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N- Chine et Taïwan - Page 2

  • Je ne peux pas vivre sans toi, véritable phénomène de société

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    Je ne peux pas vivre sans toi, primé dans de très nombreux festivals à travers le monde.

    BANDE ANNONCE DU FILM A LA FIN DE L'ARTICLE

    Je ne peux pas vivre sans toi, primé dans de très nombreux festivals à travers le monde, consacre la stature internationale de Leon Dai. La sincérité et l’humanisme du réalisateur touchent tous les publics. Le film devient un véritable phénomène de société à Taïwan où il suscite débats, prise de conscience et réformes de l’administration publique.

    Ce long-métrage d’auteur tourné en noir et blanc est bouleversant de sobriété. L’amour fou de cet homme pour sa fille se joue dans les silences et les regards. Un film qui mérite d’être vu. Rencontre avec Leon Dai.

    Synopsis
    Wu-Hsiung vit de débrouille avec sa fille de sept ans sur les docks du port de Kaohsiung (deuxième métropole de Taïwan). Sans emploi, il mène une vie simple mais dont il se satisfait et la fillette semble heureuse. Elle est en âge d'aller à l'école. Pour l'inscrire, il lui faut obtenir l'autorisation de la mère de l'enfant mais celle-ci a disparu depuis très longtemps. Il doit se battre avec la police et les services sociaux pour la garde de sa fille. Ayant épuisé tous les recours possibles, désespéré de ne pas trouver d'aide, il menace de se jeter d'un pont, avec sa fillette dans ses bras, sous le regard des médias.


    Vous avez fait vos débuts avec Edward Yang. Vous êtes avant tout connu pour être un grand acteur à la fois dans le cinéma d’auteur et le cinéma commercial à Taïwan. Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer derrière la caméra ?
    J’ai toujours souhaité être réalisateur, mais à Taïwan, lorsqu’on n’est pas connu, il est très difficile de trouver des fonds pour réaliser un film. J’étais donc un peu obligé d’être acteur avant d’être réalisateur pour gagner ma vie. Cela m’a aussi permis de rencontrer beaucoup de réalisateurs et d’avoir un bon aperçu du cinéma de l’intérieur…

    Comment avez-vous eu l’idée de votre film Je ne peux pas vivre sans toi ?
    Ce film est basé sur un fait divers qui a eu lieu à Taïwan en 2004. J’étais au courant comme tout le monde mais je n’y ai pas prêté une grande attention. Deux ans après, en 2006, j’ai lu un article d’analyse dans la presse sur le sujet. Et là, j’ai pensé qu’on pourrait en faire un film. À partir du moment où j’ai décidé de faire ce film jusqu’à ce qu’il sorte en 2009, j’ai passé trois ans à réfléchir et à le faire.

    Qu’est-ce qui vous a touché dans ce fait divers ?
    Tout d’abord, le rapport entre le père et sa fille m’a semblé très intéressant. Le père tient à la garde de sa fille, il veut s’en occuper comme un vrai père, comme un bon père. Puis les difficultés que ce noyau familial connaît avec la société de façon plus générale. Ces deux thèmes sont parmi ceux qui me préoccupent et que je veux traiter dans mes films… et le film c’est en fait un peu comme ma fille.

    Comment les Taïwanais ont-il réagi ?

    Les gens ont été très touchés. Ils se sont sentis concernés parce que cela peut malheureusement arriver à tout le monde d’avoir des démêlés avec l’administration, parfois même pour des sujets cocasses ou inattendus.  Chaque personne vit, s’insère dans un système et il peut y avoir des problèmes de relations entre la propre vie de chaque individu et le système dans lequel il vit.

    Vous avez rajouté un élément important dans votre scénario. Il s’agit de la communauté hakka. Quelle a été votre motivation ?
    À vrai dire, au départ je n’avais pas pensé à mentionner les Hakkas dans le film. Vous savez que ce film a été tourné avec un petit budget…  En mettant des Hakkas en scène, j’avais la possibilité d’avoir une aide financière du bureau de la communauté hakka de la ville de Kaohsiung. Bien entendu j’ai étudié cette possibilité. J’étais content de le faire parce que j’ai trouvé qu’effectivement, ajouter l’élément hakka y compris le voyage à Taipei pour le parlementaire, cela a donné finalement plus d’étoffe, plus d’épaisseur, plus de contenu au film.

