Avertir le modérateur

2001

  • La fausse propagande persiste en Chine: 13 ans de rétrospective

    auto-immolation,chine,falun gong,propagande,canular,tienanmen,2001,manipulation,cctv

    Un matin de 1971, la Chine s’est réveillée éberluée en apprenant que Lin Biao, le successeur de confiance du président Mao Zedong, avait en fait été un à la fois un «arnaqueur politique», un «intrigant» et un «homme possédant des connexions étrangères».

    La presse chinoise a plus tard dit qu’il avait mis au point un plan pour assassiner Mao Zedong, mais que son projet a été contrecarré, après quoi il s’est enfui en Union soviétique. Son avions s’est crashé au cours du voyage, précisait la presse. Des photos ont été publiées sans qu’elles puissent être authentifiées. Tous les slogans révolutionnaires de Lin Biao ont été abandonnés, des rassemblements se sont organisés, des chants ont été entonnés et les journaux du Parti ont expliqué en détail pourquoi le plan du «renégat et traître» n’avaient pas été dévoilés plus tôt.

    Personne ne saura jamais ce qui est réellement arrivé à Lin Biao – certains suggèrent que Mao Zedong le voyait comme une menace et l’a fait liquider – mais cet exemple fait partie des nombreux coups politiques rendus possibles par un environnement médiatique hautement contrôlé et une propagande incessante. L’histoire de Lin Biao constitue également une importante leçon au sein du monde énigmatique et souvent mortel des campagnes propagandistes du Parti communiste chinois, une forme de persuasion de masse qui existe encore aujourd’hui.

    Émission «Focus»

    (Voir la vidéo du documentaire False Fire)

    Faisons un bond dans le temps de trente ans en avant. Le 31 janvier 2011, une semaine après le Nouvel An chinois, la plus grande fête du pays. Les familles sont toujours rassemblées, tout le monde est à la maison et après le repas, beaucoup se branchent sur la chaîne nationale China Central Television (CCTV) pour regarder l’émission d’informations d’investigation «Focus». Ce jour-là, des tracts avaient été distribués dans les immeubles résidentiels pressant les gens à regarder l’émission.

    Des centaines de millions de spectateurs ont donc à nouveau été très surpris d’apprendre que ce qu’ils pensaient être une paisible pratique de qigong – le Falun Gong, aussi appelé Falun Dafa) – était en fait une «religion perverse» qui procédait à des actes d’auto-immolation. Les autorités ont diffusé un documentaire de 20 minutes, monté en une semaine, montrant de prétendus pratiquants de Falun Gong qui s’étaient immolés par le feu le 23 janvier.

    Il y avait de nombreuses failles visibles dans l’histoire: allant de la logique – si l’auto-immolation faisait partie des enseignements du Falun Gong, pourquoi cela arrivait-il pour la première fois? – à l’absurde – comment le nombre d’immolés est passé de cinq dans les rapports officiels à sept une semaine plus tard? – et le pratique – Philip Pan du Washington Post a prouvé qu’au moins deux participants n’étaient pas des pratiquants de Falun Gong: les prétendus immolés portaient des vêtements ignifuges, des policiers se sont précipités sur la scène avec des extincteurs, normalement pas à portée de main directe sur la Place Tiananmen, et d’autres éléments.

    Attaque des médias

    Mais ces petits problèmes n’ont pas empêché les autorités de poursuivre leur plan.

    Des plans ambitieux. La campagne médiatique qui s’est ensuivi dépassait de loin la campagne contre Lin Biao. Dans les jours qui ont suivi l’incident, trois, quatre voir, cinq articles ont été publiés dans chaque numéro de 24 page du Quotidien du Peuple. Au cours des 18 premiers mois de la persécution du Falun Gong qui a commencé le 20 juillet 1999, 966 articles «dénonçant et critiquant» le Falun Gong ont été publiés dans le Quotidien du Peuple. En 2001, 530 articles ont suivi.

    Le Falun Gong, une méthode populaire de cultivation et pratique chinoise, a été interdit et persécuté en Chine en 1999, dans une campagne menée par Jiang Zemin – mais contrairement aux précédents mouvements politiques de masse, celui-ci a rencontré des difficultés à capturer l’imagination d’une population de plus en plus désintéressée. Les immolations ont changé tout cela.

    Et cela ne s’est pas limité au Quotidien du Peuple. Au cours des recherches pour l’écriture d’un article avant le 10e anniversaire de la plus grande mise en scène politique de l’histoire de la Chine moderne, Epoch Times a exploré des bases de données électroniques et découvert que la propagande autour des auto-immolations est apparue non seulement dans les journaux, les magazines et les revues, mais aussi dans les annuaires provinciaux et nationaux, les rapports économiques, les magazines économiques, les rapports d’hygiène, les articles de chimie, es publications pour retraités, les manuels d’école primaire, les manuels de formation de professeurs et sur à peu près tous les imprimés en Chine parus en 2001 et les années qui ont suivi.

    Le message le plus efficace a cependant été véhiculé par les émissions télévisées. En particulier, le Parti a monté des images du corps apparemment brûlé d’une petite fille de 12 ans et en a fait le cœur de la campagne de discrétisation du Falun Gong. Cela a convaincu de nombreux Chinois. L’authenticité des images a pourtant été remise en question, lorsque juste quelques jours après la supposée immolation et après avoir soi-disant subi une trachéotomie, la petite fille a été filmée en train de chanter, ce qui aurait dû être impossible. Mais le public chinoise n’a pas été touché par ces contradictions.

    Peter Zheng, un pratiquant de Falun Gong vivant aujourd’hui dans l’Illinois aux États-Unis, se trouvait à l’époque dans la ville de Wuhu, province du Anhui. «Ils ont diffusé chaque jour, sur quasiment chaque chaîne pendant une semaine, discutant de façon conservative,» a expliqué Peter Zheng. «D’autres programmes ont été suspendus, ils ont utilisé cela comme excuse. En dehors des auto-immolations, ils diffusaient d’autres informations anti-Falun Gong, des déclarations de confession, des rapports, des enquêtes, des cas de meurtres, des analyses sous tous les angles des rapports du PCC, toutes ces choses.»

    Après la première vague de saturation des ondes, le volume des rapports a diminué, mais CCTV a maintenu son rythme de rapports au sujets des auto-immolations visant à attaquer le Falun Gong.

    En mars 2002, NTD Television a diffusé le documentaire récompensé intitulé False Fire analysant les contradictions dans l’histoire des immolations et après cela, les médias officiels chinois se sont «calmés», selon Sun Yajun, qui était à l’époque professeur associé en psychologie à l’Université normale de la capitale (Pékin).

    En Chine, la vigoureuse propagande des décisions politiques du Parti est toujours accompagnée de la répression des voix alternatives. Dans le cas des immolations, aucune enquête indépendante n’a été autorisée, aucun accès indépendant, aucune contre-examen des prétendues victimes et aucune analyse critique dans les médias nationaux. Les articles des médias occidentaux répétaient souvent simplement ce que disaient les médias officiels chinois.

    La tentative des pratiquants de Falun Gong de présenter une histoire différente de l’incident en détournant un satellite de télévision et en diffusant un documentaire, s’est terminée par l’enlèvement et le meurtre de six personnes, dont le jeune radiologue Liu Haibo, qui a reçu une matraque électrique enfoncée dans le rectum avant d’être électrocuté à mort, comme l’a raconté l’auteur Ethan Gutmann dans un rapport détaillé publié dans le Weekly Standard.

    Lire la suite de l'article sur: http://www.epochtimes.fr/front/14/1/11/n3509268.htm

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu