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M- Le combat de Gao Zhisheng - Page 3

  • Les États-Unis appellent à la libération de l'avocat chinois Gao Zhisheng

    l'avocat chinois Gao Zhisheng, Chine, arrestations d'avocats en Chine, libérez Gao Zhisheng en Chine, Chine, Gao ZHisheng, Etats Unis et Chine, dialogue sur les droits de l'homme entre la Chine et les Etats UnisLes États-Unis renouvèlent leur appel pour la libération de Gao Zhisheng, l’avocat des droits de l’homme, à l'occasion de la visite en Chine du Vice-président américain Joe Biden.

    Victoria Nuland, porte-parole du Département d'état américain a dit: «Permettez-moi de saisir cette occasion pour exhorter, de nouveau, le régime chinois à s'assurer que Gao Zhisheng soit immédiatement libéré et à clarifier les détails le concernant et l’endroit où il se trouve».

    Gao Zhisheng a disparu depuis le mois d'avril 2010. Il aurait dû être libéré le 14 août 2011, après une peine de cinq ans, mais sa famille attend toujours de ses nouvelles.

    Geng He, épouse de Gao Zhisheng, a précisé: «Son frère a également appelé les responsables de la sécurité d'état à Pékin. Parfois ils répondent, mais déclarent que Gao a disparu tout seul. Ces excuses pour dissimuler la vérité sont exaspérantes».

    Victoria Nuland a déclaré que le Vice-président des États-Unis, Joe Biden, aborderait les questions relatives aux droits de l'homme avec le régime chinois lors de sa visite, sans pouvoir préciser si le cas de Gao serait mentionné.

    Victoria Nuland a ajouté: «Lors de cette visite, le Vice-président Biden va faire part de nos inquiétudes concernant la situation des droits de l’homme en Chine, comme nous l’avons régulièrement fait. À maintes reprises, nous avons fait part de nos préoccupations au régime chinois sur le sort réservé à Gao et sur ses conditions de vie. Nous avons exprimé notre profonde inquiétude au sujet des rapports indiquant qu’il pourrait avoir été torturé par des responsables de la sécurité».

    Gao Zhisheng a été autrefois considéré comme l'un des dix meilleurs avocats de Chine. Il est devenu une cible du régime chinois après qu'il ait ouvertement appelé à mettre fin à la persécution de la pratique spirituelle Falun Gong. En 2006, il a été condamné à une peine de prison de trois ans avec sursis  pour subversion. Depuis, Gao se trouve en détention extralégale.

    L’affaire Gao continue à préoccuper le monde entier. Cette semaine, l’organisation China Aid, basée aux États-Unis, a officiellement fait une demande auprès des Nations Unies pour enquêter sur sa situation, ainsi que sur les tortures qu'il a subies au cours de ses détentions précédentes.

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Les-Etats-Unis-appellent-a-la-liberation-de-lavocat-chinois-Gao-Zhisheng.html

  • Gao Zhisheng: Pékin dit à l'ONU de ne pas se mêler de ses affaires

    gao_Zhisheng persécuté en chine.jpgUne porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a demandé à un groupe de travail des Nations Unis de ne pas se mêler de ses affaires en ce qui a trait à la détention de Gao Zhisheng, l'avocat chinois spécialiste des droits de la personne.

    Le groupe de défense des droits de l'homme Freedom Now a révélé la semaine dernière que le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire avait demandé la libération immédiate de Gao. Le Groupe de travail a déclaré que le régime communiste chinois contrevient au droit international en gardant Gao en détention et qu'il ne rencontre «même pas les standards internationaux minimums d'application régulière de la loi».

    Une lettre du président du Groupe de travail demandant la libération immédiate de Gao avait été envoyée au régime chinois le 6 juillet 2010.

    Puisque Pékin n'a pas répondu à la lettre, le Groupe de travail de l'ONU a émis un avis sur le cas de Gao le 19 novembre 2010.

    L'avis indique : «À la lumière des allégations soulevées, le Groupe de travail aurait accueilli la coopération du gouvernement [chinois]. En l'absence de toute information du gouvernement, le Groupe de travail estime qu'il est en position d'émettre un avis sur les faits et circonstances entourant le cas, étant donné que les faits et allégations contenus dans la communication n'ont pas été contestés par le gouvernement.»

    L'avis poursuit : «La détention de M. Gao est arbitraire puisque le gouvernement n'a invoqué aucun fondement légal pour justifier sa privation de liberté. M. Gao n'a été formellement accusé d'aucune offense sous la loi criminelle ou autre loi chinoise. De plus, sa détention actuelle pourrait être reliée à des actions pour lesquelles il a été précédemment détenu; en particulier, son travail en faveur des groupes religieux persécutés.»

    Lors d'une conférence à Pékin le 29 mars 2011, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jian Yu, a affirmé ne pas connaître les détails du cas de Gao Zhisheng et elle a averti l'ONU de ne pas s'ingérer. Jian Yu a déclaré que les rouages des droits de l'homme de l'ONU devraient «conserver une attitude objective et impartiale et respecter la souveraineté juridique de la Chine».

    Lire la suite sur: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Chine-/-Asie/Gao-Zhisheng-Pekin-dit-a-lONU-de-ne-pas-se-meler-de-ses-affaires.html

  • Pour libérer l'avocat chinois des droits de l'homme Gao Zhisheng

    Gao Zhisheng A China more Just.jpgL’avocat chinois des droits de l’homme Gao Zhisheng a été battu, torturé, emprisonné et la sécurité de sa famille est menacée après avoir été arrêté à plusieurs reprises depuis 2006. Pour quelles raisons ? Pour avoir refuser d'arrêter son combat pour la liberté et des droits de l'homme en Chine. La liberté d'expression est un droit fondamental, et Gao Zhisheng ainsi d'autres défenseurs des droits de l’homme en Chine, risquent tout pour se battre pour elle.

    En 2010, Gao Zhisheng a été brièvement libéré après un énorme tollé international sur l'injustice de son arrestation. Seulement deux semaines plus tard cependant, il a été emprisonné une fois de plus. Maintenant, son épouse ne sait pas encore s'il est toujours vivant.

    La réaction de la communauté internationale pourrait à nouveau faire la différence, c’est pourquoi vous pouvez signer cette pétition en ligne sur le site ci dessous afin de demander à Hu Jintao que Gao Zhisheng soit libéré.

    Signer la pétition: http://www.thepetitionsite.com/takeaction/544/758/082/

  • Chine: L'ONU dénonce la détention «en violation du droit international» d'un avocat

    Gao.jpgGao Zhisheng, l'un des défenseurs chinois des droits de l'Homme les plus réputés, est détenu en violation du droit international, estime le Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire, dans un communiqué diffusé ce lundi.

    Cet avocat chrétien qui a notamment contribué à la défense de membres du mouvement spirituel Falun Gong a été arrêté dans la province du Shaanxi début février 2009. Il est brièvement réapparu en avril dernier, mais n'a pas donné signe de vie depuis. «Le Groupe de travail de l'ONU considère que sa détention viole le droit international parce que la disparition  de Gao sanctionne l'exercice de ses droits fondamentaux et parce que le gouvernement n'a pas respecté les normes internationales minimum», peut ont lire dans le communiqué.

    Le groupe de travail, qui dépend du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, est composé de juristes indépendants venant du Sénégal, du Pakistan, du Chili, de Norvège et d'Ukraine.

    Tiré de: http://www.20minutes.fr/ledirect/695712/monde-chine-onu-denonce-detention-en-violation-droit-international-avocat

  • L’Observatoire International des Avocats à propos de Gao Zhisheng

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    Gao Zhisheng avant sa capture par les autorités chinoise communistes

    Paru le 29 novembre 2010

    Maître Gao Zhisheng, avocat chinois de nouveau porté disparu depuis le 21 avril 2010

    L’Observatoire International des Avocats exprime sa plus vive préoccupation concernant la disparition de Maître Gao Zhisheng. Les autorités chinoises refusent de l’enregistrer comme personne « portée disparue » alors qu’elles n’ont fourni aucune preuve de vie de l’avocat depuis avril 2010.

    Description de la situation:

    Gao Zhisheng est un avocat chinois, défenseur des droits civiques (« weiquan ») à Pékin. Au nom des droits reconnus par la Constitution, cet avocat a défendu des victimes d’expropriations illégales, de catastrophes écologiques dues à la négligence d’industriels, de bavures médicales, de persécutions religieuses et d’emprisonnements abusifs.

    Depuis plusieurs années, Gao Zhisheng a subit de nombreuses menaces de mort et plusieurs arrestations ponctuelles. Après plusieurs emprisonnements, en 2007 pour avoir écrit aux parlementaires américains sur la situation des droits de l’Homme en Chine et en 2008, il a rédigé une lettre, rendue publique en 2009, sur les actes de torture et les mauvais traitements dont il a été victime. Les pressions sur sa famille et lui-même se sont par la suite accentuées et le 4 février 2009, Gao Zhisheng a finalement été enlevé par des agents de la sécurité de l’Etat et maintenu au secret. Un mois plus tard, sa famille, en raison du sentiment d’insécurité, s’est réfugiée aux Etats Unis.

    Après être brièvement réapparu en mars 2010, Gao Zhisheng est de nouveau porté disparu depuis le mois d’avril 2010. Son frère Gao Zhiyi a de nouveau signalé sa disparition le 25 octobre 2010 auprès des autorités chinoises qui ont refusé d’enregistrer le cas de Gao Zhisheng comme une « disparition », prétextant que l’avocat ayant déjà « disparu » puis « réapparu », son cas n’était pas inquiétant.

    Appel de l’Observatoire International des Avocats:

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    Gao Zhisheng après avoir subi les tortures du régime chinois. Photo prise avant sa nouvelle disparition en avril 2010

    L’Observatoire rappelle que l’indépendance des avocats est l’un des principaux baromètres de la démocratie et de l’effectivité de l’Etat de droit. Il attire l’attention des autorités chinoises sur les Principes de base relatifs au rôle du Barreau, qui ont été adoptés par le huitième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants qui s’est tenu à la Havane (Cuba) du 27 août au 27 septembre 1990.

    Principe n°16 :

    « Les pouvoirs publics veillent à ce que les avocats a) puissent s’acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue ; b) puissent voyager et consulter leurs clients librement , dans le pays comme à l’étranger ; et c) ne fassent pas l’objet, ni ne soient menacés de poursuites ou de sanctions économiques ou autres pour toutes mesures prises conformément à leurs obligations et normes professionnelles reconnues et à leur déontologie ».

    Principe n°18 :

    « Les avocats ne doivent pas être assimilés à leurs clients ou à la cause de leurs clients du fait de l’exercice de leurs fonctions »

    Principe n°23 :

    « Les avocats, comme tous les autres citoyens, doivent jouir de la liberté d’expression, de croyance, d’association et de réunion. En particulier, ils ont le droit de prendre part à des discussions publiques portant sur le droit, l’administration de la justice et la promotion et la protection des droits de l’homme et d’adhérer à des organisations locales, nationales ou internationales, ou d’en constituer, et d’assister à leurs réunions sans subir de restrictions professionnelles du fait de leurs actes légitimes ou de leur adhésion à une organisation légitime. Dans l’exercice de ces droits, des avocats doivent avoir une conduite conforme à la loi et aux normes reconnues et à la déontologie de la profession d’avocat ».

    L’Observatoire International des Avocats demande :

    -Aux autorités chinoises, de fournir rapidement des preuves de vie de Gao Zhisheng et d’assurer la remise en liberté de celui-ci et la cessation des actes d’intimidation à son encontre.

    Les autorités chinoises se doivent de garantir en toutes circonstances le principe selon lequel aucun avocat ne peut être poursuivi ni soumis à des représailles en raison des causes qu’il défend.

    -A l’Organisation des Nations Unies, à la Commission européenne et aux autres organisations internationales d’intervenir auprès des autorités nationales chinoises afin que celles-ci fournissent des preuves de vie de Gao Zhisheng et garantissent sa sécurité et la cessation des actes d’intimidation à son encontre

    -Aux ordres professionnels et organisations d’avocats, d’apporter leur soutien à Maître Gao Zhisheng et d’utiliser tous les moyens qui sont en leur possession afin d’attirer l’attention des autorités chinoises sur son cas.

    Ce document est une émanation de l’Observatoire International des Avocats (OIA). Il ne peut être repris que sous sa forme initiale. L’OIA décline toute responsabilité en cas d’altération ou de falsification du présent document.

    Tiré de : http://www.observatoire-avocats.org/2010/11/29/gao-zhisheng-chine/

    A propos de L’Observatoire International des Avocats

    Chaque jour, à travers le monde, des avocats sont emprisonnés, torturés, assassinés, victimes de pressions, menaces et disparitions forcées en raison de l’exercice de leur profession. Les avocats défenseurs des droits de l’Homme sont d’autant plus exposés à ces représailles qu’ils sont assimilés à la cause sensible qu’ils défendent.

    L’Observatoire International pour les Avocats est un mécanisme de protection et de défense en faveur des avocats menacés en raison de leurs activités de défense des droits de l’homme. Il a été crée en 2009 et a pour mission globale de recenser les cas d’avocats en difficultés et de leur apporter un soutien moral et matériel, ainsi qu’une assistance juridique par d’autres avocats auprès des juridictions et autres autorités dans leur pays d’exercice.

     

    A lire: Troisième lettre ouverte de Gao Zhisheng à Hu Jintao et Wen Jiabao : Nous devons immédiatement faire cesser la brutalité qui suffoque la conscience et la moralité de notre nation

    http://fr.clearharmony.net/articles/200601/24098.html

  • Lettre ouverte de Gao Zhisheng à Hu Jintao et Wen Jiabao

    Voici en intégralité la 3ième lettre ouverte écrite par l'avocat Gao Zhisheng à Hu Jintao et Wen Jiabao en 2005. A la suite de cette lettre, il a été kidnappé par la police du régime et a subi les tortures qu'il décrit dans cette lettre. Nous sommes toujours sans nouvelle de lui. Un texte indispensable pour comprendre en profondeur la situation des droits de l'homme en Chine. Une véritable catastrophe humanitaire. - Attention pour public averti -

     

     

    Nous devons immédiatement faire cesser la brutalité qui suffoque la conscience et la moralité de notre nation

    A Hu Jintao, Wen Jiabao, et à tous mes concitoyens chinois dotés de conscience

     

    Je vous envoie mes salutations depuis la ville de Changchun.

    Laissez-moi avant tout exprimer mon profond chagrin pour les citoyens chinois innocents qui ont été tués par le gouvernement de Guangdong, et mes condoléances et mon soutien aux familles des victimes. J’aimerais aussi exprimer mes plus vives protestations contre ces brutalités meurtrières envers nos bons compatriotes. J’invite instamment les plus hautes autorités à suivre les principes reconnus par les sociétés civiles, à punir les meurtriers et ceux qui sont responsables, et à réconforter et offrir compensation aux familles des victimes [1].

    L’hiver à Changchun est extrêmement froid. Bien que "caché" dans une chambre où la plupart du temps il n’y a pas d’eau, mon sang bouillonne. Non du fait d’avoir à écrire une lettre ouverte à Hu et Wen, mais plutôt que pouvoir travailler pour le futur d’un des plus grands peuples du monde suffirait à faire bouillonner le sang de n’importe quel citoyen ordinaire.

    Le 18 octobre, avec un enthousiasme tout aussi bouillonnant, j’ai écrit une lettre ouverte à Hu Jintao et à Wen Jiabao, deux de mes compatriotes, invitant instamment leur gouvernement à "cesser de persécuter ceux qui croient en la liberté et à renouer avec le peuple chinois". Le jour suivant, j’ai reçu chez moi des menaces téléphoniques non voilées. Trois jours plus tard, au moins dix voitures de police et 20 policiers en civil ont commencé à encercler, surveiller, et suivre toute ma famille 24 heures sur 24. Quinze jours après avoir écrit la lettre, le Bureau judiciaire de Pékin a illégalement fermé mon cabinet d’avocats. La manière dont notre pays traite un citoyen qui fait ouvertement des suggestions est tout à fait regrettable.

    Une autre réaction suscitée par la lettre ouverte est que des pratiquants de Falun Gong de différentes provinces de Chine qui ont été persécutés, m’ont écrit et invité dans leur région pour m’en apprendre plus sur leur situation réelle. Ces lettres venaient en grande partie des villes de Changchun et de Dalian. Depuis le 29 novembre, j’ai passé presque 24 heures quotidiennes à voyager continuellement entre les villes de Jinan, dans la province du Shandong, de Dalian et de Fuxin, dans la province du Liaoning, et la ville de Changchun, dans la province de Jilin, pour y mener une nouvelle série d’enquêtes. A la différence de mon habitude de voyager seul, j’avais l’honneur d’être accompagné par le Professeur Jiao Guobiao [2].

    Pendant ce temps des flopées de policier en civil continuaient à roder autour de ma maison nuit et jour créant une atmosphère de terreur et réprimant sérieusement toute ma famille. Le 29 novembre, j’ai échappé à la filature de plus de 20 policiers en civil et ai passé 15 jours à enquêter à ma façon sur les faits. J’en profite pour dire tout spécialement ici que nous faisons de notre mieux pour dire la vérité sur la façon dont cette nation est continuellement et brutalement persécutée, en particulier actuellement. Nous entendons aussi rappeler à tous la gravité et l’urgence des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il est temps pour notre nation et pour chacun d’entre nous de faire sérieusement face à nos problèmes. Toute excuse ou retard revient à commettre un crime envers la nation toute entière !

    Dans cette lettre, je n’éviterai aucun des problèmes réels que j’ai constatés, même si je devais être immédiatement arrêté lorsqu'elle sera publiée. Les 15 jours d’enquête m’ont encore une fois montré la douloureuse réalité. Le Bureau "6-10" est – du moins il peut être appelé – un gang existant au sein du pouvoir politique de la nation, et pourtant au-dessus du pouvoir politique. C’est un gang qui peut contrôler et réguler toutes les ressources politiques. Bien que ce soit une organisation existant en dehors de la constitution et des règles qui structurent le pouvoir du pays, le Bureau "6-10" utilise de nombreux pouvoirs supposés être utilisés par les agences gouvernementales nationales, et même de nombreux pouvoirs qui dépassent ceux des agences gouvernementales nationales. Il utilise des pouvoirs qui n’appartiennent et n’ont jamais appartenu à la nation depuis le début de la civilisation politique de l’espèce humaine sur cette terre.

    Nous pouvons voir que le pouvoir symbolisé par le nombre 610 continue à “interagir” avec le public à travers des moyens tels que le meurtre du corps physique et de l’esprit d’une personne, les fers, les chaînes, les tortures à l’électricité, et les "bancs du tigre" [3]. La nature de ce pouvoir est devenue celle d’un gang criminel. Il continue à torturer nos mères, nos sœurs, nos enfants, et notre nation toute entière. M. Hu et M. Wen en tant que membres de notre nation occupant des positions particulières en ce moment et que la majorité du public perçoit comme étant dotés de conscience, devraient faire face à toutes ces choses avec nous tous.

    C’est avec un cœur qui tremble et un stylo qui tremble que j’écris les tragiques expériences de ceux qui ont été persécutés ces six dernières années. Parmi les récits véridiques de l’incroyable brutalité, parmi les dossiers de torture inhumaine infligée par le gouvernement à sa propre population, les actes immoraux qui m’ont le plus abasourdi ont été les pratiques obscènes et pourtant routinières du personnel du Bureau 610 et de la police, consistant à s'en prendre aux organes génitaux des femmes. Dans la persécution, les organes génitaux et les seins de presque chaque femme et l’appareil génital de chaque homme ont subi des sévices sexuels de la manière la plus vulgaire qui soit. Presque chaque personne ayant été persécutée, que ce soit un homme ou une femme, a été d’abord complètement déshabillée avant n’importe quelle torture. Il n’y a pas de langage ni de mots pour décrire ou re-créer la vulgarité et l’immoralité de notre gouvernement à cet égard. Qui, ayant un corps tiède, pourrait se permettre de demeurer silencieux face à de telles vérités ?

    A 4h20 le 28 octobre 2005, Mme Wang Shouhui (mère) et M. Liu Boyang (fils) de la ville de Changchun ont été suivis par le personnel du 610 et ont été illégalement arrêtés. Tous les deux ont été brutalement torturés par la police. A environ 20h, Liu Boyang, 28 ans est mort de la torture. A peu près dix jours plus tard, sa mère a elle aussi été torturée à mort. Les corps des malheureux sont encore aux mains des fonctionnaires du 610. Après la mort de Liu, les fonctionnaires du 610 ont mis trois jours pour informer son père, tandis que l’heure de la mort de Mme Wang demeure encore incertaine. Le père de Liu a cherché un avocat dans sa ville, mais personne n’a osé accepter son cas. Le vieil homme a dit : "Dans une société comme celle-ci, il est plus dur de vivre que de mourir. Vivre cause davantage de douleur. Lorsque j’aurais pris soin de leurs enterrements, je les suivrai et partirai aussi."

    Mme Wang Shouhui, son mari et son fils (Liu Boyang) ont commencé à pratiquer le Falun Gong en 1995. Depuis que la persécution a commencé le 20 juillet 1999, ils ont constamment été harcelés par la police du poste de police de Zhengyang du district de Luoyuan et par les fonctionnaires du Bureau de l’Administration de la rue Zhengyang. Mme Wang a été illégalement détenue en octobre 1999 et envoyée au camp de travail Heizuizi en février 2000. Au camp de travail, elle a été torturée huit fois à la matraque électrique. Elle a aussi été forcée à travailler pendant la journée. Pendant cinq jours et cinq nuits, on l’a empêchée de dormir et on lui a demandé de rester debout. Elle a été torturée plusieurs fois sur le "lit du mort" [4] . La fois la plus grave, elle a été battue avec deux matraques électriques pendant plus d’une heure alors qu’elle était attachée au "lit du mort". Pas un endroit de son corps ou de son visage n’était intact. Elle n’a été relâchée qu’au moment où la torture a mis sa vie en danger.

    Le 11 avril 2002, Mme Wang discutait dans la rue lorsqu’elle a été encore une fois enlevée par la police du poste de Zhengyang, dans le district de Luyuan. Des policiers de la Première division des services de police de Changchun lui ont bandé les yeux et l’ont emmenée dans une chambre de torture secrète à Jingyueshan, Changchun. Elle a été torturée sur le "banc du tigre" pendant deux jours et une nuit, temps pendant lequel elle a également reçu des décharges de deux matraques électriques appliquées sur ses seins. Trois hommes ont utilisé leurs poings pour la frapper au visage, à la poitrine et dans le dos. En conséquence, le maxillaire gauche de Mme Wang a été fracturé et elle a vomi une grande quantité de sang. Plus tard, ses poumons se sont infectés. Alors qu’elle était à l’hôpital de la police, les quatre membres de Mme Wang ont été immobilisés quand elle était sous perfusion. On l’interdisait d’utiliser les toilettes. A la place, l’hôpital a violemment inséré un tube dans sa vessie mais sans prendre aucun soin d’elle. Elle n’a pas pu bouger pendant cinq jours et cinq nuits. A la suite de quoi sa vessie a été définitivement endommagée et elle ne pouvait plus la contrôler.

    Le 27 juin 2002, Mme Wang et sa famille ont été de nouveau emmenés au poste de police de Zhengyang par la division Sécurité et Politique du département de police du district de Luyuan. Mme Wang a été ligotée comme un ballot pendant toute une soirée. Plus tard, alors qu’elle était illégalement détenue au centre de détention n° 3 dans la ville de Changchun, les gardes ont attaché ses menottes aux fers qu’elle portait aux pieds pendant dix huit jours et l’ont brutalement alimentée de force pendant un mois. Puis elle a été envoyée à l’hôpital provincial de la police où on lui a immobilisé les membres et elle a été brutalement gavée pendant 30 jours. Elle n’a été relâchée que lorsque sa vie a été en danger. Au même moment, plusieurs policiers du poste de police de Zhengyang ont brutalement torturé, battu et roué de coups de pieds Liu Boyang. Ils l‘ont aussi giflé avec des chaussures de cuir, l’ont attaché à une corde, lui ont recouvert la tête d’un sac plastique, lui ont attaché les bras derrière le dos et l’ont suspendu par les menottes. Lorsque Liu a été suspendu en l’air, ils secouaient ses pieds ou les tiraient vers le bas. M. Yuan Dachuang, un officier de police dirigeant la torture a dit effrontément "J’ai tué pas mal de pratiquants de Falun Gong avec cette torture. Si tu meurs je n’aurais pas à en porter la responsabilité." Chaque fois qu’ils étaient torturés, la mère et le fils pouvaient entendre les cris déchirants l'un de l'autre.

    Lire la suite sur: http://fr.clearharmony.net/articles/200601/24098.html

    La lettre en anglais: http://www.theepochtimes.com/news/5-12-16/35876.html

  • L'avocat courage de la Chine

    As du barreau converti au christianisme, Gao Zhisheng était devenu la providence des sans-droits victimes des pouvoirs locaux ou de persécutions religieuses. Aujourd'hui enfermé, torturé, celui dont l'existence avait commencé comme une «success story» à la chinoise est maintenu au secret par les autorités.

    La dernière fois qu'il a été vu en public, en avril dernier, Gao Zhisheng n'était plus que l'ombre de lui-même. Il venait de refaire surface après quatorze mois d'une disparition totale entre les mains de la police secrète. Les amis qui l'ont rencontré lors de cette brève parenthèse décrivent un homme méconnaissable, physiquement cassé et moralement brisé. Celui qui fut « la conscience de la Chine », la plus fameuse « grande gueule » du barreau, la terreur des fonctionnaires corrompus avouait qu'il n'avait plus la force de continuer le combat. Il déposait les armes, dans l'espoir d'échapper aux centres de détention où des tortionnaires d'Etat pratiquent des supplices abominables censés « réformer l'esprit » des récalcitrants. Plus tard, quand il aurait donné par sa conduite suffisamment de gages, peut-être obtiendrait-il l'autorisation de rejoindre sa femme et ses deux enfants réfugiés aux Etats-Unis depuis janvier 2009. Mais les autorités en ont décidé autrement. Le 21 avril, deux ou trois semaines après sa réapparition, Gao Zhisheng était de nouveau enlevé par ses geôliers. L'absence totale d'information sur son sort, ou même sur le lieu de sa détention, laisse présager le pire.


    Terrible punition pour celui qui fut, pendant quinze ans, la figure emblématique d'un groupe engagé appelé «weiquan» (défenseurs des droits civiques). Ce mouvement « légaliste » composé d'avocats, de militants et de journalistes se bat non pas pour un changement de régime, mais pour contraindre le gouvernement à respecter les lois qu'il a lui-même promulguées. Au nom des droits reconnus par la Constitution, les avocats weiquan défendent les victimes d'abus, dont le nombre ne cesse d'augmenter. En 2009, de l'aveu même des autorités, ces exactions ont déclenché 100 000 protestations collectives et 12 millions de « pétitions » individuelles adressées au gouvernement central par des citoyens réclamant justice contre l'iniquité des pouvoirs locaux. Au tournant des années 2000, Gao Zhisheng était devenu la providence de ces pauvres gens, qui parcouraient des milliers de kilomètres pour le supplier à genoux de les défendre : victimes d'expropriations illégales, de catastrophes écologiques dues à la négligence des industriels, de bavures médicales, de persécutions religieuses, d'emprisonnements abusifs, ils savaient que cet as du barreau avait remporté des procès fameux contre les administrations - comme cette indemnité de 100 000 dollars arrachée à un hôpital au profit d'un enfant qui avait perdu l'ouïe suite à une erreur de traitement.


    Les déshérités savaient aussi que Gao consacrait un tiers de son temps à des dossiers « pro bono », qu'il plaidait gratuitement et avec feu. « Tous les avocats weiquan défendent des cas difficiles, explique Teng Biao, ami et collègue de Gao, qui a, lui aussi, ferraillé pour des causes célèbres. Mais, en général, nous prenons la précaution de ne pas «dépasser les bornes». Gao, lui, en faisait une brûlante obligation. Il acceptait un nombre très élevé d'affaires, sans se soucier de déplaire aux autorités. » Sa générosité et son dévouement au bien public étaient tels que le ministère de la Justice l'avait nommé, à 34 ans, parmi les dix meilleurs avocats de Chine.


    C'était en 2001. Gao Zhisheng était alors la preuve vivante que la « réussite pour tous », serinée par le pouvoir communiste, n'était pas un vain slogan. Dans un livre publié en 2007 (1), l'avocat raconte une vraie « success story » aux couleurs de la Chine. Né en 1966 dans une famille très pauvre du Shaanxi, il passe son enfance dans une maison troglodyte sans électricité ni chauffage et, souvent, sans manger à sa faim. Son père, mineur, meurt à 40 ans, laissant six orphelins. L'intelligence et la soif de savoir du petit Gao lui valent d'être engagé par l'Armée populaire de Libération, qui paie à ses recrues des études jusqu'au bac et leur octroie la carte de membre du Parti communiste - sésame indispensable à tous les ambitieux. Plus tard, revenu à la vie civile, il tombe sur une coupure de journal qui annonce le recrutement de 150 000 avocats - plusieurs décennies après l'abolition de la profession par Mao. «Deng Xiaoping déclarait que la Chine allait dorénavant être soumise au règne de la loi. Je l'ai cru», écrit-il. Vendeur de quatre-saisons le jour, Gao étudie donc le droit en autodidacte la nuit. Grâce à sa mémoire prodigieuse, il apprend le Code par coeur. Après avoir débuté sa carrière, en 1995, dans un coin reculé du Xinjiang, il devient rapidement une star du barreau, à la tête d'un prestigieux cabinet privé qu'il a fondé et qui emploie une vingtaine d'avocats dans la capitale.


    Comment cette brillante trajectoire s'est-elle transformée en quelques années en une véritable descente aux enfers ? De plus en plus audag. cieux, Gao subit de nombreuses menaces de mort et plusieurs arrestations ponctuelles dont il refuse de tenir compte. Après une tentative une d'assassinat maquillée en accident de la route en 2006, la machine d'Etat entreprend de l'écraser : lors de deux longs emprisonnements, il est soumis à d'effrayantes tortures qu'il osera, malgré une interdiction formelle, décrire publiquement une fois libéré. Enlevé finalement par des agents de la sécurité d'Etat en février 2009, il est maintenu au secret - excepté la courte parenthèse d'avril 2010 -, les autorités ne daignant donner aucun indice sur son sort ni même indiquer s'il est toujours vivant. Une «disparition» aussi longue est tout à fait inhabituelle, même compte tenu de la rudesse de la répression chinoise.


    Quelle est la raison d'un tel acharnement ? La réponse tient sans doute à la radicalisation progressive d'un esprit libre qui refuse de se cantonner dans le rôle anecdotique que le système judiciaire chinois concède à ses 200 000 avocats. Gao, lui, croyait vraiment aux idéaux de droit et de légalité. « Cet homme était une force de la nature, se souvient un ami. Carrure de taureau, voix de stentor, une énergie capable de déplacer des montagnes, une combativité prodigieuse. Surtout, il a pris au mot la loi de 1989 qui permettait pour la première fois à tout citoyen de poursuivre l'Etat en justice. » Bataillant sans cesse aux quatre coins du pays, a-t-il cru que les honneurs et les relations le protégeraient contre l'ire d'un régime exaspéré par ses défis ? Il s 'était mis à collectionner les cas «sensibles» : un pasteur indépendant accusé de diffuser des Bibles qu'il avait fait imprimer, les propriétaires de puits de pétrole confisqués par le gouvernement local, un village en conflit avec ses propres dirigeants, des avocats arrêtés et torturés pour avoir contesté l'arbitraire des pouvoirs locaux... » Gao n'hésite pas à protester en pleine rue, interpellant nommément les responsables et mobilisant l'opinion publique naissante qui s'agite sur les forums citoyens du Net. Une stratégie qui se solde parfois par la victoire, mais qui lui attire l'inimitié personnelle de nombreux potentats.


    C'est pourtant seulement en 2003 qu'il franchit une «frontière» implicite et se retrouve dans le camp des « ennemis du régime ». Sollicité par un adepte du Falun Gong (mouvement spirituel chinois fondé au début des années 1990) condamné sans procès à trois ans de camp de travail, Gao découvre qu'aucun tribunal n'accepte le dossier au motif que le gouvernement interdit de juger ces questions. Scandalisé par ce déni de droit, il se lance alors dans la bataille - tout en la sachant perdue d'avance. Il n'ignore pas en effet que, parmi la multitude de questions « sensibles », certaines sont carrément taboues : celles qui touchent aux religions indépendantes (catholiques « souterrains» ou «Eglises domestiques» protestantes) et, plus encore, aux « séparatismes » ethniques (Tibet, Xinjiang) et aux « sectes hérétiques », au premier rang desquelles le Falun Gong.