    La personne qui joue le rôle de l’ami du père – le réparateur de machines –, je le connaissais avant. Il est réalisateur de cinéma. C’est lui qui m’a aussi parlé de cette possibilité d’aide de la communauté hakka. C’est un Hakka engagé... C’est une des raisons pour lesquelles finalement la communauté hakka se trouve bien représentée, bien mise en scène dans cette histoire.

    Vous parlez de donner plus d’épaisseur au film. Vous avez choisi de tourner en noir et blanc dans des nuances de gris. Quelle différence à vos yeux avec la couleur ?

    Il y a beaucoup de manière de présenter les raisons pour lesquelles j’ai choisi ce gris, comme vous avez dit très justement. C’est un peu la même chose que les raisons pour lesquelles j’ai introduit les Hakkas dans le film. C’était une question d’argent. Au moment où j’écrivais le synopsis du film, j’espérais pouvoir réunir jusqu'à 700.000 euros pour faire le tournage mais finalement je n’ai eu que 100.000 euros. C’est vraiment un film à petit budget.

    Les lieux que j’avais choisis pour le tournage, certes, me convenaient puisque c’était l’histoire du film mais ces lieux sont plutôt laids et sales. Je n’avais pas d’argent pour les modifier. Je ne pouvais pas changer l’aspect d’une maison, l’aspect du port de Kaohsiung… Si j’avais tourné dans des couleurs tout à fait naturelles, cela aurait accentué la laideur des lieux et je voulais éviter cela. En utilisant ce fond noir et blanc, ce gris, la laideur des lieux est moins criante.

    Je suis allé au plus simple, en comptant sur l’intelligence et la sensibilité des spectateurs par rapport à cette histoire d’amour entre un père et sa fille. À chacun d’imaginer sa propre palette de couleurs, en fonction de ses propres émotions. En cours de route, je me suis aperçu que le tournage en noir et blanc est beaucoup plus difficile qu’avec la couleur. Pour les cinéastes de ma génération, filmer en noir et blanc nécessite de tout réapprendre. Nous avons dû résoudre de multiples difficultés auxquelles nous ne nous attendions pas, mais la persévérance a fini par payer.

    Chen Wen-Pin s’est vu décerner le prix de meilleur acteur au festival du film de Taipei. Comment l’avez-vous choisi ?
    Je n’avais pas assez d’argent pour ne prendre ne serait-ce qu’une seule vedette. Donc j’ai demandé à des amis de m’aider. Chen Wen-Pin, qui est par ailleurs un documentariste reconnu, a accepté de jouer le rôle principal. Il n’avait jamais joué avant. J’ai dû recourir à une méthode très cruelle pour le faire entrer dans le personnage. Deux ans avant le tournage, je lui ai demandé de ne plus se faire couper les cheveux. Au fur et à mesure que ses cheveux poussaient, il devenait une sorte de vagabond dans le regard des autres. Dans la rue, les gens s’écartaient sur son passage. Je voulais que Chen ressente le changement dans le regard des autres.

    Vous utilisez trois langues dans le film. Cela donne un caractère très authentique au film. Quelle a été votre stratégie ?
    Le mandarin est enseigné à l’école. C’est la langue que tout le monde parle à Taïwan. Il est utilisé dans les administrations, à l’école, etc. Le taïwanais est la langue quotidienne de la majorité des gens. En ce qui concerne le hakka, c’est un peu différent. La communauté hakka est le troisième groupe ethnique de Taiwan. C’est une langue que nous entendons moins souvent et elle est surtout parlée par les Hakkas entre eux. Effectivement le père, selon qu’il s’adresse à son ami le réparateur ou qu’il est dans une administration, peut parler mandarin, taïwanais ou hakka. Cette situation est le résultat de l’histoire des 300 dernières années de Taïwan.

    Lorsque le père se trouve avec son meilleur ami, ils utilisent la langue hakka. Lorsque le père parle avec des gens à l’extérieur mais qu’il a envie de diminuer la distance qui les sépare, il s’exprime en taïwanais et lorsqu’il a vraiment affaire à l’administration parfois un peu sèche et méchante, il utilise bien entendu le mandarin.

