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gao zhisheng - Page 4

  • L'artiste chinois Ai Weiwei aurait avoué sous la torture

    Attention certains passages de cet article décrivent des tortures subies en Chine

    L'artiste chinois Ai Weiwei, enlevé par les autorités au début d’avril, aurait avoué des fraudes fiscales après avoir été torturé en détention, selon un journal spécialisé sur les droits de l'homme en Chine.

    Les détails de l'affaire, qui auraient été divulgués par «un fonctionnaire de conscience au sein du ministère de la Sécurité publique», ont été publiés le 21 avril dans une note intitulée Le complot alarmant derrière la torture et les confessions d'Ai Weiwei dans le journal bimensuel de l'ONG Human Rights in China (HRIC). L'article prétend être écrit par un journaliste anonyme de l’agence Xinhua et a été publié dans la section Lettres de Chine.

    L'article raconte que Fu Zhenghua, directeur du Bureau de la Sécurité publique municipale de Pékin, a demandé aux ravisseurs de Ai Weiwei de lui montrer la vidéo des tortures de Gao Zhisheng, un avocat qui est devenu la cible des autorités après avoir écrit des lettres ouvertes dénonçant la persécution du Falun Gong en Chine.

    La vidéo montrait Gao torturé avec «notamment des matraques électriques qui étaient insérées dans son anus, provoquant l’écoulement de sang, de sperme, d’excréments et d'urine», d’après la traduction du premier paragraphe de l'article.

    Fu Zhenghua a alors ordonné aux forces de sécurité de faire la même chose à Ai Weiwei, «pour lui faire faire ce que nous voulons qu'il fasse». La note indique qu'Ai Weiwei a signé des aveux après avoir été torturé pendant plusieurs jours.

    Toujours d’après le texte, le cas de Ai Weiwei est traité par l'Unité des enquêtes économiques générales et par l'Équipe de sécurité domestique du Bureau de la Sécurité publique municipale de Pékin.

    He Qinglian, une commentatrice des questions sociales et politiques en Chine, estime que les allégations de torture sont crédibles. «J'avais pensé à cela quand il a été écroué pour la première fois», a-t-elle déclaré à Radio Free Asia (RFA). «Vous devez comprendre qu’il est le seul à oser se moquer du régime autoritaire.»

    Lire la suite sur: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Lartiste-chinois-Ai-Weiwei-aurait-avoue-sous-la-torture.html

  • Gao Zhisheng: Pékin dit à l'ONU de ne pas se mêler de ses affaires

    gao_Zhisheng persécuté en chine.jpgUne porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a demandé à un groupe de travail des Nations Unis de ne pas se mêler de ses affaires en ce qui a trait à la détention de Gao Zhisheng, l'avocat chinois spécialiste des droits de la personne.

    Le groupe de défense des droits de l'homme Freedom Now a révélé la semaine dernière que le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire avait demandé la libération immédiate de Gao. Le Groupe de travail a déclaré que le régime communiste chinois contrevient au droit international en gardant Gao en détention et qu'il ne rencontre «même pas les standards internationaux minimums d'application régulière de la loi».

    Une lettre du président du Groupe de travail demandant la libération immédiate de Gao avait été envoyée au régime chinois le 6 juillet 2010.

    Puisque Pékin n'a pas répondu à la lettre, le Groupe de travail de l'ONU a émis un avis sur le cas de Gao le 19 novembre 2010.

    L'avis indique : «À la lumière des allégations soulevées, le Groupe de travail aurait accueilli la coopération du gouvernement [chinois]. En l'absence de toute information du gouvernement, le Groupe de travail estime qu'il est en position d'émettre un avis sur les faits et circonstances entourant le cas, étant donné que les faits et allégations contenus dans la communication n'ont pas été contestés par le gouvernement.»

    L'avis poursuit : «La détention de M. Gao est arbitraire puisque le gouvernement n'a invoqué aucun fondement légal pour justifier sa privation de liberté. M. Gao n'a été formellement accusé d'aucune offense sous la loi criminelle ou autre loi chinoise. De plus, sa détention actuelle pourrait être reliée à des actions pour lesquelles il a été précédemment détenu; en particulier, son travail en faveur des groupes religieux persécutés.»

    Lors d'une conférence à Pékin le 29 mars 2011, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jian Yu, a affirmé ne pas connaître les détails du cas de Gao Zhisheng et elle a averti l'ONU de ne pas s'ingérer. Jian Yu a déclaré que les rouages des droits de l'homme de l'ONU devraient «conserver une attitude objective et impartiale et respecter la souveraineté juridique de la Chine».

    Lire la suite sur: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Gao-Zhisheng-Pekin-dit-a-lONU-de-ne-pas-se-meler-de-ses-affaires.html

  • Pour libérer l'avocat chinois des droits de l'homme Gao Zhisheng

    Gao Zhisheng A China more Just.jpgL’avocat chinois des droits de l’homme Gao Zhisheng a été battu, torturé, emprisonné et la sécurité de sa famille est menacée après avoir été arrêté à plusieurs reprises depuis 2006. Pour quelles raisons ? Pour avoir refuser d'arrêter son combat pour la liberté et des droits de l'homme en Chine. La liberté d'expression est un droit fondamental, et Gao Zhisheng ainsi d'autres défenseurs des droits de l’homme en Chine, risquent tout pour se battre pour elle.

    En 2010, Gao Zhisheng a été brièvement libéré après un énorme tollé international sur l'injustice de son arrestation. Seulement deux semaines plus tard cependant, il a été emprisonné une fois de plus. Maintenant, son épouse ne sait pas encore s'il est toujours vivant.

    La réaction de la communauté internationale pourrait à nouveau faire la différence, c’est pourquoi vous pouvez signer cette pétition en ligne sur le site ci dessous afin de demander à Hu Jintao que Gao Zhisheng soit libéré.

    Signer la pétition: http://www.thepetitionsite.com/takeaction/544/758/082/

  • Un prix pour l'avocat chinois des droits de l'homme, Gao Zhisheng

    Gao Zhizheng Avocat chinois.jpgLe prix Index of Censorship a été décerné à Londres à l’'avocat chinois des droits de l'homme, Gao Zhisheng. Il a été reconnu son travail en faveur des groupes vulnérables ou persécutés en Chine, comme les victimes d’erreurs médicales, les chrétiens ou les pratiquants de Falun Gong. En l’absence de Gao, arrêté par le régime communiste et dont on est sans nouvelle depuis un an, c’est son épouse réfugiée aux États-Unis qui, par message vidéo, a accepté le prix. Elle a rappelé que son mari a subi les violences et la torture pour apporter son soutien aux plus démunis, « Le cas de mon mari est la véritable représentation de la crise actuelle des droits de l’homme en Chine » a-t-elle déclaré.

    Lire la suite sur: http://www.sondelespoir.org/makeArticle.asp?catID=639&id=185124

    Radio Son de l'Espoir.jpg

  • En Chine, la répression de la dissidence la plus dure depuis de ces dernières années

    repression dissidence chine.jpgPEKIN - Inquiet des insurrections dans les pays arabes et de la caisse de résonance qu'offre l'internet, Pékin a lancé la répression la plus dure de ces dernières années contre les dissidents, anéantissant les timides avancées en faveur des libertés, selon les groupes de défense des droits de l'Homme. Au moins 26 militants ont été placés en détention depuis le début des mouvements de révolte en Afrique du Nord et au Proche-Orient, qui ont fait naître en Chine des appels sur l'internet à des rassemblements, ont indiqué plusieurs organisations. Plus de 30 autres ont été assignés à résidence ou placés en garde à vue, sans avoir été inculpés, notamment des avocats et des blogueurs connus, jusqu'alors tolérés, selon Défenseurs des droits de l'Homme en Chine (CHRD - Hong Kong).

    "La situation des défenseurs des droits de l'Homme et des critiques du gouvernement est sombre, et une grande partie des avancées réalisées par une génération de militants courageux a été anéantie en très peu de temps", déclare Nicholas Bequelin, de Human Rights Watch (HRW). La répression marque une intensification de la politique de la "main de fer" adoptée depuis les jeux Olympiques de Pékin en 2008, ajoute-t-il. La Chine avait obtenu les JO en promettant une amélioration de la situation. Le tour de vis constaté déja amorcé depuis que l'intellectuel Liu Xiaobo a obtenu le prix Nobel de la Paix en octobre, a réduit au silence quasiment tous les opposants vivant en Chine.


    Cette semaine, la police du sud-ouest du pays a inculpé Ran Yunfei, Ding Mao et Chen Wei, des vétérans, pour "subversion", selon les groupes de défense. Un motif souvent utilisé pour baillonner les critiques du gouvernement --Liu avait été condamné sous ce chef d'inculpation en décembre 2009. "Personne ne sait quand cela va finir et tous ignorent quel sera le prochain", déclare Wang Songlian, de CHRD. "C'est la répression la plus dure de ces 15 dernières années. Chaque jour, quelqu'un disparaît, est amené, détenu ou inculpé".

    Parmi ceux détenus sans inculpation depuis mi-février figurent Teng Biao, Jiang Tianyong et Tang Jitian, des avocats qui s'appuyaient sur la loi chinoise pour lutter contre les abus de pouvoir. Interrogée jeudi sur cette vague de répression, Jiang Yu, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a assuré que la Chine respectait la liberté d'expression, tout en ajoutant que ses citoyens ne devaient "pas nuire à l'intérêt public".
    Les autorités ont réagi sans ménagement lorsque ...

    Lire la suite: http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/en-chine-la-repression-de-la-dissidence-la-plus-dure-depuis-des-annees_978238.html

  • Chine: L'ONU dénonce la détention «en violation du droit international» d'un avocat

    Gao.jpgGao Zhisheng, l'un des défenseurs chinois des droits de l'Homme les plus réputés, est détenu en violation du droit international, estime le Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire, dans un communiqué diffusé ce lundi.

    Cet avocat chrétien qui a notamment contribué à la défense de membres du mouvement spirituel Falun Gong a été arrêté dans la province du Shaanxi début février 2009. Il est brièvement réapparu en avril dernier, mais n'a pas donné signe de vie depuis. «Le Groupe de travail de l'ONU considère que sa détention viole le droit international parce que la disparition  de Gao sanctionne l'exercice de ses droits fondamentaux et parce que le gouvernement n'a pas respecté les normes internationales minimum», peut ont lire dans le communiqué.

    Le groupe de travail, qui dépend du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, est composé de juristes indépendants venant du Sénégal, du Pakistan, du Chili, de Norvège et d'Ukraine.

    Tiré de: http://www.20minutes.fr/ledirect/695712/monde-chine-onu-denonce-detention-en-violation-droit-international-avocat

  • Le rapport chinois sur les droits de l'homme fortement critiqué

    droit-lhomme-chine013.jpgVoici la vidéo sur: http://fr.ntdtv.com/ntdtv_fra/actualite/2010-10-11/603142503764.html

    Dimanche, le régime chinois a publié un rapport intitulé: «Progrès dans les droits de l’Homme, en Chine, en 2009». Le régime affirme qu’il a amélioré les droits de l’Homme pour les Chinois. Mais James Zimmerman, expert sur la Chine, d’Amnesty International, pense que le rapport ne traite pas de nombreux problèmes qui sont sources d’inquiétude.
    «Le rapport donne la priorité à l’économie, aux droits sociaux et culturels, ce qui constitue leur approche, seulement deux ou trois sections traitent des droits civils et politiques, et ils ont omis des cas en cours: la persécution du Falun Gong qui se déroule encore je veux dire, il y a simplement une liste illimitée, la situation dans le Xinjiang et au Tibet, cela reste très effroyable pour les gens, là-bas», déclare James Zimmerman.

    La directrice de «Plaidoyer pour l’Asie de Human Rights Watch», Sophie Richardson, a décrit le rapport à «Associated Press» comme, «au mieux, une opportunité manquée, au pire un badigeonnage grossier échouant à rendre une estimation réaliste des problèmes sur les droits de l’Homme en Chine».

    James Zimmerman précise: «Alors que le rapport mentionne des problèmes comme, la liberté Internet et le rôle des avocats dans la protection des droits de l’homme, la véritable situation ne transparaît pas».

    «Il parle en effet des avocats, mais lorsque ceux-ci tentent de faire leur travail, ils sont probablement harcelés, comme Gao Zhisheng. Il évoque un peu Internet, mais ne mentionne pas que 30.000 personnes surveillent la toile et qu’elles ont bloqué énormément de sites. Par exemple, des sites comme ceux concernant le 4 juin 1989 sont encore inaccessibles. C’est simplement très sélectif», ajoute-t-il.

    Le régime chinois rapporte également une diminution dans le nombre de pétitionnaires - des personnes qui tentent de voir leurs problèmes légaux résolus, après que des tentatives via le système judiciaire, aient avortées. Mais les défenseurs des droits de l’Homme en Chine affirment qu’en fait, leur situation a empiré.

    Selon Zhang Jianzhong, défenseur des droits de l’homme: «Les droits de l’Homme sont la plus grande farce. Je suis, à nouveau, sous surveillance. J’ai vu à travers la noirceur du système judiciaire chinois. Qui veut encore pétitionner? Il n’y a pas d’issue».

    James Zimmerman affirme que l’attitude du régime chinois sur les droits de l’Homme a des répercussions dans le reste du monde, étant donné son engagement avec d’autres auteurs connus de violations des droits de l’Homme. Il mentionne: «Le danger est qu’ils forment, ce que vous pouvez appeler le bloc des «non droits de l’Homme». Ils ont des alliances diplomatiques avec des pays comme la Birmanie, la Corée du Nord et plusieurs pays d’Afrique. S’ils jouent ce rôle diplomatique qui permet à ces pays de violer les droits de l’Homme en toute impunité, ce sera très mauvais, non seulement pour les Chinois mais pour les peuples dans de nombreuses parties du monde, en particulier en Afrique et en Asie».

    James Zimmerman pense que plutôt que d’entreprendre des actions afin de se montrer meilleur, le régime chinois doit se préoccuper des problèmes de ceux qui souffrent parce que leurs droits humains ont été violés.

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Le-rapport-chinois-sur-les-droits-de-lhomme-fortement-critique.html

  • L'avocat courage de la Chine

    As du barreau converti au christianisme, Gao Zhisheng était devenu la providence des sans-droits victimes des pouvoirs locaux ou de persécutions religieuses. Aujourd'hui enfermé, torturé, celui dont l'existence avait commencé comme une «success story» à la chinoise est maintenu au secret par les autorités.

    La dernière fois qu'il a été vu en public, en avril dernier, Gao Zhisheng n'était plus que l'ombre de lui-même. Il venait de refaire surface après quatorze mois d'une disparition totale entre les mains de la police secrète. Les amis qui l'ont rencontré lors de cette brève parenthèse décrivent un homme méconnaissable, physiquement cassé et moralement brisé. Celui qui fut « la conscience de la Chine », la plus fameuse « grande gueule » du barreau, la terreur des fonctionnaires corrompus avouait qu'il n'avait plus la force de continuer le combat. Il déposait les armes, dans l'espoir d'échapper aux centres de détention où des tortionnaires d'Etat pratiquent des supplices abominables censés « réformer l'esprit » des récalcitrants. Plus tard, quand il aurait donné par sa conduite suffisamment de gages, peut-être obtiendrait-il l'autorisation de rejoindre sa femme et ses deux enfants réfugiés aux Etats-Unis depuis janvier 2009. Mais les autorités en ont décidé autrement. Le 21 avril, deux ou trois semaines après sa réapparition, Gao Zhisheng était de nouveau enlevé par ses geôliers. L'absence totale d'information sur son sort, ou même sur le lieu de sa détention, laisse présager le pire.


    Terrible punition pour celui qui fut, pendant quinze ans, la figure emblématique d'un groupe engagé appelé «weiquan» (défenseurs des droits civiques). Ce mouvement « légaliste » composé d'avocats, de militants et de journalistes se bat non pas pour un changement de régime, mais pour contraindre le gouvernement à respecter les lois qu'il a lui-même promulguées. Au nom des droits reconnus par la Constitution, les avocats weiquan défendent les victimes d'abus, dont le nombre ne cesse d'augmenter. En 2009, de l'aveu même des autorités, ces exactions ont déclenché 100 000 protestations collectives et 12 millions de « pétitions » individuelles adressées au gouvernement central par des citoyens réclamant justice contre l'iniquité des pouvoirs locaux. Au tournant des années 2000, Gao Zhisheng était devenu la providence de ces pauvres gens, qui parcouraient des milliers de kilomètres pour le supplier à genoux de les défendre : victimes d'expropriations illégales, de catastrophes écologiques dues à la négligence des industriels, de bavures médicales, de persécutions religieuses, d'emprisonnements abusifs, ils savaient que cet as du barreau avait remporté des procès fameux contre les administrations - comme cette indemnité de 100 000 dollars arrachée à un hôpital au profit d'un enfant qui avait perdu l'ouïe suite à une erreur de traitement.


    Les déshérités savaient aussi que Gao consacrait un tiers de son temps à des dossiers « pro bono », qu'il plaidait gratuitement et avec feu. « Tous les avocats weiquan défendent des cas difficiles, explique Teng Biao, ami et collègue de Gao, qui a, lui aussi, ferraillé pour des causes célèbres. Mais, en général, nous prenons la précaution de ne pas «dépasser les bornes». Gao, lui, en faisait une brûlante obligation. Il acceptait un nombre très élevé d'affaires, sans se soucier de déplaire aux autorités. » Sa générosité et son dévouement au bien public étaient tels que le ministère de la Justice l'avait nommé, à 34 ans, parmi les dix meilleurs avocats de Chine.


    C'était en 2001. Gao Zhisheng était alors la preuve vivante que la « réussite pour tous », serinée par le pouvoir communiste, n'était pas un vain slogan. Dans un livre publié en 2007 (1), l'avocat raconte une vraie « success story » aux couleurs de la Chine. Né en 1966 dans une famille très pauvre du Shaanxi, il passe son enfance dans une maison troglodyte sans électricité ni chauffage et, souvent, sans manger à sa faim. Son père, mineur, meurt à 40 ans, laissant six orphelins. L'intelligence et la soif de savoir du petit Gao lui valent d'être engagé par l'Armée populaire de Libération, qui paie à ses recrues des études jusqu'au bac et leur octroie la carte de membre du Parti communiste - sésame indispensable à tous les ambitieux. Plus tard, revenu à la vie civile, il tombe sur une coupure de journal qui annonce le recrutement de 150 000 avocats - plusieurs décennies après l'abolition de la profession par Mao. «Deng Xiaoping déclarait que la Chine allait dorénavant être soumise au règne de la loi. Je l'ai cru», écrit-il. Vendeur de quatre-saisons le jour, Gao étudie donc le droit en autodidacte la nuit. Grâce à sa mémoire prodigieuse, il apprend le Code par coeur. Après avoir débuté sa carrière, en 1995, dans un coin reculé du Xinjiang, il devient rapidement une star du barreau, à la tête d'un prestigieux cabinet privé qu'il a fondé et qui emploie une vingtaine d'avocats dans la capitale.


    Comment cette brillante trajectoire s'est-elle transformée en quelques années en une véritable descente aux enfers ? De plus en plus audag. cieux, Gao subit de nombreuses menaces de mort et plusieurs arrestations ponctuelles dont il refuse de tenir compte. Après une tentative une d'assassinat maquillée en accident de la route en 2006, la machine d'Etat entreprend de l'écraser : lors de deux longs emprisonnements, il est soumis à d'effrayantes tortures qu'il osera, malgré une interdiction formelle, décrire publiquement une fois libéré. Enlevé finalement par des agents de la sécurité d'Etat en février 2009, il est maintenu au secret - excepté la courte parenthèse d'avril 2010 -, les autorités ne daignant donner aucun indice sur son sort ni même indiquer s'il est toujours vivant. Une «disparition» aussi longue est tout à fait inhabituelle, même compte tenu de la rudesse de la répression chinoise.


    Quelle est la raison d'un tel acharnement ? La réponse tient sans doute à la radicalisation progressive d'un esprit libre qui refuse de se cantonner dans le rôle anecdotique que le système judiciaire chinois concède à ses 200 000 avocats. Gao, lui, croyait vraiment aux idéaux de droit et de légalité. « Cet homme était une force de la nature, se souvient un ami. Carrure de taureau, voix de stentor, une énergie capable de déplacer des montagnes, une combativité prodigieuse. Surtout, il a pris au mot la loi de 1989 qui permettait pour la première fois à tout citoyen de poursuivre l'Etat en justice. » Bataillant sans cesse aux quatre coins du pays, a-t-il cru que les honneurs et les relations le protégeraient contre l'ire d'un régime exaspéré par ses défis ? Il s 'était mis à collectionner les cas «sensibles» : un pasteur indépendant accusé de diffuser des Bibles qu'il avait fait imprimer, les propriétaires de puits de pétrole confisqués par le gouvernement local, un village en conflit avec ses propres dirigeants, des avocats arrêtés et torturés pour avoir contesté l'arbitraire des pouvoirs locaux... » Gao n'hésite pas à protester en pleine rue, interpellant nommément les responsables et mobilisant l'opinion publique naissante qui s'agite sur les forums citoyens du Net. Une stratégie qui se solde parfois par la victoire, mais qui lui attire l'inimitié personnelle de nombreux potentats.


    C'est pourtant seulement en 2003 qu'il franchit une «frontière» implicite et se retrouve dans le camp des « ennemis du régime ». Sollicité par un adepte du Falun Gong (mouvement spirituel chinois fondé au début des années 1990) condamné sans procès à trois ans de camp de travail, Gao découvre qu'aucun tribunal n'accepte le dossier au motif que le gouvernement interdit de juger ces questions. Scandalisé par ce déni de droit, il se lance alors dans la bataille - tout en la sachant perdue d'avance. Il n'ignore pas en effet que, parmi la multitude de questions « sensibles », certaines sont carrément taboues : celles qui touchent aux religions indépendantes (catholiques « souterrains» ou «Eglises domestiques» protestantes) et, plus encore, aux « séparatismes » ethniques (Tibet, Xinjiang) et aux « sectes hérétiques », au premier rang desquelles le Falun Gong.


    Depuis 1999, les adeptes de ce puissant mouvement religieux sont férocement pourchassés par Pékin, qui les soupçonne de fomenter un soulèvement contre le PC Des centaines de milliers sont enfermés pendant des mois dans des «centres de lavage de cerveau». Trois mille d'entre eux y auraient trouvé la mort. Ceux qui survivent sont envoyés dans des camps de travail où les conditions sont à peine plus humaines. Selon les chercheurs qui étudient le goulag chinois, le Falun Gong fournirait au moins la moitié de la population carcérale.


    Pourquoi Gao Zhisheng, qui n'est pas un adepte du Falun Gong, s'est-il engagé de toutes ses forces dans ce bras de fer inégal ? «Gao est de ces avocats qui s'impliquent émotionnellement avec leurs clients », répond Teng Biao. Un autre de ses amis juristes ajoute : « Il a un côté Don Quichotte qui lui vient de son enfance défavorisée, une capacité à s'émouvoir des malheurs d 'autrui héritée de sa mère, fervente bouddhiste d'une générosité folle, et qui a été encore amplifiée par sa nouvelle foi chrétienne. » En effet, comme beaucoup d'avocats weiquan, Gao Zhisheng, qui cherchait une spiritualité cohérente avec ses choix philosophiques, s'est converti au christianisme il y a cinq ans, adhérant à une « Eglise domestique » (groupe protestant informel qui se réunit au domicile d'un de ses membres). «Du coup, son empathie pour les gens persécutés à cause de leur foi n'a plus eu de bornes », explique le juriste. En 2005, Gao va jusqu'à adresser une lettre ouverte au président Hu Jintao et au Premier ministre Wen Jiabao : «Bien que vous ne soyez pas responsables du déclenchement de cette catastrophe, le fait que vous n'y mettiez pas fin vous rend complices de ces crimes. » La sanction ne se fait pas attendre : son cabinet est fermé dès le lendemain.


    Refusant de se laisser intimider, Gao sème les agents chargés de le surveiller et part à la rencontre des adeptes du Falun Gong dans les régions où la persécution est la plus sévère. « Le coeur et la plume tremblants, écrira- t- il dans son livre (1), je recueillais des récits d'une inconcevable brutalité, des sommets de cruauté inhumaine comme jamais aucun gouvernement n'en a exercé sur ses propres citoyens. » Il a l'impression de parler à des spectres « déjà morts plusieurs fois». Et pourtant, «leur courage indomptable » et « leur capacité à pardonner à leurs tortionnaires » sont à ses yeux « l'espoir d'une Chine qui a perdu tout sens moral». Profondément ébranlé, Gao publie une seconde lettre ouverte aux dirigeants, plus véhémente encore. Il y dévoile - pour la première fois en Chine - l'existence du Bureau 610 : une sorte de Gestapo occulte créée à la fin des années 1990 pour mener la répression contre le Falun Gong dans une totale impunité. Révulsé, Gao démissionne du Parti communiste, qu'il qualifie publiquement de « cruel, inhumain et malfaisant », en concluant : « Ceci est le jour de ma vie dont je suis le plus fier. »


