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O- Politique et diplomatie française - Page 4

  • La justice interdit l'exposition anatomique "Our Body"

    L'exposition, qui présente à Paris depuis le 12 février de vrais corps humains au public, entiers ou disséqués, a été interdite en raison de doutes sur la provenance des corps. L'organisateur a fait appel.

    L'affiche de l'exposition "Our Body" (DR)

    L'affiche de l'exposition "Our Body" (DR)

    La controversée exposition anatomique "Our Body" a été interdite, mardi 20 avril, par un juge des référés parisiens. Il a laissé 24 heures à l'organisateur pour suspendre la manifestation qui présente de vrais corps humains au public, depuis le 12 février à Paris. L'organisateur, Encore Events, a aussitôt annoncé qu'il allait faire appel de l'interdiction.
    L'exposition, qui avait déjà été présentée à Lyon et Marseille, devait s'achever le 10 mai à l'Espace 12, boulevard de la Madeleine. Elle devait ensuite déménager au Parc Floral du 22 mai au 23 août.
    Mais deux associations de lutte pour les droits humains – Ensemble contre la peine de mort et Solidarité Chine – ont assigné la société Encore Events en justice, estimant qu'il y avait des doutes sur la provenance des cadavres, et qu'il fallait interdire l'exposition. Une position que le juge des référés a suivie.

    Doute sur la provenance des corps


    Les deux associations estiment que l'exposition porte atteinte aux droits humains. Elles considèrent que la provenance des corps n'est pas clairement établie, et qu'il demeure donc un doute éthique.
    Selon l'importateur en France de l'événement, Pascal Bernardin, ce serait l'Anatomical Sciences and Technologies Fundation, basée à Hongkong, qui aurait fourni les corps, tous chinois selon lui. Le 20 février dernier, il avait expliqué à Rue89 comment il se les était procurés. "Ils m'ont montré comment ils obtiennent leurs corps, ce sont les mêmes conditions en Chine qu'en France, des gens qui ont donné leur corps à la science. Bien sûr, le lien est coupé entre le donneur et le corps exposé, par respect pour celui qui a fait ce geste", avait-il déclaré.
    Le 1er avril, à l'audience, sa société Encore Events avait par ailleurs souligné le caractère pédagogique et scientifique de la manifestation.

    Une exposition controversée


    Mais avant-même qu'elle ne soit présentée à l'Espace Madeleine, deux autres lieux - la Cité des sciences et le musée de l'Homme -, avaient refusé d'ouvrir leurs portes à l'exposition. Ils avaient invoqué notamment l'avis négatif donné par le Comité Consultatif National d'Ethique.
    Pierre Le Coz, vice-président du Comité, s'en est également expliqué à Rue 89 : "Sur 39 membres du comité d'éthique, seuls deux ont estimé qu'il n'y avait rien de répréhensible, les autres ont jugé que la visée scientifique de l'exposition n'était pas suffisante, qu'il n'y avait pas d'autre sens que de flatter le voyeurisme", a-t-il déclaré. Et d'ajouter : "C'est abject ! Un corps peut être utilisé après sa mort seulement à des visées scientifiques, même si les personnes sont consentantes. Qu'est-ce que ça veut dire le consentement d'un Chinois quand on connaît le respect des droits de l'homme dans ce pays ? On n'aurait jamais fait cela avec des Français."

    L'organisateur fait appel


    "Ça me paraît aberrant comme jugement", s'est indigné Pascal Bernardin, interrogé par l'AFP après l'interdiction de l'exposition. "Bien sûr qu'on va faire appel aujourd'hui", a-t-il ajouté. "Il y a 18 à 20 expositions anatomiques du même type qui tournent en ce moment à travers le monde, aux Etats-Unis ou en Europe, et qui n'ont jamais été interdites", a-t-il fait valoir.

