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Gao Zhisheng raconte 50 jours de torture en détention - Partie2

Suite

gao_zhisheng.jpgPendant que Wang disait cela, on m’électrocutait le visage et le torse avec les matraques électriques.

Wang a alors lancé : «Venez les gars, deuxième leçon!» Alors, on m’a électrocuté avec des matraques électriques sur tout le corps. Et tout mon corps, mon cœur, mes poumons et mes muscles ont commencé à sauter sous ma peau de façon incontrôlable. Je me tordais de douleur au sol et j’essayais de ramper. Wang m’a alors électrocuté les parties génitales.

Mes supplications pour qu’ils arrêtent n'ont provoqué que des rires et des tortures encore plus inimaginables. Wang, tout en hurlant, a ensuite utilisé la matraque pour m’électrocuter les parties génitales à trois reprises.

Après quelques heures de cela, je n’avais même plus la force pour supplier et encore moins pour m’échapper. Mais mon esprit était encore clair. Je sentais que tout mon corps avait des spasmes violents dès que la matraque me touchait. J’ai bien senti de l'eau aspergée sur mes bras et mes jambes alors que j’étais secoué. C’est alors que j’ai réalisé que c’était ma propre sueur et j’ai compris ce que Wang voulait dire lorsqu'il avait parlé d’eau.
Il semble que les tortionnaires étaient eux aussi épuisés. Avant la tombée de la nuit, trois d’entre eux ont quitté la pièce. «Nous reviendrons plus tard pour lui donner la leçon suivante», a dit Wang.

Les deux hommes qui étaient encore dans la pièce ont placé une chaise au milieu et m’ont soulevé pour me m’asseoir dessus. L’un d’eux avait cinq cigarettes dans la bouche. Un homme était debout derrière moi et l’autre, avec les cigarettes, devant moi.

Celui derrière moi m’a attrapé par les cheveux pour me baisser la tête de force. L’autre a utilisé les cigarettes pour me remplir le nez et les yeux de fumée sans arrêt. Ils faisaient cela avec la plus grande patience. Au bout d’un certain temps, je n’avais plus aucune sensation à part quelques larmes qui tombaient sur mes jambes.

Cela a continué pendant environ deux heures. Ensuite, d’autres hommes sont entrés pour remplacer les deux précédents. Je ne voyais plus, car mes yeux étaient enflés et fermés.

Les deux nouveaux ont commencé à parler : «Gao, tu peux encore entendre avec tes deux oreilles? Je te dis la vérité, ces gars sont des experts pour réprimer les mafieux. Ce sont des durs. Cette fois, ils ont été choisis spécialement, et avec soin, par les plus hautes autorités.»

«Peux-tu entendre qui je suis? Mon nom de famille est Jiang. Je t’ai suivi à Xiajiang après ta libération l’an dernier.»
«Êtes-vous celui de la ville de Penglai, dans le Shandong?», ai-je demandé.

«Oui, ta mémoire est encore bonne. Je t’ai dit que tu reviendrais tôt ou tard. Quand j’ai vu comment tu te comportais à Xiajiang, je savais que tu reviendrais. Tu méprisais même notre police.»

«Ne devrions-nous pas te donner une meilleure leçon? Tu as écrit cette lettre aux membres du Congrès américain. Regarde-toi, espèce de traître. Qu’est-ce qu’il pourrait bien te donner ton seigneur américain? Le Congrès américain ne vaut rien. Ici, c’est la Chine. C'est le territoire du Parti communiste.»

«Te tuer, c’est aussi simple qu’écraser une fourmi. Si tu oses continuer à écrire tes articles stupides, le gouvernement doit montrer clairement son attitude. Maintenant, as-tu vu cette attitude ce soir?», Jiang parlait lentement.

J’ai demandé : «Comment pouvez-vous consentir de battre ainsi des Chinois et d'utiliser des tactiques mafieuses contre les contribuables chinois?»

«Tu n’es qu’un objet à battre», a répondu Jiang. «Tu sais cela dans ton cœur mieux que quiconque. Les contribuables ne comptent pour rien en Chine. N’utilise surtout pas ce terme “contribuable”.»

Puis, quelqu’un est entré dans la pièce. J’ai reconnu la voix de Wang. «Ne lui parle pas avec ta bouche. Donne-lui la vraie chose. Tes oncles ont préparé douze leçons. Nous en avons donné seulement trois hier soir.»

«Ton oncle en chef n’aime pas parler alors, dans un moment, tu vas voir, tu vas devoir manger ta propre merde et boire ta pisse. On va te les piquer [les organes génitaux] avec un cure-dent.»

«Ne parle plus de torture par le Parti communiste, car nous allons tout de suite te donner une leçon complète!»

«Tu as raison, nous torturons [les pratiquants de] Falun Gong. Tout à fait vrai. Les douze leçons qu’on va te donner ont été pratiquées sur le Falun Gong. En vérité, je n’ai pas peur de toi si tu continues à écrire. Nous pouvons te torturer à mort et personne ne retrouvera ta dépouille.

«Espèce d’étranger puant [pas originaire de Pékin, ndlr]! Que penses-tu maintenant que tu es ici?»

Durant les heures de torture qui ont suivi, je me suis évanoui plusieurs fois en raison du manque de nourriture et d’eau et d'une sudation abondante. J’étais allongé nu sur le plancher froid. J’ai senti à plusieurs reprises quelqu’un venir m’ouvrir les yeux et y projeter une lampe de poche pour voir si j’étais encore vivant.

 

Tiré de la Grande Epoque http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/5866/105/

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