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"Torture ordinaire et violences au quotidien" en Chine

Les dénis de justice et les abus policiers provoquent des réactions violentes chez les Chinois. Internet en est de plus en plus souvent la caisse de résonance. En avril 2007, Li Chaoyang, un juge de 38 ans placé en garde à vue pour corruption dans le Guangxi, meurt, selon la police, d'un "syndrome adulte de mort subite". Le corps que récupère la famille est contusionné et recousu. Quelque temps après, raconte sur son blog l'avocat Liu Xiaoyuan, un détenu condamné à mort révélera le jour de son procès qu'il avait été battu par les gardiens et les autres détenus. L'avocat, qui anime une dizaine de blogs sur les problèmes de la justice, considère comme très répandue la pratique de la torture par la police pour obtenir des aveux, ou la violence en prison contre les suspects trop rétifs.

En 2003, Sun Zhigang, un étudiant graphiste du Hubei placé dans un Centre de rapatriement pour migrants du Guangdong, où il cherchait un travail, car il n'avait pas sur lui sa carte de résidence, fut battu à mort par d'autres détenus. Les gardiens avaient voulu donner une leçon à l'étudiant vindicatif. Là aussi, l'administration prétexta une crise cardiaque, avant que l'obstination de la famille et la mobilisation autour de l'affaire ne fassent éclater la vérité.

Le cas Sun Zhigang fut un tournant pour le mouvement de défense des droits mené par les avocats. Ceux-ci obtinrent l'abolition des centres de transit. "L'existence de caïds dans les prisons est encouragée par les gardiens, car ça leur permet de contrôler les prisonniers par leur intermédiaire", explique la militante des droits de l'homme Mao Henfeng à Shanghaï. Elle fut, dit-elle, passée à tabac à trois reprises lors des deux ans et demi qu'elle passa en prison pour perturbation de l'ordre public (elle fut libérée en novembre 2008). "J'étais attachée. Les gardiennes étaient là. Une dizaine de prisonnières me donnaient des coups. En échange, elles ont des avantages ou des remises de peines."

Pour les dissidents, les pétitionnaires ou les membres du mouvement religieux interdit Falun Gong, les mauvais traitements ou la surveillance de la part des autres prisonniers sont systématiques : "C'est pire que pour les citoyens ordinaires, car on profite du fait qu'ils sont à l'écart de la société pour leur infliger le plus de mal possible, afin qu'ils renoncent à leur lutte." Même Mao dénonce une dérive récente : l'administration forcée de médicaments et de sédatifs. Elle en fut, dit-elle, la victime durant son internement.

Le Monde le 10 03 09

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