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I- Culture chinoise traditionnelle - Page 7

  • Liens entre le corps et l'esprit

    Science, méditation, guérir, corps, esprit, médecine, vertu, culture, chine, cerveau,lao Tseu, asie On arrive à démontrer scientifiquement que les relations entre l'esprit et le corps ne font qu'un. Les grands sages chinois savaient bien de quoi ils parlaient! L’expérience de la méditation et de cultiver la vertu, comme celle de pardonner, rendent le corps et le mental de l’être humain plus performant.

    Les sages de la Chine ancienne et d'autres sages d'Asie, par exemple les yogis, connaissaient le lien entre l'esprit et le corps, alors que les traditions occidentales ont tendance à les dissocier. Ils connaissaient aussi le pouvoir d’une vertu comme le pardon.

    Dans la culture traditionnelle chinoise, le pardon était considéré comme une grande vertu. De grands hommes tel l'empereur Wu de la dynastie Liang (464-549), étaient réputés pour être honnêtes envers les autres, faire peu de cas de leurs propres sentiments ou ressentiments et cependant avoir nombre de personnes distinguées et avisées autour d'eux.

    Une équipe de l'université d'Harvard s'est penchée sur les effets que pouvaient avoir la vengeance. Elle a porté son étude sur la relation entre un individu et une équipe mais aussi entre différents individus. Le rapport a été publié dans la revue Natural en mars 2008. Ils ont découvert que la vengeance, non seulement n'apporte aucun bénéfice à la personne qui veut se venger, mais de plus, affecte négativement l'équipe ou le groupe dont fait partie cette personne. «En fait», explique David Rand, un des co-auteurs de l'étude, «quand quelqu'un assouvit sa vengeance, il se forme une réaction en chaîne et tout le monde en pâtit.»

    Martin Nowak, le directeur de recherche, en conclut que les gens qui réussissent sont ceux qui ne s'emportent pas durant les conflits. Au contraire, prendre sa revanche n'apporte rien de bon, ni à soi ni aux autres.

    Dans les sociétés qui pratiquent la vengeance comme la vendetta en Corse au siècle dernier ou encore en Albanie de nos jours, c'est toute une famille, voire tout un clan ou un village entier qui tombent dans le malheur.

    Mais ceux qui arrivent à sourire, à ne pas se préoccuper du conflit ou de l'affront, vont établir un champ positif autour d'eux. On va admirer leur sang-froid et leur détachement. L'empereur Wu, qui appliquait ces principes, a su ainsi créer l'une des dynasties les plus stables et les plus prospères de l'histoire de la Chine.

    La méditation

    Notre second sujet de réflexion porte sur la méditation, largement pratiquée en Asie par les bouddhistes notamment. La méditation pour vous, qu'est-ce que cela signifie? Vous relaxer, faire le vide, acquérir la paix intérieure?

    Le magazine New Scientist publiait en novembre 2005 un article intitulé «La méditation construit le cerveau», relatant les travaux de scientifiques de l'université du Kentucky. Ils avaient voulu vérifier les assertions suivantes souvent entendues dans la bouche de ceux qui pratiquent la méditation: «J'ai plus d'énergie, j'ai besoin de moins de sommeil, je me sens mieux». Dix volontaires ont participé à l'étude et ont été testés, avant et après 40 minutes d'activités différentes: sommeil, méditation, lecture ou conversation légère et agréable. Chaque sujet a été placé dans toutes les situations.

    Les chercheurs se sont aperçus qu’après ce moment écoulé, tous les sujets étaient plus reposés ; mais pour certaines personnes, sortir du sommeil, être pleinement éveillé et en forme pouvait prendre un certain temps. La seule méthode qui pouvait conduire à une amélioration immédiate des performances était la méditation, sans qu'aucun des sujets ne l'ait pratiquée auparavant.

    Une autre étude publiée par le New Scientist le 2 septembre 2005 va encore plus loin. L'article s'intitule «Si la méditation est bien, Dieu y arrive encore mieux». Des chercheurs ont réparti des étudiants en trois groupes qui devaient se concentrer de la façon suivante:

    -    le premier sur l'idée «je suis content»,

    -    le deuxième devait simplement se détendre,

    -    le troisième devait se concentrer sur l'idée que Dieu est amour et paix.

    Le premier et le deuxième groupe sont sortis de leur méditation tout simplement détendus. Les étudiants du troisième groupe ont connu des améliorations sensibles de leur santé physique et mentale. Certaines douleurs ont été atténuées par exemple.

    Pour quelle raison? Cela reste encore un peu mystérieux. Le docteur Richard Davidson de l'université de Wisconsin-Madison relève que de nombreuses études scientifiques ont montré qu'une attitude positive pouvait avoir une répercussion sur l'état de santé d'une personne. Son équipe est arrivée à déterminer qu'une activité plus importante de la zone gauche du cortex préfrontal, par rapport à la zone droite, menait à une meilleure immunité. Son hypothèse : le cortex préfrontal est une région du cerveau où est gérée l'affectivité, c'est-à-dire la manière dont une personne répond émotionnellement à une situation. «Les émotions jouent un rôle important en modulant les systèmes corporels qui influencent votre santé», explique Davidson.

    Une nouvelle étude établit ce lien. 52 personnes ont été vaccinées contre la grippe. On a commencé par étudier leur activité cérébrale en leur demandant notamment de se souvenir durant une minute de deux évènements: un qui les a rendus très heureux et l'autre qui les a submergés de chagrin. Les scientifiques ont mesuré pendant ce temps leur activité cérébrale, des deux côtés du cortex, puis ont fait la même mesure après que les sujets ont consigné leurs souvenirs par écrit durant cinq minutes. Le résultat est que les personnes avec une activité plus importante du coté droit du cerveau étaient celles qui étaient davantage négatives.

    Pendant les six mois qui suivirent, les chercheurs prélevèrent à trois reprises du sang de chaque personne pour établir le taux d'anticorps développés par le vaccin, afin de voir l'immunité. A la fin des six mois, il s'est avéré que les personnes ayant une activité cérébrale côté gauche plus importante avaient une meilleure immunité.

    Article de Sound Of Hope: http://www.soundofhope.org/

  • Expressions chinoises: L’apparence naît de l’esprit 相由心生

    Chine, culture chinoise, traditionnelle, expression chinoise, esprit, apparence, beauté, sentiment, Le proverbe xiāng yóu xīn shēng 相 由 心 生, «l’apparence naît de l’esprit» peut aussi être traduit par «l’apparence change selon l’âme».

    Littéralement, ce dicton signifie «l’apparence naît du cœur», mais le caractère 心 xīn (cœur) est souvent utilisé pour indiquer l’esprit ou le sentiment.

    On prétend que l’expression a d’abord été utilisée par Guiguzi 鬼谷 子, ancien philosophe chinois et éducateur durant la période des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.).

    On peut également la trouver dans l’écrit du sage taoïste Chen Xiyi 陳希夷 durant la dynastie des Song (entre 960 et 1279) intitulé Essai sur l’esprit et l’apparence.

    L’histoire qui suit explique la signification du proverbe. Un jour, le jeune Su Dongpo 蘇東坡, grand génie au cours de la dynastie des Song, se rendit dans un temple accompagné du moine Foyin pour méditer. Après sa méditation, Su se sentait très à l’aise. Il demanda au moine de quoi il avait l’air alors qu’il méditait. Foyin répondit: «Tu ressemblais à une statue de Bouddha, très solennel!» Su en fut très satisfait.

    À son tour, le moine demanda à Su de quoi lui-même avait eu l’air durant la méditation. Su, pour plaisanter avec le moine, répondit: «Tu ressemblais à une bouse de vache!»

    Le moine ne répondit rien. Voyant que le moine n’était pas en colère, Su s’imagina avoir pris le dessus sur lui.

    Su avait une sœur cadette nommée Su Xiaomei, très talentueuse. Lorsque Su revint chez lui, il expliqua d’un air suffisant sa conversation avec le moine.

    Sa sœur réfléchit un instant, puis dit doucement: «Mon cher frère, c’est toi qui a perdu. Le moine Foyin a le cœur d’un Bouddha, alors il t’a vu comme un Bouddha. Toi, tu l’as regardé avec un cœur de bouse de vache, c’est pourquoi tu n’as vu que de la bouse de vache».