    Impardonnable. En août 2006, il est enlevé par une bande de nervis, saucissonné de ruban adhésif, aveuglé par une capuche noire et sommé de reconnaître son crime d'« incitation à la subversion ». Torturé pendant dix jours, il finit par signer des aveux et une lettre de repentance. Mais, dès sa libération, Gao brise la loi du silence imposée par ses geôliers. Dans un témoignage clandestin filmé en 2007 (2), il raconte, la voix brisée, les tourments et les humiliations physiques endurées et les menaces incessantes faites à sa famille.


    Trois agents se relaient désormais pour ne jamais perdre de vue son fils de 3 ans, une dizaine d'autres sont affectés à sa fille de 12 ans suivie jour et nuit. Malgré tout, Gao trouve encore la force de s'élever contre les JO de Pékin, au nom des expropriations et des abus qu'ils occasionnent. En septembre 2007, dans une lettre ouverte adressée cette fois au Congrès américain, il fustige la tyrannie du régime «fasciste » de Pékin et demande que les persécuteurs du Falun Gong - dont l'ex-président Jiang Zemin - soient jugés pour crimes contre l'humanité.


    Nouveau sacrilège aussitôt puni. Gao est de nouveau enlevé en septembre 2007 et emmené devant un tortionnaire en chef qui lui hurle à la figure : « Tu accuses le Parti de pratiquer des tortures horribles ? Eh bien, aujourd'hui, on va te faire la totale. Tu avais raison de dire que nous torturions les adeptes du Falun Gong. Les douze méthodes que nous allons te servir ont été peaufinées sur eux. » Après sa libération, l'avocat mettra par écrit le récit de ce calvaire de 54 jours pendant lesquels il a cru - et voulu - mourir. Les « oncles » des services occultes lui « enfument » les yeux avec des cigarettes jusqu'à ce qu'il ne puisse plus les ouvrir. Ils le battent à coups de bâtons électriques, appliquent des électrochocs sur ses parties intimes, percent ses organes génitaux avec des cure-dents, l'arrosent d'urine, le privent de sommeil et de nourriture... Au bout de dix jours, quand il retrouve la vue, il s'aperçoit que sa peau a viré au noir. « Ils ont commis d'autres actes abominables, écrit Gao, qui m'ont montré jusqu'où les chefs du PC étaient prêts à aller pour sauvegarder leur pouvoir dictatorial. Mais ces actes sont si ignobles et dégoûtants que je souhaite les taire à jamais. »


    Malgré sa nomination en 2008 pour le prix Nobel de la Paix, Gao est placé en résidence surveillée et sa famille harcelée. Sa femme et sa fille, qui résistaient à leur escorte, sont molestées. Les « services » interdisent à l'adolescente d'aller en classe ; elle fait plusieurs tentatives de suicide. Début janvier 2009, l'épouse de Gao Zhisheng et ses deux enfants se volatilisent à la barbe des dizaines de flics qui ne les lâchent pas d'une semelle. Dix jours plus tard, ils refont surface aux Etats-Unis avec un statut de réfugiés. On apprendra que leur évasion a été orchestrée par des réseaux clandestins (sans doute le Falun Gong ou d'autres Eglises souterraines) capables de tromper la formidable machine répressive. A peine un mois plus tard, les services se vengeaient en condamnant Gao à un purgatoire dont on ignore tout.
    « Gao Zhisheng a été le premier à oser défendre un pratiquant du Falun Gong, explique Teng Biao. Il l'a payé très cher, mais son courage a ouvert une brèche dans la muraille du non-droit. Nous sommes aujourd'hui de plus en plus nombreux à plaider ce type de dossiers, même si les autorités n'ont pas renoncé à nous intimider. »

    (1) «A China More Just », 2007, Broad Press.

    (2) http://video.google.com/videoplay?docid=-8044243585508814345&hl=en#

     

    Tiré de: http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/enquete/100533/l-avocat-courage-de-la-chine.html

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