Avertir le modérateur

Mort de Simon Leys, le sinologue qui a vu la Chine sombrer dans la barbarie

Chine, sinologue, révolution, socialisme, Pierre Ryckmans, Simon Leys

Simon Leys, est mort ce lundi 11 août 2014 à Canberra, en Australie, où il vivait et enseignait depuis les années 1970. Il avait 78 ans.

Voyageur infatigable, navigateur, sinologue incontournable et écrivain respecté, il était principalement connu pour son pamphlet « les Habits neufs du président Mao », dans lequel il démolissait le mythe de la Révolution maoïste.

A sa naissance, il s’appelait Pierre Ryckmans. Il est né en 1935, dans une famille bourgeoise de Bruxelles. Son grand-père, Alphonse Ryckmans, avait été avocat et sénateur. Son oncle, Gouverneur Général du Congo belge. Son père est éditeur. La famille est catholique. Le jeune Pierre fait ses humanités dans un collège diocésain de Braine-l’Alleud, ville wallonne où s’étaient déroulés la plupart des combats de Waterloo.

Il s’inscrit en droit à l’université de Louvain, comme le veut la tradition familiale. Il dessine bien, lit beaucoup. Il étudie aussi l’histoire de l’art. Avec plus d’assiduité que le droit, semble-t-il.

Lorsqu’il a 19 ans, il fait partie d’une délégation d’étudiants invitée à visiter la Chine. Ces dix petits Belges sont promenés pendant un mois, et s’entretiennent pendant une heure avec Zhou Enlai. Ce voyage est important : il y découvre la seconde moitié du monde, «l’Autre fondamental». A son retour, il apprend la langue, et découvre petit à petit ce qui lui tiendra lieu de passion et de métier : la tradition littéraire et picturale chinoise.

Pendant les années qui suivent, il voyage en Afrique et en Asie. Il obtient une bourse pour aller étudier à Taïwan. De 1961 à 1966, il vit, pauvrement, à Taïwan, Singapour ou Hong-Kong, toujours aux marges de la Chine. Ses premiers écrits portent sur les peintres Shitao ou Su Renshan. Il dira plus tard : «Ces premiers livres, pour mon grand plaisir, sont bien plus lus par les peintres que par les sinologues.»

C’est l’époque où De Gaulle reconnaît la Chine populaire. La Belgique suit. Pierre Reyckmans se trouve des places dans les ambassades et les consulats, quelques mois à Pékin, le reste à Hong-Kong. Il suit de près les soubresauts politiques du pays. Il rédige des rapports, qui mèneront aux «Habits neufs du président Mao».

C’est en 1971 que naît Simon Leys. Ce qu’il s’est passé : Pierre Ryckmans retourne en Chine, 16 ans après son premier voyage. Il trouve le pays exsangue, détruit, presque suicidé. Il projette un livre. Il choisit son pseudonyme d’après René Leys, personnage d’un roman éponyme de Victor Segalen, mystérieux professeur de mandchou qui grenouille dans la Cité interdite.

Simon Leys publie «les Habits neufs», au moment où la scène intellectuelle européenne est en plein maolâtrie. Il montre la Révolution culturelle comme la fin sanglante et pathétique d’un coup d’Etat manqué, et Mao comme un vieil homme paniqué, incapable de construire ce grand Etat moderne qu’il a promis au peuple, craignant d’être évincé par l’élite compétente du pays, décidant donc de la massacrer.

Lire la suite sur: http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20140811.OBS6054/mort-de-simon-leys-le-sinologue-qui-a-vu-la-chine-sombrer.html

Les commentaires sont fermés.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu