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P- Histoire de la Chine - Page 4

  • Révision historique de la Révolution culturelle en Chine

     

    La Révolution culturelle chinoise lança, chez les intellectuels français, la grande mode maoïste. Deux historiens apportent des éléments décisifs sur cet épisode encore très controversé

    A quoi bon parcourir encore les dossiers noirs de la Révolution culturelle ? L'affaire semble entendue de longue date. D'André Glucksmann à Jean-Claude Milner, les prochinois parisiens les plus en vue des années 1970 en sont aujourd'hui devenus les plus zélés détracteurs, les uns ayant carrément sauté en marche dans le train sarkozyste, les autres reconvertissant leur déni passionné du réel dans la défense d'un Occident à leurs yeux menacé. Le fondateur des Editions Verdier, Gérard Bobillier, ex-mao et fidèle de Benny Lévy, ne déclarait-il pas peu de temps avant sa mort que la «seule grandeur de la Gauche prolétarienne» fut «son autodissolution» ? Il n'est pas jusqu'aux derniers intellectuels à prêter aujourd'hui encore un héritage positif à certains schèmes maoïstes, Alain Badiou  en tête, qui n'admettent «l'échec terrible» (1) par lequel se solda ce chaos révolutionnaire de dix ans.

     

    Les auteurs

     

    Sinologues de réputation internationale, Roderick MacFarquhar et Michael Schoenhals enseignent respectivement à Harvard et à l'Université de Lund.

     

     

    Sans doute, mais toute une génération nouvelle a aussi besoin de comprendre. Que les plus intenses normaliens des années 1970, le sel de la crème de l'élite, aient adhéré comme un seul homme à une hyperbole idéologique si manifestement liberticide, «archaïque et réactionnaire», écrira Simon Leys dès 1971, il y a là une énigme fascinante. Qu'un mouvement de masse censé renverser «par la gauche» la pétrification bureaucratique, si l'on prend du moins un instant au sérieux l'objectif avancé par Mao, se soit achevé en Chine par le féroce affermissement du Parti-Etat, sa mise au service des milliardaires de Shanghai, et l'oppression militaire d'une des populations ouvrières les plus pauvres au monde, il y a là un phénomène qui devrait au moins intéresser quiconque cherche à penser un peu sérieusement le passé et c02b2667f373e06a79e5f5b3776a4699.jpgl'avenir des politiques d'émancipation. Disons-le franchement, l'«antitotalitarisme» à la française n'a que très partiellement répondu à ces attentes. Les leçons de morale des repentis et les sarcasmes prudhommesques de la droite «livre-noir-du-communisme» tenant difficilement lieu d'analyse critique. Il importe donc de revenir aux faits, à leur enchaînement cruel, de tenter de démêler loyalement ce qui au sein de cette séquence historique encore brûlante sépara le calcul politique et la vendetta personnelle des rares moments d'inspiration révolutionnaire authentique. D'autant que même ce travail historiographique élémentaire est encore tâtonnant en Chine, où les revanchards de la Révolution culturelle, ceux-là qui ont pris le pouvoir dans le sillage de Deng Xiaoping, n'ont eu de cesse d'empiler les mensonges et de dissimuler des preuves. Ce livre de deux sinologues, MacFarquhar et Schoenhals, apporte des pièces décisives sur la période allant du 925289901.jpgsurgissement des Gardes rouges étudiants en 1966, jusqu'à la chute de la Bande des Quatre, derniers porte-flingues idéologiques de Mao que lui-même lâchera peu avant sa mort en 1976.

    On sait que le pouvoir chinois donnera en 1981 sa version officielle du bilan effarant de la Révolution culturelle. Le «camarade Mao Zedong» en ressortira diminué mais sauvé, dépeint en héros tragique dont l'erreur gauchiste «de très grande ampleur et de longue durée» fut malgré tout celle d'un «grand révolutionnaire prolétarien». Une vision évidemment battue en brèche ici, tant le déchaînement de violence idéologique initié par Mao fut indiscernablement lié dès l'origine à sa volonté de consolider un pouvoir personnel total. En 1956, Mao avait craint de se voir dénoncer après sa mort par un Khrouchtchev local. Lors du limogeage de ce dernier en 1964, c'est une angoisse encore plus vive qui étreint le leader chinois. Celle de se voir évincer avant sa mort. Dès lors la dévotion totale à sa personne deviendrait le seul critère au sommet de l'Etat. Mao n'allait pas hésiter pour cela à conclure de longues alliances avec des «droitistes» dociles comme Zhou Enlai, tout en allumant la mèche de la Révolution culturelle, vaste campagne de terreur rouge destinée à conjurer le spectre d'une liquidation du communisme. Dix ans plus tard, elle aboutirait rigoureusement au résultat inverse.

    Lire la suite de cet article sur le NouvelObs.com : http://bibliobs.nouvelobs.com/20091112/15830/mao-le-dernier-empereur

     

  • L’histoire de Li Shizhen

    2003-7-27-lishizhen.jpgSelon une biographie dans Histoire Interdite de la Dynastie Ming, Li Shizhen naquit dans le Qizhou (actuel canton de Qichun dans la province de Hubei). Son nom de style était Dongbi. Li vécut de la treizième année Zhende de Wuzhong (1518) à la vingt et unième année Wanli de Shengzhong (1593) dans la dynastie Ming.

    Le grand-père et le père de Li étaient tous les deux médecins. Le père de Shizhen espérait qu’il se présente à l’examen du service civil afin de devenir un fonctionnaire du gouvernement mais un médecin.

    A la naissance de Li Shizhen, un cerf blanc entra dans la chambre et donna naissance à un bébé cerf. Ainsi, depuis son enfance, il pensait que le destin avait décrété qu’il étudierait quelque chose en lien avec l’immortalité.

    Quand Li Shizhen eut quatorze ans, il commença à postuler à l’examen du service civil mais il était derrière d’autres étudiants et il échoua trois fois aux examens du canton.

    Li Shenzhen adorait lire et il avait des connaissances très vastes lisant toutes sortes de livres. Bien qu’il ait lu des livres pendant dix ans, il ne quitta pas la maison. En son fort intérieur, il ne souhaitait pas être fonctionnaire. Parmi ces livres, Li préférait ceux traitant de médecine et il était très bon en médecine, aussi se considérait-il lui-même comme un médecin.

    Le roi du royaume de Chu apprit que Li était très érudit en médecine et lui offrit un poste de responsable des médecins civils. Plus tard, le fils du roi contracta soudain une maladie potentiellement fatale et Li le guérit tout de suite. Le roi le recommanda à l’empereur qui lui donna un poste à l’Institut Médical Impérial. Pourtant, après une année à ce poste, Li démissionna et retourna sans sa ville natale.

    Dans la Chine ancienne de Shennong, il y avait seulement 365 herbes répertoriées dans les anciens herbiers. Durant la Dynastie Liang, Tao Hongjing compila un résumé des herbes mais n’en ajouta aucune. Durant la Dynastie Tang, Su Gong ajouta 114 herbes. Liu Han en ajouta 120 autres durant la Dynastie Song. Il y avait au total 1558 herbes après les ajouts faits par Zhang Yuxi et Tang Shenwei, ce qui était considéré comme complet à l’époque.

    Pourtant, Li Shizhen pensait que les catégories étaient trop compliquées, les noms n’étaient pas attribués correctement, parfois une même herbe était classée dans deux catégories ou deux herbes étaient confondues en une seule, et il pensait que les herbes n’étaient pas correctement documentées. Ensuite Shizhen consacra trente années d’effort et acheva le Bencao Gangmu (Le Grand Compendium des Herbes) après trois révisions et la consultation de plus de 800 livres.

    Trois cents soixante quatorze herbes supplémentaires furent ajoutées dans le Bencao Gangmu, qui est composé de 16 volumes et de 52 chapitres. Le niveau de classification fondamentale était le Gang (la catégorie) et ensuite le Mu (l’ordre) afin d’étendre et de corriger les descriptions précédentes des herbes. Deuxièmement, il résuma aussi les explications et corrigea les erreurs précédentes, et fournit aussi des descriptions détaillées des origines et de l’apparence des herbes, leur parfum, et leurs fonctions principales.

    Li Shizhen écrivit dans l’introduction d’origine que la lecture des classiques est comme mâcher de la canne à sucre; plus on la mastiquefb266fb463899b0e9c0490c258778f42.jpg plus elle devient douce. Avec un tel plaisir, il réussit à finir son Bencao Gangmu.

    Quand le Bencao Gangmu fut presque achevé et dédié à l’empereur, Li Shizhen avait déjà 76 ans et savait qu’il allait mourir, ce qui arriva rapidement.

    Avant de mourir, Li Shizhen écrivit un message pour le trône et le laissa à son fils Jianyuan pour le donner à l’empereur

    Pendant la période de Wanli de l’Empereur Sheng, l’empereur voulut compiler l’histoire et demanda les livres de tout le pays. Jianyuan donna le message de son père au trône et le livre du Bencao Gangmu. Cela fit plaisir à L’empereur et il ordonna au service culturel de le publier. Depuis lors chaque étudiant a eu une copie de ce livre chez lui, ce qui développa aussi le succès des études d’herbiers.

    Dans son message au trône, Li Shizhen disait : Puisque les informations ont été collectées sur une longue période de temps, certaines herbes sont les mêmes mais portent différents noms. Certaines ont le même nom mais sont différentes. Certaines sont très difficile à distinguer. Certaines étaient classifiées de façon incorrecte. Certaines herbes toxiques ressemblent énormément à des herbes non toxiques. Tous ces facteurs ont rendu difficile la collecte des herbes appropriées ce qui a entraîné des traitements aux résultats insatisfaisants. De plus, de nombreuses nouvelles herbes qui n’ont pas été documentées ont été découvertes récemment. Plus de 1500 herbes étaient répertoriées dans le livre précédent; 374 autres furent ajoutées dans le Bencao Gangmu. Ce livre se compose de 16 volumes et de 52 chapitres. En plus des descriptions, des corrections des erreurs, des origines, du parfum, et des fonctions, les noms officiels des herbes ont été répertoriés selon leur Gang et les détails ont été répertorié sous Mu. Un large choix de références ont été consultées. Bien que ce soit un livre médical, il explique les principes de l’univers et de la médecine. J’espère que l’empereur pourra prendre des dispositions pour que les étudiants puissent le consulter et qu’il soit publié. Alors il deviendra un livre de référence essentiel pour tous les médecins.

