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  • Relations France-Chine: légion d'honneur?

    Un criminologue pro-peine de mort, le grand censeur de la presse chinoise, le roi du jeu de Macao, milliardaire et mafieux notoire, c'est le tableau de chasse, très incomplet, des élites chinoises décorées par la France ces dernières années. Autant de médailles douteuses délivrées sur fond d'une réconciliation franco-chinoise sans conditions.
    Chaque jour qui passe, la France et son éminent président prennent pleinement la mesure de l’honorabilité des élites chinoises. Jumelé avec le parti de Mao depuis octobre 2009, l’UMP avait montré la voie en devenant parti-frère avec le Parti Communiste Chinois à l’occasion d’une visite de Xavier Bertrand, qui à l’époque avait signé  un protocole pour «une meilleure compréhension, une meilleure connaissance et beaucoup plus d'échanges» entre les deux formations politiques. Une façon de rattraper l'incident de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï Lama en début d'année.

    Mais l’UMP et l’exécutif le savent, il n’y a que des preuves d’amour. Et quelques marques d’amitié ne suffiront pas à ranimer la flamme des contrats entre Pékin et Paris. Les remises de médailles font partie de ce processus de reconquête. Les officiels français épinglent à tout va, presque les yeux fermés.

    Limite si l’ambassade de France à Pékin n’est pas devenue une usine à décorer. On ne regarde ni à la dépense, ni le détail des CV des futurs épinglés. A leur décharge, les conseillers de l’ambassade maîtrisent de moins en moins la langue de Confucius et dans certains services, les Français en mesure de valider ce qui sort de l'ambassade en chinois sont de moins en moins nombreux.

    La légion d'honneur au grand censeur de la presse chinoise

    Ainsi, comme l’avait signalé Marianne2.fr, en février 2010, le criminologue et proche de Nicolas Sarkozy Alain Bauer avait fait le déplacement à Pékin pour remettre les insignes de Chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur à l’un de ses collègues, Monsieur He Bingsong, directeur du Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé, accessoirement farouche défenseur de la peine de mort dans son pays. Rien que de très banal en Chine, mais de là à lui mettre le hochet à la boutonnière…Presque une tradition à l’ambassade de France.

    Dans son livre Les Diplomates, le journaliste Franck Renaud rapporte une anecdote datant du 3 avril 2007 : « Ce jour là, Hervé Ladsous, actuel ambassadeur en poste à pékin remet la légion d’honneur à un officiel chinois, M. Long Xinmin. Pas n’importe qui : alors membre suppléant du comité central du Parti Communiste, l’homme dirige depuis fin 2005 l’Administration générale de la presse et de l’édition, trente cinq ans après avoir débuté comme reporter à la Radio de Pékin. A ce titre, c’est lui qui « gère » la censure et transmet les consignes des autorités  aux journaux. C’est encore lui qui peut fermer un titre ayant déplu ». Franck renaud raconte que l’ambassadeur ne manquera pas de souligner l’importance d’une information plurielle et fiable dans un état de droit. Il n’empêche, cette remise de distinction gêne. Après la révélation de cette décoration par le site aujourdhuilachine.com , l’information disparaîtra du site de l’ambassade. La légion d’honneur, ça pardonne pas, chantait Brassens.

    Le parrain des jeux de Macao, Grand commandeur

    Mais les décorations de personnages douteux ne datent pas d’hier.Ainsi le 15 décembre 2004, un certain Stanley Ho était élevé au rang de Commandeur de la Légion d’honneur. Information confirmée par l’Ambassade de Chine. Peu connu dans nos contrées, Stanley Ho n’est pas n’importe qui: c'est le magnat des casinos de Macao. Classé 86ème plus grosse fortune mondiale en 2006 par Forbes. Crise oblige, il a dégringolé en 2009 à la 701ème mais s’est déjà refait une petite santé en 2010 dans les paris en ligne en remontant à la  488ème place avec une fortune estimée à 2 milliards de dollars.

    On se doute que dans le milieu des casinos, gravitent peu d’enfants de chœur, mais celui que l’on surnomme le « roi du jeu » serait au mieux avec les triades chinoises, notamment la « 14K », la plus puissante d’entre elles. Il aurait aussi des relations douteuses en Corée du Nord, où il fait également tourner des casinos… C'est du moins ce qu'affirmait le rapport d'une administration américaine rendu public en avril 2010.

    Pourquoi lui remettre le « fatal insigne » ? En Chine, Stanley Ho est une institution. « Au mieux avec les autorités de Pékin », selon Arnaud de la Grange, correspondant du Figaro en Chine. Depuis 2008, il est d'ailleurs membre de la CCPPC (Conférence consultative politique du peuple chinois). En 2007, il a déboursé 8,8 millions de dollars pour acquérir une tête de cheval, l'une des fameuses pièces pillées au Palais d'Été de Pékin en 1860 par les troupes franco-britanniques et qui ont fait tant parler d'elles lors de la vente de la collection Bergé Yves Saint Laurent. Avant de l'offrir à la Chine, qui a salué un « geste patriotique ».

    La longue marche vers la réconciliation

    Plus récemment, en avril 2009, c’est sa fille Pansy Ho, qui s’est vue remettre les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite par Dominique Bussereau himself. Elle joue, selon le site du consulat,  « depuis de nombreuses années, un rôle important dans les relations entre la France, Hong-Kong et Macao ». Pas uniquement.

    Héritière de son père, l'ambitieuse Pansy Ho a ouvert en 2008 le MGM Grand Macau Casino en partenariat avec le géant américain des casinos MGM. Mais en avril dernier, MGM était sommé par les autorités du New Jersey de renoncer à un partenariat avec Pansy Ho. Les enquêteurs du New Jersey, deuxième capitale du jeu, estiment que Pansy Ho est une femme de paille et que 90% des fonds qu'elle a apportés à la coentreprise l'ont en fait été par son père suspecté également d’être impliqué dans le blanchiment d'argent, la prostitution et de «permettre au crime organisé d'opérer et de prospérer dans l'enceinte de ses casinos». La France ne s’embarrasse pas de ces considérations et serait coutumière de ces décorations pas toujours très recommandables.

    Instaurer un dialogue ininterrompu, pragmatique, avec des états qui bafouent les droits de l’homme est une chose, rendre les honneurs à des parrains du jeu, mafieux notoires en est une autre.
    Un criminologue favorable à la peine de mort ,le grand censeur de la presse chinoise, et des parrains du jeu, une « légion du déshonneur » qui montre à quel point la diplomatie française déjà décrite comme sino-béate a bien compris le message. Engagée dans une longue marche vers la réconciliation, elle a définitivement courbé l’échine face aux « élites » de l’empire du milieu et les menaces de sanctions commerciales régulièrement brandies par la nouvelle superpuissance chinoise. On se rappellera les mots de Jules Renard : « En France, le deuil des convictions se porte en rouge et à la boutonnière ».

     

    Tiré de: http://www.marianne2.fr/Relations-France-Chine-la-legion-du-deshonneur_a195809.html?com

     

  • En Chine, les plus fortes inondations depuis dix ans

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    A Wuhan, le 27 juillet, sur les berges du fleuve Yangzi, une femme surélève ce qu'elle a pu sauver des innondations.


    Wuhan, mégapole du centre de la Chine de plus de 9 millions d’habitants, est la première grande ville menacée par les pires inondations qu’a connues le pays depuis dix ans. La capitale du Hubei, située au confluent du Yangzi et de la rivière Han, retient son souffle : les deux fleuves ont atteint un niveau historique. "C’est très rare que la crue maximale des deux rivières se produise au même moment", a dit à Chine nouvelle Hu Xiaohei, responsable du bureau des ressources en eau de Wuhan. Trente mille personnes, des soldats, mais aussi des résidents et des pompiers, ont été déployés le long des digues afin de surveiller les flots, tandis que plusieurs dizaines de milliers d'habitants du sud de la ville de Wuhan ont dû être évacués.

    Avec 333 morts et autant de disparus depuis le 14 juillet, selon les dernières estimations du ministère des affaires civiles chinoises, publiées mardi 27 juillet, les inondations, dues aux pluies torrentielles qui, en ces mois de mousson, se sont abattues sur différentes parties du territoire, ont affecté 40 millions de personnes dans les trois quarts des provinces chinoises : le bassin du Yangzi essentiellement, où le volume des précipitations a été supérieur de 15 % aux moyennes saisonnières, mais aussi le sud de la Chine, ainsi que le nord-est, dans la province de Jilin, où le débordement spectaculaire de plusieurs réservoirs et de cours d'eau ont fait 29 morts ces derniers jours.

    SÉCURITÉ NON RESPECTÉE

    Les destructions à travers le pays se chiffrent, pour l'instant, à 52,7 milliards de yuans (5 milliards d'euros). Si l'on prend comme référence le début de l'année, le bilan des victimes des inondations s'élève désormais à plus de 1 000 morts et à 500 disparus. En 1998, les dernières inondations catastrophiques qui avaient frappé le pays avaient fait plus de 4 000 victimes.

    Le barrage des Trois-Gorges, situé entre Chongqing et Wuhan, et longtemps vanté par les autorités comme un équipement indispensable dans la lutte contre les inondations, est mis à rude épreuve: le niveau maximal de remplissage du barrage conseillé lors de la mousson, a été dépassé à deux reprises déjà. Sans que la marge de sécurité soit respectée. Le 20juillet, le débit du fleuve aurait excédé le maximum enregistré en 1998 (le barrage était encore en construction), et les vannes ont dû être ouvertes en conséquence. "La capacité de contrôle des inondations du barrage a des limites", a déclaré à la presse chinoise un responsable de l'opérateur du barrage. Sur les forums, les internautes chinois ont relevé que le triomphalisme des autorités sur les prouesses de l'ouvrage s'est fait plus discret ces dernières années.

    Samedi 24 juillet, dans le Henan, au centre de la Chine, un pont de 200 mètres de long s'est écroulé, emporté par les flots, faisant cinquante victimes, selon l'agence Chine nouvelle. Une centaine de personnes, des touristes ainsi que les pensionnaires d'une maison de retraite voisine, à en croire un témoin cité par l'agence Chine nouvelle, s'étaient rassemblées sur le pont en fin d'après-midi pour contempler le spectacle de la rivière en crue. Jusqu'à ce que des troncs d'arbres charriés par les flots bloquent les eaux et provoquent l'affaissement de la structure. Les autorités du canton de Luanchan ont promis d'"endosser la responsabilité" du désastre. Dans le Sichuan, à l'ouest du pays, une avalanche de boue s'est abattue à 5 heures du matin, mardi 27 juillet, sur un village du canton de Hanyuan, détruisant 58 maisons. 21 personnes sont toujours portées disparues.

    Les inondations dans la province de Jilin, dans le nord-est chinois, responsables de l'écroulement de 21 875 bâtiments selon l'agence Chine nouvelle, ont également provoqué la panique, mercredi, dans la population de la ville de Jilin, où vivent 2 millions d'habitants : 7 000 fûts chimiques, dont 3 000 contenaient des produits toxiques et inflammables (les autres étaient vides), stockés dans des entrepôts d'une usine d'adhésifs, ont en effet été emportés par un affluent en crue de la rivière Songhua. Mille cinq cents barils ont pour l'instant été récupérés.

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    Tiré de: http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/07/30/en-chine-les-plus-fortes-inondations-depuis-dix-ans_1393896_3244.html

  • Malgré les menaces de la Corée du Nord, démonstration de force US en mer du Japon

    kor-art-9211b.jpgL’armée américaine a débuté aujourd’hui une série de manœuvres militaires de grande ampleur au large de la péninsule coréenne, en collaboration avec la Corée du Sud. Washington entend répondre aux menaces proférées par le régime communiste. La Corée du Nord, a menacé hier de riposter à ces manœuvres par une "puissante dissuasion nucléaire" .

    L’exercice a pour nom de code "Esprit invincible", il mobilise 8.000 militaires américains et sud-coréens, 20 sous-marins et navires, 200 avions et même l’USS George Washington. L’objectif des impressionnantes manœuvres américano-sud-coréennes qui ont débuté hier au large de la péninsule coréenne est de répondre aux provocations de Pyongyang. Malgré les sanctions internationales, le régime totalitaire continue à harceler de son voisin du Sud.

    La Corée du Nord a réagi à ces exercices en menaçant d’une " puissante dissuasion nucléaire ", une escalade de tensions qui pourrait mener à une " guerre sacrée de représailles".

    "Nous ne sommes pas intéressés par une guerre des mots", a déclaré de son côté le porte-parole du département d’Etat américain Philip Crowley. "Ce que nous souhaitons de la part de la Corée du Nord, c’est moins de langage provocateur et plus d’actes constructifs".

    En mai, la Corée du Nord avait affirmé que ses scientifiques étaient parvenus à la fusion nucléaire, une technologie utilisée pour fabriquer des engins thermonucléaires (bombe H).

    Les relations entre les deux Corées n’ont cessé de se détériorer depuis le 26 mars dernier, quand une corvette sud-coréenne a été coulée par une torpille nord-coréenne, faisant 46 morts. La pire attaque militaire commise par le régime de Kim-Jong-Il depuis la Guerre de Corée, au début des années 50.

    Tiré de: http://www.france-info.com/monde-asie-2010-07-25-malgre-les-menaces-de-la-coree-du-nord-demonstration-de-force-us-en-469673-14-17.html

  • L'horreur ne prend pas de vacances

    Il ne faut pas baisser la garde. Notre sens moral et notre capacité d'indignation doivent rester en veille malgré les tentations de l'été. On connaissait les crimes dits d'honneur quand un homme tuait une femme accusée de légèreté dans les pays où l'intégrisme religieux sert de paravent à la barbarie. On savait l'enfermement des femmes sous toutes sortes de burqas. On savait aussi l'asservissement de la misère qui maintient en esclavage les damnés de la terre. On découvre ces jours-ci de nouvelles horreurs inhumaines.

    [...]

    En Chine, ce sont les adeptes du Falun Gong, mouvement spirituel bouddhiste qui marie la gymnastique et la méditation mais qui passe pour une secte, qui sont accusés de sédition, arrêtés, torturés, tués... pour alimenter le marché de la greffe d'organes. Le témoignage des médecins qui pratiquent ces prélèvements rappelle les organisations nazies. Cette horreur nous rappelle une fois encore que l'humain est capable du pire.

    [...]

    Ces faits divers qui troublent plus ou moins nos esprits cette semaine nous rappellent à la vigilance. Chaque jour est un jour d'horreur pour des enfants, des femmes et des hommes dont d'autres hommes bafouent l'intégrité. Les droits de l'homme restent des mots bien éloignés de la réalité de millions de nos contemporains. Et cet été encore, de jeunes filles quitteront la France pour aller en vacances dans le village de leurs origines. Le piège se refermera sur leur naïveté. Excisées, battues, mariées de force, elles ne reviendront pas toutes. Quand la coutume prend le pas sur le droit fondamental de la personne, il faut dénoncer la coutume. Encore et toujours. Pas de vacances pour la défense des droits de l'homme. Car l'horreur ne prend jamais de vacances.

     

    Tiré de Ouest France: http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-L-horreur-ne-prend-pas-de-vacances-_3632-1456294_actu.Htm

  • La question tibétaine, "un défi politique majeur pour la Chine"

    Nicholas Bequelin basé à Hongkong et spécialiste de l'Asie à Human Rights Watch (HRW), s'exprime à la suite de la publication, jeudi 22 juillet, d'un rapport de l'organisation de défense des droits de l'homme basée à New York, sur les exactions policières chinoises au Tibet depuis 2008.


    Qu'est-ce qui a guidé l'équipe de HRW dans la rédaction de ce rapport, présenté notamment comme indépendant des organisations liées au gouvernement tibétain en exil ?

    Human Rights Watch a travaillé sans aucun a priori sur ce qui s'est passé au Tibet, mais avec le souci de répondre à un problème principal, à savoir, qu'est-ce que le gouvernement chinois cherchait à cacher en verrouillant complètement l'ensemble du plateau tibétain depuis les manifestations de mars 2008 jusqu'à aujourd'hui. On peut certes, depuis, s'y rendre, mais il y a des soldats partout, des policiers armés, etc.

    Au moment des évènements au Tibet, quand il a fallu alerter la communauté diplomatique ou les Nations Unis, l'une de nos principales difficultés venait du fait que la majeure partie des informations fournies par le gouvernement tibétain en exil et les organisations pro-tibétaines étaient souvent de seconde main ou invérifiables. Il fallait donc faire une enquête qui s'affranchisse de ces sources et construise un rapport à neuf uniquement sur la base d'information de première main par des témoins oculaires directs.

    Nous proposons un rapport difficilement réfutable, car complètement indépendant. Nous ne pouvons pas nous prononcer sur le nombre de tués mais seulement sur la nécessité absolue de faire une enquête sur cette question, maintenant qu'il est établi que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants à plusieurs reprises.


    Quels éléments nouveaux le rapport apporte-t-il ?

    Je crois qu'on établit de façon claire que les forces de l'ordre ont tiré à balles réelles, notamment à Lhassa, Ngaba, Tonghor et Gardze (province du Sichuan). Ce sont des informations qu'on a pu recouper : au total nous n'avons utilisé que 10 à 15 % des informations recueillies pour le rapport. La position du gouvernement chinois est que les troupes n'ont jamais tiré sur les manifestants, qu'il n'y a pas eu de morts par balle. Il n'a jamais admis que des manifestants sont morts à Lhassa le 14, ni le 15. Or, on a des témoignages. Officiellement, il y a bien eu à certains moments des communiqués sur des manifestants tués ou touchés par balles, mais ils ont été immédiatement retirés. On peut donc dire que les forces de l'ordre ont bien ouvert le feu, plusieurs fois, dans des régions différentes. Il faudrait maintenant répertorier tous les autres incidents sur lesquels nous n'avions pas assez de témoignages pouvant être recoupés.


    Qu'est-ce qui est caractéristique dans la réaction chinoise au soulèvement tibétain de mars 2008, et la manière dont la " normalisation " de la région a été effectuée ?

    Quand on voit tout l'appareil policier déployé, les abus, la férocité de la répression, les cas de ces moines ayant imprimé à la main une centaine de tracts et qui ont pris 6 ou 7 ans de prison, on constate que les forces de sécurité agissent comme s'il s'agissait d'une situation de conflit armé, de guérilla, ou de terrorisme, et non de manifestations populaires, pour la plupart spontanées, avec des manifestants non armés. Et qui n'ont pas causé de violences graves, avec l'exception de Lhassa, où il y a eu des morts il est la vrai, mais la plupart ont eu lieu au cours d'incendies de boutiques.

    A l'époque Human Rights Watch a condamné sans ambigüité la violence par les manifestants. Les manifestations n'ont pas toujours été pacifiques, il y a eu des postes de police brulées, des jets de pierre, des représentants des forces de l'ordre blessés et le rapport souligne que dans un certain nombre de cas il semble que les forces de sécurité aient exercé une retenue adéquate… Mais dans de nombreux cas, on ne connaît jamais l'enchaînement qui a conduit à la confrontation. Le problème fondamental reste que le gouvernement chinois n'a jamais distingué entre les manifestants violents et non-violents, qui sont tous considérés comme des séparatistes.

    Les procédures judiciaires ont été extrêmement sommaires, avec un appareil judiciaire très politisé. Les sources chinoises officielles ne s'en cachent même pas. Nous détaillons dans le rapport, sur la base de documents officiels chinois, de nombreux cas de Tibetains condamnés à de lourdes peines pour des actes de protestation absolument non-violents : par exemple a Kardze, deux moines d'un monastère sont sortis agiter un drapeau. Les gens prennent peur et ferment leurs boutiques. Les deux moines sont accusés d'incitation au séparatisme et ils écopent de longues années de prison.


    Les informations données par la Chine sur le nombre de personnes arrêtées et condamnées sont-elles crédibles ?

    La presse chinoise a par exemple titré sur le fait que " 8 % seulement des émeutiers ont été condamnés", ce qui reviendrait à 76 personnes. Mais si on commence à regarder hors de Lhassa, donc au Sichuan, au Gansu, dans les zones tibétaines, on trouve des dizaines de condamnations. Et cela a continué dans les mois qui ont suivi. Le nombre total de gens arrêtés et condamnés est beaucoup plus élevé que ce qu'ils ont donné. Tous les accusés sont qualifiés d'"incendiaires, des pilleurs et des casseurs ", mais de nombreuses personnes ont fait des actions qui ne sont absolument pas violentes. Des actions qui selon les comptes rendus chinois eux mêmes, ne sont même pas de l'ordre à troubler l'ordre public.

    Les Tibétains qui tentent de témoigner et de passer des informations à l'étranger sont condamnés très lourdement…


    Tiré de : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/07/24/les-minorites-ethniques-un-defi-politique-majeur-pour-l-equipe-de-hu-jintao_1391621_3216.html

     

  • Un ancien haut fonctionnaire du Parti communiste chinois s’exprime à propos du Falun Gong

    M. Xiao (nom d’emprunt), qui a la soixantaine, est un ancien haut fonctionnaire du Parti communiste chinois. Il a une compréhension basique du Falun Gong et a lu les Neuf commentaires sur le Parti communiste. M. Xiao et moi-même nous sommes rencontrés par hasard et entretenus à propos du Falun Gong et des onze ans de persécution des pratiquants de Falun Gong aux mains du PCC. Il a parlé de ce qu’il savait du Falun Gong et de son observation de la persécution. Voici notre conversation.

    Le journaliste : Puis je dévoiler votre nom?

    M. Xiao: Mieux vaut ne pas le faire, car j’ai une profonde connaissance du parti communiste, il n’hésite pas à persécuter les gens. Dans l’intérêt de ma famille et de mes amis, il est préférable de garder mon nom secret.

    Le Journaliste : Connaissez vous le Falun Gong?

    M. Xiao: Franchement, je n’en savais pas grand-chose au début. Je ne m’y intéressais pas, et on ne peut pas dire que je l’aimais ou ne l’aimais pas. Il a attiré mon attention lorsque Jiang Zemin a commencé à persécuter les pratiquants. J’ai appris de plusieurs amis pratiquants que Falun Gong était bénéfique à la santé. Ce qui a accru ma perplexité à propos de la situation. J’avais de nombreuses questions après l’incident d’auto-immolation sur la Place Tiananmen en 2001. Pourquoi avait il été si facile d’amener des extincteurs sur la Place Tiananmen ? Pourquoi un patient ayant tout le corps entièrement brûlé était il enveloppé de bandages ? Comment la fille appelée Siying pouvait-elle parler clairement et distinctement après avoir subi une trachéotomie ? Bien qu’ayant des questions, je ne m’attendais pas à ce que notre « grand parti "joue un jeu aussi un sale.

    Le journaliste : Et après ?

    M. Xiao : Chez un ami, j’ai d’abord regardé le VCD analysant l’incident d’auto-immolation, et ensuite le film "False Fire." (Feu mensonger) J’ai appris que l’incident était dirigé par Jiang Zemin et Luo Gan pour porter de fausses accusations contre le Falun Gong et les victimes, une mère nommée Liu Chunling et sa fille Liu Siying, qui ont été assassinés. Ça a été un choc et j’ai presque perdu contenance. Le parti, en lequel j’avais cru pendant tant d’années, bien que conscient de ses nombreux problèmes, était d’une bassesse dépassant l'imagination. J’ai réalisé qu’il n’était qu’un gang de fripouilles et j’étais en colère. Le sentiment d’être trompé était très douloureux. J’ai depuis totalement perdu foi dans le parti. J’en ai démissionné avec l’aide de mon ami.

    Le journaliste : Pouvez vous parler de votre compréhension du Falun Gong?

    M. Xiao: Les choses dans ce monde peuvent être parfois juste parfois erronées avec une claire distinction entre elles. Jiang Zemin avait tord et Falun Gong a raison. J’ai appris à connaître Falun Gong en faisant ma propre éducation. J’ai lu le livre Zhuan Falun de M. Li Hongzhi. C’est un très bon livre de cultivation-pratique (xiulian). Falun Gong est une cultivation pratique de haut niveau de l’école de Bouddha, cultivant l’esprit et le corps. Avant la persécution, plus de cent millions de personnes le pratiquaient en Chine. Aujourd’hui il est largement pratiqué dans plus d’une centaine de pays et régions. Difficile d’imaginer que Falun Gong soit dénué d’une signification profonde ou d’inspiration.

    Le journaliste: Vous étiez un haut fonctionnaire. D’après vos observation, quelles ont été les réactions des cadres après que le gang de Jiang Zemin ait commencé à persécuter les pratiquants sans raison ?

    M. Xiao: Après le désastre de dix ans de la grande révolution culturelle en Chine, le degré de confiance dans le PCC a diminué parmi les cadres. Ils ne sont spécialement pas intéressés par les politiques d’extrême gauche. Jiang Zemin savait qu’il n’y avait ni bases ni racines pour la persécution, donc aucune réunion liée à la persécution n’a jamais été publiée dans des documents officiels. Les publications étaient des télégrammes secrets sans documentation, qui devaient être détruits immédiatement. Les responsables dans toutes les unités parlaient en secret : " Puisque ceci est considéré juste, pourquoi ne pas publier les documents ne sont ils pas publiés ouvertement ? Pourquoi faire tout cela dans l’obscurité, en utilisant des télégrammes secrets ?" En fait Jiang n’osait pas publier de documents officiels parce qu’il avait peur d’être traduit en justice s’il laissait des preuves. Certaines unités ont invité des experts à s’exprimer à leurs conférences critiquant le Falun Gong. Certains cadres invités ont rejeté l’invitation avec tact parce qu’ils avaient leurs propres opinions.

    En communiquant avec des connaissances, nous avons remarqué que la plupart des cadres moyens et supérieurs soutenaient en privé ou avaient de la sympathie pour le Falun Gong, et pensaient que la réhabilitation n’était qu’une affaire de temps.

    Le journaliste : Que pensez vous de la situation actuelle et quel est votre point de vue?

    M. Xiao: Le PCC profite d’une apparence de prospérité économique, et essaie de dépeindre une société paisible, sans mentionner les nombreux problèmes avec l’économie. En même temps, ils sont franchement mal à l’aise à propos des graves problèmes politiques. Il y a de trop nombreux problèmes en Chine. Le premier est le Falun Gong. La persécution a conduit à de sérieux problèmes sociaux, qui seront une cause importante de la désintégration du PCC. Le second est le fort mécontentement parmi les Chinois, les paysans perdant leur terre, les travailleurs perdant leurs emplois,et les diplômés ayant encore plus de mal à trouver du travail, et aussi l’inflation, la corruption galopante, etc. La troisième est l’échec des cadres à gérer les choses. Les gens n’ont plus confiance dans le parti. Pour se protéger eux-mêmes, tout en suivant les ordres pour la forme, les cadres font des commentaires dérogatoires en privé. Si le vent tourne, le PCC s'effondrera le temps d’une nuit.

    Les hauts dirigeants du PCC le savent bien,mais ils doivent tromper les gens et se tromper eux-mêmes. Ils n’ont pas d’autre solution que de faire les sourds-muets ou de rabâcher des mensonges comme " La Chine sera dans le chaos si le PCC perd le pouvoir. " Ils recourent à des mensonges pour se protéger eux-mêmes et effrayer les gens.

    Le futur de la Chine réside en une grande réforme, qui se profile à l’horizon. Le jour où la splendeur du Falun Gong va revenir en Chine n’est pas très loin.

    Traduit de l’anglais en France

    Version anglaise : http://www.clearwisdom.net/html/articles/2010/7/21/118730.html

  • Vidéo: Persévérance malgré la persécution en Chine

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    Que feriez-vous si votre gouvernement vous envoyait en prison et vous torturait à cause de vos croyances spirituelles ? Une femme du nord-est de la Chine vient juste d’en être victime - et maintenant elle fait part de son histoire pour aider à faire stopper la persécution des autres personnes.

    Sun Xuemei, âgée de 46 ans, était professeure dans la province de Jilin en Chine. Mais elle a dû fuir son pays après que la police chinoise l’ait arrêtée et torturée; non pour avoir commis un crime, mais pour avoir refusé de renoncer à ses croyances spirituelles.

    Sun pratique le Falun Gong, une discipline spirituelle qui inclut la méditation et des enseignements de principes moraux.

    Comme des millions d’autres pratiquants en Chine, Sun dit qu’elle a tiré profit du Falun Gong.

    Sun Xuemei, victime de la persécution :
    « Après avoir pratiqué le Falun Gong, en moins de trois mois, toutes mes maladies ont disparu. J'étais très excitée à l'époque, et j'ai pensé que le Falun Gong était tout simplement incroyable. »

    Puisque la pratique est devenue populaire et très répandue, le Parti Communiste Chinois a lancé des mesures de répression nationale en 1999. Ils ont effectué des arrestations massives, condamnant les pratiquants à une peine de prison et des de travaux forcés,  à moins qu'ils n'acceptent de renoncer au Falun Gong.

