Avertir le modérateur

révolution culturelle - Page 2

  • Qu’est ce qu’est le Parti communiste chinois? - Partie1

    Préambule
    Pendant plus de 5 000 ans, le peuple chinois a créé, sur la terre nourrie par le fleuve Jaune et le fleuve Yangtse, une civilisation éblouissante. Durant cette longue période de l’histoire, des dynasties sont nées et se sont éteintes, la culture chinoise a prospéré et décliné. De grandes et émouvantes péripéties se sont succédées sur la scène historique de la Chine.
    l'ombre de Mao
    L'ombre de Mao : Une mère et son fils entre dans le musée militaire de Pékin où les accueille une grande statue de l'ancien dictateur Mao. (Stephen Shaver/AFP/Getty Images)
    L’an 1840 ouvre, selon la plupart des historiens, le début de l’ère de la Chine contemporaine, le début de son voyage de la tradition vers la modernité. La civilisation chinoise a dû faire face à quatre épisodes majeurs de défis et de réponses. Les trois premiers comprennent l’invasion de Pékin par une force alliée anglo-française au début des années 1860, la guerre sino-japonaise en 1894 (aussi appelée la « Guerre Jiawu ») et la guerre russo-japonaise dans le Nord-Est de la Chine en 1906. La Chine a répondu à ces trois défis par un mouvement d’occidentalisation : importation de biens et d’armes modernes, transformations institutionnelles à travers le mouvement de Réforme de 1898 , tentative à la fin de la dynastie Qing d’instaurer un régime constitutionnel, puis enfin la Révolution Xinhai (ou Révolution Hsinhai) de 1911 .

    À la fin de la Première Guerre mondiale, la Chine, bien que sortie victorieuse, ne faisait pas partie des grandes puissances. Beaucoup de Chinois voyaient comme des échecs les réponses de leur pays à ces trois grands défis. Le mouvement du 4 mai allait mener à la quatrième tentative de répondre aux défis précédents, aboutissant à l’occidentalisation complète de la culture chinoise à travers le mouvement communiste et sa révolution radicale.

    Cet article traite de l’issue du dernier épisode, à savoir le mouvement communiste et le Parti communiste. Examinons de près le résultat de ce que la Chine a choisi, ou peut-être devrait-on dire, ce qui lui a été imposé. 160 ans sont passés, près de 100 millions de personnes sont décédées de mort non naturelle, et presque tout de la culture et de la civilisation traditionnelles chinoises a été détruit.


    I. S’appuyer sur la violence et la terreur pour conquérir et maintenir son pouvoir

    «Les communistes ne s'abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l'ordre social passé.» Cette citation est tirée du dernier paragraphe du Manifeste du Parti communiste, le document principal du Parti communiste (PC). La violence est le seul et le principal moyen par lequel le Parti communiste est parvenu au pouvoir. Ce trait de caractère s’est transmis à toutes les formes ultérieures du Parti qui sont apparues depuis sa création.

    En fait, le premier Parti communiste au monde a été établi bien des années après la mort de Karl Marx. L’année qui a suivi la Révolution d’Octobre de 1917, le « Parti communiste (bolchevique) de Russie » (plus tard plus connu sous le nom du « Parti communiste de l’Union soviétique ») est né. Ce Parti s’est développé en employant la violence contre les « ennemis de classe » et il s’est maintenu par la violence aussi contre les membres du Parti et les citoyens ordinaires. Pendant les épurations orchestrées par Staline dans les années 1930, le Parti communiste soviétique a massacré plus de 20 millions de soi-disant espions et traîtres, ainsi que ceux qui étaient soupçonnés d’avoir des opinions différentes.

    A suivre

    Tiré des Neuf Commentaires sur le Parti Communiste

  • La Chine, machine à laver les cerveaux

    Partie 1

    Y a-t-il plus de liberté aujourd'hui en Chine ? Non, estime l'écrivain dissident Ma Jian, aujourd'hui installé à Londres. Selon lui, le système de développement choisi par le régime a pour but de rendre les gens de plus en plus décérébrés