    Des corps entiers ou disséqués


    Dans l'exposition, le public pouvait découvrir 17 cadavres de Chinois, hommes et femmes, entiers ou disséqués. Les corps ouverts étaient préservés par plastination, une technique qui consiste à remplacer les liquides organiques par du silicone.
    L'exposition a déjà été proposée par d'autres organisateurs qu'Encore Events dans plusieurs pays avant de venir en France : Etats-Unis, Allemagne et Espagne.
    Ce sont quelque 30 millions de visiteurs qui ont vu, dans le monde, ces expositions anatomiques. (Avec AFP)

    Tiré du NouvelObs
  • L'exposition de cadavres "Our Body" interdite en France

    L'exposition de cadavres humains "Our body, à corps ouverts" a été interdite mardi par un juge de Paris, qui a donné raison à deux organisations de défense des droits de l'homme.

    L'exposition, en cours depuis le 12 février à l'Espace Madeleine à Paris, devra fermer dans les 24 heures, sous astreinte de 20.000 euros par jour de retard.

    Ses organisateurs, Encore events productions, devront remettre les quelques 17 cadavres aux autorités publiques sous astreinte de 50.000 euros par jour de retard, dit la décision.

    L'exposition, déjà présentée dans de nombreuses villes dans le monde et aussi à Lyon et Marseille, devait se poursuivre jusqu'au 10 mai avant de déménager jusqu'en août au Parc floral de Vincennes. Les organisateurs ont fait appel, mais le premier jugement reste exécutoire.

    Pascal Bernardin, gérant de Encore events, s'est déclaré "stupéfait" de cette décision. Selon lui, "il n'y aucune atteinte au respect des morts, il ne s'agit pas d'une exposition artistique, il s'agit d'une exposition anatomique, pédagogique".

    Statuant en référé (urgence) à la demande de deux associations, le magistrat s'est appuyé sur une loi de décembre 2008 qui a étendu aux cadavres la protection accordée aux personnes vivantes.

    Il estime qu'hormis les usages médicaux prévus par la loi avec autorisation, "l'espace assigné par la loi au cadavre est au cimetière", ou à la crémation.

    "La loi prohibe les conventions ayant pour objet de marchandiser le corps", déclare le magistrat dans ses attendus. "La commercialisation est une atteinte manifeste au respect dû aux cadavres", ajoute-t-il.

    DES CORPS DE CONDAMNÉS À MORT ?

    Le tribunal de grande instance de Paris a statué après avoir été saisi par deux associations, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et Solidarité Chine, selon qui l'exposition violait les principes de respect du cadavre et d'inviolabilité du corps humain.

    Les associations avaient dit craindre que les corps présentés et préservés selon un procédé nommé "plastination", imaginé en 1977 par le plasticien allemand Günther von Hagens, soient ceux de condamnés à mort en Chine.

    L'exposition revendique jusqu'à ce jour 30 millions de visiteurs dans le monde. La plastination consiste à plonger les corps dans des bains de formol puis d'acétone pour remplacer toutes ses graisses et liquides par de la silicone, ce qui produit un cadavre figé avec tous ses organes.

    L'exposition les met en scène dans diverses postures. L'origine des corps est incertaine, les organisateurs parlant de Chinois ayant fait don de leurs corps à la science.

    Pascal Bernardin assure avoir tous les documents justifiant une origine régulière. Les organisations plaignantes disent que Günther von Hagens a lui-même reconnu que certains corps présentaient une balle dans la tête. Le Comité national d'éthique avait émis des réserves sur le spectacle.

    L'association soulevait l'hypothèse que les corps proviennent d'un trafic organisé par la police chinoise. Dans les documents de promotion, les organisateurs de l'exposition proposaient au public de découvrir "où est la rate, les poumons et l'hypophyse, comment les muscles fonctionnent quand on court et à quoi ressemblent les poumons d'un fumeur".