    Pourquoi un titre en espagnol ?
    Si on prononce ce titre en anglais – I can’t live without you – on a l’impression que c’est le titre d’une chanson d’amour, mais le film n’est pas une chanson d’amour.  Un ami taïwanais qui revenait d’Amérique Latine a prononcé cette phrase : « No puedo vivir sin ti ». C’est une phrase très commune en Amérique Latine. J’ai trouvé que la prononciation de cette phrase en espagnol était assez proche de la prononciation de cette même phrase en taïwanais et puis l’impression que j’ai de l’Amérique Latine, c’est que c’est une société où les rapports entre les classes sociales sont parfois un peu dures. Il y a beaucoup de gens très pauvres ou en marge de la société. La situation des personnages principaux de mon film était peut être assez proche de certaines situations que l’on peut retrouver en Amérique Latine. C’était donc un peu par hasard mais le hasard a bien fait les choses. J’ai trouvé que ce titre en espagnol convenait très bien et puis j’ai eu peu d’argent pour faire la promotion à l’étranger. J’ai trouvé qu’un film taïwanais en noir et blanc avec un titre espagnol cela pouvait plus attirer les gens qu’un film taïwanais en couleur avec un titre en anglais.

    Le président taïwanais a donné l’ordre à tous les fonctionnaires de regarder le film. Cela vous a touché ?
    J’ai été touché parce que j’espérais bien que ce film provoquerait des discussions, des réflexions, et ce que le président Ma a déclaré allait tout à fait dans le sens de ce que je souhaitais. Évidemment je n’aurais pas pu penser que cela aille aussi loin mais j’espérais bien que mon film fasse réfléchir.

    Est-ce que vous avez distribué votre film en Chine continentale ?

    Non, le film n’est pas distribué en Chine mais les Chinois peuvent trouver le DVD au noir, il se vend bien. Ils peuvent aussi le voir sur internet. Au printemps cette année, j’étais à Pékin et à Hong Kong. Par curiosité j’ai voulu aller dans des boutiques de DVD et acheter mon film et en fait je n’ai pu l’avoir qu’au quatrième essai parce que les trois premières fois, on m’a dit qu’on en avait eu mais que l’on avait tout vendu.
    Tous les échos que j’ai eu du côté chinois y compris du monde du cinéma sont tout à fait favorables et surtout qu’ils ont bien le sentiment que pour l’instant ils n’ont pas encore la possibilité de faire quelque chose de semblable eux, dans leur pays.

    Je ne peux pas vivre sans toi, de Leon Dai, avec CHEN Wen-Pin, CHAO Yo-Hsuan, LIN Chih-Ju (Taiwan, 1h32, 2010)

    Sortie le 27 octobre
    Paris : cinéma Reflet Médicis (5e), Le Lincoln (8e), Les 7

    Parnassiens (14e)
    Boulogne (Cinéma Landowski), Lyon (CNP Bellecour), Marseille (César), Grenoble (Le Club), Montpellier (Diagonal)

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Arts-et-cultures/Je-ne-peux-pas-vivre-sans-toi-veritable-phenomene-de-societe.html

     

  • Le Centenaire de la République de Chine Taïwan

    Taiwan.jpgA partir du 10 octobre 2010, commencera à travers le monde la célébration du Centenaire de la République de Chine Taïwan. Première République établie en Asie, elle a été fondée le 1er janvier 1912 à la suite du renversement militaire de la dynastie Qing, le 10 octobre 1911. En un siècle, cette République a su dépasser les obstacles pour devenir le modèle d’une Chine démocratique et prospère. Michel Ching-Long Lu, représentant de la République de Chine Taïwan en France, nous livre quelques clés pour comprendre son pays.


    Quels grand progrès a d’après vous réalisé Taiwan durant ce siècle ?

    Si, aujourd’hui la République de Chine Taïwan peut fêter son 100e anniversaire, c’est grâce à plusieurs facteurs : la priorité mise sur  l’éducation, l’ouverture à la communauté internationale et à la démocratie, l’implication dans le développement et la croissance mondiale. Par exemple, aujourd’hui à New York est mis en place le projet Millénium visant à réaliser d’ici à 2015 huit objectifs de développement pour les pays sous-développés. Ces objectifs, Taïwan les a déjà réalisés il y a 20 ans et fait mieux encore en prévoyant un taux de croissance économique record en 2010 de 8,24 %. Sachant qu’aujourd’hui il existe une population d’un milliard d’hommes dans une situation de malnutrition très préoccupante, il est important d’avoir ce témoignage : Taïwan a réussi à se débarrasser de la pauvreté et à devenir un pays prospère.

    Où se place aujourd’hui Taïwan sur l’échiquier mondial ?

    Selon le Fonds Monétaire International, Taïwan est la 25e économie mondiale. En 2009, Taïwan était classé au 17e rang pour l’import-export, comptabilisant 1,7 % des échanges mondiaux. En ce qui concerne la communauté internationale, après treize années de travail, Taïwan a été invité à l’Assemblée annuelle de l’Organisation Mondiale de la Santé. Taïwan est aussi présent sur les grandes questions de la communauté internationale, c’est pourquoi elle souhaiterait à présent un statut d’observateur (et non de pays membre) aux Nations Unies, en participant notamment à ICAO (Organisation Internationale de l’Aviation Civile) et à l’UNFCCC (Confédération onusienne pour le changement climatique).

    Et pour ce qui est de la politique intérieure à Taïwan ?


    En termes de politique intérieure, le gouvernement de Taïwan suit actuellement six axes de développement qui sont la technologie, l’agriculture, les énergies vertes, le tourisme, la création culturelle et la médecine.

    Pourquoi cette célébration du centenaire de la République de Chine Taïwan est-elle importante ?

    Nous avons le plaisir de témoigner de l’ensemble des victoires que Taïwan a remporté depuis cent ans avec l’approfondissement de la démocratie bien sûr et l’exemple que le pays peut donner à la communauté internationale, à son grand voisin la Chine ainsi qu’aux pays en voie de développement. Les orientations en terme de développement sont aujourd’hui liées à une identité mondiale, basée sur la globalisation et la gestion des problèmes internationaux. Le pays envoie, par exemple, 34 missions travailler dans 29 pays, soit 225 experts dispersés dans le monde entier – y compris dans des pays avec lesquels nous n’avons pas de relations diplomatiques. En célébrant ces valeurs à travers ce 100e anniversaire, la République de Chine Taïwan veut montrer qu’elle s’engage sur des dossiers internationaux tels que, par exemple, l’environnement et la sécurité aérienne.

    Vous parlez de la Chine continentale, comment vos relations évoluent-elles ?

    Le pays joue un rôle important pour le développement de la Chine continentale, en montrant qu’avec de la volonté, la démocratie est applicable pour la société chinoise. En effet, à Taïwan il y a eut, il y a 20 ans, une demande de liberté manifestée par le peuple : liberté d’expression bien sûr, mais aussi de toutes les sortes de libertés. La démocratie est inévitable pour un pays qui a développé son économie, qui est en contact avec le monde extérieur et qui autorise son peuple à voyager dans les autres pays. C’est un exemple, car la démocratisation de Taïwan n’a pas fait couler la moindre goutte de sang. C’est cette contribution et ces valeurs si fondamentales que Taïwan souhaite célébrer en fêtant le 100e anniversaire de la République de Chine Taïwan.

    Qu’allez-vous faire pour célébrer cet événement  durant toute l’année ?

    Concrètement, des torches de la liberté seront allumées aux États-Unis.  Des représentants chinois d’outre mer, des Taïwanais dispersés dans les pays du monde entier se rassembleront à New York pour emporter, chacun dans leur pays, cette torche de la démocratie, qui retournera à Taipei pour une grande célébration.

    En France, il y aura également des célébrations et des réceptions organisées à Paris, à Lyon, à Rouen, à Lille et à Marseille pour rencontrer nos compatriotes français. Cela permettra à mon bureau de représentation en France de faire savoir à nos amis français que Taïwan est un partenaire privilégié pour la France. 56 projets de coopération scientifique sont en cours avec la France aujourd’hui, pays qui reste notre premier partenaire scientifique après les Etats-Unis.

    Si vous deviez choisir une image représentant le mieux le centenaire de Taïwan, laquelle serait-elle ?

    Ce serait sans hésiter la Tour de Taipei 101. Taïwan se trouve dans une zone sismique, il y a chaque année des typhons et des tremblements de terre. Mais, malgré ces conditions, la Tour de Taipei 101, qui est à l’image de Taïwan, tient le coup. On ne pouvait pas imaginer avant que l’on pourrait construire une tour qui s’élève à 508 mètres de hauteur. Taïwan a investi 6 milliards d’euros pendant les cinq ans et demi qu’a duré la construction. Cette tour a été entièrement construite par Taïwan.

    C’est la démonstration que nous pouvons réussir, malgré la difficulté. C’est très symbolique. Taïwan est un pays où le peuple et le gouvernement sont très pragmatiques. L’objectif n’était pas de construire la plus haute tour du monde, mais de montrer le courage du peuple taïwanais face au défi et aux différentes difficultés. C’est le symbole de la prospérité. Vous avez dû remarquer la vitalité de notre peuple. Nous sommes un peuple très souriant, très accueillant et très ouvert. Cela représente les valeurs traditionnelles et les qualités de la culture chinoise.


    Voir aussi:
    Taiwan: un modèle de réussite en Asie
    http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Taiwan-un-modele-de-reussite-en-Asie.html

    Le mont Ali, Taiwan: lever de soleil, forêts anciennes et histoire 2e partie

    http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Voyage/Le-mont-Ali-Taiwan-lever-de-soleil-forets-anciennes-et-histoire-2e-partie.html

     

    Tiré de : http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Le-Centenaire-de-la-Republique-de-Chine-Taiwan.html

  • Taiwan: un modèle de réussite en Asie

    Taiwan 18 09 10 2.jpgDepuis la levée de la loi martiale en 1987, l’État de Taiwan a connu les bénéfices de l’ouverture culturelle et d’une démocratisation pacifique du pays. Carrefour de l’Extrême-Orient, le pays a réussi à rassembler différentes influences mondiales et à conserver sa culture traditionnelle au sein d’un système démocratique prospère. Grâce à une politique d’exportation, Taiwan a connu une forte croissance économique et, depuis les années 1990, l’identité taiwanaise a pu se construire historiquement et culturellement. D’après son représentant en France, Michel Ching-long Lu, le peuple de Taiwan est un peuple de paix et un exemple pour son voisin chinois. Pour comprendre la richesse de ce pays aux mille facettes, entrons dans son histoire et sa culture, véritables témoins des questionnements de l’Asie depuis plus d’un siècle.

    L’histoire de Formosa, dite la «belle île»
    Lorsque les navigateurs portugais atteignirent pour la première fois la côte de Taiwan il y a 400 ans, ils la baptisèrent l’île Formosa – la belle île. Située à plus de 150 kilomètres de la côte sud-est du continent chinois, ses distants voisins au nord sont la Corée du Sud et le Japon, et au sud les Philippines. Avec une population de 23 millions d’habitants, à majorité d’origine chinoise Han, elle a connu plusieurs vagues d’immigration successives venant du continent. Elle présente cette particularité géographique de rassembler, sur ses 400 kilomètres de long, un climat composé de zones tropicales et de zones tempérées. Quant à sa faune et sa flore, 19 % de son territoire national a été placé en zones protégées pour assurer la préservation de son écosystème et de sa biodiversité.

    Cédée au Japon par la cour des Qing en 1895 suite à la Première Guerre sino-japonaise, Taiwan restera une colonie japonaise jusqu’en 1945, lorsque le Japon renonça à sa souveraineté sur l’île. La République de Chine, fondée en 1912 sur le continent chinois, commence alors à gouverner l’île, et une nouvelle Constitution est promulguée en 1947. Durant la guerre civile qui a suivi et la défaite en 1949 des nationalistes du Kuomintang (KMT) face aux armées communistes de Mao Zedong, le gouvernement de la République de Chine se replie et s’établit à Taiwan avec près de deux millions de continentaux fuyant les communistes. Depuis cette date, la République de Chine à Taiwan maintient sa souveraineté sur l’île ainsi que sur plusieurs autres îles de moindre taille.

    Chiang Kai-chek, alors général des armées nationalistes, devient président de la République de Chine à Taiwan et contrôle le pays d’une main de fer pendant plus de 20 ans. Le pays est alors reconnu comme un État souverain par la communauté internationale jusqu’en octobre 1971, lorsque des membres de l’ONU acceptent l’entrée de la République populaire de Chine (RPC) créée par Mao Zedong en 1949. La RPC devient alors le seul représentant de la Chine aux Nations Unies et ne cesse de revendiquer depuis sa souveraineté sur l’île. Cependant, la République de Chine à Taiwan a toujours été administrée indépendamment et se conforme aux critères de participation aux Nations Unies : le pays est plus peuplé que les trois quarts des pays du monde, il est une puissance économique majeure, il coopère étroitement avec d’autres États dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité internationale et, plus important, il est devenu un modèle de société libre et démocratique respectant les conventions internationales en matière des droits de l’homme.

    À la mort de Chiang Kai-chek en 1975, son fils Chiang Ching-kuo devient président de la République et entame l’ouverture à l’international de Taiwan. En 1987, la loi martiale est levée sur le pays, accélérant le processus de démocratisation. En 1996, a lieu le premier suffrage universel plébiscitant le peuple pour élire son président. En 2000, le Parti démocrate progressiste (DPP), parti d’opposition démocrate, est élu à la tête du gouvernement, mettant fin à 55 années de domination du parti unique du KMT. En mai 2008, après deux mandats du DPP, Ma Ying-jeou, du KMT, apporte une seconde alternance avec pour objectif le renforcement de la paix dans la région et l’amélioration des relations avec la Chine continentale.

    En l’espace de 20 ans, le peuple taiwanais a donc connu une véritable libération et une ouverture à la démocratie qui s’est montrée bénéfique pour son économie et son développement. La liberté d’expression ainsi que les droits de l’homme et le respect des cultures traditionnelles chinoises sont devenus inséparables du mode de vie de la population, créant ainsi une identité taiwanaise reconnaissable dans cette région de l’Asie et dans le monde entier.

    Identité et culture taiwanaises
    La société taiwanaise est historiquement et économiquement multiculturelle. Elle est un mélange moderne et traditionnel des cultures bouddhistes et taoïstes d’origine chinoise, de la culture japonaise et des cultures européennes et américaines. Sa position de carrefour de l’Extrême-Orient dans le Pacifique et son ouverture sur le monde en ont fait une société accueillante mariant harmonieusement des cultures venant du monde entier.

    En l’espace d’une vingtaine d’années, le pays a réussi la transition vers la démocratie, la liberté et l’État de droit, ce qui a été très fortement accepté et apprécié par son peuple. Par exemple, les Taiwanais chérissent les droits de l’homme comme une partie intégrante de leur vie quotidienne. La presse bénéficie d’une grande liberté, et toutes les religions sont acceptées et libres d’exercer. Cette démocratisation a permis aux Taiwanais de construire leur identité basée sur le respect de leurs traditions chinoises et le respect des valeurs du monde libre : liberté de croyance, liberté d’expression et respect des droits de l’homme. Avec cet état d’esprit, Taiwan a su collaborer sereinement avec les grandes puissances mondiales et a développé son économie grâce à une ouverture scientifique dans le domaine des hautes technologies.

    Une économie dominante sur les marchés des nouvelles technologies

    Avec seulement 0,003 % de la population mondiale, Taiwan est, selon l’Organisation mondiale du commerce, au 18e rang économique mondial et détient la quatrième réserve mondiale de devises étrangères. En 2008, son économie était composée à 73 % du secteur des services, à 22 % de la production industrielle et à 5 % de l’agriculture et du secteur minier.

    Le pays est devenu l’un des leaders mondiaux dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, des biotechnologies et des nanotechnologies grâce à une politique de soutien de la recherche dans le domaine des technologies avancées. Par exemple, les entreprises telles qu’Asus, Acer et HTC ? leaders mondiaux sur le marché de la téléphonie, des hautes technologies et de la microélectronique ? sont des entreprises taiwanaises.

    En 2008, Taiwan était classé à la cinquième position mondiale pour le nombre de brevets déposés aux États-Unis par ses chercheurs (6339 brevets d’invention et 1423 brevets de design) derrière les États-Unis, l’Allemagne, le Japon et la Corée du Sud. Aujourd’hui, avec ce potentiel de créativité dans le domaine des hautes technologies et des relations commerciales avec la Chine continentale, les États-Unis, l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, Taiwan demeure parmis les puissances économiques influentes au niveau mondial.

    Taiwan relève sa prévision de croissance à 8,24 % pour 2010
    Au lieu des 6,14 % attendus, la croissance du produit intérieur brut (PIB) taiwanais devrait atteindre cette année 8,24 %, a annoncé récemment le ministère de la Statistique et de la Comptabilité nationale. Si cette prévision s’avère exacte, il s’agira de la plus forte hausse annuelle du PIB enregistrée depuis 21 ans, a indiqué Tsai Hong-kun, en charge de la statistique au ministère.

    Les exportations taiwanaises devraient battre tous les records cette année, avec un montant total estimé à 271,3 milliards de dollars américains, en hausse de 33,23 % par rapport à 2009. L’investissement privé devrait également atteindre son plus haut niveau depuis 2004 à 2 milliards de dollars taiwanais, en hausse de 23,4 % par rapport à 2009. Les prix à la consommation devraient rester à l’abri de toute inflation excessive, avec une hausse prévue de 1,23 %.

     

    Sur le même sujet:

    Accord historique entre Taïwan et Pékin

    http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Accord-historique-entre-Taiwan-et-Pekin.html

     

    Le mont Ali, Taiwan: lever de soleil, forêts anciennes et histoire

    http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Voyage/Le-mont-Ali-Taiwan-lever-de-soleil-forets-anciennes-et-histoire-1re-partie.html

     

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Taiwan-un-modele-de-reussite-en-Asie.html

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