerciales.

    A l’intérieur de la Chine, le bureau 6.10, véritable gestapo, est créé pour traquer, emprisonné et torturé les pratiquants de Falun Gong afin de leur soutirer des informations et leur faire abandonner leur croyance. Chaque gouvernement local, chaque responsable du parti communiste dans chaque ville et village de Chine, chaque école et chaque entreprise, chaque citoyen chinois est exhorté de dénoncer des pratiquants de Falun Gong, sous peine d’amendes et contre récompense. Les pratiquants de Falun Gong sont licenciés de leurs entreprises, leurs enfants ne peuvent plus aller à l’école et quand ils sont arrêtés, ils sont emprisonnés par centaines de milliers dans les camps de travaux forcés et centre de lavage de cerveaux. Devant l’ampleur d’un tel désastre humanitaire et humain se déroulant aujourd’hui devant nos yeux, on peut essayer de comprendre la réticence des journalistes, reporters, rédacteurs en chef des médias français à vouloir traiter le sujet, mais le choix des mots dans ce contexte peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

    Notre pays pendant la seconde guerre mondiale a très bien connu l’idéologie et la répression. A cette époque, si les médias avaient été aussi importants qu’aujourd’hui et si ils avaient la liberté d’expression qu’ils ont aujourd’hui, auraient il parlé du génocide des juifs ?  Auraient-ils parlé des faits pour expliquer la persécution et les camps de concentration ? Ou auraient ils reproduit la propagande du régime?

    Le premier à avoir donné une alerte internationale a été l’avocat chinois des droits de l’homme Gao Zhizheng avec ses lettres ouvertes au gouvernement chinois en 2004 et 2005. Par la suite, il a été sequestré par les autorités chinoises jusqu'à aujourd'hui. En 2007, il réussit à écrire une lettre décrivant ses 50 jours de tortures (Partie 1, Partie 2, Partie 3, Partie 4)

    En 2006, ce sont l’avocat international des droits de l’homme David Matas, et l’ancien Ministère des Affaires étrangères canadien pour l’Asie Pacifique David Kilgour, qui publiaient un rapport d’enquête révélant un système de prélèvements d’organes à vif à grande échelle, à des fins commerciales, pratiqué sur les pratiquants de Falun Gong dans les prisons chinoises. Récemment David Kilgour a demandé une nouvelle fois récemment à mettre fin aux crimes contre l’humanité en Chine.

    Depuis 1999, le Congrès Américain, le Parlement Européen, les Parlements Australiens, Suédois, Israéliens, etc.., des personnalités politiques de premier plan, des ONG de défense des droits de l’homme et des libertés dans le monde se sont prononcés pour appeler à la fin de la persécution du Falun Gong en Chine. Cela peut être vérifié dans la presse étrangère par exemple récemment avec le plus grand hebdomadaire allemand Die Zeit qui a publié une enquête de 4 pages sur les atrocités des prélèvements d’organes en Chine et parfois dans la presse française.

    Alors pour revenir au titre un peu provocateur de cet article, est ce que les médias français participent à la persécution en Chine, en ne traitant pas ce sujet ou en reprenant la propagande du régime chinois, c’est une question qui peut se poser. Il ne s’agit pas pour autant de pointer du doigt le très bon travail réalisé par Jean-Michel Carré dans le documentaire diffusé sur Arte et le travail quotidien des journalistes des différents grands médias, mais une fois qu’on connaît les faits, il est toujours temps de bien faire.

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