    Jean-Baptiste Vey et Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

     

  • Pierre Bergé : « Le jour où la Chine deviendra indiscutablement une démocratie... » - Partie 1

    Pierre Bergé.(La Grande époque)
    Pierre Bergé.(La Grande époque)

    Pierre Bergé revient sur les tensions qui ont entouré la vente aux enchères des deux têtes chinoises issues du Palais d’été. Selon lui, si les statues étaient restées en Chine, elles auraient sans doute été détruites durant la révolution culturelle. Cependant, très engagé pour le respect des droits de l’Homme, il n’exclut pas de rendre les statues à la Chine quand elle aura un visage plus démocratique.

    Pierre Bergé : Je suis allé en Chine il y a très longtemps. J’ai même travaillé à l’époque avec le gouvernement chinois. J’avais été nommé conseiller supérieur de la République Populaire de Chine ; mais le jour du drame de Tian An Men, j’ai décidé de rompre toutes mes relations avec la Chine et tous les investissements industriels que j’étais en train de programmer avec les Chinois. A ce moment-là je me suis rapproché des Chinois en exil en France, et d’ailleurs dans le monde, et j’ai offert aux Chinois un local que j’avais rue de Tournon pour faire une maison chinoise de la démocratie, ce qui a été fait.

    Après je suis devenu propriétaire de deux têtes en bronze – un lapin et un rat – qui étaient au Palais d’Eté et qui ont été détruits par le sac du Palais d’Eté au XIXe siècle. Premièrement, il n’y a aucune preuve que ces têtes aient été emmenées ni par des Anglais ni par des Français. Ces têtes ont peut-être été volées par des Chinois et ces têtes ont peut-être été vendues par un antiquaire chinois de Pékin.

    Deuxièmement si ces têtes étaient restées en Chine, je pense qu’aujourd’hui avec la Révolution culturelle elles seraient détruites et qu’elles n’existeraient plus. Donc je pense que les Chinois devraient plutôt me remercier de les avoir gardées, elles sont en parfait état. Les Chinois voudraient que je leur rende ces têtes. D’abord, je ne dois rien aux Chinois. Ensuite, il existe des règlements internationaux qui me protègent et pas plus que les Grecs ne peuvent réclamer à l’Angleterre les fresques du Parthénon qui sont conservées au British Museum à Londres, les Chinois ne peuvent pas me réclamer les deux têtes.

    Cela dit, j’aime beaucoup la culture chinoise et je trouverais tout à fait normal que ces têtes retournent dans leur pays d’origine, c’est-à-dire à Pékin, et peut-être au Palais d’Eté à Pékin. Mais j’estime que les Chinois devraient faire un pas vers moi. Je leur ai dit – et je le dis aujourd’hui – que je suis prêt à offrir ces têtes au Gouvernement chinois le jour où le Gouvernement chinois reconnaîtra les droits de l’Homme, c’est très simple et c’est très facile.

    Il ne suffit pas d’aller aujourd’hui à Londres au G20 avec tous les autres chefs d’État du monde. Il faut faire des choses beaucoup plus simples que cela, c’est-à-dire respecter la démocratie, respecter les droits de l’Homme. Et pour ce qui concerne le Dalaï-Lama, le Tibet, moi je ne suis pas religieux, je ne suis pas Tibétain, mais je pense que les Tibétains ont le droit d’exister chez eux. Je pense que les Tibétains ont tout à fait le droit de pratiquer leur religion chez eux et je trouve que la Chine est en train de commettre un génocide – lent, mais certainement un génocide – en interdisant le retour des Tibétains sur leur territoire ou en massacrant les Tibétains comme ils le font. Alors le jour où la Chine sera devenue un pays indiscutablement démocratique, je leur donnerai mes têtes chinoises.


    LGE : Sans indiscrétion, pourriez-vous nous dire comment vous avez obtenu ces bronzes ?

    Pierre Bergé : Ce n’est pas un secret, je les ai achetées chez un antiquaire français. Elles venaient de deux collections françaises depuis longtemps : une collection d’un Français qui s’appelait Pommereux et qui avait ces têtes avenue Foch et avant d’un peintre espagnol qui s’appelait José Maria Sert qui était un peintre et aussi un grand collectionneur. Voilà d’où viennent ces têtes et je les ai achetées comme ça. Ces têtes-là, j’ai dû les acheter il y a dix ou douze ans.

    LGE : Nous savons aussi que lors d’une première enchère à Hong-Kong, en 1985, le premier prix d’enchère était de 500 dollars, ce qui était très bas. En 2000, une entreprise de l’armée chinoise a payé 30 millions hongkongais de dollars pour acheter trois têtes, puis en 2003 un homme d’affaires de Macao a payé six millions de dollars hongkongais pour la tête de cochon. En 2007, le même acquéreur a versé presque neuf millions de dollars américains pour la tête de cheval. Cette année à Paris, le prix d’enchère au départ était de huit millions d’euros, douze millions d’euros pour l’ensemble. D’après vous, pourquoi cette augmentation du prix de ces bronzes ?

    Pierre Bergé : Parce c’est très beau, parce que c’est très rare et parce qu’il n’y en a que douze. C’est la dernière qui vaudra le plus cher. Lorsque les onze seront vendues, il en restera une, et celle-là vaudra très cher.

     

    A suivre...

    Tiré de La Grande Epoque le 09 04 09

    http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/6184/105/

  • Marie Holzman à propos du mouvement démocratique en Chine

    Tiré de France5 non Daté. Date estimée avant 2004 ( Date du début des démissions du parti communiste chinois après la publication des 9 commentaires sur le PCC. A lire sur http://ninecommentaries.com/ )

     

    Marie HolzmanSinologue, spécialiste de la Chine contemporaine, Marie Holzman est auteur, traductrice et enseignante à l'université de Paris-VII. En tant que présidente de Solidarité Chine, une association créée en 1989 au lendemain du massacre de Tien An Men, elle oeuvre pour la démocratie et le respect des droits de l'homme en Chine.


    Comment est né votre intérêt pour la Chine ?

    Marie Holzman : Très jeune, j'ai été fascinée par la façon dont les Chinois se comportaient socialement. Par exemple, ils emploient très souvent le mot "jouer", mais pas nécessairement pour des enfants. Ils disent : "je viendrai jouer chez toi demain". A l'époque, je trouvais cela ridicule. Avec le recul, je me rends compte de la force extraordinaire qu'ils possèdent. Cette attitude est un peu la quintessence de leur approche de la vie : ils profitent de chaque instant, avec bonheur.

    Un autre trait marquant est leur endurance passive, cette conviction que, de toute façon, tout s'arrangera. Ce côté passif et attentiste explique en partie la durée qui les caractérise : la dictature est en place depuis cinquante ans alors que, presque partout ailleurs, elle a cessé.

    Pensez-vous que la démocratie pourrait bientôt devenir réalité ?

    Marie Holzman : Un énorme progrès a été accompli puisque le pays est dans une phase transitoire vers un régime démocratique. Du moins, c'est ce qui est annoncé.

    Toutefois, pour l'instant, le pouvoir estime que la Chine n'est pas prête : la "qualité" de la population n'est pas assez élevée, le niveau d'éducation est insuffisant...

    Parallèlement, le gouvernement se vante pourtant d'avoir généralisé l'éducation, éradiqué la pauvreté et l'analphabétisme...

    Qu'en est-il du mouvement démocratique ?

    Marie Holzman : Il a été courageux à la fin des années 80. Maintenant, il est dans le creux de la vague car la plupart des dictatures communistes se sont effondrées, sauf en Chine.

    Mais plus on laisse le communisme en place, plus on gangrène l'avenir. Il engendre notamment la corruption. Et s'il n'y a pas de contre-pouvoir pour la contrôler, la diminuer et la dénoncer, le pire se produit. Les contre-pouvoirs sont indispensables pour la santé de tous les régimes.

    N'existe-t-il réellement aucun contre-pouvoir ?

    Marie Holzman : En ce moment, non. La pression sur les revendications démocratiques est terrible.

    Il y a quelques mois, par exemple, des dizaines de nourrissons sont morts à cause d'un lait qui s'est avéré ne pas contenir les protéines nécessaires. Si un organe comme 60 millions de consommateurs avait existé, il y aurait eu davantage de contrôles, de mises en garde...

    Autre exemple : l'année dernière, deux journalistes chinois ont fait un excellent travail sur l'état de l'épidémie de pneumonie atypique. Ils ont été condamnés - sous d'autres prétextes - à onze et douze ans de prison.

    Enfin, le cas du docteur Jiang. Cet homme a été le premier à dénoncer l'ampleur du SRAS et à informer sur la situation à Pékin. Cette année, il a lancé une pétition pour que la lumière soit faite sur la réalité de la répression du mouvement démocratique de 1989. Il réclame que le gouvernement modifie son verdict, parce que tant qu'on dira que les gens qui ont demandé plus d'ouverture et de transparence sont des réactionnaires contre-révolutionnaires dangereux, il ne pourra pas y avoir de réformes politiques. Depuis deux mois, ce docteur de 72 ans s'est "volatilisé".

    En général, qui est visé par la censure ?

    Marie Holzman : Ce que le pouvoir craint plus que tout, c'est d'être renversé. Il a donc peur de tout ce qui est organisé.

    Il suffit de voir ce qui arrive aux gens du mouvement spirituel de Falungong. Ils veulent simplement méditer et pratiquer : "vérité, bonté, tolérance". Ce n'est pas très révolutionnaire. Cependant, depuis 1999, comme le gouvernement a découvert qu'ils étaient des dizaines de millions organisés en dehors du parti et de tout contrôle, ils sont mortellement pourchassés : des dizaines de milliers d'entre eux ont été incarcérés, torturés, soumis à des lavages de cerveau intenses. On estime que le nombre de morts en prison s'élève à plus de 900.

    Il y a aussi l'histoire de Yang Zili. Il fait partie d'un groupe de quatre jeunes d'une vingtaine d'années qui se sont intéressés aux problèmes liés à la pauvreté en milieu rural et qui ont écrit des articles théoriques sur le sujet. Lui et ses amis ont été condamnés à huit et neuf ans de prison.

    Tiré de France5

  • Jacques Chirac 1995 – 2007 : « Le bilan chinois »

    Lors de son dernier conseil des ministres, le 9 mai 2007, Jacques Chirac a reçu pour conclure ses douze années de gouvernance une encre du peintre franco-chinois Zao Wou-ki, représentant «un trait d’union entre l’Orient et l’Occident». Pourquoi le choix de ce symbole ?

    Pourquoi le choix de ce symbole de préférence à un cadeau inspiré des grands travaux qui ont formé les priorités du Président Jacques Chirac: la réduction de la fracture sociale, le développement durable…? Très probablement parce que, plus qu’autre chose, c’est la position de Jacques Chirac vis à vis du régime chinois qui restera comme une des grandes marques de ses deux mandats.

    huchirac.jpgDe grandes idées, de grandes erreurs

    La grande idée de Jacques Chirac en 1997 est de construire un partenariat stratégique dit de «dialogue constructif» avec la Chine, de sortir de l’embargo diplomatique qui avait fait suite aux massacres de la Place Tian An Men de Pékin en 1989, et ainsi d’ouvrir en douceur les portes de la démocratie. Des partenariats économiques ont alors été signés, et les dialogues à huis clos ont remplacé les condamnations publiques des tortures et lavages de cerveau.

    Si le régime chinois était indéniablement reconnaissant à la France d’avoir adopté cette position et de l’avoir imposée à la plupart des partenaires européens, la Chine elle, ne le sera certainement pas en retour et ne manquera pas de le faire savoir. En effet, dix ans plus tard, le bilan est loin d’être positif. Les partenariats économiques ont pris l’avantage sur la promotion des valeurs et du modèle français. M. Chirac s’est par exemple exercé au relativisme et a considéré lors de ses déplacements en Chine que la notion des droits humains variait d’un pays à l’autre - et que le premier d’entre eux était de toute façon celui de pouvoir se nourrir. Avec de telles affirmations, les relations avec le régime chinois sont évidemment devenues de plus en plus «confiantes et amicales» – les analystes dressent pourtant un bilan sévère de l’ère Chirac.