    En entendant les mots de sa sœur, Su demeura perdu dans ses pensées. Il réalisa que le moine s’était plutôt bien «cultivé». De ce fait, il était toujours en mesure de préserver la bonté dans son cœur, même quand il était lésé.

    Ce n’est qu’avec la compassion au cœur qu’on peut voir les choses sous un jour positif et offrir une réponse constructive, voilà ce que raconte cette histoire.

    Le proverbe xiāng yóu xīn shēng 相 由 心 生, «l’apparence naît de l’esprit», est utilisé à la fois comme un avertissement et comme une manière de décrire comment les apparences peuvent être modifiées lorsqu’on change son état d’esprit.

    Notes:

    1. Guiguzi vécut autour de 400 à 313 av. J.-C. Son vrai nom était Xu Wang. Il a fondé l’École de la diplomatie des Cent écoles de la pensée. Parmi ses élèves, nombreux sont devenus célèbres. L’un d’eux, Sun Bin, a écrit les célèbres 36 Stratagèmes.

    2. Su Dongpo, également connu sous le nom de Su Shi, était écrivain, poète, artiste, calligraphe, pharmacologue, homme d’État et l’un des plus grands poètes de la dynastie des Song.

  • Les 4 Livres extraordinaires de la littérature chinoise

    littérature chinoise, Chine, culture, romans, films, historiques, philosophique, 3 royaumes, rêve du pavillon rouge, au bord de l'eau, voyage vers l'ouest

    La littérature chinoise compte quatre grands romans classiques. Appelés les Quatre Livres extraordinaires (四大名著 sì dà míng zhù), l’influence de ces quatre histoires est à l'origine d’innombrables pièces de théâtre, films, légendes et a imprégné la culture en autant de façons. Pour mieux appréhender la civilisation chinoise, une bonne compréhension de l’histoire de ces romans est essentielle. Chaque roman est basé sur des événements historiques ou se déroule au cours d’une période dynastique de l’histoire de la Chine. Tous présentent des caractéristiques philosophiques, spirituelles et religieuses de la civilisation chinoise.

    Le Roman des Trois Royaumes (三國演義 ou三国演义 sān guó yǎn yì) a été écrit par Luo Guangzhong (羅貫中 luó guàn zhōng). L’histoire se déroule durant la chute de la Dynastie Han (206 avant notre ère – 220 de notre ère) et raconte l’apparition de héros pour prendre le contrôle du destin de l’Empire. La fin historique de la Dynastie Han et la transition vers la Période des Trois Royaumes sont illustrés avec un suspense si soutenu et un héroïsme si épique qu’il est difficile de suspendre la lecture de cette histoire divisée en 100 chapitres. L’auteur a esquissé ces contes d’une période de turbulences dans un récit sophistiqué alliant loyauté et trahison, triomphe et défaite. Cette histoire présente le plus bel exemple du meilleur et du pire de la vie en Chine.

    Le roman Au bord de l’eau(水滸傳 ou水浒传 shuǐ hǔ zhuàn) aussi appelé Bandits du marais, a été écrit au 14e siècle par Shi Nai’an (施耐庵 shī nài ān). C’est un récit des exploits d’honnêtes fugitifs vivant sous la Dynastie Song. L’histoire explore comment le destin les a rassemblés et décrit les épreuves morales confrontant les bandits aux valeurs de la vie. L’histoire de ces 108 hommes et femmes est renforcée par leurs caractéristiques frappantes. La façon dont l’auteur incarne la personnalité de ces personnages multidimensionnels et extrêmement complexes au cours de leur combat entre bien et mal est inégalé.

    Le Voyage à l’Ouest (西遊記 ou西游记 xī yóu jì) a été écrit par Wu Cheng’en (吳承恩 wú chéng’ ēn) au 16e siècle. C’est un roman mythologique basé sur le périple entrepris par un moine au cours de la Dynastie Tang pour retrouver des écritures bouddhistes en Inde et les ramener en Chine. Mais il ne s’agit pas d’un voyage ordinaire. En cours de route, il est rejoint par un roi-singe invincible, un porc humanoïde naïf, un moine des sables et un cheval-dragon. L’histoire de l’impossible périple accompli par ces cinq mémorables créatures constitue l’un des romans les plus célèbres de l’histoire chinoise.

    Le Rêve du Pavillon rouge (紅樓夢 ou红楼梦 hóng lóu mèng) aussi appelé Histoire de la Pierre, a été écrit par Cao Xueqin (曹雪芹 cáo xuě qín) au milieu du 18e siècle. C’est un chef-d’œuvre de réalisme. L’histoire explore dans ses moindres détails les romances, le destin et les richesses de la vie dynastique. Aujourd’hui, des départements entiers se consacrent à l’étude de ce livre. Aucun autre livre ne décrit aussi précisément la vie quotidienne des gens à différents niveaux de la société durant l’antiquité.

    Qu’est-ce qui a soutenu l’engouement inusable pour ces Quatre Livres extraordinaires à travers les âges ? Et pourquoi ces histoires inspirent-elles toujours d’autres œuvres d’art et autant de phénomènes culturels ? C’est parce qu’ils incarnent la pensée chinoise à travers l’histoire. Ils sont la source de la transmission culturelle d’une attitude de vie chinoise. Ils offrent aussi une illustration concrète du système moral chinois. Ces livres contiennent des personnages qui pensent et agissent selon des principes bouddhistes, taoïstes et confucéens pour résoudre leurs dilemmes. Ces systèmes éthiques abstraits trouvent une expression concrète dans de nombreuses formes culturelles et ces quatre romans en sont la meilleure expression.

    Tiré de: http://fr.clearharmony.net/articles/a114899-%E5%9B%9B%E5%A4%A7%E5%90%8D%E8%91%97-se-da-ming-zhu-les-4-Livres-extraordinaires-de-la-litterature-chinoise.html

  • «Mordre la main qui vous nourrit» 忘恩负义

    expression chinoise, Chine, culture, proverbe, érudit, politique, Han, respect, justice

    L’expression wàng ēn fù yì peut être traduite par «mordre la main de celui qui vous nourrit». Littéralement, cela signifie «oublier les faveurs et trahir la justice».

    Dans le volume 76 du Livre de l’Ancien Han(1), l’histoire de Zhang Chang(2), célèbre érudit et gouverneur pour l’empereur Xuan de la dynastie Han de l’Ouest, illustre ce propos.

    Après la mise en œuvre de nombreuses politiques qui avaient permis de réduire le crime et la rébellion dans la région du Shandong, Zhang Chang était devenu gouverneur dans le district métropolitain. Il participait à tous les conseils de l’État.

    L’empereur Xuan était très attaché à Zhang, parce qu’il avait non seulement réussi à amener la paix parmi le peuple dans de nombreux domaines, mais également parce que ses conseils étaient fondés sur sa grande connaissance de l’histoire.

    Zhang Chang avait un ami du nom de Yang Yun. Il était très arrogant et faisait souvent des commentaires désobligeants à propos du gouvernement de l’empereur. Un jour, Yang critiqua sévèrement l’empereur Xuan et fut condamné à mort.

    À cette époque, les parents et les amis de personnes condamnées étaient également plus ou moins stigmatisés. Elles en perdaient parfois leur position.

    Un jour, Zhang Chang demanda à l’un de ses assistants, Xu Shun, d’enquêter sur un vol. Pensant que Zhang pourrait bientôt perdre sa position, Xu refusa d’obtempérer et regagna son domicile.

    Xu Shun dit aux autres: «J’ai travaillé pour le gouverneur Zhang pendant des années. Maintenant il a des problèmes. Dans les cinq jours, il ne sera plus le gouverneur du district. Pourquoi devrions-nous l’écouter?»

    En apprenant cela, Zhang Chang fut tellement en colère et blessé qu’il tua Xu Shun. Beaucoup se sont demandés  si cette sanction n’était pas trop lourde.

    Les parents de Xu Shun firent appel à l’empereur Xuan et demandèrent que Zhang Chang soit condamné à mort pour avoir tué Xu Shun. L’empereur n’eut pas d’autre choix que de punir Zhang. Aussi le congédia-t-il de l’administration.

    Quelques mois après le départ de Zhang, le district était de nouveau dans le chaos. Personne ne savait comment ramener la paix dans la région. L’empereur Xuan envoya un messager à Zhang Chang, lui demandant de revenir et de reprendre son poste.

    En chemin vers le palais, Zhang écrivit une lettre à l’empereur clarifiant l’incident. Il décrivit de quelle manière il avait toujours été bienveillant envers Xu Shun et l’avait promu, mais que ce dernier s’était retourné contre lui en projetant que Zhang allait rencontrer des difficultés. Il fit part également de la manière dont Xu avait répandu des rumeurs à son propos.

    Parce que Xu Shun avait trahi la personne qui avait été bienveillante envers lui, ou «mordu la main de celui qui le nourrissait», Zhang dit qu’il avait tué Xu pour l’exemple dans le but d’endiguer cette sorte de comportement.

    Zhang Chan mit fin au chaos et le district fut de nouveau en paix.

    Les mots que Zhang Chan utilisa afin de décrire le comportement de Xu Shun – «mordre la main qui vous nourrit» – devinrent une expression largement employée par la suite pour décrire des personnes ingrates.

     

    Notes:

    (1) Le Livre de l’Ancien Han, également connu comme Histoire de l’Ancien Han, est une histoire classique chinoise, laquelle recouvre les Han de l’Ouest de 202 av. J.-C. à 9 ap. J.-C. Elle s’est terminée en 111 de notre ère, principalement avec les érudits de la famille Ban. Un autre texte historique classique chinois sur la dynastie des Han est le Livre des Han postérieurs, qui a été écrit par Fan Ye. Il recouvre la période des Han de l’Est de 25 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.

    (2 ) Zhang Chang était un érudit distingué, ainsi qu’un gouverneur et un conseiller de l’empereur Xuan des Han. La date de sa naissance n’est pas enregistrée, mais il est décédé en 48 av. J.-C.

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/13/10/28/n3508953.htm

  • Comment les anciens honoraient leurs maîtres

    Chine, maître, disciple, élève, enseignement, apprentissage, art martial, chine ancienne, culture, éducationLes Chinois ont toujours eu pour habitude d'honorer et de respecter leurs maîtres, car c'était une valeur traditionnelle qui formait une relation de cohésion entre l'enseignant et l'élève. En enseignant à ses étudiants, on attendait du maître qu'il transmette ses connaissances érudites et sa sagesse concernant la façon dont on devrait se comporter dans la société. Son devoir était d'apporter tout au long de la vie une sagesse valable à ses étudiants, et pour cette raison l'ancienne population de la Chine avait le proverbe : "L'enseignant d'un jour devrait être respecté comme le père de toute une vie". Les gens prêtaient beaucoup d'attention à leur conduite et à leur comportement, car ils voulaient apprendre les principes moraux adéquats qu'un humain devrait posséder. Cela leur permettait de développer la vertu, et pour cette raison, ils étaient reconnaissants envers la bienveillance de leur maître.


    Ci-dessous deux histoires au sujet d'enseignants et d'élèves de la Chine ancienne :


    Le Gouverneur Wen et le Roi Wu respectaient Jiang Ziya comme un Maître

    Pendant les années de déclin de la dynastie Shan, le Gouverneur Wen, de la partie occidentale du pays, gouvernait son peuple avec bienveillance. Il avait compris qu'afin de développer sa région et accomplir des progrès, il avait besoin d'un peuple autour de lui qui fasse montre d'un comportement vertueux. Il avait entendu dire que Jiang Ziya était un érudit possédant de hauts critères moraux, il désira donc inviter Jiang à rejoindre son gouvernement. Il décida d'une date qui soit numériquement de bon augure, prit un bain pour se rendre propre et respectable, puis emmena ses suivants jusque dans la ville de Boxi pour rencontrer Jiang. En parlant à Jiang, le Gouverneur Wen pensa que Jiang était en effet un individu très doué, possédant de hauts critères moraux, et ayant le désir d'aider les gens. Le Gouverneur Wen dit joyeusement :"Avant que mon grand-père décède, il m'a dit qu'un jour une personne de grand talent viendrait m'aider à apporter la prospérité dans ma région. Je pense que vous êtes cette personne". Jiang rejoignit le gouvernement de Wen en tant que Premier Ministre et Wen le traitait comme son maître, ménageant un grand respect envers Jiang. En conséquence, la région de Wen devint de plus en plus prospère. Alors que Wen se mourait, il demanda à son fils Wu de traiter Jiang comme un père aussi bien que comme un maître. Plus tard, Jiang aida Wu à vaincre le roi de la dynastie Shan, et couronna Wu roi de la dynastie Zhou.


    Yue Fei s'est rappelé la bienveillance de son maître

    Yue Fei était un héros de la dynastie Song. Il est né dans une famille pauvre, et son père mourut alors qu'il était jeune. Enfant, il n'eut pas les moyens d'aller à l'école. Mais il avait un grand désir d'apprendre, et se tenait souvent autour de l'école locale à regarder par la fenêtre, essayant d'écouter les enseignants donner leurs cours. Comme il ne pouvait acheter ni stylo ni papier pour écrire, il écrivait sur le sol avec une brindille cassée. Mazître Zhou Tong le vit souvent et réalisa qu'il était impatient d'apprendre, et lui offrit donc une instruction gratuite. Yue Fei apprit comment aimer ses compatriotes et combattre pour son pays. Les jours qui tombaient sur les nombres impairs, Yue Fei étudiait la littérature, et les jours pairs il apprenait les arts martiaux. On lui enseigna une technique spéciale pour tirer les flèches et il devint un excellent tireur d'élite. Avec une grande dévotion pour ses études, il devint finalement maître à la fois dans les arts martiaux et la littérature. Il fut un général bien connu sous la dynastie Song et était craint de ses ennemis. Lorsque Zhou Tong mourut, Yue Fei l'enterra comme s'il avait été son père. Le premier et le quinzième jour de chaque mois, Yue Fei rendait hommage à Zhou Tong qu'il soit chez lui ou en voyage. Il sortait l'arc qu'il avait reçu de Zhou Tong et tirait trois flèches enflammées dans le ciel. Yue Fei a dit : "Mon maître m'a enseigné à être un homme et à aimer mon pays. Il m'a enseigné les arts martiaux et comment être un excellent tireur d'élite avec un arc et une flèche. Je ne peux pas oublier ce qu'il a fait pour moi".

    Les gens de l'ancienne Chine avaient un proverbe : "Toutes les personnes établies dans le taoïsme, le bouddhisme ou le confucianisme ont eu leur maître. Tous les anciens empereurs ont eu leur Maître". Les gens qui ne respectent pas leur maître sont dépourvus de gratitude et ne s'élèveront pas. Tous les sages de l'histoire ont montré du respect pour leur Maître et ont été des modèles pour les générations futures.

  • Caractères chinois, Étudier Xué 學

    Chine, caractère, Confucius, étudier, étymologie, apprendre, chinois, écrire, idéogramme

    Le caractère 學 xué signifie étudier ou apprendre. Il tire son origine des premiers écrits sur des os divinatoires, très pictographiques. La première composition du caractère 學 indiquait sa signification originelle – une salle d’étude ou un endroit où les enfants peuvent apprendre.

    La partie située tout en haut semblable à un «X» symbolise les mathématiques. Les deux parties qui les enferment ressemblaient à l’origine à des griffes et des mains avec, d’un côté, 爪 zhǎo, pour attraper, et de l’autre, 手 shǒu, main, pour traduire le fait que l’enseignement est transmis de l’un à l’autre. Le milieu symbolise le toit d’une structure. Finalement, la partie du bas, 子 zǐ, enfant, indique à qui est transmis la connaissance.

    En tant que nom, le caractère 學 signifie connaissance où l’étude d’une discipline, comme dans 學識 xué shí, savoir ou bourse d’études, ou 社會學 shè huì xué, sociologie.

    En tant que verbe, 學 signifie l’action d’acquérir la connaissance ou des compétences. Par exemple, 學藝 xué yì signifie acquérir la connaissance ou une compétence; 學習 xué xí signifie étudier; et 學以致用 xué yǐ zhì yòng, précise étudier avec pour objectif la mise en application.

    L’étude ou l’apprentissage est très important dans la culture chinoise et les grands philosophes dans l’histoire chinoise, tels que Kong Zi (Confucius), Zeng Zi, et d’autres y font souvent référence.

    Selon une célèbre citation de Kong Zi, «celui qui apprend sans réfléchir est perdu, mais celui qui réfléchit sans apprendre est en grand danger».

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/13/10/29/n3508960.htm

  • Zhuge Lian, symbole d’intelligence et de stratégie

    Chine, culture, société, politique, stratégie, militaire, éthique, royaume

    Zhuge Liang (181-234 ap. J.-C.) était un conseiller politique réputé, stratège militaire, génie en mécanique et en mathématiques. C’est grâce à ses conseils et à ses stratégies que Liu Bei fonda avec succès le royaume de Shu. Zhuge Liang consacra toute sa vie au royaume en tant que régent, puis chancelier après la mort de Liu Bei.

    Vivant comme un jeune ermite, Zhuge Liang était connu sous le surnom de «dragon accroupi», pour sa grande sagesse, dans les cénacles intellectuels. L’histoire raconte que, après avoir refusé deux fois, ce n’est qu’à la troisième visite de Liu Bei que Zhuge Liang accepta d’abandonner son style de vie solitaire pour lui venir en aide. En effet, ce dernier était alors une figure militaire sans grande étoffe qui cherchait à rétablir la dynastie Han en cette période de chaos.

    Zhuge Liang fut le cerveau qui contribua à construire l’alliance avec le royaume oriental de Wu et à gagner la Bataille de la Falaise rouge. C’est sur ses conseils que Liu Bei put passer du statut de petite figure militaire à celui d’empereur du royaume de Shu. Une grande confiance se développa si fortement entre eux que, sur son lit de mort, Liu Bei confia son royaume et son fils à Zhuge Liang, allant même jusqu’à lui demander de monter sur le trône si son fils ne parvenait pas à être un bon dirigeant.

    En tant que régent, Zhuge Liang manifesta une grande loyauté envers le fils de Liu Bei. Il vécut sa vie sans ménager ses efforts pour aider à consolider le royaume et à développer le territoire.

    Apaiser les clans du sud grâce à l’éthique

    À la mort de Liu Bei, tandis que Zhuge Liang était occupé à concilier les relations avec le royaume de Wu à l’Est, le royaume de Shu fut harcelé par les clans du sud dirigés par leur chef nommé Meng Huo. Bientôt Zhuge Liang lança une campagne contre les clans du sud et captura Meng Huo qui refusa ensuite de se rendre. Après l’avoir reçu autour d’un bon repas, Zhuge Liang le libéra, lui permettant de réorganiser ses clans et de se battre à nouveau dans des batailles.

    Ce cycle de capture-libération insolite se répéta pendant un bon moment. Quand il le captura pour la septième fois, le chef fut convaincu de ne pas être au niveau de Zhuge Liang, tant sur le plan de la stratégie militaire que de la dignité humaine. Il se rendit donc et fut nommé gouverneur local pour apaiser la population. La paix dura de nombreuses années.

    Lancer les campagnes au nord contre le royaume de Wei

    Après avoir pacifié les clans du sud, Zhuge Liang commença une série de campagnes vers le nord contre le royaume de Wei. Nombreuses sont les histoires intrigantes qu’il nous a léguées, dont la plus connue fut celle où il utilisa, selon la légende, la stratégie du fort vide.

    Lorsqu’un responsable militaire arrogant du royaume de Shu perdit un passage important du fait de son arrogance, Zhuge Liang, avec quelques fonctionnaires civils et une poignée de soldats se retrouvèrent confrontés aux grandes troupes Wei dans un fort vide. Pour bluffer les ennemis, Zhuge Liang ordonna d’ouvrir toutes les portes du fort et de placer de vieux civils pour balayer la voie. Lui-même commença à jouer de la cithare traditionnelle calmement avec deux serviteurs se tenant debout à ses côtés dans la tour de la ville. Son rival de longue date, le commandant des troupes Wei en marche fut dérouté, soupçonna un piège et se retira. Plus tard Zhuge Liang expliqua à ses fonctionnaires ravis que cela n’aurait pu fonctionner si ce commandant n’avait pas été suspicieux au point de croire que Zhuge Liang ne prendrait jamais de risques.

    Zhuge Liang prônait les principes de loyauté et d’intégrité dans le royaume de Shu, n’ayant jamais rompu ses promesses envers ses officiers ou ses soldats. Sa vie fut remplie de récits légendaires, parfois associés à des pouvoirs surnaturels. Il inventa les boeufs en bois et le cheval flottant qui pouvaient transporter les approvisionnements de manière efficace en plaine, ou sur les cours d’eau. Il fabriqua une arbalète de tir multi-vis pour ses troupes et des lanternes à air chaud pour la signalisation militaire. En outre, il conçut le labyrinthe des sentinelles de pierre qui disposait de huit entrées. Une fois à l’intérieur, les troupes ennemies, ne pouvaient plus s’échapper.

    Zhuge Liang est mort de maladie à l’âge de 54 ans, en l’an 234 de notre ère, lors de sa cinquième expédition militaire dans le nord vers le royaume de Wei. Il a gagné le respect de tous les royaumes, et sa mort fut pleurée à la fois par le royaume de Shu et par ses ennemis. Dans la culture chinoise, son nom est associé à la «stratégie imbattable» et au «dévouement au royaume».

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/13/10/28/n3508950.htm

  • Regarder une personne avec de nouveaux yeux: 刮目相看

    expression chinoise, proverbe, Chine, trois royaumes, vin, récit historique chinois, personnages historiques

    L’expression 刮目相看 guā mù xiāng kàn, qui signifie «regarder une personne avec de nouveaux yeux» est tirée d’une description de Lü Meng(1), remarquable général de l’État de Wu, dans le récit historique chinois Chroniques des Trois Royaumes(2).

    Lorsque Lü Meng était jeune, il n’aimait pas lire. Il préférait pratiquer les arts martiaux. Devenu général, il n’aimait toujours pas lire. Aussi ses pairs le considéraient-ils souvent comme un simple guerrier.

    Un jour, Sun Quan, le roi de l’État de Wu, lui dit: «En tant que général, vous devriez constamment enrichir vos connaissances».

    Lü Meng répondit: «Je suis trop occupé par les affaires militaires et je n’ai pas le temps de lire».

    «Je ne vous demande pas de devenir un érudit», l’encouragea le roi. «Lire davantage peut aider à étendre votre vision et à enrichir votre sagesse. Vous dites être trop occupé pour lire. En tant que roi, il y a toutes sortes d’affaires dont je dois m’occuper, comparé à vous. Pourtant, je trouve quand même le temps de lire et de m’améliorer.»

    Lü Meng fut inspiré par les propos du roi. Il commença à se mettre sincèrement à lire. Peu à peu, il enrichit ses connaissances et il devint un stratège militaire encore meilleur.

    Un jour, le commandant-en-chef de l’État de Wu vint à passer. Il ne voulait pas rendre visite à Lü Meng, pensant qu’il ne pourrait pas discuter d’affaires militaires avec celui qui avait la réputation d’être un illettré. Mais son assistant lui conseilla de rendre visite à Lü Meng, lui disant qu’il était devenu une personne très au fait.

    Ce fut chose faite. Détendus et buvant du vin, ils abordèrent la possibilité d’une bataille avec l’État de Shu. Lü Meng offrit un conseil et suggéra des stratégies à même de gagner une guerre.

    Le commandant-en-chef fut grandement surpris par l’incroyable progression de Lü Meng. Il commenta: «Je pensais que vous ne saviez rien faire d’autre que de vous battre sur un champ de bataille, mais je vois à présent que vous êtes informé et sage. Je dois dire que vous n’êtes plus la personne que je connaissais».

    Lü Meng répondit: «S’agissant d’un homme déterminé, si vous ne l’avez pas vu depuis trois jours, vous devriez le regarder avec de nouveaux yeux».

    «Regarder une personne avec de nouveaux yeux» signifiait à l’origine regarder quelqu’un sous un nouveau jour. Aujourd’hui, cette expression est utilisée pour faire l’éloge de quelqu’un ayant considérablement progressé.

    Note:

    (1) Lu Meng 吕蒙 (178-220 ap. J.-C.) était général des armées, au service de Sun Quan, roi de l’État de Wu, durant la période des Trois Royaumes (220-280 ap. J.-C.)

    (2) Le récit historique Chroniques des trois royaumes, également connu sous le nom de Romance des trois royaumes, couvre l’histoire de la fin des Han orientaux (184 av. J.-C.-ap. J.-C.) et la période des Trois royaumes (220-280 ap. J.C.). Il a été originellement écrit au IIIe siècle par Chen Shou. Luo Guanzhong l’a réécrit sous la forme du roman Romance des trois royaumes au XIVe siècle.

    Tiré de: http://www.epochtimes.fr/front/13/10/15/n3508912.htm

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