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  • Instabilité du nucléaire français en Chine ?

    Tiré du Monde (http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/08/11/un-haut-responsable-du-nucleaire-chinois-est-soupconne-de-corruption_1227513_3216.htmlcentrale-nucleaire.jpg 

     

    Un haut responsable du nucléaire chinois est soupçonné de corruption

     Président de la China National Nuclear Corporation (CNNC) et grand chef du nucléaire chinois civil et militaire, Kang Rixin est le dernier des grands patrons chinois à être poursuivi pour corruption. Selon la presse chinoise - dont le quotidien Chongqing Shibao citant une source proche de l'enquête, M. Kang devrait être entendu sur des faits de détournement de près de 1,8 milliard de yuans (200 millions d'euros).

    Il lui serait reproché d'avoir interféré dans des procédures d'appel d'offres (le groupe français Areva est nommément cité) ainsi que d'avoir procédé à des placements boursiers avec de l'argent destiné à la construction de trois centrales nucléaires. La procédure d'enquête est secrète et interne au parti, et les fuites dans la presse sont largement "autorisées" pour une personnalité de cette stature. M. Kang, qui dirige depuis six ans la CNNC, ancien ministère de l'énergie atomique reconverti en conglomérat technico-militaro-industriel, fait partie de l'actuel Comité central du Parti communiste.

    C'est le plus haut gestionnaire épinglé à ce jour dans ce qui apparaît être une campagne de remise au pas des dirigeants de société publique. Début août, l'ancien président de l'entité qui gère, entre autres, les aéroports de Pékin était exécuté, et il y a quelques semaines, l'ancien patron du groupe pétrolier chinois Sinopec était condamné à mort avec sursis.

    Les sommes détournées ne portaient alors que sur quelques dizaines de millions d'euros. Les enjeux du nucléaire en Chine sont tout autres. La capacité nucléaire du pays a explosé et la Chine, qui cherche à mettre au point ses propres technologies, a jusqu'alors largement fait appel à la technologie étrangère.

    DEUX RÉACTEURS

    C'est dans le cadre de la fourniture à la Chine de deux réacteurs EPR de troisième génération qu'Areva avait signé en novembre 2007, lors de la visite de M. Sarkozy en Chine, un contrat de 8 milliards d'euros. En lice, en 2004, au côté des Américains pour la fourniture de quatre tranches de génération 3, dans le Guangdong (Yangjiang) et le Zhejiang - la Chine veut alors choisir une seule technologie -, Areva est écartée au profit de Westinghouse et de l'AP 1000.

    Or, en 2006, une délégation d'officiels de l'Agence de planification, qui pilote la politique industrielle chinoise, se rend en France : "Cette visite décidée par la Chine avait bien pour but de rassurer la France sur le fait qu'au vu des besoins électriques de la Chine, d'autres constructions de réacteurs nucléaires seraient décidées", dit-on chez Areva, où l'on s'étonne que la presse chinoise lie l'attribution surprise, deux mois après, de l'un des sites concernés à Areva, à des soupçons de corruption.

    La China Guangdong Nuclear Power Corporation (CGNPC), partenaire historique des Français, a en effet repris des négociations pour que le site de Yangjiang échoie au Français. Un autre site est choisi pour Westinghouse dans le Shandong. L'Américain a pour partenaire la CNNC et un électricien chinois pour le contrat de quatre tranches qu'il a remporté.

    L'opération à Yangjiang avec Areva sera de nouveau suspendue mi-2007 - les besoins pressants en électricité poussent la province à l'équiper plus rapidement avec des réacteurs classiques - et la CGNPC propose un site alternatif, Taishan, près d'Hongkong. "Tout un pan de l'industrie s'inquiétait de l'adoption de la technologie AP 1000. La CGNPC n'en voulait pas, elle se positionne d'ailleurs en concurrent de la CNNC. Stratégiquement, la Chine ne veut pas non plus dépendre des Américains", signale un proche du dossier.

    Ce n'est pas la première fois que l'appel d'offres de 2004 donne lieu à des allégations dans la presse chinoise. Il a déjà conduit à l'ouverture d'une enquête contre Jiang Xinsheng, le président de la China National Technical Import & Export Co. (CNTIEC), qui a organisé l'appel d'offres de 2004, ainsi que contre Shen Rugang, le vice-président de la CGNPC, tous deux arrêtés fin 2007. Une vingtaine d'autres suspects auraient été entendus selon Caijing, qui indique que M. Jiang est soupçonné d'"avoir révélé les informations sensibles à Areva durant la bataille des offres avec Westinghouse"

     

    Tiré du Monde

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/08/11/un-haut-responsable-du-nucleaire-chinois-est-soupconne-de-corruption_1227513_3216.html

     

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