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Gao Zhisheng raconte 50 jours de torture en détention - Partie4

Un autre homme est arrivé et les a réprimandés. J'ai pu entendre que c'était un directeur adjoint du Bureau de la sécurité publique de Pékin. Je l'avais vu plusieurs fois auparavant. J'avais une bonne opinion de lui.

Je ne pouvais cependant pas le voir, parce que mes yeux étaient encore enflés. Tout mon corps était meurtri et méconnaissable. Il semblait en colère à cause de mon état. Il a trouvé un médecin pour s'occuper de moi. Il a dit qu'il était consterné et stupéfait. Il a dit : «Cette torture ne représente pas le Parti communiste!»  

Je lui ai demandé : «Qui a ordonné ça?»

Il n'a pas répondu. J'ai demandé à être renvoyé chez moi ou même en prison. Il n'a pas répondu. Il a fait venir mes tortionnaires dans la pièce et les a réprimandés. Il leur a ordonné de m'acheter des vêtements et de me donner une couverture et de la nourriture. Il m'a dit qu'il ferait de son mieux pour me ramener soit en prison ou chez moi.

Aussitôt que le directeur adjoint est parti, Wang a commencé à m'insulter. «Gao, tu rêves même d'aller en prison? Non, ce serait trop facile. Tu n'auras aucune chance d'y aller aussi longtemps que le PCC sera au pouvoir. N'y pense même pas.»

[...]

Le douzième ou treizième jour de mon enlèvement, alors que je pouvais à nouveau ouvrir un peu les yeux, j’ai vu que mon corps était dans un état effroyable. Pas un seul endroit de ma peau n’était normal. J’avais des marques et des plaies sur toute la surface de mon corps.

Chaque jour de ma détention, l'expérience de «manger» était devenue inhabituelle. Chaque fois que j’étais sur le point de crever de faim, ils m'amenaient des pains à la vapeur. Si j’acceptais de chanter l’une des trois chansons révolutionnaires célèbres du Parti communiste, je pouvais avoir un peu de pain.

Mon souhait le plus intense était de pouvoir vivre jusqu'à ce que ce ne soit plus possible. Ma mort serait une torture pour ma femme et mes enfants, mais je ne voulais pas non plus salir mon âme. Mais la dignité humaine n’a pas de force dans cet environnement. Si l’on ne chante pas ces chansons, on continue à mourir de faim, et ils continuent à vous torturer. Alors, j’ai chanté.


Mais quand ils ont utilisé la même tactique pour me forcer à écrire des articles dénonçant le Falun Gong, je ne l’ai pas fait. J’ai par contre cédé en écrivant une déclaration disant que le gouvernement ne m’avait pas kidnappé ni torturé et qu’il avait bien traité ma famille. Celui-là, je l’ai signé.

Durant ces plus de 50 jours, des actes pervers encore plus horribles ont été commis, mais je les ai tus. Ces perversités ne méritent même pas de faire l’objet d’archives historiques par aucun gouvernement humain. Malgré que ces récits nous permettraient de voir clairement jusqu’où les dirigeants du PCC sont capables d’aller dans leurs crimes contre l’humanité et dans le but de préserver leur monopole illégal du pouvoir! Ces ignobles actes sont si sales et écœurants que je ne veux même pas les mentionner maintenant et ne les mentionnerai peut-être jamais.

Chaque fois que j’ai été torturé, on m’a toujours menacé d’être torturé à nouveau à l’avenir si je disais ce qui m’était arrivé ici, et on m’a précisé : «La prochaine fois, ce sera devant ta femme et tes enfants.»

L’homme de grande taille, qui m’avait tiré par les cheveux, m’a répété cela de nombreuses fois durant les jours de torture. «Ta mort est certaine si tu partages ça avec le monde extérieur», disait-il. On me l'a répété encore et encore. Ces actes brutaux et violents ne sont pas justes. Ceux qui les ont commis, eux-mêmes, le savaient très bien en leur for intérieur.  

Pour terminer, je veux dire quelques mots qui ne vont pas plaire à certains. Je veux rappeler aux «amis» et «partenaires» internationaux, selon les termes du PCC, que le degré croissant de la brutalité et de l’indifférence à l’égard du peuple chinois par le PCC est la conséquence directe de la détente qui lui a été accordée à la fois par vous et nous (notre propre peuple chinois).

Écrit le 28 novembre 2007, à mon domicile sous surveillance à Pékin. Diffusion autorisée à la communauté internationale le 9 février 2009.

Cette lettre a d’abord été publiée par la China Aid Association. La Grande Époque remercie la China Aid d’avoir autorisé l’utilisation de sa traduction, que nous avons éditée. Gao Zhisheng a fourni cette lettre avec le titre Nuit noire, cagoule noire et enlèvement par la mafia noire — mon récit de plus de 50 jours de torture en 2007.

Tiré de la Grande Epoque http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/5866/105/

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