    Début avril par exemple. Long Xinmin, le directeur de la censure chinoise (l’Administration générale de la presse et de la publication) a reçu la Légion d’Honneur par l’Ambassadeur de France en Chine juste avant de quitter son poste. L’association Reporters Sans Frontières s’est dit «attristée d’apprendre que Long Xinmin quitte ce poste stratégique décoré d’une Légion d’honneur de la République française qu’il ne mérite en aucun cas.» et rappelle ce que les autorités françaises semblent avoir oublié : «un chef de la censure au service d’un Etat autoritaire ne devrait pas être récompensé d’un titre distinguant les valeurs de la République française».

    La stratégie de la complaisance

    Pendant sa présidence, certains médias français ont souligné que le Président Jacques Chirac avaient plusieurs fois au nom de la France «franchi la ligne rouge de la complaisance, à la limite de la compromission». Il a par exemple pris la tête d’une croisade en faveur de la levée de l’embargo européen sur les ventes d’armes à la Chine, imposé au lendemain du massacre de Tiananmen en 1989 par la France.

    Radio France Internationale était plus direct en affirmant que Jacques Chirac et son parti menaient « une politique de soutien presque inconditionnel à la Chine, en demandant la levée de l’embargo, en approuvant la politique de réunification avec Taiwan sous le giron communiste (dont les dirigeants ont pourtant été élus démocratiquement), et en évoquant très peu les sujets qui fâchent comme les droits de l’homme durant les nombreuses visites officielles qui ont marqué ses deux mandats. Le résultat est aujourd’hui un crédit diplomatique considérable accordé à la France et de nombreux liens de coopération noués, mais qui n’ont finalement pas eu beaucoup de répercussions commerciales. Le Japon ou l’Allemagne d’Angela Merkel par exemple sont beaucoup plus critiques à l’égard de la politique de la Chine, et entretiennent pourtant d’excellents rapports commerciaux avec elle.»

    Le «pouvoir de la vérité» selon Nicolas Sarkozy

    La passation de pouvoir entre le président sortant Jacques Chirac et son successeur Nicolas Sarkozy étant maintenant effectuée, la question sommet-france-chine.jpgse pose à nouveau : quelle politique chinoise pour la France ? Quelle part donner aux valeurs, quelle position entre l’amitié franco-chinoise et le devoir éthique de refuser l’oppression des dictatures ? La toute première déclaration de Nicolas Sarkozy, le 6 mai, au soir même de son élection, semble choisir une voie. Le Président avait ainsi déclaré :

    «Je veux lancer un appel à tous ceux qui, dans le monde, croient aux valeurs de la tolérance, de la liberté, de la démocratie, de l’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et les dictatures. Je veux dire à tous les enfants à travers le monde, à toutes les femmes martyrisées dans le monde, je veux leur dire que la fierté, le devoir de la France sera d’être à leurs côtés.[…] La France sera du côté des opprimés du monde. C’est le message de la France, c’est l’identité de la France, c’est l’histoire de la France.» Nicolas Sarkozy

    Seul l’avenir montre si la France peut devenir un grand partenaire économique de la Chine plutôt qu’un partenaire moyen, et si elle peut-être un pays véritablement ami plutôt qu’un pays seulement conciliant. Les amis savent se parler directement, avec sévérité quand c'est nécessaire.

    Aujourd'hui en 2009 alors que des délégations françaises se rendent en Chine menée par Jean Pierre Raffarin, quelle politique sera respectée envers la Chine? Celle de la complaisance ou celle de la tolérance, de la liberté, de la démocratie, de l’humanisme?

  • Après l'échec de la guerre, ce siècle devrait être celui du dialogue

    Un reportage de NTDTV sur la rencontre entre N.Sarkozy et le Dalaï Lama

    http://www.dailymotion.com/video/x7pk9u_20081211-sarkozy-rencontre-le-dalai_news

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