    Depuis 1999, les adeptes de ce puissant mouvement religieux sont férocement pourchassés par Pékin, qui les soupçonne de fomenter un soulèvement contre le PC Des centaines de milliers sont enfermés pendant des mois dans des «centres de lavage de cerveau». Trois mille d'entre eux y auraient trouvé la mort. Ceux qui survivent sont envoyés dans des camps de travail où les conditions sont à peine plus humaines. Selon les chercheurs qui étudient le goulag chinois, le Falun Gong fournirait au moins la moitié de la population carcérale.


    Pourquoi Gao Zhisheng, qui n'est pas un adepte du Falun Gong, s'est-il engagé de toutes ses forces dans ce bras de fer inégal ? «Gao est de ces avocats qui s'impliquent émotionnellement avec leurs clients », répond Teng Biao. Un autre de ses amis juristes ajoute : « Il a un côté Don Quichotte qui lui vient de son enfance défavorisée, une capacité à s'émouvoir des malheurs d 'autrui héritée de sa mère, fervente bouddhiste d'une générosité folle, et qui a été encore amplifiée par sa nouvelle foi chrétienne. » En effet, comme beaucoup d'avocats weiquan, Gao Zhisheng, qui cherchait une spiritualité cohérente avec ses choix philosophiques, s'est converti au christianisme il y a cinq ans, adhérant à une « Eglise domestique » (groupe protestant informel qui se réunit au domicile d'un de ses membres). «Du coup, son empathie pour les gens persécutés à cause de leur foi n'a plus eu de bornes », explique le juriste. En 2005, Gao va jusqu'à adresser une lettre ouverte au président Hu Jintao et au Premier ministre Wen Jiabao : «Bien que vous ne soyez pas responsables du déclenchement de cette catastrophe, le fait que vous n'y mettiez pas fin vous rend complices de ces crimes. » La sanction ne se fait pas attendre : son cabinet est fermé dès le lendemain.


    Refusant de se laisser intimider, Gao sème les agents chargés de le surveiller et part à la rencontre des adeptes du Falun Gong dans les régions où la persécution est la plus sévère. « Le coeur et la plume tremblants, écrira- t- il dans son livre (1), je recueillais des récits d'une inconcevable brutalité, des sommets de cruauté inhumaine comme jamais aucun gouvernement n'en a exercé sur ses propres citoyens. » Il a l'impression de parler à des spectres « déjà morts plusieurs fois». Et pourtant, «leur courage indomptable » et « leur capacité à pardonner à leurs tortionnaires » sont à ses yeux « l'espoir d'une Chine qui a perdu tout sens moral». Profondément ébranlé, Gao publie une seconde lettre ouverte aux dirigeants, plus véhémente encore. Il y dévoile - pour la première fois en Chine - l'existence du Bureau 610 : une sorte de Gestapo occulte créée à la fin des années 1990 pour mener la répression contre le Falun Gong dans une totale impunité. Révulsé, Gao démissionne du Parti communiste, qu'il qualifie publiquement de « cruel, inhumain et malfaisant », en concluant : « Ceci est le jour de ma vie dont je suis le plus fier. »


    Impardonnable. En août 2006, il est enlevé par une bande de nervis, saucissonné de ruban adhésif, aveuglé par une capuche noire et sommé de reconnaître son crime d'« incitation à la subversion ». Torturé pendant dix jours, il finit par signer des aveux et une lettre de repentance. Mais, dès sa libération, Gao brise la loi du silence imposée par ses geôliers. Dans un témoignage clandestin filmé en 2007 (2), il raconte, la voix brisée, les tourments et les humiliations physiques endurées et les menaces incessantes faites à sa famille.


    Trois agents se relaient désormais pour ne jamais perdre de vue son fils de 3 ans, une dizaine d'autres sont affectés à sa fille de 12 ans suivie jour et nuit. Malgré tout, Gao trouve encore la force de s'élever contre les JO de Pékin, au nom des expropriations et des abus qu'ils occasionnent. En septembre 2007, dans une lettre ouverte adressée cette fois au Congrès américain, il fustige la tyrannie du régime «fasciste » de Pékin et demande que les persécuteurs du Falun Gong - dont l'ex-président Jiang Zemin - soient jugés pour crimes contre l'humanité.


    Nouveau sacrilège aussitôt puni. Gao est de nouveau enlevé en septembre 2007 et emmené devant un tortionnaire en chef qui lui hurle à la figure : « Tu accuses le Parti de pratiquer des tortures horribles ? Eh bien, aujourd'hui, on va te faire la totale. Tu avais raison de dire que nous torturions les adeptes du Falun Gong. Les douze méthodes que nous allons te servir ont été peaufinées sur eux. » Après sa libération, l'avocat mettra par écrit le récit de ce calvaire de 54 jours pendant lesquels il a cru - et voulu - mourir. Les « oncles » des services occultes lui « enfument » les yeux avec des cigarettes jusqu'à ce qu'il ne puisse plus les ouvrir. Ils le battent à coups de bâtons électriques, appliquent des électrochocs sur ses parties intimes, percent ses organes génitaux avec des cure-dents, l'arrosent d'urine, le privent de sommeil et de nourriture... Au bout de dix jours, quand il retrouve la vue, il s'aperçoit que sa peau a viré au noir. « Ils ont commis d'autres actes abominables, écrit Gao, qui m'ont montré jusqu'où les chefs du PC étaient prêts à aller pour sauvegarder leur pouvoir dictatorial. Mais ces actes sont si ignobles et dégoûtants que je souhaite les taire à jamais. »