    En 2002, la police a fait irruption dans la maison de  Xuemei. Ils l’ont arrêtée ainsi que quatre autres pratiquants du Falun Gong. Ils les ont emmenés à la station de police locale, où ils ont été interrogés et torturés.

    Sun Xuemei :
    « Ils ont utilisé ce dispositif de torture sur moi, ils ont menotté mes mains et  maintenu mes bras en l’air, ouverts comme ça avec deux tuyaux de chaque côté. Quand ils tiraient sur les tuyaux, mes pieds touchaient à peine le sol. Aussitôt, les menottes se sont creusées dans mes poignets. En quelques minutes, mes mains sont devenues noires. Cette douleur est indescriptible.»


    Selon le Centre d’Information du Falun Dafa, la torture physique est une méthode couramment utilisée par la police chinoise et les gardiens de prison pour forcer les pratiquants du Falun Gong à renoncer à la pratique.

    Sun mentionne que malgré la torture, elle n'a pas renoncé à ses convictions. Ainsi, les autorités ont tenté les travaux forcés. Ils l'ont forcée à faire des marchandises pour l’exportation, la faisant travailler plus de dix heures par jour dans les pires conditions carcérales.

    Sun Xuemei :
    « Puisque je ne me « réforme pas », ils me font travailler. Tout le travail implique des marchandises à base de produits toxiques, nous faisant faire de l'artisanat comme des figurines et des arbres de Noël. À ce moment là, beaucoup d'entre nous ont des vertiges, vomissant et faisant des allergies aux matériaux que nous utilisions. Parfois, nous ne pouvions pas voir de nos yeux, comme si nous étions empoisonnés. Nous avons fait ce travail pendant longtemps. »

    En définitif, Sun a été arrêtée à six reprises entre 1999 et 2007. Mais elle a toujours refusé de renoncer à ses croyances, restant ferme dans sa pratique du Falun Gong.

    En 2007, elle a décidé de fuir la Chine. Elle fait maintenant une requête en tant que réfugiée politique dans un autre pays d’Asie, mais pour sa sécurité, elle nous a demandé de ne pas le révéler.

    Elle travaille aussi avec des pratiquants locaux pour exposer les violations des droits l'homme du régime chinois contre le Falun Gong.

    Sun Xuemei :
    «J'espère que tous les gens bienveillants du monde entier réagiront du côté de la justice, pour mettre fin à cette persécution.»

     

    Tiré de: http://fr.ntdtv.com/ntdtv_fra/actualite/2010-07-20/926928193437.html

  • Nouvelles sanctions américaines contre Pyongyang

    Les Etats-Unis choisissent la manière forte contre Pyongyang et suscitent la préoccupation de la Chine. En visite hier en Corée du Sud, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a annoncé de nouvelles sanctions américaines contre la Corée du Nord, après avoir fait un passage remarqué à la frontière intercoréenne aux côtés du secrétaire à la Défense Robert Gates et de leurs homologues sud-coréens.

    Les sanctions visent à empêcher les entreprises nord-coréennes, susceptibles d'activités illicites, de travailler à l'étranger. Figurent aussi des mesures contre l'achat et la vente d'armes et de produits de luxe, ces dernières visant directement la direction du régime nord-coréen. Les sanctions interviennent après l'annonce mardi par les Etats-Unis et la Corée du Sud d'exercices militaires navals à grande échelle dimanche, en mer du Japon. Les deux alliés ont prévenu hier Pyongyang que tout acte d'agression de sa part aurait de « sérieuses conséquences ».

    Ils ont de nouveau demandé au régime communiste de reconnaître avoir torpillé la corvette sud-coréenne qui avait provoqué la mort de 46 marins sud-coréens le 26 mars. La Chine, alliée du régime nord-coréen, s'est dite opposée aux manœuvres proches de son territoire. Elle a fait part de sa « préoccupation ».


    Tiré de : http://www.lesechos.fr/info/inter/020680207153-nouvelles-sanctions-americaines-contre-pyongyang.htm

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