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« Les crimes du PCC sont indéfendables »

Première interview du journaliste Chen Xiang depuis sa libération

Le chinois Cheng Xiang, ancien journaliste du journal The Straits Times de Singapour ne mâche pas ses mots pour considérer que le Parti Communiste chinois (PCC) a tué des millions de citoyens chinois, vendu des territoires nationaux et détruit la culture traditionnelle. Il a accordé à La Grande Époque sa première interview, plus d’un an après avoir été libéré de trois ans d’emprisonnement en Chine. Une charge virulente et sans concessions.

L’entretien commence de façon abrupte par un rappel des morts provoquées par le régime chinois. « Les morts non naturelles de Chinois s’élèvent de 40 à 60 millions, d’après différentes études faites par le PCC, par des chercheurs en Chine et à l’étranger », déclare M. Cheng. « Il est rare dans l’histoire de voir des chiffres aussi astronomiques de morts non naturelles. C’est un des plus grands crimes du PCC ».En second sur la liste de M. Cheng, la vente d’une partie du territoire chinois : « Le deuxième crime est que le PCC a échoué à défendre le territoire chinois. Il a abandonné 1,5 million de kilomètres carré, ceci est une honte que le PCC ne pourra jamais se faire pardonner ». La référence de cette affirmation est à chercher dans l’accord signé le 9 décembre 1999 entre le secrétaire général du PCC Jiang Zemin et le président russe Boris Eltsine, qui a réglé un conflit de frontière entre la Chine et la Russie, à la défaveur de la Chine. Cheng Xiang dit avoir été le premier journaliste à aborder le sujet, en anticipant l’accord dans un de ses articles du Strait Times en 1998.

« J’ai été le premier journaliste au monde à révéler cette information parce que les journalistes chinois ne risquaient pas d’en parler ou peut-être qu’ils savaient mais qu’ils n’osaient pas. »De fait, la condamnation à la prison de  Cheng Xiang serait directement liée aux critiques de Jiang Zemin sur le sujet. Une rumeur qu’il refuse de commenter, arguant de la fragilité de sa liberté conditionnelle.

« La destruction de la culture et de l’esprit »

La voix de Chen Xiang tremble quand il aborde la destruction d’antiquités et de reliques culturelles qui ne pourront jamais être récupérées : « Les autres crimes destructeurs du PCC ont visé la culture chinoise », dit-il. « Lors d’une récente vente aux enchères d’antiquités des dynasties Yuan et Ming, le PCC a dit que l’impérialisme étranger avait pillé certaines pièces. Mais en moins de 30 ans, le régime chinois a détruit plus d’antiquités que celles que les pays occidentaux ont volé en trois siècles. Il n’y a aucun moyen de les restaurer ni de les retrouver. »La destruction de la culture traditionnelle n’est pas limitée aux reliques physiques, insiste-t-il : « Au-delà et bien plus important que les antiquités, la destruction concerne l’esprit des gens et la moralité, au point qu’il n’y a aujourd’hui dans la société plus aucun sens de la morale », a dit M. Cheng. « La mélamine et toutes sortes de faux ont été créés et fabriqués pour tromper les gens. Les enfants sont même vendus comme des objets ». « Il n’y a absolument plus aucun sens de la morale parce que le PCC a détruit la moralité au nom de l’élimination des « quatre vieilleries », explique Cheng Xiang. [Note: les vieilles coutumes, la vieille culture, les vieilles habitudes, et les veilles idées éradiquées lors de la Révolution culturelle].

Le Tibet et Falun Gong

Depuis qu’il a collecté des informations au Tibet au début des années 1980, Cheng Xiang est convaincu que la question du Tibet est le résultat d’une ligne politique d’extrême-gauche imposée de force au peuple tibétain depuis 1956.

En 1951, alors que le Tibet était en état de siège, le gouvernement local tibétain de l’époque a été obligé de signer « l’accord de l’article 17 ». Selon cet accord, la Chine obtient la souveraineté sur le Tibet et le peuple tibétain, qui devaient cependant jouir d’un haut degré d’autonomie. Mais en 1956 le PCC a lancé la campagne de « transformation socialiste » et a donc rompu « l’accord de l’article 17 ».L’année 2009 marque également le 10e anniversaire de la persécution du mouvement bouddhiste Falun Gong. Chen Xiang rappelle que parmi les sept membres du comité permanent du Politburo, seul Jiang Zemin a souhaité réprimer le Falun Gong après la manifestation pacifique de celui-ci en avril 1999 à Pékin.  « Pourquoi Jiang s’est-il placé au dessus des six autres membres du comité permanent du Politburo ? », demande M. Cheng. « Mao Zedong avait mené sa ligne de gauche jusqu’à la mort. Deng Xiaoping a pu persister dans les massacres en dépit de tout. Jiang a fait la même chose. Quand il a mis la main sur le pouvoir militaire, plus rien n’a pu arrêter ce dictateur. » Pour réparer le tort causé au peuple, le pardon peut être accordé et mis en pratique pour certains « criminels politiques ». Mais la racine du problème est dans la dictature du Parti unique. « Des pardons spéciaux ne seraient qu’une contribution symbolique, » conclut M. Cheng. « En réalité, c’est le fait d’abolir la dictature du parti unique qui peut assurer la stabilité de l’État sur le long terme. »

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