    Malgré sa nomination en 2008 pour le prix Nobel de la Paix, Gao est placé en résidence surveillée et sa famille harcelée. Sa femme et sa fille, qui résistaient à leur escorte, sont molestées. Les « services » interdisent à l'adolescente d'aller en classe ; elle fait plusieurs tentatives de suicide. Début janvier 2009, l'épouse de Gao Zhisheng et ses deux enfants se volatilisent à la barbe des dizaines de flics qui ne les lâchent pas d'une semelle. Dix jours plus tard, ils refont surface aux Etats-Unis avec un statut de réfugiés. On apprendra que leur évasion a été orchestrée par des réseaux clandestins (sans doute le Falun Gong ou d'autres Eglises souterraines) capables de tromper la formidable machine répressive. A peine un mois plus tard, les services se vengeaient en condamnant Gao à un purgatoire dont on ignore tout.
    « Gao Zhisheng a été le premier à oser défendre un pratiquant du Falun Gong, explique Teng Biao. Il l'a payé très cher, mais son courage a ouvert une brèche dans la muraille du non-droit. Nous sommes aujourd'hui de plus en plus nombreux à plaider ce type de dossiers, même si les autorités n'ont pas renoncé à nous intimider. »

    (1) «A China More Just », 2007, Broad Press.

    (2) http://video.google.com/videoplay?docid=-8044243585508814345&hl=en#

     

    Tiré de: http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/enquete/100533/l-avocat-courage-de-la-chine.html

  • Gao Zhisheng soi-disant libre, mais les doutes persistent

    L'entrée d'un temple sur le mont Wutai en Chine. Selon ce qu'a rapporté Reuters, l'avocat Gao Zhisheng serait en retraite sur le mont Wutai plutôt que dans une prison
    L'entrée d'un temple sur le mont Wutai en Chine. Selon ce qu'a rapporté Reuters, l'avocat Gao Zhisheng serait en retraite sur le mont Wutai plutôt que dans une prison, comme indiqué plus tôt par les autorités. (Frederic J. Brown/AFP/Getty Images)

    Un avocat défenseur des droits de l’homme, réputé pour avoir tenu tête aux autorités communistes, serait en train de relaxer dans une retraite bouddhique en montagne plutôt que d'être en prison tel qu'on le croyait.

    Gao Zhisheng a rapporté qu’il était libre et en santé et qu’il se trouvait dans une retraite sur le célèbre mont Wutai, un site qui abrite plusieurs temples et monastères bouddhiques. «Je veux seulement être en paix et tranquille pour un moment et être réuni avec ma famille», aurait indiqué Gao à Reuters le 28 mars dans un entretien téléphonique. Il a ajouté qu’il ne pouvait répondre à plus de questions.

    Un avocat défenseur des droits de l’homme basé à Pékin et ami de Gao, Li Heping, a indiqué à l'Associated Press qu’il avait parlé brièvement avec Gao sur son cellulaire, mais qu’il était sceptique quant à sa prétendue liberté. «Premièrement, lorsque nous avons parlé, il semblait vouloir raccrocher. Il m’a dit qu’il avait des amis autour de lui.

    Je suis certain que ceux qui se trouvaient autour de lui limitaient ce qu’il pouvait dire.»

    «Deuxièmement, il ne m’a pas dit exactement où il était lorsque je lui ai suggéré d’aller lui rendre visite», a ajouté M. Li. «Nous sommes très inquiets pour lui.»

    Gao Zhisheng a été enlevé en février 2009, un mois après que son épouse et ses enfants ont fui la Chine et quelque temps après avoir écrit une lettre documentant 50 jours de torture aux mains des autorités communistes en 2007. Le soutien apporté au Falun Gong avait mis en colère les «oncles» dans les forces de sécurité, et il avait reçu un «repas de 12 plats» en retour. La lettre décrivait les électrocutions et les cure-dents dans les parties génitales ainsi que les cigarettes tenues près des yeux.

    L'allégation concernant sa situation actuelle est la cinquième dans une série de déclarations étranges et parfois contradictoires sur le sujet par les autorités chinoises.

    Le 25 septembre 2009, le frère de Gao Zhisheng a rapporté que des responsables de la sécurité publique l’avaient informé qu’il était «disparu» pendant une promenade – une remarque considérée comme risible par plusieurs étant donné les conditions extrêmes de détention de Gao.

    Le 21 janvier dernier, alors qu’il était questionné en conférence de presse, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Zhaoxu, a déclaré que Gao avait été «traité selon la loi» et qu’il était «là où il devrait être».Cette déclaration a suscité l'intérêt, alors les observateurs ont cherché à connaître les détails concrets.

    En février, la fondation Dui Hua, une organisation de défense des droits de l’homme, basée à San Francisco, a rapporté que l’ambassade chinoise à Washington les avait informés que Gao travaillait dans une région éloignée de l’ouest dans la province du Xinjiang et qu’il avait été en contact avec sa famille. Son épouse a décrié la rumeur, insistant qu’elle n’avait jamais reçu de nouvelles de Gao.

    Le 16 mars, lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire britannique des Affaires étrangères, David Miliband, le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a déclaré que Gao avait été condamné à la prison pour subversion et soutenait qu’il n’avait pas été torturé.

    Dans le dernier dénouement, Gao a indiqué qu’il avait été condamné mais libéré; il n’a pas fourni de raison à savoir pourquoi il a reçu un tel traitement. Et tandis que Reuters rapportait qu’il était supposé être dans la région montagneuse depuis les six derniers mois, il n’y avait aucune explication pourquoi la nouvelle n’est pas sortie plus tôt.

    C’est une expérience commune des prisonniers politiques, documentée dans les mémoires de prisonniers de l’ère maoïste à aujourd’hui, que d’être contraint de mentir sur sa condition en échange d’un traitement allégé ou d’une libération anticipée.

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Header/Gao-Zhisheng-soi-disant-libre-mais-les-doutes-persistent.html

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