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Gao Zhisheng raconte 50 jours de torture en détention - Partie3

610x.jpgQuand je me suis réveillé, j’ai senti une forte odeur infecte d’urine. Mon visage, mon nez et mes cheveux en étaient imprégnés. De toute évidence, mais je ne sais pas quand, quelqu’un avait uriné sur mon visage et ma tête.

Ces tortures ont continué jusqu’à midi le troisième jour. Je ne sais pas où j’ai pu trouver la force d'endurer mais, d’une manière ou d’une autre, j’ai pu me débattre pour m’éloigner d’eux et j’ai commencé à me cogner la tête contre la table.

Je criais le nom de mes deux enfants (Tiangyu et GeGe) en essayant de mettre fin à mes jours. Mais je n’y suis pas parvenu. J’en remercie Dieu tout-puissant. C’est Lui qui m’a sauvé. J’ai vraiment senti que Dieu me traînait pour me tirer de cet état et me donner ma vie.

Mes yeux étaient pleins de sang après m'être cogné la tête ainsi. Je suis tombé par terre. Aussitôt, trois personnes se sont assises sur moi. L’un était sur mon visage. Ils riaient. Ils disaient que j’avais tenté de me suicider pour leur faire peur. Ils disaient qu’ils avaient déjà vu ça trop souvent.

Ensuite, ils ont continué à me torturer jusqu’au soir. Je ne pouvais plus rien voir avec mes yeux. Je pouvais encore entendre les tortionnaires et ils sont revenus après leur souper.
L’un d’eux est venu me tirer par les cheveux pour me redresser. «Gao, tu as faim? Dis la vérité!»

J’ai répondu : «J’ai très faim.»

«Tu veux manger? Dis la vérité!»

J’ai dit : «Je veux manger.» Au lieu de cela, ils m’ont giflé sans arrêt, une dizaine de fois ou plus, et je suis retombé au sol. Une botte m’a écrasé la poitrine et quelqu’un m’a électrocuté sur le menton avec une matraque. J’ai hurlé. Ensuite, un autre a mis la matraque dans ma bouche.

«Voyons comme ta bouche est différente des autres. Ne veux-tu pas manger? Tu as dit que tu avais faim. En es-tu digne?» La matraque était dans ma bouche, mais elle n'était pas allumée. Je ne savais pas ce qu'ils voulaient faire.

«Gao, sais-tu pourquoi nous n'avons pas détruit ta bouche?», a dit Wang. «Ce soir, tes oncles veulent que tu parles toute la nuit. Nous ne voulons pas que tu parles d'autre chose que du fait que tu es un coureur de jupons. Tu n'as pas le droit de dire que tu n'en es pas un. Tu n'as pas le droit non plus de dire qu'il y a seulement quelques femmes. N'oublie aucun détail. Tu ne peux oublier aucun détail. Tes oncles aiment ça. Nous avons suffisamment mangé et dormi, c'est à ton tour de parler.»

«Pourquoi ne parle-t-il pas? Allez-y, battez-le mes frères!», a hurlé Wang. Trois matraques ont commencé à m'électrocuter. J'ai rampé tout autour afin de m'enfuir et j'étais encore nu. Après plus de dix minutes, je tremblais encore comme une feuille.

Je les ai suppliés. «Je n'ai pas eu d'aventure. Ce n'est pas que je ne veux rien vous dire.» J'entendais ma propre voix qui tremblait.

«Est-ce que tu deviens fou?», a demandé Wang. «Utilisons la matraque pour t'éclairer et voir si tu commences à parler.»

Puis, deux personnes ont étiré mes bras et les ont immobilisés au sol. Ils ont utilisé des cure-dents pour percer mes parties génitales. Je n'ai aucun mot pour décrire l'impuissance, la douleur et le désespoir qui m'ont envahi. Dans une telle situation, le langage et l'émotion ne peuvent être exprimés. Finalement, j'ai fabriqué des histoires, leur racontant des aventures que j'ai eues avec quatre femmes. Mais les tortures n’ont pas cessé et j'ai dû décrire mes relations sexuelles avec chacune de ces femmes. Ceci a continué jusqu'à l'aube.  

À ce moment-là, j'ai été traîné jusqu'à l'endroit où je devais signer la transcription de ma confession au sujet de mes aventures. «Si nous révélons cela, tu deviendras une merde de chien puant en six mois», a vociféré Wang.    

Après avoir été libéré, j'ai appris que le jour qui a suivi la torture, l'interrogateur nommé Sun Huo avait informé ma femme de la «vérité» qu'ils avaient apprise au sujet de mes aventures. Ma femme leur a dit que ce n'était pas de leurs affaires. Elle a dit : «J'ai toujours confiance en Gao.»

Après avoir été torturé durant des jours, j'ai souvent perdu connaissance et j'étais incapable de déterminer combien de temps s’était écoulé. Et un autre groupe se préparait encore à me torturer.

Tiré de la Grande Epoque http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/5866/105/

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