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  • Quand la Chine veut interdire un spectacle culturel chinois en France

    LYON, le 1er février. M. Hu, président de Lumière d’Asie, dénonce les pressions de l’ambassade de Chine sur la préparation du spectacle Shen Yun à Lyon le 20 mars.
    LYON, le 1er février. M. Hu, président de Lumière d’Asie, dénonce les pressions de l’ambassade de Chine sur la préparation du spectacle Shen Yun à Lyon le 20 mars.

    Quand la Chine veut interdire un spectacle chinois en France, tous les moyens sont bons. Le Palais des Congrès de Lyon en a eu l’expérience la semaine dernière, lorsqu’il a reçu un appel du consulat chinois lui demandant des informations sur les organisateurs du spectacle Shen Yun. Habituée aux méthodes de dissuasion du parti communiste chinois, l’association Lumière d’Asie, organisatrice du spectacle, a tout de suite réagi pour en informer les médias. Il s’avère en fait que la Chine ne souhaite pas voir se produire en France un spectacle montrant les scènes historiques de la culture chinoise que le régime s’efforce de censurer en Chine. Depuis les débuts de Shen Yun en 2007, le régime communiste chinois a cherché à interférer avec les spectacles à travers le monde, en faisant pression sur les autorités locales et les salles de spectacle pour en annuler les représentations.

     

    Les pressions chinoises sur le spectacle Shen Yun à Lyon

     

    Cette semaine à Lyon, au cours d’un appel téléphonique, le tout nouveau consulat chinois a tenté d'obtenir des «informations» sur les organisateurs de Shen Yun auprès de l'Amphithéâtre, où le spectacle se produira le 20 mars. Organisatrice du spectacle au Palais des Congrès de Paris depuis trois ans, l’association Lumière d’Asie a tout de suite reconnu une tentative des autorités chinoises pour perturber la préparation du spectacle à Lyon. Habituée aux pressions de l’ambassade chinoise à Paris les années précédentes, Lumière d’Asie a tiré la sonnette d’alarme après cette nouvelle tentative d’intimidation de l’ambassade chinoise.

     

    A travers le spectacle Shen Yun, l’association Lumière d’Asie a pour but de montrer à un large public une culture chinoise loin des schémas politiques du régime actuel. Son président M. Hu, déclarait à ce propos aux journalistes de France3: «Ce groupe artistique est indépendant, il n’est pas manipulé par le régime communiste chinois. Le régime chinois ne nous laisse pas parler. Il ne laisse pas les gens connaître la vérité sur la Chine. Nous, on parle de tout». C’est ce qui déplaît au gouvernement de Pékin qui maintient une politique de censure stricte concernant la circulation des informations en Chine et dans le monde.

     

    Shen Yun Performing Arts est une compagnie basée à New York, créée en 2007. Ses artistes de l'Académie des Arts Fei Tian œuvrent à faire revivre les traditions artistiques chinoises et l'héritage spirituel qui ont fait la gloire de la Chine avant la révolution culturelle. Ses spectacles ont été applaudis par plus d'un million de personnes en Amérique, en Asie et en Europe. À travers les danses sur les légendes traditionnelles telles que celles de Mulan ou de Yue Fei, le spectacle offre un éclairage artistique sur le monde actuel en mettant en scène notamment le pacifisme et le courage de gens qui font face à de violentes répressions en Chine actuellement, tels que les pratiquants du Falun Gong. C’est la présentation de la persécution du Falun Gong qui semble poser le plus de problèmes au régime chinois qui tente par tous les moyens d’éradiquer ce qigong qui renoue avec la culture chinoise.

     

    Le parallèle en Europe et à Hong Kong

     

    De telles pressions ont déjà eu lieu en Europe et au début d’année à Hong Kong. En 2007, le directeur du Palais des Congrès de Paris a reçu la visite de représentants de l'Ambassade de Chine qui cherchaient à lui faire annuler les représentations de Shen Yun prévues en France. En mars 2008, la plus grande chaîne de télévision du Danemark, DR, rapportait que le parti communiste chinois avait exercé des pressions sur une salle de spectacle qui devait accueillir Shen Yun. En 2008 encore, 25 députés suédois ont condamné le régime pour ses interférences avec le spectacle. En janvier 2009, le consulat chinois à Francfort, en Allemagne, a envoyé des lettres aux autorités locales et aux consulats des autres pays, pour s'opposer au spectacle Shen Yun. Les lettres ont été publiées par la suite par des médias allemands. Cette année, le régime cherche aussi à interférer avec les représentations de Shen Yun à Vienne : le directeur d'une salle de spectacle confirme avoir reçu des pressions pour annuler le spectacle. Même situation à Bucarest, où le parti communiste chinois a fait pression sur le ministère de la Culture roumain, qui gère une salle où doit avoir lieu le spectacle. Le 22 janvier, moins d'une semaine avant le début des représentations, le département de l'immigration de Hong Kong a refusé les visas d'entrée de sept membres clé de la production, forçant les organisateurs à annuler le spectacle. Ce refus de dernière minute – alors que les demandes de visa avaient été faites dès le mois d'octobre – était manifestement délibéré et motivé par des raisons politiques.

    Tiré de: http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Header/Quand-la-Chine-veut-interdire-un-spectacle-culturel-chinois-en-France.html

  • Censure en Chine: 30 sociétés questionnées à Washington sur leur attitude

    Trente multinationales du secteur des communications ont été appelées mardi à faire la lumière sur leur comportement en matière de droits de l'homme en Chine par un sénateur américain qui s'inquiète de les voir collaborer avec les censeurs de Pékin.

    Dans une lettre adressée à ces sociétés, dont Apple, Facebook, IBM, Nokia et Twitter, le sénateur démocrate Richard Durbin, président de la sous-commission des droits de l'homme, donne en exemple le géant de l'internet Google, qui a menacé de se retirer de Chine à la suite d'attaques informatiques dont il dit avoir fait l'objet.

    "Je félicite Google d'être arrivé à la conclusion que coopérer avec 'la grande muraille informatique' n'est pas conforme à sa responsabilité en matière de droits de l'homme", a estimé M. Durbin, qui prévoit de réunir courant février une audience au Congrès sur la liberté d'internet dans le monde.

    Dans sa missive, le sénateur demande aux entreprises concernées de décrire les mesures qu'elles prennent "pour faire en sorte que (leurs) produits ou services ne permettent pas au gouvernement chinois de violer les droits de l'homme".

    Ces sociétés sont appelées en outre à détailler leurs "plans pour défendre les droits de l'homme en Chine, en particulier la liberté d'expression et la protection de la vie privée".

    Google, qui s'est plaint le 12 janvier d'attaques ciblant des adresses courriel de militants chinois des droits de l'homme, a annoncé qu'il n'était plus disposé à censurer les recherches sur le site (chinois) google.cn, comme l'exigent les autorités. Google a menacé de fermer ses activités en Chine.

    Tiré de Le Monde: http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41578540@7-58,0.html

  • Eutelsat W2 : tout à repris sur d'autres satellites. NTDTV n'a toujours pas de satellite

    Suite à l’anomalie constatée sur le satellite Eutelsat W2, tous les services ont pu prendre. Ils sont désormais diffusés par d’autres satellites situés sur la même position orbitale, Eurobird 16, W2M et Sesat 1 arrivé sur place le 28 janvier 2010. C’est l’avantage du satellite, en général, ils sont sécurisés par d’autres satellites situés sur la même place ou alors on déplace un autre satellite si c’est possible.

    On se demande pour quelle raison Eutelsat n’a pas utilisé les mêmes moyens pour remplacer W5, le satellite opportunément tombé en panne en 2008, juste avant les jeux olympiques. Il diffusait la chaîne d’opposition chinoise NTDTV. Depuis, aucun moyens de secours n’a pu être trouvé…


    Tiré de: http://www.satmag.fr/affichage_module.php?no_theme=1&no_news=11814&id_mod=50

  • Pékin fait-il pression pour annuler à Lyon un spectacle traditionnel chinois ?

    lyon-amphitheatre-salle-3000-2.jpgLe 20 mars à l'Amphithéâtre à Lyon, doit être donné un spectacle d'arts traditionnels chinois joué par une compagnie basée à New York, Shen Yun Performing Arts. Les artistes œuvrent à faire revivre les traditions artistiques et l'héritage spirituel chinois à travers une série de tableaux, pas aux goûts des autorités chinoises. Seraient en cause des représentations du mouvement pacifiste du Falun Gong (association partenaire de Lumière d'Asie, organisatrice de la tournée en France), et considéré en Chine comme une secte, d'autres évoquant l'histoire du Tibet. Selon Zhaozhen Hun, président de l'association Lumière d'Asie, un appel téléphonique du consulat de Chine à Lyon au Palais des congrès, destiné à obtenir des informations sur ladite association, serait en réalité une tentative d'intimidation. Après avoir réussi, toujours selon Zhaozhen Hun, à faire annuler la représentation que la troupe Shen Yun Performing Arts devait donner en 2010 à Hong Kong, après de vaines tentatives similaires en 2007 à Paris, en 2008 au Danemark, en 2009 à Francfort et cette année à Vienne, c'est donc la représentation lyonnaise qui incommoderait le régime de Pékin. Contacté, le consulat de Chine n'a souhaité apporter « aucun commentaire » à l'accusation.

    Tiré de Le Progrès: http://www.leprogres.fr/fr/region/le-rhone/rhone/article/2653060,184/Pekin-fait-il-pression-pour-annuler-a-Lyon-un-spectacle-traditionnel-chinois.html

  • Tensions croissantes entre les Etats-Unis et la Chine

    char taiwan.jpgL'annonce par le Pentagone, le 29 janvier, qu'il approuvait la vente à Taïwan pour 6,4 milliards de dollars (4,6 milliards d'euros) d'armements américains et la riposte chinoise qui a suivi, sous la forme d'une suspension des contacts militaires à haut niveau et d'éventuelles sanctions commerciales à l'encontre des sociétés américaines impliquées, sont le signe d'une montée des tensions entre Pékin et Washington.

    Le soutien apporté par la diplomatie américaine au géant informatique Google, en situation parfois délicate en Chine, l'avait déjà montré.

    Après une période très conciliante vis-à-vis de la Chine qui, aux yeux des Américains, n'a pas porté ses fruits à la conférence sur le climat de Copenhague, l'administration Obama se veut plus agressive vis-à-vis d'une puissance perçue comme trop sûre d'elle. Alors même que la coopération de Pékin est sollicitée sur les dossiers de l'Iran, de la Corée du Nord et de l'Afghanistan.

    La réaction bruyante de la Chine sur le sujet sensible de Taïwan, l'île de facto indépendante dont Pékin a interdit par un acte de loi en 2005 la sécession, était attendue. Les relations bilatérales sino-américaines devrait aussi pâtir de la prochaine rencontre entre Barack Obama et le dalaï-lama. Deux sujets qui suscitent l'indignation officielle de Pékin, qui dénonce une "interférence grossière dans ses affaires internes".

    La question des ventes d'armes à Taïwan est un point de friction récurrent entre Pékin et Washington. Aux Etats-Unis, ces ventes sont autorisées par le Taiwan Relations Act, qui encadre la politique américaine vis-à-vis de l'île depuis 1979. La Chine, qui ne l'a jamais reconnu mais a dû le tolérer, se prévaut aujourd'hui du fait que les Etats-Unis se sont engagés en 1982 à ne pas poursuivre "sur le long terme"leur politique de ventes d'armes à destination de Taïwan et que celles-ci seraient "progressivement réduites".

    Or le lot de matériel pour lequel le Pentagone a donné son accord, qui comporte des batteries antimissile Patriot, des navires chasseurs de mines sous-marines et des hélicoptères Black Hawk, intervient moins de deux ans après un lot similaire, et d'un même montant, autorisé par l'administration Bush en octobre2008. Les livraisons d'armes avaient porté sur des sommes bien inférieures les années précédentes. La Chine avait alors interrompu, pendant huit mois, les contacts militaires à haut niveau, que les Américains jugent essentiels pour leur politique d'engagement de la Chine.

    L'accord du Pentagone pour le nouveau lot d'armes à destination de Taïwan aurait certes pu intervenir plus tard dans le mandat du président Obama. En réalité, font remarquer les analystes, il est loin de répondre à toutes les demandes de l'armée taïwanaise, préoccupée, comme Washington, par la montée en puissance des forces chinoises de l'autre côté du détroit de Formose (de 1000 à 1 500 missiles chinois seraient en permanence pointés vers Taïwan): n'y figurent ni la version plus sophistiquée des chasseurs F-16 (les F-16 C/D), ni les sous-marins diesel électriques déjà réclamés par Taïwan à GeorgeBush. Ceux-ci, selon le ministère de la défense taïwanais, seraient toujours en cours de négociation. Pour des questions de budget mais aussi de stratégie: en s'abstenant de livrer à Taïpeh des équipements militaires sur lesquels la Chine a indirectement mis son veto, les Etats-Unis sont ainsi en position de force pour "négocier" avec Pékin.

    Un autre facteur favorise Washington: la situation politique interne de Taïwan. La presse chinoise, qui critiquait vertement les Etats-Unis ces derniers jours, a ménagé le président taïwanais Ma Ying-jeou qui a vu sa popularité s'éroder à Taïwan en raison de ses politiques pro-Pékin. Or M. Ma, qui ne peut pas se permettre politiquement d'apparaître imprévoyant ou naïf face aux capacités militaires de la Chine (l'opposition taïwanaise milite pour l'indépendance de l'île), est l'artisan d'un projet d'accord de libre-échange avec la Chine, dont l'aboutissement dans les prochains mois est vu par son camp, ainsi que par Pékin, comme un succès. Autant dire que la Chine n'a aucun intérêt à voir s'envenimer à cette date ses relations avec Taïwan.

    Reste les dossiers de l'Iran, de la Corée du Nord ou de l'Afghanistan: une obstruction de la Chine aux visées américaines en raison de ce contentieux est jugée peu probable. Mais sa coopération n'est pas non plus acquise. "Le message doit être clair, et fort: si les Etats-Unis ne respectent pas les intérêts essentiels de la Chine, ils ne peuvent s'attendre à ce que celle-ci coopère sur une vaste gamme de problèmes internationaux et régionaux essentiels", assènait, lundi 1er février, un éditorial du China Daily destiné à un lectorat étranger. "Voilà donc l'attitude des Etats-Unis vis-à-vis [d'une Chine]“partenaire constructif”", raille le quotidien, en reprenant le qualificatif employé par les Etats-Unis à propos de la puissance chinoise émergente.

    Ecrit par Brice Pedroletti, Le Monde: http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/02/01/tensions-croissantes-entre-les-etats-unis-et-la-chine_1299353_3216.html

     

  • Eutelsat, relais satellite des régimes autoritaires?

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    L’histoire commence comme une petite révolution audiovisuelle et se termine comme un scandale politique teinté de revirements de dernière minute et de compromissions.

    Le 1er janvier 2010, naît la chaîne de télévision Perviy Kavkazskiy, « Première Caucase». Cette antenne se fonde à partir d’une vocation élémentaire ; être la première télévision transcaucasienne, russophone et indépendante du Kremlin. Elle est hébergée par la télévision publique géorgienne, irréductible adversaire du gargantuesque voisin russe. Dans une région où le bras de Poutine semble s’étendre à l’infini, Première Caucase décide de regrouper 25 jeunes journalistes indépendants au Kremlin. De Tchétchénie, d’Ingouchie, d’Arménie ou du Kazakhstan les idées affluent. Alla Dudaeva, veuve de Djokhar Dudaev, leader historique tchétchène assassiné en avril 1996 par l’armée russe, y anime un talk-show donnant la parole à des figures politiques caucasiennes. Le slogan de la chaîne « seulement les faits, mais tous les faits », est d’une simplicité inquiétante pour un pouvoir russe nostalgique de l’empire soviétique.

    Très rapidement les dirigeants de cette chaîne se posent la question de sa diffusion. Internet est un outil puissant, mais insuffisant dans une région où les foyers disposant d’un accès web sont rarissimes. Des négociations sont engagées depuis 2008 avec la compagnie européenne Eutelsat. L’opérateur européen dispose en effet d’un monopole fructueux ; il est le seul acteur étranger à disposer d’un satellite, W7, permettant d’émettre dans tous les foyers de Russie et d’Europe Centrale.

    Après un an de négociations, un accord est enfin trouvé il y a quelques jours, le 14 janvier 2010, entre l’hébergeur géorgien et Eutelsat. Il prévoit clairement la retransmission de la chaîne Première Caucase, pour une durée de 5 ans. L’opérateur européen propose même, au titre d’un geste commercial, d’émettre gratuitement jusqu’au 31  janvier 2010, date d’entrée en vigueur du contrat.

    Le succès est immédiat. La chaine séduit les foyers du Caucase et de Russie, assommés par des années de propagande pro-Kremlin. Une heure après son lancement, le site Internet de Première Caucase recense déjà le chiffre record de 40 000 clicks. Les e-mails affluent. De Grozny, Moscou ou Saint-Petersbourg, des journalistes free-lance proposent de travailler pour l’insubordonnée, malgré les menaces et les intimidations dont ils sont coutumiers.

    C’est là que les relations entre Eutelsat et son client géorgien se gâtent. Le 21 janvier 2010, un responsable commercial de la compagnie satellitaire entre en contact par écrit avec Maya Bichikashvili, directrice générale de la chaîne géorgienne abritant Première Caucase. Il l’invite à se parler d‘urgence, invoquant « un problème sur le contenu de la chaîne ». Le 15 janvier 2010, soit au lendemain de son engagement avec Première Caucase, Eutelsat a signé un contrat mirobolant avec Intersputnik, filiale médias du géant russe Gazprom.

    Une rencontre est organisée le 26 janvier à Paris, où Eutelsat a son siège. Une délégation de représentants de Première Caucase est dépêchée en urgence. Trop tard. Pendant leur trajet, le satellite européen a cessé de diffuser Première Caucase.

    Immédiatement une rencontre a lieu. Eutelsat argue de problèmes techniques. Des hackers se seraient attaqués à la chaîne, menaçant les fréquences satellitaires d’autres clients.  Au terme d’une négociation de près de 8 heures, un compromis est enfin trouvé. Eutelsat continuera d’émettre Première Caucase mais en crypté, régime réservé d’ordinaire et conformément à la loi, aux chaînes à contenu pornographique. Le coup est rude pour les dirigeants de Première Caucase ; même si un accord a déjà été ratifié, même s’ils savent qu’Eutelsat ne peut légalement se prononcer sur le contenu d’une chaîne qu’elle diffuse sur ses réseaux, les dirigeants de Première Caucase décident de se soumettre au pis-aller imposé par leur diffuseur. Une rencontre destinée à ajouter cette clause au contrat est programmée pour le lendemain.

    On devine déjà la suite des évènements. Le 27 janvier, les dirigeants d’Eutelsat changent à nouveau les termes de leur proposition. Une alternative impossible est proposée à Première Caucase. Ils devront choisir d’émettre en russe via un autre satellite ne couvrant que la Turquie (sic !) ou continuer d’être diffusés sur les aires russes et caucasiennes mais dans une autre langue. Problème technique ? Censure russe dont Eutelsat se fait le relais ? Le doute n’est plus permis. Dès lors Première Caucase décide d’attaquer Eutelsat en justice. Cette dernière option est la moins bonne, mais elle est inévitable pour ne pas faire perdre à Perviy Kavkazskiy sa raison d’être. Cette décision sera rendue publique dans quelques heures à l’occasion d’une conférence de presse à la Maison du barreau à Paris.[1]

    L’affaire serait tragique si elle était inédite.  Pourtant, il semblerait qu’Eutelsat soit devenu ces dernières années un multirécidiviste de la compromission. En 2008, l’opérateur européen prétextait déjà de problèmes techniques pour cesser la diffusion de la chaine dissidente chinoise NTDTV. Lors d’une enquête à l’issue éloquente, Reporters sans Frontières apportera la preuve des pressions chinoises devant lesquelles Eutelsat a cédé[2]. Rebelote en 2009. Eutelsat impose à l’édition Farsi de la BBC, destinée au public iranien, d’être redirigée vers un autre satellite pour pouvoir continuer à émettre. Elle arguait alors d’interférences produites par des hackers favorables au régime d’Ahmadinejad.

    L’affaire pourrait sembler dérisoire au lecteur français. Mais la lâcheté se niche toujours dans les détails. Il en va de notre capacité à ne pas céder aux régimes autoritaires de tous poils. Car sinon nous choisissons le plus sûr chemin pour renforcer les Poutine et Consorts dans le mépris qu’ils nous portent et auquel régulièrement ils nous rappellent.

    Hasard du calendrier, le contraste avec les choix d’une autre compagnie soumise aux mêmes impératifs risque d’être sans appel.  A l’heure ou Google choisit de s’opposer à la censure chinoise, la décision de l’un de nos fleurons technologiques reste une tragique illustration de ce dont par crainte ou par appât du gain, les compagnies européennes sont parfois capables. Eutelsat, nouveau relais satellites des régimes autoritaires ?


    [1] Conférence de presse lundi 1er février 2010 à 12h à la Maison du Barreau, 2 rue de Harlay, 75001 PARIS

    [2] http://www.rsf.org/spip.php?page=article&id_article=27817

    Tiré de La Règle du Jeu: http://laregledujeu.org/2010/02/01/829/eutelsat-relais-satellite-des-regimes-autoritaires/

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