    Le Nouvel Observateur. - Votre dernier livre (1) est le roman de Tiananmen, un roman à la fois très documenté et très 620670.jpgpoétique, le premier consacré à cet épisode dramatique resté tabou en Chine. Vous y décrivez la brutalité du pouvoir, mais aussi l'immaturité des leaders étudiants qui a contribué à l'échec du mouvement.
    Ma Jian. - J'ai voulu écrire ce livre parce que cette période importante est toujours occultée. Bien sûr, les leaders étudiants avaient des insuffisances, mais ces défauts étaient dus au formatage imposé par le Parti communiste. J'étais moi-même à l'époque sur la place Tiananmen et j'ai remarqué à quel point ils se ressemblaient tous. Aucun n'avait - ni ne pouvait avoir - de personnalité à part. Parce que le Parti communiste les avait tous modelés à travers l'éducation. Face à ce lavage de cerveau, leur seule sauvegarde, c'était leur instinct : ils étaient jeunes, ils avaient besoin de liberté. Mais comment résister à une dictature aussi puissante ?
    N. O. - Mais vous-même, à la même époque, vous étiez libre d'esprit...
    Ma Jian. - En vérité, personne n'échappe à ce lavage de cerveau. Sauf ceux qui sont réduits à l'état de légume - comme mon héros qui a pris une balle dans la tête - et qui vivent cachés à l'intérieur de leur propre chair. La plupart des étudiants n'avaient jamais en tendu leurs parents évoquer l'histoire récente. Ils ne connaissaient rien de la société au moment de leur naissance. J'ai voulu montrer comment les communistes ont réussi à manipuler les esprits, génération après génération. C'est de cette façon qu'ils ont fondé leur légitimité, c'est ce qui les rend si difficiles à renverser. Et ça donne un mouvement comme celui de Tiananmen qui, bien qu'énorme, est fondé sur une mémoire d'où toute expérience, tout savoir a été éradiqué. Je ne fais que décrire cette éradication. Décrire les causes de cet échec.


    N. O. - Ils étaient donc si ignorants ?
    Ma Jian. - Ils ne s'étaient jamais intéressés à la politique. Par un sursaut de leur morale, ou de leur conscience, ils ont été entraînés dans la contestation et ont alors découvert qu'ils manquaient de force, d'expérience, de mémoire. Un des futurs leaders a dû aller consulter la Constitution chinoise à la bibliothèque : il n'avait pas la moindre idée de son contenu. Chai Ling, qui est devenue la pasionaria de Tiananmen, ne savait pas que Zhao Ziyang était le premier secrétaire du PC ! Ils n'avaient pas le début d'une notion de politique, d'histoire des luttes.
    N. O. - Vous montrez à quel point la Révolution culturelle, qui fut pourtant un traumatisme collectif colossal, était absente du champ de référence de la génération Tian'anmen.
    Ma Jian. - La réalité de la Révolution culturelle était travestie, refoulée au moment de Tiananmen, et ce qui est triste, c'est que Tiananmen soit à son tour refoulé aujourd'hui. J'étais cet été à Pékin pendant les JO. Pékin était transformé en un immense camp militaire avec 200 000 soldats patrouillant sans cesse. Ca rappelait vraiment l'atmosphère du printemps 1989. Mais personne n'en parlait. La Chine est désormais reconnue par la terre entière, pourquoi rappeler ces mauvais souvenirs ? Après tout les victimes n'étaient que deux ou trois mille, et la plupart des gens pensent : «Vous avez cherché votre malheur. Nous, aujourd'hui, nous avons une bonne vie, ne nous embêtez pas avec vos histoires !» C'est la mentalité dominante, et ça rend bien service au PC.

    N. O. - C'est une attitude récente ?
    Ma Jian. - Non, elle est traditionnelle. Un dicton chinois dit : «Balaie la neige devant ta porte, pas celle qui est tombée sur le toit d'autrui.» Nulle part dans l'histoire chinoise on ne trouve la notion de citoyenneté. La société était soumise jadis au souverain, aujourd'hui au Parti communiste.
    N. O. - Pourtant, il y a aujourd'hui plus de liberté en Chine.
    Ma Jian. - Je pense au contraire que le lavage de cerveau s'est aggravé. Renforcé par sa performance économique, le pouvoir a réussi à légaliser le formatage inculqué par l'éducation. Et aujourd'hui les jeunes le tiennent pour tout à fait légitime. Comme s'ils n'avaient plus besoin d'un jugement personnel. Ils voient le monde à travers les critères que le Parti leur a inculqués. Je me demande parfois s'ils ont besoin d'une vie de l'esprit. Les Chinois ressemblent de plus en plus aux Singapouriens, qui ne trouvent de satisfaction, de fierté, voire de dignité humaine que dans le commerce, dans l'enrichissement.

    Tiré du Nouvel Observateur

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu