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A Shanghaï, Barack Obama se heurte à la grande muraille virtuelle chinoise

h_9_ill_1267916_9e4b_obama.jpgLes Américains voulaient, pour la visite du président Obama, leur town hall meeting, l'une de ces rencontres informelles avec la population. Ils l'ont eu. A Shanghaï, Barack Obama a répondu à une dizaine de questions posées par des étudiants, sérieux comme des papes, dans une salle du Musée des sciences et des technologies. Le résultat est révélateur à la fois de la méfiance extrême de Pékin vis-à-vis de sa population et de l'approche conciliante de l'administration Obama.

La tenue de cette rencontre de Shanghaï resta en suspens jusqu'à la dernière minute tant les réticences chinoises étaient grandes. Il faut dire qu'une ville de province, et surtout Shanghaï, la première d'entre elles, se devait d'éviter tout esclandre.

La diffusion de la prestation de M. Obama fut limitée au possible : seule une chaîne locale l'a retransmise en direct - alors que Bill Clinton et George Bush avaient eu droit, en 1998 et 2002, à des directs, certes encadrés, mais à diffusion nationale. Les autorités avaient voulu en faire un signe d'ouverture.

La lecture en continu proposée par le site de la Maison Blanche ne fonctionnait que par intermittences. Aller sur Facebook était vain : le site était bloqué, tout comme Twitter et YouTube. L'agence de presse Chine nouvelle, qui avait promis de diffuser un direct sur son site Internet, s'en tint à une retranscription écrite des réponses de M. Obama.

La seule d'entre elles qui fit mouche parmi les internautes, avant-garde militante et caustique de l'opinion publique chinoise, fut celle à une question de... l'ambassadeur des Etats-Unis, relayant un message parvenu à l'ambassade américaine : M. Obama savait-il ce qu'était la (grande) muraille virtuelle, et les internautes chinois devaient-ils être autorisés à utiliser Twitter et Facebook ? Le président se déclara "un grand fervent de la non-censure", tout en reconnaissant que "chaque pays avait ses traditions". "Je pense que plus l'information circule librement plus une société devient forte, parce que les citoyens peuvent (...) alors demander des comptes à leur propre gouvernement", a-t-il déclaré.

Grosses ficelles

Retranscrite par Chine nouvelle, l'intervention de M. Obama fut instantanément reprise en "une" par les grands portails chinois - jusqu'à ce qu'un certain nombre d'entre eux l'effacent vingt minutes plus tard.

Toujours vigilants, les internautes chinois n'ont pas manqué de dénoncer les ficelles, un peu grosses, de la rencontre de Shanghaï : deux des premiers étudiants à poser des questions ont été démasqués : il s'agissait des responsables de la Ligue de la jeunesse communiste de l'université de Fudan et de Tongji. "On croirait une rencontre entre le président des Etats-Unis et les Wu Mao Dang (Les "taupes" payées par le gouvernement pour faire sa promotion sur l'Internet)", s'exclame l'internaute Orlando Liu, de Shanghaï, sur un forum.

Depuis quelques semaines, les plus hardis des militants en ligne avaient fait circuler sur le Net des appels à l'adresse du président américain : "Dites à M. Hu d'abattre ce mur (de la censure) !", pouvait-on lire, en référence au célèbre discours de Ronald Reagan à Berlin. M. Obama, en phase avec la génération de l'Internet, n'a réussi qu'à égratigner la grande muraille virtuelle chinoise.

Tiré de Le Monde : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/11/17/a-shanghai-barack-obama-se-heurte-a-la-grande-muraille-virtuelle-chinoise_1268243_3216.html

 

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