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Évaluer les signes d’un génocide

Chine, génocide, prélèvements d'organes, pratiquants, falun Dafa, Holocauste, nazi, crime contre l'humanité, chinois, David Matas Étude de cas: la persécution de Falun Gong en Chine

Remarques préparées pour la Conférence de l’Association Internationale des Spécialistes des Génocides, Sienne, Italie, 20 Juin 2013

Les auteurs d’un génocide nient qu’il ait eu lieu et tentent de couvrir les traces de son existence. On peut voir au travers de la négation de l’Holocauste et les fugitifs nazis, que le déni de génocide et sa dissimulation se produisent même lorsque les responsables du crime ont perdu le pouvoir. Cette propension au déni et à la couverture des faits est d’autant plus étendue quand ces responsables restent au pouvoir.

Le déni de génocide et son maquillage par des agents existants de l’Etat se laisse prendre au jeu des politiques internationales. Les amis des négationnistes répugnent, pour des raisons géopolitiques, à insister sur le sujet. De même, il devient d’autant plus difficile d’établir qu’il y a eu génocide lorsque les coupables au pouvoir font tout ce qui leur est possible pour réprimer toute connaissance du génocide.

Comment s’y prend-on pour gérer le manque de transparence et la négation d’agents de l’Etat, dans un contexte où on a d’écrasantes indications de génocide? L’exposé qui suit tente de résoudre cette question au travers du prisme de l’évidence d’un génocide des pratiquants de Falun Gong en Chine.

Le Falun Gong, qui repose sur les anciennes traditions spirituelles chinoises et des mouvements lents, fut banni en Chine en 1999. Il y a eu une évidence convaincante de mises à mort en masse des pratiquants de Falun Gong, soit par torture pour en soutirer des abjurations, soit par prélèvements forcés d’organes pour transplantations. Quoi que l’on pense des preuves du génocide des pratiquants de Falun Gong, l’opacité croissante du régime communiste chinois sur la provenance des organes transplantés est incontestable.

Les Principes Directeurs de l’Organisation Mondiale pour la Santé sur la Transplantation de Cellules, Tissus et Organes Humains requièrent, au principe 10, la traçabilité, et au principe 11, la transparence des sources de greffe. La Chine viole ces deux principes.

A. La recherche

La recherche présentée dans les rapports publiés en juin 2006, janvier 2007 et dans le livre Moisson Sanglante en novembre 2009, documents et livre que j’ai co-signés avec David Kilgour, ainsi que dans le livre Organes d’Etat, en août 2012, écrit en collaboration avec Torsten Trey, concluait que les prisonniers de conscience en Chine se sont faits tués par dizaines de milliers pour leurs organes, en vue de transplantations. La plupart de ces victimes étaient des pratiquants de Falun Gong.

Le Falun Gong repose sur les anciennes traditions spirituelles chinoises et des exercices. Il démarra en 1992 avec les enseignements de Li Hongzhi et se répandit rapidement dans l’ensemble de la Chine, avec  l’encouragement des fonctionnaires du gouvernement qui en considéraient les exercices comme bénéfiques pour la santé et pour les finances du système de santé. En 1999 les pratiquants de Falun Gong se trouvaient, selon une enquête du gouvernement, être plus nombreux que les membres adhérents du Parti Communiste. A ce moment-là, par peur de perdre sa suprématie idéologique et par jalousie de sa popularité, le Parti bannit le Falun Gong.

Ceux qui faisaient les exercices après 1999 furent arrêtés et il leur fut demandé de dénoncer leur pratique. Ceux qui ne le faisaient pas furent torturés. Ceux qui refusaient de se dédire après torture disparurent.

Nous conclûmes, David Kilgour et moi-même, qu’une grande partie de ces disparus étaient donc tués pour leurs organes. Quoiqu’il nous entraînerait trop loin de passer en revue tous les signes qui nous ont amenés à cette conclusion, je veux mentionner quelques éléments.

• Des enquêteurs passèrent des appels auprès d’hôpitaux dans toute la Chine, se faisant passer pour des parents de patients qui avaient besoin de greffes, et demandant si les hôpitaux avaient des organes en provenance de pratiquants de Falun Gong à vendre suivant le principe que, puisque les pratiquants de Falun Gong grâce à leurs exercices sont en bonne santé, leurs organes seraient sains. Nous avons obtenu sur bande des admissions, transcrites et traduites, sur l’ensemble de la Chine.

• Des pratiquants de Falun Gong, qui avaient été détenus et avaient abjuré après torture, puis étaient sortis de détention et de Chine, nous ont raconté qu’ils subissaient systématiquement des analyses de sang et un examen de leurs organes pendant leur détention. Les autres détenus, non. L’analyse de sang et l’examen d’organes ne pouvaient pas avoir pour but la santé des pratiquants de Falun Gong puisqu’ils avaient été torturés; mais ils auraient été nécessaires en cas de greffes d’organes.

• Les temps d’attente pour des transplantations d’organes en Chine se comptent en jours et en semaines. Partout ailleurs dans le monde, ils se comptent en mois, voire en années. Un temps d’attente court pour la transplantation d’un organe provenant d’un donneur décédé signifie que quelqu’un se fait tuer pour cette greffe.

• Il n’y a pas d’autre explication pour les chiffres de transplantations que des prélèvements sur les pratiquants de Falun Gong. La Chine est le second plus gros pays de greffes dans le monde en volume après les Etats-Unis. Pourtant, jusqu’en 2010 elle n’avait pas de système de donation après décès et encore aujourd’hui, ce système ne produit que des dons sans réelle signification statistique. Les sources de donneurs vivants sont limitées par la loi aux parents proches des donneurs et officiellement découragées du fait que les donneurs vivants souffrent de complications de santé pour avoir fait don d’un organe.

B. La charge de la preuve

Toutefois, et quoi qu’on puisse penser de notre travail, il ne nous appartient pas d’établir que la provenance des  organes pour transplantations en Chine est impropre. Il revient au contraire au régime chinois d’établir que la provenance des organes de greffe en Chine est correcte. Les Principes Directeurs de l’Organisation Mondiale pour la Santé de traçabilité et de transparence dans l’obtention d’organes de greffe engagent les Etats membres de l’Organisation. Ces principes engagent la Chine.

Lire la suite sur: http://www.epochtimes.fr/front/13/7/22/n3508627.htm

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