    Durant ses dernières années, Li Shizhen se dénommait lui-même : le reclus à coté d’un lac. Ses autres travaux incluaient Poèmes de Suo Guan, Cas Médicaux, La Clé des Passages de l’Energie Interne, Une Discussion des Cinq Organes, La Difficulté du Sanjiaoke, Une Recherche sur Mingmen, Une Discussion de Poèmes.

    Puisque son fils Jianzhon était un fonctionnaire, Li Shizhen fut honoré comme un Wenlin Lang.

    Li Shizhen n’était pas seulement un médecin et un herboriste renommé. C’était aussi une personne qui pratiquait des choses magiques. Il prenait des potions chaque soir et se considérait comme un esprit. Ceci a été consigné dans Biographie de Li Shishen par Gu Jingxing: « Quand j’étais petit j’ai entendu des histoires de Li Shizhen. Il lisait du matin au soir et prenait des potions la nuit . Il se considérait comme un esprit, n’est-ce pas une coïncidence? »

    Dans Un Examen des Passages d’Energie Interne de Binhu (à côté d’un lac), Li Shizhen commenta le principe des huit passages à travers lesquels circule l’énergie vitale circule, de Zhang Zhiyang: " Les passages dans l’étude de Zhiyang sont différents des autres; pourtant, il n’est pas faux pour les gens de voir les enchaînements internes d’une façon inversée. " Cela montre que les huit passages observés par les gens qui recherchent l’immortalité sont différents des observations des médecins, qui les ont découverts d’une manière inversée.

    Bien que Li Shizhen excellât dans la médecine et la pratique de la recherche de l’immortalité, il portait aussi une grande attention au Huit Passages de l’Energie Interne. Il fit remarquer dans son livre Étude des Huit Passages Internes que les médecins et les chercheurs d’immortalité devraient connaître les huit passages. Par ailleurs, il dit qu’ils connaîtraient le monde réel de leur profession s’ils comprenaient les huit passages de l’énergie interne.

    http://www.fr.clearharmony.net/articles/200705/33100.html

     

  • Le regard de deux Français sur la révolution culturelle chinoise

    Que se passe-t-il en Chine? Pendant près de deux mois, des centaines de millions d'adolescents, garçons et filles, munis d'un brassard pourpre et baptisés Gardes rouges viennent de déferler dans les villes. Encouragés par Mao Tsé-toung et son second, Lin Piao, ils prétendaient extirper les vestiges du capitalisme et du féodalisme, barrer la route au révisionnisme. Les témoins occidentaux sont rares. Martine Béranger et Claude Goure ne se connaissent pas. Ils se trouvaient en Chine à des dates différentes. Ils rapportent à "L'Express" ce qu'ils ont vu.

     

     

    Martine Béranger raconte:

    Sur la Colline de l'Ouest, les Gardes rouges sont à l'oeuvre. De grandes affiches proclament: "Détruisons l'ancien pour établir le nouveau" "Mettons fin aux superstitions". Les jeunes disciples du maréchal Lin Piao ont pris ces slogans au sérieux. Des lions de pierre gisent sur le sol, décapités; l'intérieur des temples est saccagé. Je vois un groupe de Gardes rouges enfoncer la porte d'un temple. Ils passent des cordes autour des statues, les précipitent à terre et les achèvent à la pioche et au marteau...

    On ne peut plus sortir dans les rues de Pékin sans rencontrer des hommes et des femmes, âgés pour la plupart, coiffés d'un bonnet d'âne ou portant, sur la poitrine, des pancartes avec l'inscription infamante "Je suis un propriétaire foncier". "Je suis une imbécile", proclame la pancarte d'une vieille qui déambule, imperturbable, sous les quolibets de la foule.

     

    J'assiste à une séance de coiffure en plein air. Sous l'oeil vigilant des Gardes rouges, un coiffeur improvisé cisaille les cheveux longs d'une jeune fille agenouillée. Parfois, elle lève les bras pour tenter d'arrêter les ciseaux. Les Gardes rouges la frappent. On m'invite à circuler. Je fais semblant de ne pas comprendre. On me renouvelle alors l'invitation, beaucoup moins aimablement... Un peu plus loin, des monceaux de livres jonchent le trottoir: parmi eux, je distingue un Zola.

     

    Et voici le témoignage de Claude Goure:


    Dans les rues de Nankin, des groupes se forment autour de jeunes garçons et de jeunes filles qui collent des affiches, distribuent des tracts, haranguent la foule à l'aide de porte-voix. Tous portent le même brassard rouge, marqué de caractères jaunes: "Hung-wei-ping", Gardes rouges. Ils ont entre 15 et 20 ans. Un cortège avance lentement. Au milieu, un homme encore jeune, coiffé d'un chapeau de papier. Il marche tête baissée, regard vide, insensible à la foule qui l'invective. "C'est un réactionnaire", explique Chou, mon interprète.

    Retour à Pékin. J'avais quitté la capitale il y a quinze jours. Elle présente maintenant un aspect entièrement différent. Les visages, autrefois souriants, sont fermés. Les gosses n'applaudissent plus sur le passage des étrangers. Dans le hall de l'hôtel, un immense portrait de Mao a remplacé les anciennes peintures chinoises. Les paravents de grande valeur ont disparu, comme la plupart des vestiges du passé impérialiste et féodaliste.

    Sur les rares voitures qui circulent dans les rues, tous les signes de fabrication étrangère ont été supprimés, les cyclistes ont accroché à leur guidon une plaque portant une pensée de Mao. Les Gardes rouges arrêtent ceux qui ne l'ont pas. Toute la ville est en effervescence. Je vois, exposés à l'attention de la foule, une paire de chaussures à talon, des collections de timbres venant de Hong Kong, une multitude d'objets devenus indésirables en Chine.

     

    1-bio-mao-zedong-cultural-revolution-lin-piao-communism_490.jpg

    AFP

     

     

    Le président de la République populaire de Chine Mao Zedong, suivi de son second, Lin Piao, passent devant des Chinois brandissant le Petit livre rouge en 1970.

    Il fait 38° à l'ombre quand j'arrive dans un village situé au pied de la Colline Parfumée. Sur la place, un amas d'objets divers, peintures, meubles, statues, livres, baguettes en ivoire. A une centaine de mètres, cinq vieillards - trois hommes et deux femmes - sont accroupis. ils portent un écriteau sur la poitrine: "Réactionnaires". Ceinturon en main, des Gardes rouges leur font arracher l'herbe. Un garçon d'environ 15 ans injurie un vieillard qui ne travaille pas assez vite et le frappe à coups de ceinturon. A la vue des étrangers, les Gardes rouges ordonnent aux réactionnaires de se lever. Ils les font entrer dans une petite maison basse.

    Ce même jour, en remontant l'avenue Wan Fu-chin, je remarque une équipe de Gardes rouges descendant d'un autobus. Ils sont une dizaine, gourdin à la main. A leur épaule est attaché un petit filet contenant des effets, un casse-croûte et, bien sûr, l'inévitable livret rouge, résumé des oeuvres de Mao. Ce livret, je l'ai vu partout, même sur les nageurs chinois qui rencontraient une équipe syrienne. Ils le portaient dans leur serviette-éponge et le lisaient pendant deux minutes avant d'attaquer le 100 mètres ou d'exécuter un plongeon.

    Je me risque à suivre les Gardes rouges à travers des ruelles en retrait de la place Tien-An-Men. Ils entrent dans une maison. Mêlé à la foule, j'entre aussi. Un Garde rouge me barre le passage, mais trois autres interviennent; on s'écarte pour me faire place. Des Gardes s'affairent à l'intérieur de la maison. Ils déposent dans la cour une multitude d'objets, de meubles. La foule est silencieuse, souriante.

     

     

    Tiré de l'Express:

    http://www.lexpress.fr/informations/le-regard-de-deux-francais-sur-la-revolution-culturelle-chinoise_590922.html

     

     

  • Un expert en riz chinois révèle le taux de mortalité après le Grand Bond en Avant

    Connu en Chine comme le « Père du riz hybride », l’expert en riz Yuan Longping a admis que le Grand Bond en avant a provoqué la mort prématurée de 40 millions de personnes à cause de la famine à la fin des années 1950.(AFP/Getty Image)
    Connu en Chine comme le « Père du riz hybride », l’expert en riz Yuan Longping a admis que le Grand Bond en avant a provoqué la mort prématurée de 40 millions de personnes à cause de la famine à la fin des années 1950.(AFP/Getty Image)

    L’homme connu comme le « Père du riz hybride », Yuan Longping, a récemment révélé lors d’une interview au quotidien Guangzhou Daily que 40 millions de personnes sont mortes de faim lors de la campagne du Grand Bond en avant du Parti communiste chinois (PCC) à la fin des années 1950.

    Yuan a souligné que les prétendues « trois années de désastre naturel » de 1960, 1961 et 1962 mentionnées dans les manuels chinois sont en fait une conséquence directe des tentatives continuelles du PCC pour améliorer les quotas de production de la récolte au niveau national.

    « Les jeunes générations ne savent pas que durant le Grand Bond en avant, les gens ont abattu des forêts pour les usines d’acier et ainsi gravement perturbé l’équilibre écologique », a confié Yuan au Guangzhou Daily. 

    « La grande sécheresse de 1959 a pratiquement anéanti la récolte et la terrible famine qui a suivi a fait 40 à 50 millions de victimes durant les années suivantes. J’ai personnellement vu cinq cadavres le long de la route, certains dans les champs et d’autres sous les ponts. C’était une misère inimaginable. »

    Yuan est membre du comité permanent du Comité National du PCC. C’est la première fois qu’un fonctionnaire du niveau hiérarchique d’un député provincial admettait les faits réels publiquement .

    Mao Zedong a d’abord présenté le prétendu Grand Bond en avant en 1958 comme une tentative de « moderniser » la Chine en quelques années en lançant une vaste campagne de production d’acier. Toute la population étant réquisitionnée pour cette campagne. L’agriculture a été gravement mise de côté.

    En outre, des fonctionnaires locaux excessivement zélés ayant peur d’être qualifiés de « mous » ont fixé des quotas de récolte irréalistes. En conséquence, il ne restait plus rien à manger aux paysans après avoir livré les parts de leur récolte en guise de taxes.

    Les déclarations de Yuan ont déclenché des discussions animées sur les forums Internet chinois à propos de pages de l’histoire récente qui ont été occultées dans les manuels scolaires.

    Tiré de http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/6302/105/

  • Mao Tsé-Toung: l'histoire inconnue.

    Mao Zedong -- dit aussi Mao Tsé-Toung -- a tué pendant ses 27 ans de pouvoir quelque 70 millions de personnes, soit plus de monde que Hitler et Staline réunis et ce en temps de paix, selon la romancière d'origine chinoise Jung Chang et l'historien anglais Jon Halliday, auteurs de Mao, l'histoire inconnue, la dernière biographie consacrée au Grand Timonier chinois.
    Mao, l'histoire inconnue (éditions Gallimard), volumineux bilan des années Mao Zedong et fruit de plus de dix années d'enquête et de 20080519PHOWWW00050.jpgrecherches approfondies, accumule les témoignages et les chiffres tous plus accablants et effrayants les uns que les autres. Par exemple que pendant la seule campagne du "Grand bond en avant" (1959-1961), pas moins de 35 millions de Chinois moururent de faim, que trente mille procès de masse eurent lieu qui firent des millions de victimes fusillés en place publique à Pékin ou encore que l'auteur du célèbre Petit Livre rouge était prêt à sacrifier 300 millions de personnes (soit la moitié du peuple qu'il dirigeait) s'il le fallait pour mener la Chine au terme de sa grande marche vers le communisme.

    Les auteurs ne font pas dans la dentelle, dépeignant un Mao Zedong plus monstre cruel et despote totalitaire que révolutionnaire et théoricien politique au service du peuple et de la modernisation du pays. Selon eux le leader du Parti Communiste Chinois n'était mû ni par l'idéalisme ni par l'idéologie. Comme tout dictateur qui se respecte Mao Zedong ne poursuivait qu'un but: augmenter sans cesse son pouvoir et dominer le monde. Terreur et manipulation sont ses modes de gouvernance tant sur le peuple chinois qu'il méprisait que sur son entourage proche, épouses, enfants et maîtresses. Sadique, machiavélique, manipulateur, cynique, égocentrique, paranoïaque, mégalomane, cruel, sale et pervers, le personnage historique qui a régné pendant un quart du XXe siècle sur le dernier empire du monde en détenant un pouvoir absolu sur un quart de la population du globe n'a, sous la plume de Jung Chang et Jon Halliday, rien à envier à Néron. Leur portrait est une sorte de livre noir, de réquisitoire entièrement à charge contre le leader chinois dont ils retracent en le démythifiant le parcours depuis sa naissance dans la province du Hunan le 26 décembre 1893 jusqu'à son décès à Pékin le 9 septembre 1976, en passant par toutes les étapes de son adhésion au marxisme-léninisme, de la Longue Marche et de la Révolution culturelle. Chacune des nombreuses révélations de Mao: l'histoire inconnue dessine le portrait d'un monstre sanglant tel que l'Histoire n'en a jamais connu, même si ce champion toutes catégories en matière d'atrocités a longtemps fait illusion sous couvert idéologique, notamment en France pendant les années '60 et '70 où nombre d'intellectuels fascinés par la Révolution culturelle maoïste ont participé à la création de l'icône, de Jean-Paul Sartre à Jean-Luc Godard en passant surtout par toute une frange militante de la gauche "révolutionnaire" comme Philippe Sollers, Serge July, Gérard Miller, Alain Geismar, Alain Finkielkraut, André Glucksmann ou Bernard-Henri Lévy entre autres, pour la plupart devenus aujourd'hui de vieux barons réactionnaires et ultra-libéraux reconvertis dans les médias, la politique et/ou la littérature.


    normal_mao.jpgLa biographie de Jung Chang et Jon Halliday, publié en 2005 en Angleterre et aux États-Unis, est devenu un best-seller dans sa version originale. Très controversée, elle a lancé une polémique sur le rôle et la personnalité exacts de Mao Zedong. Si la plupart des historiens s'accordent pour reconnaître -- notamment depuis la publication d'ouvrages récents comme les Mémoires de Li Zhisui, La grande famine de Mao de Jasper Becker, Le livre noir du communisme d'un collectif d'historiens sous la direction de Stéphane Courtois ou encore le Mao Tsé-toung de Philip Short -- que l'ancien employé de bibliothèque amateur de poésie devenu en 1949 Grand Timonier de la République populaire de Chine n'est ni le héros révolutionnaire ni l'humaniste visionnaire de la radieuse imagerie romantique colportée par la propagande, plusieurs rappellent toutefois l'indéniable évolution de la Chine passée en quelques décennies d'un Moyen Âge féodal à l'ère moderne post-industrielle. On reproche aux auteurs de ne présenter, par ailleurs sur un ton de procureur par trop vindicatif et caricatural, que les côtés les plus sombres de la personnalité et de la politique menée par Mao Zedong, en évacuant tout ce qui pourrait présenter un aspect positif. Surtout on leur demande de fournir plus de précisions sur la documentation en partie anonyme et circonstancielle à la base de ce livre. En apparence puisée dans des fonds d'archives sérieux accessibles depuis peu à Moscou et à Pékin, et recoupée par des entretiens auprès des meilleurs sources (fille de Mao Zedong, proches employés, dirigeants politiques de l'époque, etc), les références citées semblent pour certains spécialistes nécessiter quelques vérifications avant d'être entérinées comme des documents fiables sur Mao Zedong et l'histoire de la Chine.
    Jung Chang, ancienne Garde rouge dans sa jeunesse, est née en Chine populaire en 1952. Elle a suivi des études d'anglais et a enseigné à l'Université de Sichuan avant de quitter la Chine en 1978 pour l'Angleterre, où elle y devint docteur en linguistique à l'université d'York. Elle est l'auteur d'un roman best-seller international, Les Cygnes sauvages (éditions Plon, 1992), qui raconte les souffrances d'une dynastie de femmes chinoises entre 1909 et 1978, inspirée par l'histoire de sa propre famille dont les membres ont été exécutés pendant la Révolution culturelle. Elle a épousé l'écrivain et historien Jon Halliday, professeur au King's Collège de Londres, co-auteur de Mao: l'histoire inconnue.

  • Comment le Parti communiste chinois a détruit la culture traditionnelle

    Partie2

    Suite de: http://campsd-extermination-en-chine.20minutes-blogs.fr/archive/2009/01/04/comment-le-parti-communiste-chinois-a-detruit-la-culture-tra.html

    A la différence de la loi, qui prescrit des règles rigides, la culture agit comme une contrainte douce. La loi exécute la sentence après qu’un crime ait été commis, et la culture, en entretenant la moralité, empêche d’abord les crimes de se commettre. Les valeurs morales d’une société s’inscrivent souvent dans sa culture.

    Dans l’histoire de la Chine, la culture traditionnelle a atteint son apogée durant la dynastie prospère des Tang, coïncidant avec la grande China-Scene-Revolution-Culturelle-2.jpgpuissance de la nation chinoise. La science, tout aussi avancée, jouissait d’une réputation unique parmi toutes les nations. Des savants d’Europe, du Moyen Orient et du Japon allaient étudier à Chang’an, la capitale de la dynastie Tang. Les pays limitrophes prenaient la Chine comme leur état suzerain. « De nombreux pays venaient payer leur tribut à la Chine même s’ils devaient recourir à de multiples traductions et s’ouvrir un passage à travers les douanes successives . »

    Après la dynastie Qin (221-207 av. J.-C.), la Chine a souvent été occupée par des minorités, surtout pendant les dynasties Sui (581-618), Tang (618-907), Yuan (1271-1361) et Qing (1644-1911) et occasionnellement à d’autres époques lorsque les minorités ethniques ont établi leurs propres régimes. Cependant ces groupes ethniques ont presque tous assimilé intégralement les coutumes chinoises, ce qui montre le pouvoir d’intégration de la culture chinoise traditionnelle. Comme le disait Confucius : « (Ainsi) si les gens d’ailleurs ne sont pas accommodants, amenez-les à pratiquer (notre) culture et (notre) vertu . »

    Depuis sa prise de pouvoir en 1949, le PCC a consacré les ressources de la nation toute entière à la destruction de la riche culture traditionnelle chinoise. Cette mauvaise intention n’est pas venue de son zèle pour l’industrialisation, ni d’une simple fascination ridicule pour la civilisation occidentale. Cela est venu de l’opposition idéologique inhérente au PCC face à la culture chinoise traditionnelle. La destruction de la culture chinoise a été planifiée par le PCC, elle a été organisée, systématisée, et a été rendue possible par l’utilisation de la violence par l’Etat. Depuis sa fondation, le PCC n’a jamais cessé de « révolutionner » la culture chinoise dans l’intention de détruire complètement son esprit.

    Plus déplorable encore que la destruction de la culture traditionnelle par le PCC, sont l’exploitation intentionnelle et la modification sournoise par ce dernier de la culture traditionnelle. Le PCC a promu les mauvais aspects de l’histoire de la Chine, les choses qui se sont passées à chaque fois que les gens se sont éloignés des valeurs traditionnelles, telles les luttes de pouvoir internes de la famille royale, l’utilisation de tactiques et de conspiration, et l’exercice de la dictature et du despotisme. Il a utilisé ces exemples historiques pour qu’ils l’aident à créer son propre ensemble de valeurs morales, ses façons de penser et son vocabulaire. En faisant ainsi, le PCC a donné la fausse impression que cette « culture du Parti » est la continuité de la culture traditionnelle chinoise. Le PCC a même tiré profit de l’aversion qu’ont certaines personnes envers la « culture du Parti » pour inciter davantage à l'abandon de l'authentique tradition chinoise.

    La destruction de la culture traditionnelle par le PCC a eu des conséquences désastreuses en Chine. Non seulement les gens ont perdu leurs repères moraux, mais ils ont été endoctrinés de force par les théories perverses du PCC.


    I. Pourquoi le PCC a-t-il voulu détruire la culture chinoise?

    1. La longue tradition de la culture chinoise est basée sur la croyance et la vertu

    La culture authentique de la nation chinoise a commencé il y a environ 5 000 ans avec le légendaire empereur Huang, considéré comme le premier ancêtre du peuple chinois. En fait, l’empereur Huang est reconnu pour avoir fondé le taoïsme – aussi connu sous le nom de l’école de pensée Huang-Lao (Lao Tseu). La profonde influence du taoïsme sur le confucianisme est perceptible dans les paroles confucéennes : « Rechercher le Tao, se conformer à la vertu, s’en tenir à la bienveillance, et s'immerger dans les arts » ; « si quelqu'un entend le Tao le matin, il peut mourir sans regret le soir ». Un des plus importants classiques chinois, le Livre des Mutations (I Ching), est une compilation de notes sur le ciel et la terre, le yin et le yang, les changements cosmiques, l’ascension sociale et le déclin, et les lois de la vie humaine. Le pouvoir prophétique de ce livre a surpassé de loin ce que la science moderne peut concevoir. En plus du taoïsme et du confucianisme, le bouddhisme, en particulier le bouddhisme zen, a eu une subtile mais profonde influence sur les intellectuels chinois.

  • Comment le Parti communiste chinois a détruit la culture traditionnelle

    Partie1

    La culture est l’âme d’une nation. C’est un facteur spirituel aussi important pour l’humanité que les facteurs tangibles comme la race et la terre.

    L’histoire de la civilisation d’une nation est en grande partie guidée par ses développements culturels. La destruction complète d’une culture traditionnelle ne peut qu'entraîner la fin d’une nation. D’anciennes nations aux civilisations glorieuses se sont éteintes lorsque leur culture a été détruite même si des éléments de leurs races ont survécu. La Chine est le seul pays au monde dont l’ancienne civilisation s’est transmise sans interruption pendant 5 000 ans. La destruction de sa culture traditionnelle est un crime impardonnable.

    La culture traditionnelle de la Chine, qu’on croit être un héritage divin, a commencé avec des légendes comme celle de la création du paradis et de la terre par Pangu , celle de la création des humains par Nüwa , celle de l’identification de centaines d’herbes médicinales par Shennong et celle de l’invention des idéogrammes chinois par Cangji . « L’homme suit la terre, la terre suit le ciel, le ciel suit le Tao et le Tao suit ce qui est naturel . » Le taoïsme parle de l’unité du ciel et de l’humanité, c’est cette sagesse qui coule dans les veines de la culture chinoise. « Un grand enseignement incite à cultiver la vertu . » Il y a plus de 2 000 ans, Confucius a ouvert une école pour enseigner aux étudiants et il a transmis à la société les idéaux confucéens représentés par les cinq vertus cardinales de bienveillance, droiture, bienséance, sagesse et fidélité. Au premier siècle, le bouddhisme de Sakyamuni est arrivé dans l’est de la Chine avec ses promesses de compassion et de salut pour tous les êtres, la culture chinoise y a gagné en diversité et en profondeur. Puis, le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme sont devenus des croyances complémentaires de la société chinoise, amenant la dynastie Tang (618-907) au sommet de sa gloire et de sa prospérité, comme cela est connu de tous sous les cieux.

    Bien que la nation chinoise ait subi maintes fois dans l’histoire invasions et attaques, la culture chinoise a montré une grande endurance et une grande résistance et son essence s’est continuellement transmise. L’unité des cieux et de l’humanité est la cosmologie de nos ancêtres. Il est communément accepté que le bien sera récompensé et que le mal sera puni. C’est le principe élémentaire consistant à ne pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas que l'on nous fasse. « Loyauté, piété filiale, dignité et justice » ont établi les critères de base pour un être humain dans ce monde, « bienveillance, droiture, bienséance, sagesse et fidélité » sont devenus une norme de moralité à la fois pour un individu et pour toute la société. Avec de tels principes, la culture chinoise incarnait l’honnêteté, la bonté, l’harmonie et la tolérance. Les monuments funéraires du peuple chinois expriment la révérence envers « le ciel, la terre, le monarque, les parents et l’enseignant ». C’est une expression culturelle des traditions chinoises profondément enracinées qui comprennent la vénération de la divinité (le ciel et la terre), la loyauté au pays (le monarque), les valeurs de la famille (les parents) et le respect pour les enseignants. La culture traditionnelle chinoise recherchait l’harmonie entre l’homme et l’univers et mettait l’accent sur l’éthique individuelle et la moralité. Elle se basait sur les croyances dans les pratiques du confucianisme, du bouddhisme et du taoïsme et apportait au peuple chinois tolérance, progrès social, protection de la moralité humaine et croyance juste.

    Tiré des "9 commentaires sur le parti communiste chinois"

    http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/465/52/

  • «Avant le ciel était bleu et les eaux pures» Rencontre avec Samuel Bollendorff, photographe - Dernière Partie

    Est-ce qu’il y a eu des images plus diffi ciles à réaliser, comme par exemple celle du condamné à mort? Pour avoir la photo du condamné à mort, c’était compliqué car la famille a été expropriée et envoyée très loin et les gens avaient peur de nous donner leurs coordonnées. Pendant une semaine, on a sillonné les montagnes du Sichuan et on a cherché dans les villages avec un ancien voisin, un frère, etc. et fi nalement on a réussi à trouver la famille. Il était essentiel d’avoir une photo de cet enfant, qu’on puisse nous aussi avoir un souvenir de lui, comme pour elle, qu’elle puisse garder cette image. Par moments, les gens avaient peur et puis au fur et à mesure qu’on discutait avec eux, ils s’ouvraient, ils avaient envie de raconter. Ils étaient heureux qu’on puisse être là pour recevoir leur plainte parce qu’ils ont l’impression qu’ils ne peuvent pas se plaindre.

    Comment avez vous choisi les thématiques de l’exposition?
    J’ai commencé par les jouets puis les mines. Et quand j’étais dans les mines j’ai entendu l’histoire de ce garçon qui avait été condamné à mort. Quand je suis rentré à Paris j’ai dit : ‘il faut absolument le faire’, parce que je trouvais qu’il y avait des histoires sociales avec les mines et les jouets. Mais il n’ y avait pas cette pression politique très violente. Je suis donc reparti pour faire cette histoire sur les barrages et essayer de rencontrer sa famille. Et puis après j’ai été envoyé pour faire un voyage de propagande à Xinjiang. Je trouvais que c’était important de commencer l’exposition avec ce reportage-là parce ce que c’était aussi une façon de donner une idée du rapport à l’information et de la complexité qu’il pouvait y avoir à travailler en Chine. Finalement j’ai eu l’information de ce village à côté de la pelouse des Jeux Olympiques. Je voulais avoir un petit gouverneur local donc j’ai fait ce dernier sujet sur la chape de plomb et la corruption.


    Pouvez-vous nous raconter comment vous avez eu l’idée du concept texteimage pour cette exposition?

    Dès le début je l’ai toute suite monté comme ça avec les textes et les images. On a monté une première exposition plus petite au festival de Visa pour l’image et déjà il y avait les photos avec à côté le texte qui était dans un cadre et qui était contre l’image. On a continué ce dispositif- là pour l’exposition parce que c’est très important, le texte va avec les images. Il y a une interaction qui s’opère : l’image est au service du texte et vice-versa. Les textes sont les plus clairs et les plus simples possibles, pas longs mais ils permettent de donner des informations factuelles en restant accessibles pour que le large public puisse voir et recevoir l’exposition. Si on fait des textes trop longs, les gens ne les lisent pas. J’ai trouvé important d’insérer des citations contenant parfois des métaphores qui caractérisent la façon de s’exprimer chez les Chinois. Ce sont ces petites choses qui donnent des touches et une sorte d’ambiance générale. Tout ça constitue le discours de l’exposition.


    Est-ce que vous souhaitez changer ce que vous appelez «destin enfermé» par votre exposition?

    Ce que je cherche quand je fais des expositions comme ça, c’est d’essayer de toucher les gens. Il n’y a pas de scoop là-dedans. Ce sont des choses que l’on connaît. On sait que les jouets sont fabriqués en Chine par des ouvrières dans des conditions sociales effroyables. On sait bien qu’il y a des barrages partout. Toutes les trois semaines, on entend qu’il y a des morts dans les mines de charbon. Mais là ce qui est important – et c’est ça mon métier – c’est d’essayer de trouver un dispositif avec des photos et des textes avec une exposition gratuite, grand public, etc., pour essayer de faire en sorte que ces informations-là, on les fasse passer de façon différente, afi n que quand les gens les voient, ils soient touchés. L’information, ils l’avaient mais elle n’était pas incarnée. Là, on rencontre les gens individuellement, on lit leur histoire, on a des citations d’eux. L’idée, c’est de faire en sorte de créer une relation affective à ces drames. Du coup, on est touché et puis on ne peut plus être passif. Si on arrive à faire ressentir quelque chose, il y a une graine qui est plantée et je pense que ça change les gens à l’intérieur. Après c’est à eux de décider de faire quelque chose ou pas.

    Et pour conclure?
    Il est faut que ce travail-là soit disponible pour le plus grand nombre de gens et qu’il soit vu par le plus de public possible. Je pense que c’est ce qui fera qu’on essaiera de penser un monde un peu moins violent. Malheureusement il y a plus de reportages sur le ‘miracle économique chinois’ que sur le revers du miracle.

    La Chine « à marche forcée » de Samuel Bollendorff.

    Pour voir les photos, c'est ici

     Propos receuillis par La Grande Epoque

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